DE SAINT
h lumière , lorsqu'elle tombe sur les corps opaques, ue les peut jamais pénétrer, parce que leur obscurité la repousse; il semble au contraire quelle s'en retire eu i cüéchissant ses rayons : mais quand elle rencontre un corps transparent, elle y entre , elle s’y unit , parce qu'elle ÿ trouve l'éclat et la transparence qui approche de sa nature, et tient quelque chose de la lumière. Ainsi nous pouvons dire , fldcles , que la divinité du Verbe éternel , voulant s’unir à un corps mortel , demandait la bienheureuse entremise de la sainte virginité , qui , ayant quelque chose de spirituel , a pu en quelque sorte préparer la chair à être unie à cet esprit pur.
Mais de peur que vous ne croyiez que je parle ainsi de mol-mème, il faut que vous appreniez cette vérité d'un célèbre évéque d'Orieut • c’est le grand Grégoire de Nyssc, dont je vous rapporte les propres paroles, tirées fidèlement de son texte. C’est , dit-il , la virginité qui fait que Dieu ne refuse pas de venir vivre avec les hommes : c'est die qui donne aux hommes des ailes pour prendre leur vol du côté du ciel ; et étant le lien sacré de la familiarité de l’homme avec Dieu, elle accorde, par son entremise, des choses si éloignées par nature : Quœ adeo nalura distant, ipsa inlercttiens sua virtute conciliai, adducitque in concordiam
Peut-on confirmer en termes plus clairs la vérité que je prêche? Et par là ne voyez-vous pas, et la dignité de Marie, et celle de Joseph son fidèle époux ? Vous voyez la dignité de Marie , en ce que sa virginité bienheureuse a été choisie dès l'éternité pour donner Jcsus-Christ au monde ; et vous Voyez la dignité de Joseph, en ce que cette pureté de Marie , qui a été si utile à notre nature , a été confiée à ses soins , et que c'est lui qui conserve au monde uhechosc si nécessaire. O Joseph, gardezeedépôt : Depo'silum custodi. Gardezchèrement ce sacré dépôt de la pureté de Marie. Puisqu'il plaît au Père éternel de garder la virginité de Marie sous le voile du mariage, elle ne se peut plus conserver sans vous ; et aussi votre pureté est devenue en quelque sorte nécessaire au monde , par la charge glorieuse qui lui est donnée de gnrder celle de Marie.
C'est Ici qu'il faut vous représenter un spectacle qui étonne toute la nature ; je veux dire ce mariage céleste, destiné par la Providence pour protéger la virginité, et donner par ce moyen Jésus-Christ au monde. Mais qui preudrni-je pour mon conducteur dans une entreprise si difficile, sinon l'incomparable Augustin , qui traite si di-