‹ suvres de Bossuet Oraisons funèbresChapitre 73 sur 282 · NATIVITÉ DK NOTRE -SEIGNEUR · texte numérisé non relu

NATIVITÉ DK NOTRE -SEIGNEUR

Objet, lin , ulilitr, prudente économie des abaissements du Fi U de Dieu , dan» son incarnation : sagesse des moyens qu’il emploie pour réparer notre nature et RUérir Mt maladies. Ses contradictions , sa gloire, son triomphe.

tl Itoc vobis hignum : Inventais inlantem parmi* involutum, et posituw in pneaepio.

Le Sauveur du monde est né aujourd'hui , et voici le signe f/ue je vous en donne : Vous trouverez un enfant enveloppe de langes posé dans une crèche. Luc. il, 12.

Vous savez assez , chrétiens , que le mystère que nous honorons, e’est l'anéantissement du Verbe incarné , et que nous sommes ici assemblés pour jouirdu pieux spectacle d'un Dieu descendu pour nous relever, abaissé pour nous agrandir, appauvri volontairement pour répandre sur nous les trésors célestes. C'est ce que vous devez méditer, c’est ee qu'il faut que je vous explique ; et Dieu veuille que je traite si heureusement un sujet de cette importance, que vos dévotions en soient échauffées! Attendons tout du ciel dans une entreprise si sainte ; et pour y procéder avec ordre, considérons comme trois degrés par lesquels le Fils de Dieu a voulu descendre de la souserainc grandeur jusqu'à la dernière bassesse. Premièrement, il s'est fait homme et il s'est revêtu de notre nature ; secondement , il s’est fait passible et il a pris nos infirmités; troisièmement, il s'est fait pauvre et il s'est chargé de tous les outrages de la fortune la plus méprisable. Et ne croyez pas , chrétiens , qu'il nous faille rechercher bien loin ces trois abaissements du

' Nous avons dans 1rs manuscrits de Bossurl drus srrmnns uonr le lotir de Noël, donl l'un, tjstl «I le dernier, prêché dira kl Carmélite» du rauhourg Salnl-Inajues a Paris , réprie en beaucoup dVodroll! des ronrceaus entiers du premier, rt n'est quant au Innd que le même sermon. Pour éviter donc 1rs repétillons, nous avons pris de ce second sermon ce qu >1 y avait de neuf et ce qui pouvait être regardé comme une retlalon, une este'n,lon de prouve. , et nous l'avons Incorporé an premier sermon , lnm|ue nia a pn si- taire sans rien gâter. Nous avons renvové en noté deux courts passages qui méritent d è Ira cons'T' és , page ai». Un seul morceau na pu Ironeer place dans «I arrangement, parce qu i) est trop considérable ; cl comme II terme un tout . nous le donnerons à la suite du premier sermon, it.dit. de Dr/orré.)

Dieu-homme ; je vous les rapporte dans la même suite et dans la même simplicité qu'ils sont proposés dans mon Evangile. Vous trouverez , dit-tl , un enfant , c'est le commencement d'une vie humaine ; enveloppé de langes , c'est pour défendre l’Infirmité contre les injures de l’air; posé dans une crèche, c'est la dernière extrémité d’indigence. Tellement que vous voyez dans le même texte, la nature par le mot d'enfant, la faiblesse et l'infirmité par les langes , la misère et la pauvreté par la crèche.

Mais mettons ces vérités dans un plus grand jour, et suivons attentivement ; arrêtons-nous un peu sur tous les degrés de cette descente mystérieuse, tels qu'ils sont représentés dans notre Évangile. Et premièrement , il est clair que le Fils de Dieu , en sc faisant homme , pouvait prendre la nature humaine avec les mêmes prérogatives qu'elle avait dans son innocence, la santé, la force, l'immortalité; ainsi le Verbe divin serait homme sans être travaillé des infirmités que le péché seul nous a méritées. Il ne l'a pas fait , chrétiens; il a voulu prendre, avec la nature, les faiblesses qui l'accompagnent. Mais en prenant ces faiblesses, il pouvait ou les couvrir, ou les relever par la pompe, par l’abondance , par tous les autres biens que le monde admire : qui doute qu'il ne le pût? Il ne le veut pas; il joint aux infirmités naturelles toutes les misères, toutes les disgrâces , tout ce que nous appelons mauvaise fortune ; et par là ne voy ez-vous pas quel est l'ordre de sa descente? Son premier pas est de se faire homme; et par là il sc met audessous des anges, puisqu'il prend une nature moins noble , selon ce que dit l'Écriture sainte : Minuisti cum paulo minus nb angelis ' : - Vous v l’avez abaissé au-dessous des anges. » Ce n’est pas assez : mon Sauveur descend le second degré. S'il s'est rabaissé par son premier pas audessous de la nature angélique, Il fait une seconde démarche qui le rend égal aux pécheurs. Et comment? Il ne prend pas la nature humaine telle qu’elle était dans son innocence , saine , incorruptible, immortelle; mais la prend en l'état malheureux où le péché l'a réduite, exposée de toutes parts aux douleurs , à la corruption , à la mort. Mais mon Sauveur n'est pas encore assez bas. Vous le voyez déjà, chrétiens, au-dessous des anges par notre nature, égalé aux pécheurs par l'infirmité ; maintenant, faisant son troisième pas , il se va , pour ainsi dire , mettre sous leurs pieds , en s'abandonnant nu mépris par la condition misérable de sa vie et de sa naissance. Voilà , mes frères , quels sont les degrés par lesquels le Dieu incarné descend de son trône. Il

1 Ci. VUI.fi.

DE NOTRF.-SEIGNEUR,

3li

Tient premièrement à notre nature , par la nature à l'infirmité, de l'infirmité aux disgrâces et aux Injures de la fortune : c'est ce que vous avez remarqué par ordre dans les paroles de mon Évangile.

Mais ce n'est pas ce qu'il y a de plus important , ni ce qui m’étonne le plus. Je confesse que je ne puis assez admirer cet abaissement de mon maître : mais j’admire encore beaucoup davantage qu'on me donne cet abaissement , comme un signe pour reconnaître en lui le Sauveurdu monde : El hoc vobis signum , nous dit l'ange. Votre Sauveur est né aujourd'hui , et voici la marque que Je vous en donne : Un enfant revêtu de langes , couché dans la crèche ; c’est-à-dire , comme nous l’avons déjà expliqué, courez à cet enfant nouvellement né, vous y trouverez : qu’y trouveronsnous? Une nature semblable à la vôtre , des infirmités telles que les vàtres, des misères au-dessous des vôtres. Et hoc vobia signum. Reconnaissez à ces belles marques qu'il est le Sauveur qui vous est promis.

Quel est ce nouveau prodige? que peut servir à notre faiblesse que notre médecin devienne infirme , et que notre libérateur se dépouille de sa puissance? Est-ce donc une ressource pour des malheureux , qu'un Dieu en vienne augmenter le nombre? Ne semble-t-il pas, au contraire , que le joug qui accable les enfants d'Adam est d'autant plus dur et inévitable , qu’un Dieu même est assujetti à le supporter? Cela serait vrai , mes [frères J , si cet état d'humiliation était forcé , s’il y était tombé par nécessité , et non pas descendu par miséricorde. Mais comme son abaissement n'est pas une chute , mais une condescendance : Descendit ut levant, non cecidit utjaccret 1 : et qu'il n’est descendu à nous que pour nous marquer les degrés par lesquels nous pouvons remonter à lui , tout l’ordre de sa descente fait I celui de notre glorieuse élévation ; et nous pouvons appuyer notre espérance abattue, sur ces trois abaissements du Dieu-homme.

Est-il bien vrai ? le pouvons nous croire? quoi \ \ les bassesses du Dieu incarné, sont -ce des marques certaines qu’il est mon Sauveur? Oui , fidèle , n’en doute pas ; et en voici les raisons solides qui feront le sujet de cet entretien. Ta nature était tombée par ton crime; ton Dieu l’a prise pour la relever : tu languis au milieu des infirmités; il s'y est assujetti pour les guérir : les misères du monde t'effrayent ; il s’y est soumis pour les surmonter et rendre toutes ses terreurs inutiles. Divines marques , sacrés caractères par lesquels je connais mon Sauveur, que ne puis- je vous expliquer à cette audience avec les senti-

* 5. Àag. Tract - evif, in Joan. n* S, t Ul, pxrt. Il , col. 870. •

ments que vous méritez ! Du moins efforçonsnous de le faire , et commençons à montrer dans ce premier point que Dieu prend notre nature pour la relever.

PBEUlSn POINT.

Pour comprendre solidement de quelle chute le Fils de Dieu nous a relevés, je vous prie de considérer cette proposition que J'avance : qu’en prenant la nature humaine, il nous rend la liberté d’approcher de Dieu, que le péché nous avait ôtée. C’est là le fondement du christianisme, qu’il est nécessaire que vous entendiez, et que je me propose aussi de vous expliquer. Pour cela, remarquez, fidèles, une suite étrange de notre ruine : c'est que depuis cette malédiction qui fut prononcée contre nous après le péché, il est demeuré dans l'esprit des hommes une certaine frayeur des choses divines, qui non-seulement ne leur permet pas d'approcher avec confiance de Dieu, de cette majesté souveraine; mais encore qui les épouvante devant tout ce qui parait surnaturel. Les exemples en sont communs dans les saintes Lettres. Le peuple dans le désert appréhender d'approche de Dieu , de peur qu'il ne meure '. Les parents de Samson disent : • Nous « mourrons de mort , car nous avons vu le Sel- « gneur ’. » Jacob, après cette vision admirable, crie tout effrayé : « Que ce iieu est ter rible ! vrai-

* ment c'est ici la maison de Dieu 1 1 • « Malheur

* à moi I dit le prophète Isaïe , car j'ai vu le Sau- > veur des armées 4. » Tout est plein de pareils exemples. Quel est , fidèles, ce nouveau maiheur qui fait trembler un si grand prophète? quel malheur d'avoir su Dieu? et que veulent dire tous ces témoignages , et tant d'autres que nous lisons dans les Ecritures? C’est qu’elles veulent nous exprimer la terreur qui saisit naturellement tous les hommes en la présence de Dieu , depuis que le péché est entré au monde.

Quand je recherche les causes d'un effet si extraordinaire, et que je me demande à moi-même : D'où vient que les hommes s'effrayent de Dieu? il s'en présente à mon esprit deux raisons qui vont apporter de grandes lumières au mystère de cette Journée. La première cause, c’est l’éloignement; la seconde, c'est la colère: expliquons ceci. Dieu est infiniment éloigné de nous, Dieu est irrité contre nous. Il est infiniment éloigné de nous par la grandeur de sa nature; il est Irrité contre nous par la rigueur de sa justice , parce que nous sommes pécheurs. Cela produit deux sortes de craintes : la première vient de l’étou-

' Exott. XX, 19.

1 Judic. XIII , 25.

* Or a xxvilî, 17.

SI R r.A NATIVITÉ

lit

ncment , elle naît de l'éclat de la majesté; Tau- I tre des menaces. Ah ! je vois trop de grandeur, trop de majesté; une crainte dï'tonncment me saisit, il est impossible que j’en approche. Ah! Je vois cette colère qui me poursuit; ses menaces me font trembler, je ne puis supporter l’aspect de cette majesté irritée ; si j'approche, je suis perdu.

V oilà les deux craintes : la première causée par l'étonnement de la majesté; la seconde par les menaces de Injustice et de la colère divine. C'est pourquoi le Fils de Dieu fait deux choses ; chrétiens, voici le mystère. En se revêtant de notre nature , premièrement il couvre la majesté , et il été la crainte d'étonnement : en second lieu , il nous fait voir qu’il nous aime par le désir qu'il a de nous ressembler, et il fait cesser les menaces. C'est tout le mystère de cette journée , c’est ce que j'avais promis de vous expliquer. Vous voyez par quel excès de miséricorde le I’ils unique du Père éternel nous rend la liberté d'appro- ■ cher de Dieu, et relève notre nature abattue. Mais ces choses ont besoin d'être méditées : ne passons pas si légèrement par-dessus ; tâchons de les rendre sensibles en les étendant davantage.

Et premièrement, chrétiens , il est bien aisé de comprendre que Dieu est Infiniment éloigné de nous ; car il n'est rien de plus éloigné que la souveraineté et la servitude, que la toute-puissance et une extrême faiblesse, que l'éternité toujours immuable et notre continuelle agitation. En un mot , tous scs attributs l'éloignent de nous : son immensité, son infinité, son indépendance, tout cela l'éloigne ; et il n'y en a qu'un seul qui l'approche : vous jugez bien que c’est la bonté. Sa grandeur l'élève au-dessus de nous, sa bonté l’approche de nous, et le rend accessible aux hommes; et cela est clair dans les saintes Lettres. * Cachez-vous, dit le prophète Isaïe ' ; entrez

• bien avant dnns la terre; jetez-vous dans les

• cavernes les plus profondes. » lngrcdere in pelram; cl absconderc in fossa huma. Et pourquoi? • Cachez-vous, dit-il encore une fois , de- - vant la face terrible de Dieu , et devant la gloire » de sa majesté : >■ A facie timoris Domini , cl a qloria majestatis rjus. Voyez comme sa grandeur l’éloigne des hommes. La miséricorde , nu contraire , « elle vient A nous, « dit David : Ventât super misericordia tua Non-seulement elle vient A nous , mais « elle nous suit : » Misericordia tua subsequrtur me 3. Non-seulement elle nous suit , mais ■ elle nous environne : » Sperantnn autan in Domino misericordia circumdabit *. Tellement qu'il n'est rien de plus

* /*. Il , 4»>.

> P». r.XTIII, 13.

* Ibid. XXII, 9.

* Ibid 1X11,41.

véritable , qu autant que la grandeur de Dieu I éloigne de nous , autant sa bonté l’en approche.

Mais elle exige une condition nécessaire ; c'est que nous soyons innocents. Sommes-nous abandonnés au péché , aussitôt elle se retire ; et voyez un effet étrange. La bonté s'étant retirée, je ne vois plus ce qui m'approche de Dieu ; je ne vois que ce qui m'éloigne; la crainte et l'étonnement me saisissent, et je ne sais plus par ou approcher. Comme un homme de condition médiocre qui avait accès à la cour par une personne de crédit qui le lui donnait , il parlait et était écouté, et les entrées lui étaient ouvertes. Tout d'un coup son protecteur se retire, et on ne le connaît plus : tous les passages sont inaccessibles; et de sa bonne fortune passée , il ne lui reste que l'etonnement de sc voir si fort éloigné. Il en est ainsi arrive à l'homme. Tant qu'il conserva l'innocence Dieu lui parlait , il parlait à Dieu avec une sainte familiarité. Mais comment s'en approchait-il , direz-vous , puisque la distance était infinie? Ah! c'est que la bonté descendait à lui , et l'introduisait près du Irène. Maintenant cette bonté étant offensée , elle se retire elle-même. Que fera-t-il , et nu ira-t-il? Il ne voit plus ce qui l'approchait : il découvre seulement de loin une lumière qui l'éblouit et une majesté qui l'étonne. Bonté, ou êtes- vous? bonté, qu'êtes- vous devenue? oh ! son crime Ta éloignée. Sa vue se perd dans l'espace immense par lequel il sc sent séparé de Dieu ; et dans letonnemcnt où il est , en voyant cette hauteur sans mesure , il croit qu'il est perdu s’il approche , il croit que sa petitesse sera accablée par le poids de celte majesté infinie. Voilà quelle est la première cause qui nous empêche d’approcher de Dieu : c'est la grandeur et la majesté. C'est pourquoi les philosophes platoniciens, comme remarque saint Augustin , disaient que la nature divine n'était pas accessible aux hommes , et que nos vœux ne pénétraient pas jusqu'à elle. Je ne m'en étonne pas, chrétiens; je ne m’étonne pas que les philosophes désespèrent d’approcher de Dieu ; ils n’ont pas un Sauveur qui les y appelle. Ils n'ont pas un Jésus qui les introduise. Ils ne regardent que la majesté dont ils ne peuvent supporter l'éclnt, et ils sont contraints de sc retirer eu tremblant.

Mais si la splendeur et la gloire de cette divine face nous inspire tant de terreur, que serace de la colère? Si les hommes ne peuvent s’approcher de Dieu seulement parce qu'il est grand , comment pourront-ils soutenir l'aspect d'un Dieu justement irrité contre eux? Car si la grandeur de Dieu nous éloigne, la justice va bien plus loin; elle nous repousse avec violence. C'est le second sujet de nos craintes, sur lesquelles je n'ai qu'un

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mot à vous dire, parce que la chose n'cst pas difficile. Représentez-vous vivement quelle fut l’horreur de cette journée en laquelle Dieu maudit nos parents rebelles , en laquelle le chérubin exécuteur de sa vengeance les chassa du paradis dedéllees,qu'ilsavaientdéshonorépar leurerime; les menaçant avec cette épée de llumme lorsqu'ils osaient seulement y tourner la vue. Quels furet!' les sentiments de ces misérables bannis! combien étaient-ils éperdus ! Ne leur semblait-il pas , en quelque lieu qu'ils puissent fuir, qu'ils voyaient toujours briller à leurs yeux cette épée terrible; et que cette voix tonnante, devant laquelle ils avaient été contraints de se cacher, retentissait continuellement à leurs oreilles? Après les menaces , après les terreurs de ce triste et funeste Jour, ne vous étonnez pus , chrétiens , si les Écritures nous disent que les hommes appréhendent naturellement que la présence de Dieu ne les tue. C'est que, depuis cette première malédiction, il s'est répandu par toute la nature une certaine impression secrète, que Dieu est justement offensé contre elle : si bien que vouloir mener les hommes à Dieu, c'est conduire des criminels à leur juge, et à leur juge irrité; et leur dire que Dieu vient ù eux, c'est rappeler en quelque sorte a leur mémoire le supplice qui leur est dû , la vengeance qui les poursuit, et la mort qu'ils ont méritée. C'est pourquoi ils s'écrient : « .Nous mourrons de . mort , si Dieu se présente seulement à nous. » j Vous voyez par là , chrétiens , quelle est l'extrémité de notre misère , puisque nous sommes éloignés de Dieu, et que les entrées nous sont défendues. Venez maintenant , 6 Sauveur Jésus ! [ et ayez pitié de nos maux : couvrez la majesté ‘ qui nous étonne, désarmez la colere qui nous épouvante : Redde mihi Uetitiam sa/utaris lui '. Rcndez-nous l’accès près de votre Père , duquel dépend tout notre bonheur : rcndez-nous cette bonté qui s'est irritée , ne pouvant souffrir nos péchés, afin que nous puissions approcher de Dieu. Ne craignons plus , nous sommes exaueés ; je la vois paraître. El hoc vobis signum. Voilà le signe qu'on nous en donne : je la vois dans la crèche de Jésus-Christ : je la vois en cet enfant nouv ellement né. Dieu n'est plus éloigné de nous , j puisqu'il se fait homme : Dieu n’est plus irrité contre nous , puisqu'il s'unit à notre nature par une étroite alliance. La bouté, que notre crime avait éloignée , revient ù nous. Écoutez l’Apôtre qui nous la montre : Apparuit gralia et béni gui- j tas Salvaloris nostri /Je» 1 : « La grâce et la bé- 1 * nigntté de Dieu notre Sau veur nous est apparue. - ;

O paroles de consolation ! Remettez, messieurs, !

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