‹ suvres de Bossuet SermonsChapitre 180 sur 243 · SAINTE THÉRÈSE · texte numérisé non relu

SAINTE THÉRÈSE

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Troll artions de la charité , l'rapfrsnra , Ira drain ardenU , « toutfrancra, par loquellra aalnl» Thérts* «lOsiDinér ik> l'amour de aon Dieu a'e/lorct de l’uolr à lui, en rompant om lea lieu»

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Noire société est dans les deux. Philipp. lu, 10

Dieu a tant d'amour pour les hommes, et sa nature est si libérale, qu'on peut dire qu'il semble qu'il se fasse quelque violence quand il retient pour un temps ses bienfaits , et qu'il les empêche de rouler sur nous avec une entière profusion. C'est ce que vous pouvez aisément comprendre, par le texte que j'ai rapporté de l'incomparable docteur des Gentils. Car encore qu'il ait plu au Père céleste de ne recevoir ses fidèles en son éternel sanctuaire , qu’après qu'ils auront Uni cette vie ; néanmoins il semble qu’il se repente de les avoir remis à un si long terme , puisque le grand Paul nous enseigne qu'il leur ouvre son paradis par avance : et comme s il ne pouvait arrêter le cours de sa munificence infinie , il laisse quelquefois tomber sur leurs Ames tant de lumières et tant de douceurs, et il les élève de telle sorte par la grêce de sou Saint-Esprit, qu'étant encore dans ce corps mortel ils peuvent dire avec l’apôtre que leur demeure est au ciel, et leur société avec les anges : Piostra autem conversatio in cœlis est.

C'est ce que j'espère vous faire paraître en la vie de sainte Thérèse ; et c'est, madame, A ce grand spectacle que l'Église invite Votre Majesté. Elle verra une créature, qui a vécu sur la terrre, comme si elle eut été dans le ciel ; et qui étant composée de matière 11e s'est guère moins appliquée a Dieu que ces pures intelligences qui brillent toujours devant lui par la lumière d'une charité éternelle, et chantent perpétuellement ses louanges. Mais , avant que de traiter de si grands secrets , allons tousenscmble puiser des lumières danslasourcede la vérité : prions la sainte Vierge de nous y conduire; et pour apprendre à louer un ange terrestre , joignons-nous avec un ange du ciel. Ave.

Vous avez écouté, mes frères, ce que nous a dit le divin apôtre : qu'encore que nous vivions sur la terre dans la compagnie des hommes mortels, néanmoins il ne laisse pas d'être véritable

que * notre demeure est au ciel, • et notre société avec les anges : Piostra autem conversatio in cœlis est. C'est une vérité importante, pleine de consolation pour tous les fidèles ; et comme je me propose aujourd'hui de vous en montrer la pratique dans la vieadmirable de sainte Thérèse, je tâcherai avant touteschoses de rechercher jusqu'au principe cette excellente doctrine. Et pour cela , je vous prie d'entendre : qu'encore que l'Église qui règne au ciel et celle qui gémit sur la terre, semblent être entièrement séparées; Il y a néanmoins un lien sacré, par lequel elles sont unies. Ce lien, messieurs , c’est la charité, qui sc trouve dans ce lieu d’exil aussi bien que dans la céleste patrie; qui réjouit les saints qui triomphent , et anime ceux qui combattent ; qui se répandant du ciel en la terre , et des anges sur les mortels , fait que la terre devient un ciel , et que les hommes deviennent des anges.

Car, ô sainte Jérusalem, heureuse Église des premiers-nés dont les noms sont écrits au ciel; quoique l'Église votre chère sœur, qui vit et qui combat sur la terre, n'ose pas se comparer à vous, elle ne laisse pasd'assurerqu'unsaint amour vous unit ensemble. Il est vrai qu'elle cherche, et que vous possédez; qu'elle travaille, et que vous vous reposez; qu’elle espère, et que vous jouissez. Mais parmi tant de différences, par lesquelles vous êtes si fort éloignées , fl y a du moins ceci de commun : que ce qu'aiment les esprits bienheureux, c’est ce qu'aiment aussi les hommes mortels. Jésus est leur vie, Jésus est la nôtre ; et parmi leurs chants d'allégresse, et nos tristes gémissements , on entend résonner partout ces paroles du sacré Psalmiste : Mihi autem adhœrere Deo bonum est: ■ Mon bien est de m’unirà Dieu. » C’est ce que disent les saints dans le ciel , c’est ce que les fidèles répondent en terre : si bien que s'unissant saintement avec ces esprits immortels; par cet admirable cantique que l'amour do Dieu leur inspire, ils sc mêlent dès cette vie &la troupe des bienheureux , et ils peuvent dire avec l’apôtre: -Notreconversation est dans léscieux :• Piostra conversatio in cœlis est. Telle est la force de la charité, quelle fait que le saint apôtre ne craint pas de nous établir dans le paradis , même durant ce pèlerinage , et ose bien placer des mortels dans le séjour d'immortalité. Car il faut ici remarquer une merveilleuse doctrine, qui fera le sujet de tout ce discours, c'est, mes frères, que cet Esprit saint qui est l'auteur de la charité, qui la fait descendre du ciel en la terre, a voulu aussi lui donner des niles pour retourner au lieu de son origine.

En effet , il est véritable , le mouvement de la charité c'est de tendre toujours aux choses cé-

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