‹ suvres de Bossuet SermonsChapitre 126 sur 243 · DI · texte numérisé non relu

DI

SUR L'UNITE

h l'exemple du roi son père, lit pour ta grandeur temporelle du saint-sicge et de l’Église romaine? qui ne sait qu’elle doit à ces deux princes et à leur maison tout ce qu’elle possède de pays? Dieu , qui voulait que cette Eglise , In mère commune de tous les royaumes, dans la suite ne fût dépendante d’aucun royaume dans le temporel , et que le siège où tous les fidèles devaient garder l'unité , à la lin fut mis au-dessus des partialités que les divers intérêts et les jalousies d'État pourraient causer, jeta les fondements de ce grand dessein par Pépin et par Charlemagne. C’est par une heureuse suite de leur libéralité que l'Église, Indépendante dans son chef de toutes les puissances temporelles, se voit en état d’exercer plus librement, pour le bien commun et sous la commune protection des rois chrétiens, cette puissance céleste de régir les âmes; et que, tenant en main la balance droite au milieu de tant d'empires souvent ennemis, elle entretient l'unité dans tout le corps, taillât par d'inflexibles décrets, et taulût par de sages tempéraments.

L’empire sortit trop tôt d'une maison et d'une nation si bienfaisante envers l’Église. Rome eut des maîtres fâcheux, et les papes avaient tout n craindre faut des empereurs que d'un peuple sé-\ ditieux ; mais ils trouvèrent toujours en nos rois i ces charitables voisins que le pape Pelage II avait espérés. La France, plus favorable à leur puissance sacrée, que l’Italie et que Rome même, leur devint comme un second siège où ils tenaient leurs conciles , et d’ou ils faisaient entendre leurs oracles par toute l’Église. Troycs, et Clermont, et Toulouse, et Tours, et Reims plusieurs fois, et les autres villes le peuvent dire; pour ne point parler ici de deux conciles universels tenus â Lyon , et d'un autre concile universel tenu à Vienne : tant les papes ont pris plaisir à faire les actes les plus importants et les plus authentiques de l'Église, dans le sein et avec la Adèle coopération de l'Église gallicane.

Cependant la troisième race était montée sur le trâue : race encore plus pieuse que les deux nutres, qui aussi a toujours vu augmenter sa gloire; qui seule dans tout l'univers, et depuis le commencement du monde, se voit sans interruption depuis sept cents ans toujours couronnée et toujours régnante : race enfin qui devait donner saint Louis au monde; en laquelle le monde étonné voit encore aujourd'hui de si grandes choses, et en attend de plus grandes. Vous diraije combien de fois et en quels termes elle a élé bénite par le saint-siège? Sons cette race la France est ■ un royaume chéri et béni de Dieu , • un royaume dont l'exaltation est inséparable

-de celle du saint-siège', - un royaume; mais si j'entreprenais de tout raconter, le jour n’y suffirait pas.

Aussi faut-il avouer qu'il y a eu dans ces rois , avec beaucoup de religion, une noblesse qui les a fait révérer de toute la terre, et qui les a mis au-dessus des autres rois. Quand les empereurs se vantaient de combattre pour les intérêts communs des rois, les nâtres ont su trouver dans une plus noble constitution de leur État , et dans une plus grande hauteur de leur couronne, une plus sûre défense ; puisque, sans qu'ils eussent besoin de se remuer, leur majesté ne fut pas même attaquée dans ces premiers temps , et que jamais ils n'ont été obligés ni â soutenir des guerres , ni , ce qui est bien plus horrible , â faire des schismes pour la défendre.

Ces rois, aussi bienfaisants que religieux, loin de profiter de la faiblesse des papes toujours réfugiés dans leur royaume, se relâchaient volontairement de quelques-uns de leurs droits , plu tât que de troubler la paix de l'Église; et pendant que saint Thomas de Cantorbéri était baunl yd’ Angleterre, comme ennemi des droits de la royauté, la France, plus équitable, le recevait dans son sein comme le martyr des libertés ecclésiastiques. Nos rois donnèrent cet exemple à tout l'univers. L’Église, qu'ils honoraient, les t honorait à son tour ; et l'égalité , tant recommandée par l’apôtre, s’entretenait par de mutuelles reconnaissances.

La piété se ralentissait, et les désordres se multipliaient dans toute la terre. Dieu n'oublia pas la France : au milieu de la barbarie et de l’ignorance elle produisit saint Bernard, apôtre, prophète, ange terrestre, par sa doctrine, par sa prédicaiion, par ses miracles étonnants, et par une vie encore plus étonnante que ses miracles. C’est lui qui réveilla dans ce royaume et qui répandit dans tout l’univers l’esprit de piété et de pénitence. Jamais sujet ne fut plus r.élé pour son prince; jamais prêtre ne fut plus soumis à l’épiscopat ; jamais enfant de l'Eglise ne défendit mieux l'autorité apostolique de sa mère l’Église romaine. Il regardait dans le pape seul tout ce qu'il y avait de plus grand dans l’un et l'antre Testament; un Abraham, un Meichisédecb , un Moïse, un Aaron, un saiut Pierre, en un mot Jésus-Christ même’. Mais afin qu'une autorité sur laquelle l’Eglise est fondée, fât plus sainte et plus vénérable à tous les peuples ; il ne cessa d’en séparer, autant qu’il pouvait, ce qui semblait plutôt la déshonorer que l’agrandir.

■ Alex, lll, Fpitt. x\\, t. x Cône. col. ISIS. /nnoc. in, Greg. « xi Cône. part, i, col. 27, 307.

* & Bem. de Consid. lib. n, cap. vin; et Ub. rv.cap. tü, t li COI. 122, 1U

agle

DK L'ÉGLISE. '

Tout est à vous, il i sait-il ' , tout dépend du chef; mais c’est avec un certain ordre. On ferait uu monstre du corps humain , si on attachait immédiatement tous les membres à la tête : c’est par les évêques et les archevêques qu’on doit venir au saint-siège : ne troublez poiut cette hiérarchie , qui est l'image de celle des anges. Vous pouvez tout , il est vrai; mais un de vos ancêtres disait : ■ Tout in’est permis , mais tout » n'est pas convenable \ . Vous avez la plénitude de la puissance, mais rien ne convient mieux à la puissance que la règle. Enfin l’Église romaine est la mère des Églises5 , mais non une maîtresse Impérieuse; et vous êtes non pas le seigneur des évêques , mais l’un d’eux : paroles que ce saint homme n'a pas proférées pour affaiblir une autorité qu’il a fait révérer à toute la terre ; mais afin de rappeler en la mémoire du successeur de saint Pierre cette excellente doctrine, que Jésus-Christ, qui l’a élevé h une si grande puissance , n’a pas voulu néanmoins lui donner un caractère supérieur h celui de l'épiscopat : afin que , dans cette haute élévation , il prit soin de conserver dans tous les évêques la dignité d’un caractère qui lui est commun avec eux; et qu'il songeât qu'il y a toujours avec une grande autorité , quelque chose de doux et de fraternel dans le gouvernement ecclésiastique : puisque si le pape doit gouverner les évêques , il les doit aussi gouverner par les lois communes que le saint-siège a faites siennes en les confirmant. C’est ce que disent tous les papes; et encore qu’ils puissent dispenser des lois pour l'utilité publique5, le plus naturel exercice de leur puissance est de les faire observer en les observant les premiers, comme ils en ont toujours fait profession dès l’origine du christianisme. Voilà ce que disait saint Bernard et tous les saints de ce temps ; voilà ce qu'ont toujours dit ceux qui ont été parmi nous les plus pieux. C’est aussi ce qui obligea le roi le plus saint qui ait jamais porté la couronne , le plus soumis au saint-siège et le plus ardent défenseur de la foi romaine (vous reconnaisez saint Louis) , à persévérer dans ces maximes , et à publier une Pragmatique pour maintenir dans son royaume • le

• droit commun et la puissance des ordinaires,

• selon les conciles généraux et les Institutions

• des saints Pères5. ■

Ne demandez plus ce que c'est que les libertés de l'Église gallicane. Les voilà toutes dans ces précieuses paroles de l’ordonnance de saint

' S. Bem. de Contid. lib. lit, cap. it, ool. 433.

* I. Cor. x , 22.

* S Bern. de Contid. Ub. IV, cap, TH, col. 444.

4 Ibid. lib. ni, cap. it, col. 433.

1 Pra$. S. Lvd.

Louis; nous u'en voulons jamais conuaitre d'autres. Nous mettons notre liberté à être sujets aux canons; et plût à Dieu que l'exécution en fût aussi effective dans la pratique , que cette profession est magnifique dnns nos livres! Quoi qu’il en soit, c’est notre loi : nous faisons consister notre liberté à marcher, autant qu'il se peut, . dans le " droit commun - qui est le principe ou plutôt le fond de tout le bon ordre de l'Église; « sous la ■ puissance canonique des ordinaires, selon les « conciles généraux et Ire institutions des saints * Pères : » état bien différent de celui où la durelé de nos cœurs , plutôt que l'indulgence des souverains dispensateurs , tiousa jetés ;où les privilèges accablent les lois ; ou les grâces semblent vouloir prendre la place du droit commun , tant elles se multiplient; où tant de règles ne subsistent plus que dans la formalité qu’il faut observer d'en demander la dispense : et plût à Dieu que ces formules conservent du moins, nvec le souvenir dre canons , l’espérance de les rétablir I C’est l’intention du saint-siège; c'en est l'esprit. Il est certain. Mais s'il faut, autant qu'il sc peut, tendre au renouvellement dre anciens canons , combien religieusement faut-il conserver ce qui en reste, et surtout ce qui est le fondement de la discipline! Si vous voyez donc vos évêques demander humblement au pape l’inviolable conservation de ces canons et de la puissance ordinaire dans tous ses degrés, souvenez-vous qu’ils ne font que marcher sur les pas de saint Louis et de Charlemagne, et imiter les saints dont ils remplissent les chaires. Ce n'est pas nous diviserd'avcc le saintsiège, à Dieu ne plaise 1 c’est nu contraire conserver avec soin jusqu'aux moindres fibres, qui tiennent les membres unis avec 'e chef. Ce n'est pas diminuer la plénitude de la puissance apostolique : l’Océan même a ses bornes dans sa plénitude ; et s’il les outrepassait sans mesure aucune, sa plénitude serait un déluge qui ravagerait tout l’univers.

Au reste, la puissance qu'il faut reconnaître dans le saint-siège est si haute et si éminente , si chère et si vénérable à tous les fidèles, qu'il n’y a rien au-dessus que toute l’Église catholique ensemble ; encore faut-il savoir eonualtre Ira besoins extraordinaires et les extrêmes périls où il faut que tout s'assemble et se réunisse. Ces maximes sont de tous les siècles; mais dans l'un des derniers siècles un besoin pressant de l’Église, un grand mal, un schisme effroyable, obligea toute l’Église à les expliquer, et à les mettre en pratique d'une façon plus expresse dans le saint concile de Pisc, et dans le saint concile de Constance. La France fut la plus zélée à les soutenir: mais la France fut suivie de toute l'É-

SUR L’UNITÉ

glise. Ces maximes supposées comme indubitables du commun consentement des papes, de tous les évêques et de tous les fldèles, rétablirent l'autorité du saint-siège affaiblie par les divisions. Ces maximes mirent fin au schisme, extirpèrent leshcrésiesque le schisme fortifiait, et firent espérer au monde malgré la dépravation des mœurs, la réforme universelle de la discipline dans toute la chrétienté, sans rien excepter.

Ces maximes demeureront toujours en dépôt dans l'Église catholique. f.cs esprits inquiets et turbulents voudront s'en servir pour brouiller; mais les humbles , les pacifiques , les vrais enfants de l'Église s'en serviront toujours selon la règle , dans les vrais besoins et pour des biens effectifs. Les cas où on le doit faire seront aisés ù marquer, puisqu'ils sont si clairement expliqués dans les décrets du concile de Constance1; mais il vaut mieux espérer que la déplorable nécessité de réfléchir sur ces cas n'arrivera pas, et que nos jours ne seront pas assez malheureux pour avoir besoin de tels remèdes. Ah! si le nom de concile éeuménique, nom si saint et si vénérable , doit être employé , que ce ne soit pas en matière contentieuse et pour faire durer de funestes divisions; mais plutôt pour réunir la chrétienté déchirée par tant de schismes, et pour travailler ù l’œuvre de réformation, qui jamais n'est achevée durant cette vie ! Cependant conservons ces fortes maximes de nos pères, que l’Église gallicane a trouvées dans la tradition de l'Église universelle ; que lesunlversltésdu royaume, et principalement celle de Paris, ont nppriscs des saints évéques et des saints docteurs qui ont toujours éclairé l'Église de France , sansque le saint-siège ait diminué les éloges qu'il a donnés à ces fameuses universités’. Au contraire c’est en sortant du concile de Ilâle , oit ces maximes avaient été renouvelées avec l'applaudissement de tout le royaume , que Pie II qui le savait, puisqu’il avait autrefois prété sa plume à ce concile, s'adressant à un évéque de Paris, dans l'assemblée générale de tous les princes chrétiens , lui parla ainsi de la France 3 : - La France a beaucoup d'universités , parmi les- » quel les la vôtre, mon vénérable frère , est la plus

■ illustre, parce qu'on y enseigne si bien la théo-

■ logie , et que c'est un si grand honneur d'y pou-

• voir mériter le titre de docteur ; de sorte que

• le florissant royaume de France , avec tous les

■ avantages de la nature et de la fortune, a en-

• eore ceux de la doctrine et de la pure religion. • Voilà ce que dit un savant pape qui n’ignorait pas nos sentiments , puisqu'ils étaient alors dans leur

■ Un. v.

* T’rban. Tl, Epht. il , t. xi Cotte, roi. 2010.

* Fixa il, in Comv. Mnnt. L 1111 Corne col. 1771.

plus grande vigueur; et je puis dire qu'il en approuve le fond dans la bulle ' où, en révoquant eu qu’il avait dit avant son exaltation en faveur du concile de Bâle, il déclare qu’il n’en révère pas moins le concile de Constance dont il embrasse les décrets, et nommément ceux où l'autorité et la puissance des conciles est expliquée.

Il savait bien que la France n’abusait point de ces maximes, puisque même elle venait de donner un exemple incomparable de modération dans la célèbre assemblée de Bourges ; où louant les Pères de Bâle qui soutenaient ces maximes, elle rejeta l’application outrée qu'ils en firent contre le pape Eugène IV. Nos libertés furent défendues ; le pape fut reconnu; le schisme fut éteint dans sa naissance; tout fut pacifié : qui lit un si grand ouvrage? un grand roi fidèlement assisté par le plus docte clergé qui fût au monde.

Jamais il ne fut tant parlé des libertés de l'Église, et jamais It n'en fut posé un plus solide fondement que dans ces paroles immortelles de Charles VII : « Comme c’est, dit-il’, le devoir

• des prélats d'annoncer avec liberté la vérité

• qu'ils ont apprise de Jésus-Christ , c'est aussi le

• devoir du prince et de la recevoir de leur bou- . che, prouvée par les Écritures , et de l’exécuter

• avec efficace. » Voilà en effet le vrai fondement des libertés de l'Église : alors elle est vraiment libre quand elle dit la vérité, quand elle la dit aux rois qui l'aiment naturellement et qu'ils l’écoutent de leur bouche ; car alors s'accomplit cet oracle du Fils de Dieu : « Vous connaîtrez la vé-

• rité, et la vérité vous délivrera, et vous serez « vraiment libres ’. »

Nous sommes neeoutumés à voir agir nos rois très-chrétiens dans cet esprit. Depuis le temps qu'ils se sont rangés sous la discipline de saint Kemi, lis n'ont jamais manqué d'écouter leurs évêques orthodoxes. L’empire romain vit succéder au premier empereur chrétien un empereur hérétique. La succession des empereurs a souvent été déshonorée par de semblables désordres. Mais pour ne poiut reprocher aux autres royaumes leur malheureux sort, contentons-nous de dire, avec humilité et actions de grâces , que la France est le seul royaume qui jamais, depuis tant de siècles , n’a vu changer la foi de ses rois ; elle n'en a jamais eu, depuis plus de douze cents ans, qui n’ait été enfant de l’Église catholique : le trône royal est sans tache et toujours uni au saintsiège; il semble avoir participé à la fermeté de ccttc pierre : Graliat Deo super inenarrabili

• Dulin, rr tract. PU II, t. XIII Cnk. col. 1407.

» Prag. Car. vil.

* Jnan. VIII, 33 . 30-

DK L'EGLISE.

dono 'jus : * Grâces à Dieu sur ce dan inexplt- j

• cable de sa boulé •

En écoutant leurs évêques dans la prédication de la vraie foi, c'était une suite naturelle que ces rois les écoutassent dans ce qui regarde la discipline ecelesiasti |ue. Loin de vouloir faire en ce point la loi à l'Eglise, un empereur, roi de France, disait aux évêques1 : * Je veux qu'ap- ■ payés de notre secours et secondés de notre

• puissance, comme le bon ordre le prescrit, » faniu/anle, utdecet, pote siale noslra (peser ces paroles; et remarquez que la puissance royale, qui partout ailleurs veut dominer, et avec raison , Ici ne veut que servir). « Je veux donc, dit cet « empereur, que , secondés et servis par notre > puissance, vous puissiez exécuter ce que votre

• autorité demande : > paroles dignes des maîtres du monde; qui ne sont jamais plus dignes de l'élre, ni plus assurés sur leur trAne, que lorsqu'ils font respecter l'ordre que Dieu a établi.

Ce langage était ordinaire aux rois très-chrétiens; et ce que faisaient ces pieux princes , ils ne cessaient de l'inspirer & leurs officiers. Malheur, malheur à l'Église , quand les deux juridictions ont commencé à sc regarder d’un œil jaloux ! A plaie du christianisme! Ministres de l’Eglise, ministres des rois, et ministres du Roi des rois les uns et les autres, quoique établis d'une manière differente, ah! pourquoi vous divisez-vous? l’ordre de Dieu est-il opposé à l'ordre de Dieu? lié, pourquoi ne songez-vous pas que vos fonctions sont unies; que servir Dieu c’est servir l’État, que servir l’État c’est servir Dieu? Mais l’autorité est aveugle: l’autorité veut toujours monter, toujours s’étendre; l'autorité se croit dégradée quand on lui montre ses bornes. Pourquoi accuser l'autoritc? accusons l'orgueil; et disons comme l'apAtre disait de la loi : - L’autorité est sainte et juste

• et bonne5; ■ sainte, elle vient de Dieu; juste, elle conserve le bien à un chacun ; bonne, elle assure le repos public : « mais l'iniquité, afin de

- paraître iniquité, sc sert » de l'autorité pour mal faire; en sorte que l’iniquité est souverainement inique, quand elle pèche par l’autorité «lue Dieu a établie pour le bien des hommes.

Nos rois n’ont rien oublié pour empêcher ce désordre. Leurs capitulaires ne parlent pas moins fortement pour les évêques que les conciles. C'est dans les capitulaires des rois qu'il est ordonné aux deux puissances, nu lieu d'entreprendre l'une sur l’autre , de * s'aider mutuellement dans leurs

- fonctions, • et ou'il est ordonné en particulier

' H. Cor. tx, l&.

* Lud. Pim. Capit. an. 823. Bahiz. 1. 1, p. 031. F.p. ! cnil. Srd. ad ,4nwl. t.iigd. Conr. Coll. I, m, p. 07.

* fiwt. vu, îî.

aux comtes, aux juges, à ceux qui ont en main l’autorité royalo, d’être « obéissants aux évê- « ques: • c’est ce que portait l’ordonnance de Charlemagne; et ce grand prince ajoutait qu’il • ne « pouvait tenir pour de fidèles sujets ceux qui n’é- ■ talent pas lldeles à Dieu ; ni en espérer une sin- « cère obéissance, lorsqu'ils ne la rendaient pas « aux ministres de Jésus-Christ, dans ce qui re- - gardait les causes de Dieu et les intérêts de l’Ê- * glisc* . * C’était parler en prince habile , qui sait en quoi l’obéissance est due aux évêques, et ne confond point les bornes des deux puissances : il mérite d’autant plus d'en être cru. Selon ses ordonnances, on laisse aux évêques l’autorité tout entière dans les causes de Dieu et dans les intérêts de l’Église; et avec raison, puisqu’en cela l’ordre de Dieu , la grâce attachée à leur caractère, l’Écriture , la tradition, les canons et les lois parlent pour eux.

Qu’est-il besoin d’alléguer les autres rois? que ne doivent point les évêques au grand Louis! que ne fait point ce religieux prince pour les intérêts de l'Église ! pour qui a-t-il triomphe , si ce n'est pour elle? quand tout en un moment ploya sous sa main, et que les provinces se soumirent comme A Penvi, n’ouvrit-il pas autant de temples à l'Église qu'il força de places ? mais l'hérésie de Calvin fut la seule confondue en cc temps. Aujourd'hui le luthéranisme, la source du mal et la tête de l’hérésie, est entamé : heureux présage pour l’Église ! Il commence à rendre les temples usurpés. L’un des plus grands de ees temples, celui qui de dessus les bords du Rhin élève le plus haut et fait révérer de plus loin son sacré sommet, par la piété de Louis est sanctifie de nouveau. Que ne doit espérer In France, lorsque fermée de tous côtés par d’invincibles barrières, à couvert de la jalousie, et assurant la paix de l'Europe par celle dont son roi la fera jouir, elle verra ce grand prince tourner plus que jamais tous ses soins au bonheur des peuples , et aux intérêts de l’Église dont il fait les siens! ftous, mes frères, nous qui vous parlons, nous avons ouï de la bouche decc prince incomparable , à la veille de ce départ glorieux qui tenait toute l’Europe en suspens, qu'il allait travailler pour l'Église et pour l’État, deux choses qu’ou verrait toujours inséparables daus tous ses desseins. France, tu vivras par ces maximes; et rien ne sera plus inébranlable qu’un royaume uni si étroitement à l’Église que Dieu soutient ! Combien devons-uous chérir

I 1 Cap. iv Car. .V. an. SM, Baluz : t. I, p. 450. Capit. I cap. Th end. de /ton. Epw-. et rrt. Sarrrd. ibid. p. 438. Coll. ! Amen. lit». VI , rnp. cr.VLtX , ibid. p. f)C5. Cane. Arrl. vi , ru h. ! C ar. V. mu. \iu, I. ii C bac, C.all. p. 271. Capit. Car tf. i an. *13, Baluz. t. i, p vn.

Digitizi

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