‹ suvres de Bossuet SermonsChapitre 125 sur 243 · JJ · texte numérisé non relu

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alors s'élever en Espagne ' , ce grand roi sut biea trouver sa place dans une occasion si importante. Comme son savoir éclatait dans toute l'Église autant que son équité, les nouveaux hérétiques le prièrent de se rendre l’arbitre de la cause’. Charlemagne, pour h-s confondre par eux-mèmes, accepta l'offre; mais il savait comment un prince peut être arbitre en ces matières. Il consulta le saint-siège avant toutes choses; ii écouta aussi les autres évêques, qu'il trouva conformes à leur chef. C’est sur quoi se régla ce religieux prince; c'est par ce canal qu’il reçut la doctrine de l'Évangile et l'ancienne tradition de l’Église catholique : e'est de là qu'il apprit ce qu’il fallait croire; et sans discuter davantage la mar tière, dans la lettre qu'il écrit aux nouveaux docteurs 5 il leurenvoie. les lettres, lesdecisions, « et les décrets formés par l'autorité ecclésiusti- « que, les exhortant à s'y soumettre avec lui, et . à ne se croire pas plus savants que l'Église uni- . versclle : parce que, ajoutait ce grand prince, » apres ce concours de l'autorité apostolique, et « de l'unanimité synodale, vous ne pouvez plus

• éviter d'être tenus pour hérétiques, et nous ■ n’osons plus avoir de communion avec vous. •

Qu'on n'impute point à la France des sentiments nouveaux ; voilà tous ses sentiments du temps de Charlemagne : mais Charlemagne les avait reçus de plus haut, et ils étaient venus des anciens Pères, et dès l'origine du christianisme. Le saint-siège principalement, et le corps de l'épiscopat uni à son chef , c’est où il faut trouver le dépôt de la doctrine ecclésiastique confiée aux évêques par les apôtres : car c'est aussià cette unitéqu'ilest dit : « Qui vous écoute, « m'écoute4; «et encore :« Les portes de l’enfer « ne prévaudront point contre elle 5 ; « et encore : « Vous êtes la lumière du monde6; » et encore : . Dites-le à l'Église; ets'il n'écoute pas l'Église,

• qu’il vous soit comme un Gentil et on publi-

• cain - ; • et encore , pour me servir du même passage qui est ici allégué par Charlemagne : « Je serai toujours avec vous jusqu’à la consom- « mation des siècles*. • Ce grand prince, soumis le premier à cette règle , ne craint plus après cela de condamner les hérétiques , comme déjà condamnés par l'autorité de l'Église; et le jugement du saint-siégeet du concile de Francfort devint le sien.

Est-il besoin de raconter ce que Charlemagnt ,

' Conc. Franco/, can. I, p. 103.

* Ibid. Rpi»t. Car. M. p. IH8.

1 Ibid. p. 188, 100.

* Luc. x, ie.

* Matth. xvi , 18.

« Ibid, v, 14.

* Ibid. XVIII, 17-

( * Ibid. XXVIII, W.

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