DE HENRIETTE D'ANGLETERRE
avec tous les sentiments d'une profonde douleur, que de ce jour seulement elle commence à connaître Dieu, n’appelânt pas le connaître que de regarder encore tant soit peu le monde. Qu’elle nous parut au-dessus de ces lâches chrétiens qui s’imaginentavanccrlcurmort quand Ils préparent leur confession ; qui ne reçoivent les saints sacrements que par force : dignes certes de recevoir pour leur jugement ce mystère de piété qu'ils ne reçoivent qu'avec répugnance. Madame appelle les prêtres plutôt que les médecins. Elle demande d’elle-mémc les sacrements de l’Église; la pénitence avec componction ; l’eucharistie nvec crainte , et puis avec confiance ; la sainte onction des mourants avec un pieux empressement. Rien loin d’en être effrayée , elle vent la recevoir nvec connaissance ; elle écoute l'expllention de ces saintes cérémonies, de ces prières apostoliques, qui par une espèce de charme divin , suspendent les douleurs les plus violentes, qui font oublier la mort (je l’ai vu souvent’) fi qui les écoute avec fol : elle les suit, elle s’y conforme; on lui volt paisiblement présenter son corps à cette huile sacrée , ou plutôt au sang de Jésus , qui coule si abondamment avec cette précieuse liqueur. Ne croyez pas que. ces excessives et Insupportables douleurs aient tant soit peu troublé sa grande âme. Ah ! je ne veux plus tant admirer les braves, ni les conquérants. Madame m’a fait connaître In vérité de cette parole du Sage : « I-c patient vaut « mieux que le brave ; et celui qui dompte son • cœu r, vaut mlcu x que cclu i qu i prend des villes’ . • Combien a-t-elle été maîtresse du sein! avec quelle tranquillité a-t-elle satisfait à tous ses devoirs ! Rappelez en votre pensée ce qu’elle a dit à Moxsiel*. Quelle force ! quelle tendresse! O paroles qu’on voyait sortir de l’abondance d’un cœur qui se sent au-dessus de tout ; paroles que la mort présente, et Dieu plus présent encore, oDt consacrées; sincère production d’une âme, qui , tenant au ciel , ne doit plus rien à la terre que la vérité, vous vivrez éternellement dans la mémoire des hommes, mais surtout vous vivrez éternellement dans le cœur de ce grand prince. Madame ne peut plus résister aux larmes quelle lui voit répandre. Invincible par tout autre endroit, Ici elle est contrainte de céder. Elle prie Moxsikub de se retirer, parce qu’elle ne veut plus
• Bossoet cache la vérité par modestie quand II s'efface lui même du récit de celle agonie, quand U allrihue tout le prodige de son propre talent aux belles et touchantes prières de l’Église; quand il rappelle toujours comme témoin, Jamais comme acteur, l’héroïsme de la foi de cette prince**, dont la religion seule, selon lui, «il la gloire de tuspendre le* douleur* le» plu* violente* en lui faisant même oublier la mort. </> cardinal Maur y.)
- 1 Melinr est patlens vlm forli ; et qui dominatur animo suo, rxpugnator* urbium. (Prtrr. cmv \vi 93.}
sentir de tendresse que pour ce Dieu crucifié qui lui tend les bras. Alors qu’avons-nous vu? qu'avons-nous oui? Elle se conformait aux ordres do Dieu ; elle lui offrait ses souffrances, en expiation de ses fautes; elle professait hautement la foi catholique, et la résurrection des morts, cette précieuse consolation des fidèles mourants. Elle excitait le zèle de ceux qu’elle avait appelés pour l’exciter elle-même, et ne voulait point qu’ils cessassent un moment de l’entretenir des vérités chrétiennes. Elle souhaita mille fois d'être plongée au sang de l’Agneau; c’était un nouveau langage que In grâce lui apprenait. Nous 11e voyions en elle, ni cette ostentation par laquelle on veut tromper les autres, ni ces émotions d’une âme alarmée par lesquelles on se trompe soi-même. Tout était simple, tout était précis, tout était trnuquiile ; tout partait d'une âme soumise , et d’une source sanctifiée par le Saint-Esprit.
En cet état, messieurs, qu'avions-nous & demander à Dieu pour cette princesse , sinon qu'il l’affermit dans le bien, et qu’il conservât en elle les dons de sa grâce? Ce grand Dieu uous exauçait , mais souvent , dit saint Augustin ' ; en nous exauçant U trompe heureusement notre prévoyance. La princesse est affermie dans le bien d’une manière plus haute que celle que nous entendions. Comme Dieu ne voulait plus exposer aux illusions du monde les sentiments d’une piété si sincère, il a fait ce que dit le Sage; « i! s’est * hâté ’. " En effet , quelle diligence ! en neuf heures l'ouvrage est accompli. « Il s'est hâté de la « tirer du milieu des iniquités. » Voilà, dit le grand saint Ambroise , la merveille de la mort dans les chrétiens : elle ne finit pas leur vie ; elle ne finit que leurs péchés3, et les périls où ils sont exposes. Nous nous sommes plaints que la mort, ennemie des fruits que nous promettait la princesse, les a ravagés dans la fleur; qu elle a effacé, pour ainsi dire , sous le pinceau même un tableau qui s'avançait à la perfection avec une incroyable diligence, dont les premiers traits, dont le seul dessein montrait déjà tant de grandeur. Changeons maintenant de langage; ne disons plus que la mort a tout d'un coup arrêté le cours de la plus belle vie du monde, et de l’histoire qui se commençait le plus noblement : disons qu’elle a mis fin aux plus grands périls dont une âme chrétienne peut être assaillie. Et, pour ne point parler ici des tentations infinies qui attaquent à cha . que pas la faiblesse humaine , quel péril n’eùt
1 In rp. Juan , tract, vi, n°* 7,s, t ni . part. 11, col. jmc ,
1 PropcraiM cdacc rr de medio InbpiHitutn. (Sa,, «ap. rv, 14.)
3 Kml» TacluA r>t rirons , quia cnlpa , non mtura
( De Iwiio roorU\ cap . |&,a* M,| i . ml. h* ;
ORAISON FUNÈBRE
point trouvé cette princesse dans sa propre gloire ! Fa gloire ! qu’y a-t-il pour le chrétien de plus pernicieux et de plus mortel? quel appât plus dangereux? quelle fumée plus capable de faire tourner les meilleures tètes? Considérez In princesse; représentez-vous cet esprit, qui, répandu par tout son extérieur, en rendait les grâces si vives : tout était esprit , tout était bonté. Affable à tous avec dignité, elle savait estimer les uns sans fâcher les autres ; et quoique le mérite fût distingué, In faiblesse 11e se sentait pas dédaignée. Quand quelqu’un traitait avec elle, il semblait qu’elle eût oublié son rang, pour ne se soutenir que par sa raison. On ne s’apercevait presque pas qu’on parlât à une personne si élevée; on sentait seulement ou fond de son cœur qu’on eût voulu lui rendre au centuple la grandeur dont elle se dépouillait si obligeamment. Fidèle en ses paroles , incapable de déguisement , sûre à ses amis, par la lumière et la droiture de son esprit, elle les mettait à couvert des vains ombrages, et ne leur laissait à craindre que leurs i propres fautes. Très- reconnaissante des services, elle aimait à prévenir les injures par sa bonté ; vive à les sentir, facile à les pardonner. Que dirai-je de sa libéralité? Elle donnait non-seulement avec joie, mais avec une hauteur d’âme qui marquait tout ensemble et ie mépris du don et l'estime de la personne. Tantôt par des paroles | touchantes, tantôt même par son silence, clic relevait ses présents; et cet art de donner agréa- | btcincnt , quelle avait si bien pratiqué durant sa vie, l’a suivie, je le sais', jusqu’entre les bras de la mort. Avec tant de grandes et tant d’aimables
1 IJu.sMii'l fait ici allusion à un trait qui mont ri’ Jusqu’où celte priucuue porta la grïkce et ta dclicnlesM1 qui lui étaient naturelle», même entre Ica trua Je lu mûri. Sa première femme de chambre sVlant approchée pour lui donner quelque chose, elle lui dit en anglais, afin que Bossuet ne IVntendil pas : Donnez a M. de Condoiu , lorsque je serai morte, l'emeraude qorJTal fait faire pour lui. ( /> ranimai de Dausset ) — IjUuL*. XIV voulut meltre lui-même celte bague au doigt de Bossuet; il lui dit qu'il l'invitait a la porter toute sa aie en mémoire de Madame; et il ajouta qu’il ne croyait pas pouvoir mieux témoigner son intérêt a la mémoire de relu* princesse, qu'en le chargeant de prêcher son oraison funèbre. On félicita Bossuet eu lui exprimant seulement quelques regrets de ce que le» bienséances de la chaire ne lui permettaient peut-être pas de rappeler dans cet doge un legs aussi honorable pour la princesse que pour l'orateur. Eh! fMurt/uoi i>aa? dit-il dans un premier mouvement «le mvnnabsanrr. Trois syllabes surfirent à Bossuet pour retracer avec autant «le dignité que de mesure l'histoire générait ment divulguée de «vite Laguc «ju’on Voyait briller à son doigt : c’est le triomphe des bienséance» oratoire:». O s trois mots , je le sais, fondus pour ainsi dire dans une narration ou ils tu* figurent pas moins par leur précision que .par leur clarté, mais dont un ne peut deviner ie vrai m us sans être instruit de l’anecdote qui les motive; ces trois mots colin, si simples et si frappant» par un Irait sublime de situation unique en éloquence ( attendrirent et enthousiasmèrent tout l'auditoire, qui &e montra digne de les sentir et de les apprécier» mi les répétant plusieurs fuis avec un transport uuauîn*» > Le cardinal A faury. i
qualités , qui eut pu lui refuser son admiration ? Mais avec son crédit, avec sa puissance, qui n’eût voulu s’attacher à cite? .YallaK-elle pas gagner tous les coeurs? c’est-à-dirc , la seule chose qu’ont a gagner ceux a qui la naissance et la fortune semblent tout donner : et si eette haute élév ation est un précipice affreux pour les chrétiens, ne puis-jc pas dire, messieurs, pour me servir des paroles fortes du plus grave des historiens , - qu’elle allait être précipitée dans la gloire’? » Car quelle créature fut jamais plus propre à être l’idole du monde? Mais ces idoles que le monde adore , h combien de tentations délicates ne sontcllcs pas exposées? La gloire , il est vrai , les défend de quelques faiblesses; mais la gloire les défend-elle de la gloire même? ne s’adorent-elles pas secrètement? ne veulent-elles pas être adorées? Que n 'ont-elles pas à craindre de leur amour-propre? et que se peut refuser la faiblesse humaine, pendant que le monde lui accorde tout? N'est-ce pus là qu'on apprend â faire servir à l'ambition, à la grandeur, a la politique, et la vertu , et la religion, et le nom de I)ieu? La modération, que le muudc affecte , n'etouffe pus les mouvements de la vanité : elle ne sert qu'à les cacher; et plus elle ménage les dehors, plus elle livre le cœur aux sentiments les plus délicats et les plus dangereux de la fausse gloire. On ne compte plus que soi-même ; et on dit nu fond de son cœur : « Je suis, et il n'y a que moi sur la terre • Eu cet état, messieurs, la vie n’est -elle pas un péril? la mort n'est-elle pas une gr.1ce? Que ne doit on pas craindre de ses vices, si les bonnes qualités sont si dangereuses? M'est ce donc pas un bienfait de Dieu , d'avoir abrégé les tentations avec les jours de Madame; de l'avoir arrachée à sa propre gloire, avant que eette gloire, par son excès, eût mis en hasard sa modération? Qu'importe que sa vie ait été si courte? jamais ce qui doit finir lie peut être long. Quand nous ne compterions point ses confessions plus exactes, ses entretiens de dévotion plus fréquents, son application plus forte à la piéle dans les derniers temps de sa vie; ce peu d'heures saintement passées parmi les plus rudes épreuves, et dans les sentiments les plus pure du christianisme , tiennent lieu toutes seules d'un Age accompli. Le temps a été court, je l'avoue; mais l’opération de la grâce a été forte, mais la fidélité de l'âme a été parfaite. C'est l’effet d'un art consommé , de réduire en petit tout un grand onvrage; et la grâce, ecite excellente ouvrière, se plaît quelquefois à renfermer en un jour la perfection d'uiio longue
1 In Iptwun gloriam prreep» alliai tir. ( Tarit. Agr. $ il. )
1 Ego sum , ci praler me non est altéra. 'Is.v. Cap. xi.vn,
DK HENRIETTE D'ANGLETERRE.
JJ
vie'. Je sais (pic Dieu ne veut pas qu'on s'attende ade tels miracles ; niais si la témérité insensée des hommes aliuse de ses bontés ; sou bras pour eela u'est pas raccourci , et sa main n’est pas affaiblie. Je me confie pour Madame en cette miséricorde, qu'elle a si sincèrement et si humblement réclamée. Il semble que Dieu ne lui ait conserve le jugement libre jusqu'au dernier soupir, qu'alla de faire durer les témoignages de sa foi. Elle a aimé en mourant le sauveur Jésus, les bras lui ont manqué plutôt que l'nrdrur d'embrasser la croix ; j’ai vu sa main défaillante chercher encore en tombant de nouvelles forces pour appliquer sur scs lèvres ce bienheureux signe de notre rédemption* : n'est-ce pas mourir entre les bras et dans le baiser du Seigneur? Ah ! nous pouvons achever ce saint sacrifice pour le repos de Madame, avec une pieuse confiance. Ce Jésus en qui elle a espéré , dont elle a porté la croix en son corps par des douleurs si cruelles, lui donnera encore son sang, dont elle est déjà toute teinte, toute pénétrée, par la participation à ses sacrements, et par la communion avec ses souffrances.
Mais en priant pour son âme , chrétiens , songeons à nous-mêmes. Qu'attendons-nous pour nous convertir?et quelle dureté est semblable à la notre, si un accident si étrange, qui devrait nous pénétrer jusqu'au fond de l'âme, ne fait que nous étourdir pour quelques moments? Attendons-nous que Dieu ressuscite des morts , pour nous instruire? Il n’est point nécessaire que les morts reviennent , ni que quelqu'un sorte du tombeau : cc qui entre aujourd’hui dans le tombeau doit suffire pour nous convertir : car si nous savons nous connaître, nous confesserons, chrétiens, que les vérités de l'éternité sont assez bien établies ; nous n'avons rien que de faible à leur opposer; c'est par passion, et nou par raison, que nous osons les combattre. Si quelque chose les empêche de régner sur nous , ces saintes et salutaires vérités, c'est que le monde nous occupe ; c’est que les sens nous enchantent ; c’est que le présent nous entraîne. Faut-il un autre spectacle pour nous détromper et des sens , et du présent , et du monde ? La Providence divine pouvait-elle nous mettre en vue , ni de plus près , ni plus fortement , la vanité des choses humaines? et si nos cœurs s'endurcis-
1 Rien ni* pexll niii’ux foin* tonnai Ire l'esprit de douceur et de charité chrétienne dont Bossuet fil tisane dans les dernier» moments de Henriette d’ Angleterre que ce qu'il dit ici lul rntink*. ( lx cardinal de Üauuct.\
1 Fénelon nV*t pas plus sensible. Bossuet emploie Ici et consacre, pour ainsi dire, eu deux beaux ver» de Tibulle : Te spectem , suprema rnihl cum venerit bon ;
Te leueara morkrua, déficiente manu.
(Mb. I, dey. I, 63.)
On sait que le pieux et Ingénieux ( :»mmire avait placé celte Inscription au pied de son crucifix. ( L'abbé de fauxcellct.)
sent après un avertissement si sensible, que lui reste-t-il autre chose , que de nous frapper nousmêmes sans miséricorde? Prévenons un coup si funeste ; et n'attendons pas toujours des miracles de la grâce. Il n’est rien de plus odieux à la souveraine puissance, que de la vouloir forcer par des exemples, et de lui faire une loi de ses grâces et de ses faveurs. Qu’y a-t-il donc , chrétiens , qui puisse nous empêcher de recevoir, sans différer, ses inspirations? Quoi ! le charme de sentir est-il si fort que nous ne puissions rien prévoir? Les adorateurs des grandeurs humaines seront-ils satisfaits de leur fortune, quand ils verront que dans un moment leur gloire passera à leur nom , leurs titres à leurs tombeaux , leurs bleus à des Ingrats, et leurs dignités peut-être a leurs envieux? Que si nous sommes assurés qu'il viendra un dernier jour où la mort nous forcera de confesser toutes nos erreurs , pourquoi ne pas mépriser par raison ce qu'il faudra un jour mépriser par force ? et quel est notre aveuglement , si toujours avançant vers notre Un , et plutût mourants que vivants , nous attendons les derniers soupirs, pour prendre les sentiments que la seule peuséc de la mort nous devrait inspirer à tous les moments de notre vie? Commencez aujourd'hui à mépriser les faveurs du monde; et toutes les fois que vous serez dans ces lieux augustes , dans ces superbes palais à qui Madame donnait un éclat que vos yeux recherchent encore ; toutes les fois que, regardant eette grande place qu'elle remplissait si bien, vous sentirez qu’elle y manque; songez que cette gloire que vous admiriez faisait son péril en eette vie, et que dans l’autre elle est devenue le sujet d'un examen rigoureux , où rien n'a été capable de la rassurer que eette sincère résignation qu'elle n cucaux ordres de Dieu , et les saintes humiliations de la pénitence'.
1 Bossuet, en envoyant l'oraison funèbre de la reine d'Angleterre et de Madame Henriette à l'abbe deRancé, lui écrivait : « J’ai laissé ordre de vous faire paner deux oraisons funèbres qui, parce qu'elles font voir le néant du monde, peuvent avoir place parmi les livres d'un solitaire, et que, en tout cas, il peut regarder comme deux tête» de mort assez touchantes. » Ces mots, jetés au hasard dans une lettre qui n'était pn» destinée b voir le jour, révélent la pensée habituelle do Bossuet. Jamais la puissance et la grandeur ne >enaienl »e présenter A son esprit qu'il ne vil lu mort à cdté. {Le cardinal de ttamuet.) — L'intérêt que peut inspirer uno princesse expirant il la (leur de son Age semble se devoir épuiser vile : tout consiste en quelque» opposition* vulgaires de la beauté, de la Jeûneur, de la grandeur et de la mort; et c’est pourtant sur ce fonds stérile que Bossuet a üAtl un des plus beaux monuments de l’uloquencr; c'est de là qu’il est parti pour montrer la misere de l'homme par son côté périssable, et sa grandeur par son côté immortel. Il commence par le ravaler au-dessous de» vers qui le rungent au sépulcre, pour le peindre ensuite glorieux avec la vertu dans des rojuuiue» incorruptibles. (.1/ de Chateaubriand.)
JG ORAISON
ORAISON FUNÈBRE
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