POUR LE MÊME DISCOURS
II est écrit , mes sœurs , dans le livre de la Genèse , que « l'homme quittera son père et sa mère . pour s'attacher à son épouse * ; » et saint Augustin nous enseigne * qu’on ne peut Jamais bien entendre le sens véritable de ce passage , si l'on ne l’applique nu Fils de Dieu. Eu effet, dit ce saint évêque , selon l'usage des choses humaines , Il fallait dire que c’était l'épouse qui quitte la maison paternelle pour s'attacher à son époux ;et il n'y a, ce semble, que Jésus- Christ seul dont l'on puisse parler en un sens contraire. Car 11 est cet époux céleste qui a, en quelque sorte, quitté Dieu son Père qui l’engendre dans l'éternité, et sa mère la Synagogue qui l'a engendré dans le temps , pour s'attacher à son Église , que son sang et son esprit lui ont ramassé de toutes les nations de la terre. Si je vous disais de moi-même que c'est en cette journée que l'Église célèbre ces noces avec son cher et divin Époux , vous croiriez peut-être, messieurs, que c'est une invention que j'aurais trouvée, pour joindre le mystère de cette fête avec la cérémonie que nous allons faire , que tous les saints Pcres appellent des noces. Mais il n'en est pnsde la sorte , c’est l'Église ellc-mêmequi chante dans l'office de cette journée : Hodie cœlcsti S/wnso juncta est Ecclesia : • Aujourd'hui l’É- « glise a été unie avec son Époux; » elle célèbre en ce mystère le jour de son mariage. Tellement, ma très-chère soeur , que vos noces spirituelles avec Jésus-Christ se rencontrant si heureusement avec celles de la sainte Église dans une même solennité , il ne me sera pas malaisé d'accommoder le sujet que vous me donnez de parler, avec celui de la fête que nous célébrons aujourd’hui; et j'espère traiter l’un et l'autre , pourvu qu'il plaise è l’Époux céleste , dont je dois raconter les louanges , de m’accorder le secours de son Ésprit, par l'intercession de sa sainte Mère. Ave.
• Cet exonïs paraît avoir été destiné pour ce sermon, cptl c« manque effectivement : mais comme il ne pourrait être mis en télé du discours sans en déranger l’ordre et la suite, rt sans y faire pour celte raison des changement» , nous avons pris le parti de le renvoyer à U fin du Seruiou. ( Edit, de Dr for i». )
1 Orne». il , 24.
1 De Genêt, cont. Manich. Ub. il, n* 37 , 1. 1, col. 680.
SERMON
POUR UNE PROFESSION
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