DE LA PIRIFICATION DE LA SALNTE VIERGE
Explication clea trois cérémonies de la purification. Modestie incomparable de Marie. Sentiments de Jésus dans son oblalioo. Dispositions pour une sainte communion, ses fruits et tes effets» désirables.
Posttjuam impleti «tint dies purfiationis ejus secundum legem Moysi , liilerunt ilium in Jérusalem , ut sislereiit cmn Domino , sicut scriptum est in lege Doraini ; .... et ut darent liosllam secundum quod dictuni est in lege Doinini , par lurtoruin aut duos pullos columbarum.
Le temps de sa purification é tant accompli selon la loi de Mut se , ils le portèrent à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur , selon qu’il est écrit dans la loi du Seigneur ... et pour donner ce qui devait être offert en sacrifice selon la loi du Seigneur, deux tourterelles ou deux petits de colombes. Luc. il, 32, 2t.
Ce que nous appelons la purification de la sainte Vierge enferme sous un nom commun trois ceremonies différentes de la loi ancienne, que le Fils de Dieu a voulu subir aujourd'hui , ou en sa personne, ou en celle de sa sainte mère, non sans quelque profond conseil de la Providence divine. Elles sont toutes trois très-manifestement distinguées dans notre évangile , comme vous l'aurez pu observer dans le texte que j'ai rapporté exprès tout entier. Or afin de vous dire en quoi consistaient ces cérémonies, il faut remarquer que selon la loi toutes les femmes accouchées étaient réputées immondes : d'où vient que Dieu leur ordonnait deux choses. Premièrement il les obligeait de se tenir quelque temps retirées et du sanctuaire et même de la conversation des hommes : puis, ce temps étant expiré, elles se venaient présenter à la portedu tabernacle , afin d'être purgées par un certain genre de sacrifice ordonné spécialement pour cela. Cette retraite et ce sacrifice sont les deux premières cérémonies, ou plutôt ce sont deux parties de la même cérémonie; lesquelles l'une et l'autre ne regardaient principalement que la mère, et se faisaient pour tous les enfants nouvellement nés, dequeique sexe et condition qu'ils pussent être, ainsi qu’il est écrit dans le douzième chapitre du Lévitique. Quaut à la troisième cérémonie , elle ne s'observait que pour les mêles , et parmi les mêles n'était que pour les ainés , que les parents étaient obligés de venir présenter ê Dieu devant ses autels, et cusuite les rachetaient par quelque somme d'urgeut ; témoignant par là que tous leurs ainés étaient singulièrement du domaine de Dieu, et qu'ils ne les retenait que par une espèce d'engagement : c'est ce que Dieu commande à son peuple en l'Exode, chapitre douzième. Dans ces trois
POUR LA PURIFICATION
cérémonies consiste , à mon avis , tout le mystère de cette fête ; ce qui m’a fait résoudre de vous les expliquer familièrement dans le même ordre que je les ai rapportées. J'espere que le récit d'une histoire si mémorable , telle qu'est celle qui nous est aujourd'hui représentée dans notre évangile , jointe à quelques brièves réflexions que je tâcherai d'y ajouter avec l’assistance divine, fournira un pieux entretien à vos dévotions : et je pense en vérité , mes très-chères sœurs , qu'il serait difficilcde proposera votre foi un plus beau spectacle.
Et pour commencer, j’avance deux choses très-assurées : la première que la loi de la purification présupposait que la femme eût conçu & la façon ordinaire , parce qu'elle est couchée en ces termes : Mulier si suscepto seminc pepererit masculum ■ ; où il est [clair ] que le législateur a voulu toucher la source de la corruption qui se trouve dans les enfantements ordinaires"? autrement ce mot, susceplo semine, serait inutile et ne rendrait aucun sens. La loi donc de la purification parlait de celles qui enfantent selon les ordres communs de la nature. Je dis en second lieu que In raison de la loi étant telle que nous la venons de dire, après les saints Pères, elle ne regardait en aucune façon la très-heureuse Marie, ne s 'étant rien passé en elle dont son intégrité pût rougir. Vous lesavez , mes très-chères sœurs , que son fils bien-aimé. étant descendu dans ses entrailles très-chastes tout ainsi qu’une douce rosée, il en était sorti comme une fleur de sa tige , sans laisser de façon ni d'autre aucun vestige de son passage. D'où je conclus que si elle était obligée à la loi de la purification, c'était seulement à cause de la coutume, et de l’ordre qui ne doitpoint être changé pour une rencontre particulière. Et en effet le cas était si fort extraordinaire, qu'il semblait n’ètre pas suffisant pour apporter une exception à une loi générale.
Or ce n’est pas mon dessein d’examiner ici celte question , mais seulement de vous faire admirer la vertu de la sainte Vierge : en ce que sachant très-bien l’opinion que l'on aurait d'elle, et qu'il n'y aurait personne qui s’imaginât qu'elle eût ni conçu ni enfanté autrement que les autres mères, elle ne s’est point avisée de découvrir à personne le secret mystère de sa grossesse. Au contraire elle a bien le courage de confirmer un sentiment si prejudiciable à sa virginité, subissant sans se déclarer une loi qui , comme nous l’avons dit , en présupposait la perte. Et je prétends que ce silence est une marque certaine d’une retenue extraordinaire et d'une modestie incomparable. Qu'ainsl ne soit, vous savez que celles de son sexe
> Levit. XII , 2.
qui sont soigneuses de garder leur virgiullé mettent leur point d'honneur à faire connaître qu'elle est entière et sans tache; et quelquefois c'est la seule chose en laquelle elles avoueront frauchement quelles recherchent la réputation. Cela étant ainsi , je vous prie de considérer que vous ne persuaderez jamais à un gentilhomme , qui se pique d’honneur, de faire quelque action dont on puisse soupçonner en lui de la lâcheté. Or il est certain qu’une vierge est touchée beaucoup plus au vif lorsque quelque rencontre l'oblige à donner sujet de croire qu’elle ait perdu sa virginité , pour laquelle elle a un sentiment délicat au dernier point. Ce qui me fait admirer la vertu de la sainte Vierge, qui ne craint pas d'observer une cérémonie qui semblait si injurieuse â sa très-pure virginité ; qui ayant moins besoin d’être purifiée que les rayons du soleil , obéit comme les autres ù In loi de la purification, et offre avec tant de simplicité le sacrifice pour le péché, c’est-à-dire, pour les immondices légales quelle n’avait nullement contractées; cl qui par cette obéissance confirme la créance commune quelle avait conçu comme les autres femmes, bien loin de désabuser le monde dans une rencontre qui semblait si pressante , et de faire connaître aux hommes ce qui s’étaitaccompli en elle par l'opération de l'Esprit de Dieu.
Certes il faut l’avouer, mes très-chères sœurs, cela est du tout admirable ; surtout la très-heureuse Vierge ayant de son cûté , si elle eût voulu se découvrir, premièrement la vérité qui est si forte , et après l’innocence de ses mœurs qui n’appréhendait aucune recherche; p8is sa grande sincérité à laquelle les gens de bien eussent eu peine de refuser leur créance , et enfin un témoignage irréprochable en la personne de son mari , qui avec sa bonté et naïveté ordinaire eût dit qu’il était vrai que sa femme était très-chaste, et qu'il en avait été averti de la part de Dieu. Et cependant nous ne lisons pas qu'elle en oit jamais parlé : au contraire nous voyons son grand silence expressément remarqué dans les saintes Lettres. Une seule fois seulement sa joie éclata , lorsque sollicitée par la prophétie de la bonne Elisabeth sa cousine, qui la proclamait bienheureuse, elle lui déchargea son cœur, et sc sentant obligée de rendre hautement ses actions de grâces à la divine bonté, elle chante dans l’épanchement de son âme que le Tout-Puissant a fait en elle des choses très-grandes Partout ailleurs elle écoute, elle remarque, elle médite, elle repasse en son coeur ; mais elle ne parle jamais.
Ce qui me surprend davantage , c'est qu’elle
1 Luc. i , 49.
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DE LA SAINTE VIERGE
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seule garde le silence , pendant que tous les autres s'occupent à parler de son tlls. Que ne dit pas aujourd'hui le bon Siméon, et à qui ne donnerait-il pas envie d'exprimer toutes ses pensées touchant cet aimable enfant qui fait aujourd’hui toute sa joie , toute son espérance , tout son entretien? Marie se contente d’admirer à part soi les choses extraordinaires qui se disaient de son fds, ainsi que l'évangéliste le remarque fort expressément. Non pas qu'elle en fut surprise, comme si elle eût ignoré quel il devait être, elle à qui l'ange avait dit si nettement qu'il serait appelé le Fils du Très-haut , et qu’il siégerait à jamais sur le trûne de David son père. Et certes vous jugez bien qu’il n’est pas croyable qu'elle ait oublié les paroles de l'ange, elle dont il est écrit qu'elle retenait si soigneusement celles des bergers. Et quand il n'y aurait eu que la manière admirable par laquelle elle l'avait conçu , car du moins ne lui peut-on pasdéniercctte connaissance, le moyen de s'en taire à moins que d’avoir la vertu et la retenue de Marie?
Mais certes il fallait qu'elle se fit voir par ses actions si soumises , la mere de celui qui après sa glorieuse transfiguration dit à ses disciples : « Gardez-vous bien de parler de ce que vous ve- « nez de voir, jusqu’à ce que le Fils de l’homme ■ soit ressuscité ■. ■ Et il y a dans son Évangile beaucoup d'autres paroles qui sont dites en ce même sens, par lesquelles nous connaissons que le Fils de Dieu, qui a daigné témoigner quelque sorte d'impatience pour l'ignominie de sa croix : « J’ai , dit-il * , à être baptisé d'un baptême , et * comment suis-je pressé en moi-même jusqu’à > ce qu'il soit accompli ! » Lui donc , qui a témoigné quelque sorte d'impatience pour l’ignominie de sa croix , n’a jamais fait [ paraître ] le moindre désir de la manifestation de son nom , attendant le temps préflx marqué précisément par la Providence divine. C'était lui , c’était lui , chères sœurs, qui donnait ce sentiment à sa sainte mère, afin de faire voir qu'elle était animée de son même Esprit. Ainsi elle jouit seule av ec Dieu d'une si grande joie , sans la partager qu'avec ceux à qui il plaît au Saint-Esprit de la révéler. Elle attend que Dieu découvre cette merveille lorsqu'il sera expédient pour la gloire de son saint uom. Elle est vierge, Dieu le sait, Jésus son cher fils le sait, ce lui est assez. O silence! 6 retenue! û Ame parfaitement satisfaite de Dieu seul et du témoignage de sa conscience! Duc mère si éclairée , se contenter d'être au nombre des écoutants au sujet de son Ois unique; ne parier pas même des choses ou sa virginité qui lui est si chère
' Matih. XVII, 9.
’ Luc. xll , su.
semble intéressée, laisser croire au monde tout ce qu'il voudra et tout ce que Dieu permettra qu'il croie , cacher une si grande gloire et modérer ses paroles dans une Joie qui devait être si excessive! Sauveur Jésus, Dieu caché, qui ne faites paraître à nos yeux que votre faiblesse , qui avez inspiré cette humilité si profonde à la bienheureuse Marie votre mère, faites-nous goûter vos douceurs en simplicité ; vous seul contentez nos désirs, vous seul soyez suffisant à nos âmes.
La seconde cérémonie consistait en un certain genre de sacrifice, comme je vous le rapportais au commencement de ce discours. Or Dieu avait ordonné en cette rencontre différentes sortes de victimes, qui pouvaient être offertes légitimement. » On offrira, dit-il', un agneau d'un an
• avec une tourterelle ou un pigeonneau. Que si « vous ne pouvez offrir un agneau , ajoute le Sei-
• gneur, si vous n’en avez pas le moyen , vous - offrirez deux pigeonneaux ou une paire de tour- « terelles. ■ Par oh vous voyez que l'on pouvait suppléer au défaut de l'agneau parles pigeonneaux ou la tourterelle ; et cela se faisait ordinairement par les pauvres, pour lesquels la loi semble avoir donné ce choix des victimes : les pigeouncaux et les tourterelles , c'était le sacrifice des pauvres. Maintenant souffrez que je vous demande quelle victime vous pensez que l’on ait offerte pour le Roi du ciel. Ecoutez , je vous prie, l'évangéliste saint Luc : Ils offrirent, pour lui, dit-il, une paire de tourterelles , ou deux pigeonneaux. Une paire de tourterelles, ou deux pigeonneaux : mais lequel des deux, saint évangéliste? Pourquoi cette alternative? Est-ce ainsi que vous racontez une chose faite? Pénétrons, s’il vous plaît, son dessein : tout ceci n'est pas sans mystère. Certes l’intention de l’évangéliste n’est pas de nous rapporter précisément laquelle victime en particulier a été offerte , puisqu’il nous donne cette alternative : deux pigeonneaux , ou une paire do tourterelles. Ce n’est pas aussi son dessein de faire une énumération de toutes les choses qui pouvaient être offertes en cette cérémonie selon les termes de la loi de Dieu , puisqu’il ne parle point de l'agneau. Quelle peut donc être sa pensée? est-ce point qu’il nous veut faire entendre que c’eût été hors de propos qu'on eût offert un agneau en ce même temps , où l’on apportait dans le temple le vrai agneau de Dieu qui venait effacer les péchés du monde? ou bien n'est-ce pas plutôt que levangéliste nous fait entendre , qu’il n’est pas nécessaire que nous sachions quelle a été précisément la victime offerte pour notre Sauveur; pourvu que nous connaissions que le sacrifice
1 Lcril. XII, 6, s.
3Jf.
POUR LA PURIFICATION
quel qu'il ait été, était le sacrifice des pauvres : par turlurum, aut duos pullos columbarum ■?
Chères soeurs, qui poussées de l'Esprit de Dieu avez généreusement renoncé à tous les biens et même à toutes les espérances du monde , réjouissez-vous en Notre-Seigneur. Jamaisy eut-il homme plus pauvre que le Sauveur? son père gagnait sa vie par le travail de ses mains et par l’exercice d’un art mécanique : lui-mémc il n'avait rien en ce monde , pas même une pauvre retraite ni de quoi appuyer sa tête. Certes les historiens remarquent que souvent è la nativité des grands personnages, il s'est vu des choses qui ont servi de présages de ce qu'ils devaient être pendant la vie. Ne nous rapporte-t-on pas qu'on a vu fondre des aigles ou sur la chambre ou sur le berceau de ceux qui devaient être un jour empereurs? Et on raconte de saint Ambroise et de quelques autres, qu'un essaim d'abeilles s’était reposé innocemment sur leurs lèvres, pour signifier la douceur de leur éloquence. O épouses de Jésus- Christ! dans ces dernières fêtes que nous avons célébrées, que nous avons vu de présages de l'extrême pauvreté dans laquelle Jésus devait vivre I Quel est l’enfant si misérable dont les parents n'aient pas du moins quelque chétive demeure , ou ils puissent le mettre à couvert des injures de l'air au moment qu'il vient nu monde? Jésus, rebuté de tout le monde , est plutôt , ce semble , exposé , que né dans une étable. Ainsi il nnquit , ainsi il vécut, ainsi il mourut. Il a choisi le genre de mort où on est le plus dépouillé, et nu qu’il était à la croix il voyait ces avares et impitoyables soldats qui partageaient ses vêtements et jouaient à trois dés jusqu'à sa tunique mystérieuse. Ne fut-il pas enterré dans un sépulcre emprunté? et les draps dans lesquels son saint corps fut enseveli , les parfums desquels il fut cm ta limé , furent les dernières aumônes de ses amis. De sorte que pour ne se point démentir dans cette action, qui était comme vous le verrez tout à l'heure une représentation de sa mort , Il veut que l'on offre pour lui le sacrifice des pauvres, une paire de pigeonneaux ou deux tourterelles. O Roi de gloire, « qui étant si riche par la condi- « tion de votre nature , vous êtes fait pauvre pour
• l'amour de nous, afin de nous enrichir par vo-
• tre abondance • inspirez dans nos cœurs un généreux mépris de toutes ces choses que les mortels aveugles appellent des biens, et faites-nous trouver dans le ciel cet unique et inépuisable trésor que vous nous avez acquis au prix de votre sang par votre ineffable miséricorde.
■ Lmr. il , 34.
> U. Cor. Vlll ,
Nous lisons deux raisons dans l'Exode , pour lesquelles Dieu ordonnait que les premiers-nés lui fussent offerts. De ces deux raisons je prendrai seulement celle qui sera la pins convenable au mystère que nous traitons, à laquelle je vous prie de vous rendre un peu attentifs. Dieu pour faire voir qu'il était le maître de toutes choses , avait accoutumé d'en exiger les prémices comme une espèce de tribut et de redevance. Ainsi voyons-nous que les prémices des fruits lui sont offertes , en témoignage que nous ne les avons que de sa seule munificence. Pour cela il demandait tout ce qui naissait le premier, tant parmi les hommes que parmi les animaux, se déclarant maître de tout . D'où vient qu’nprès ces mots par lesquels il ordonne, en l'Exode, que tous les premiers-nés lui soient consacrés : Sanctifica mihi omne primogenitum... iamde hominibus quant dejumenlis ■, il ajoute incontinent la raison : car tout est à moi. > Sanctifiez-moi , dit-il , tous les
• premiers-nés , tant parmi les hommes que parmi
• les animaux ; car tout est à mol , > mea sunt entra ornnia. Et il exigeait ce tribut particulièrement à l'égard des hommes, pour se faire reconnaître le chef de toutes les familles d'Israël; et afin qu'en la personne des aînés , qui représentent la tige de la maison , tous les autres enfants fussent dévoués à son service. De sorte que par cette offrande les ainés étaient séparés des choses communes et profanes, et passaient au rang des saintes et des consacrées. C'est pourquoi la loi est prononcée en ces termes : Srparabit omne quoi aperit vulram Domino • : . Vous se- « parerez tous les premiers-ms au Seigneur. *
Et c'est en ce lieu que je puis me servir des' paroles du grave Tertullien et appeler avec lui le Sauveur Jésus l'Illuminateur des antiquités 3 , qui n'ont été établies que pour signifier ses mystères. Corqucl autre est plus sanctifié auSeigneur que le Fils de Dieu , dont la mère a été remplie de la vertu du Très-Haut? d'où l’ange concluait que cc qui naitrait d'elle serait • saint4. » Et voici qu’étant - le premicr-né de toutes les créatures, ■ ainsi que l'appelle saint Paul s, et étant de plus les prémices du genre humain, on le vient aujourd'hui offrir à Dieu devant scs autels, pour protester qu 'en lui seul nous sommes tous sanctifiés et renouvelés , et que par lui seul nous appartenons | an Père éternel , et avons accès à l'autel de sa miséricorde. Ce qui lui fait dire à lui-même : Ego pro cis sanctifico rncipsum 6 : « Mon Père, Je
1 Erod. Xlll, 3.
* Ibid. Il
* jidr. Marc ion. lib. iv, n*40.
4 Luc. i, 35.
* (otoa. |, 15.
* Joan. ivii, I».
DK I.A SAINTE VIERGE.
. me consacre pour eux : - ndn d'accomplir cette prophétie qui avait promis à nos pères qu’en lui toutes les nations seraient bénites 1 , c'est-à-dire, sanctifiées et consacrées à la Majesté divine. Telles sont les prérogatives de son droit d’aînesse , telles sont les obligations que nous avons à ce pieux aîné, c'est-à-dire, au sauveur Jésus, qui s'est immolé pour l’amour de nous.
Et à ce propos je vous prie de considérer les paroles que l’apôtre fait dire à Notre-Seigneur dans sonépltre aux Hébreux, chapitre dixiéme; elles sont tirées du psaume trente-neuvième, dont voici les propres termes cités par l’apôtre : Holocautomaiapro peccatonontibiplacueruht ; tune dixi : Ecce venio ■ : « I-es holocaustes et les « sacrifices pour le péché ne vous ont pas plu , ô ■ mon Père ! alors je me suis offert, j’ai dit : J’irai • moi-même, afin d’exécuter votre volonté; » c'est-à-dire , comme l'entend l’apôtre , l’ouvrage de notre salut. Ne vous semble-t-il pas, chères soeurs, que ces paroles ne sont faites que pour cette cérémonie? Saint Paul les fait dire à Notre- Selgneur en entrant au monde : Ingrédient mundum dixit 5. Or le Fils de Dieu n'avait que six semaines, lorsqu'on le vint offrir à Dieu dans son temple ; de sorte qu'il ne faisait A proprement parler que d’entrer au monde. Et selon cette doctrine je me représente aujourd’hui le sauveur Jésus , a même temps qu’on l'offre au Père éternel , prendre déjà la place de toutes les victimes anciennes, afin de nous consommer à jamais par l'unité de son sacrifice : tellement que cette cérémonie était comme un préparatif de sa passion. Jésus Christ dans sa tendre enfance méditait le dessein laborieux de notre rédemption , et déjà par avance se destinait à la croix. Si je me suis Lien fait entendre, mes très-chères sœurs, vous avez vu un rapport merveilleux des anciennes cérémonies que le Fils de Dieu subit aujourd’hui avec les mystères de notre salut.
Mais après avoir vu les sentiments denotre Sauveur dans cette mystérieuse journée ; si vous aviez peut-être une sainte curiosité de savoir de quoi s'entretenait la bienheureuse Marie , Je tâcherai de vous eu donner quelque éclaircissement par une considération très-solide. Toutes les cérémonies des Juifs leur étaient données en figures de ce qui se devait accomplir en Notre- Seigneur; et bien qu'elles fussent différentes les unes des autres, toutefois elles ne contenaient qu'un seul Jésus- Christ. Ceux qui étaient grossiers et charnels n'en considéraient que l'extérieur, sans en pénétrer le sens. Mais les spirituels et les éclairés, à tra-
• Gmt*. Xtll, 18.
* lltbr. X, O, 7
J nu