III* JOUR
Entrât triomphante de NotnySetfiieur. Tout en avait été prédit Jusqu'aux moindre* circonstances. Joan. xii, 12, 19. I lait h. XI, I, 17. Marc. XXI, t , 18 Lite. XIX, 28, 4». j
Considérons ce que dit Jésus pour préparer son entrée.
Comme il était en Bethphagé , proche de Béthanie , dans le penchant du mont des Olives, presque à la porte de Jérusalem , comme on a vu , il envoya deux de ses disciples, avec ordre de lui amener une ûnesse et son flnon, qu'ils trouveraient dans un certain château, qu'il leur moutrait vis-à-vis d'eux. Si le maître y apportait quelque obstacle , il n'y avait qu’à lui dire : Le Seigneur en a besoin : et aussitôt on les devait laisser aller. Tout se fit comme Jésus l’avait dit. Ils étendirent leurs manteaux sur ces paisibles animaux : et ils mirent Jésus sur l’ânon, que personne n’avait jamais monté. Là commencèrent tout d’un coup ces cris de joie dont nous avons parlé. Ses disciples ne savaient }xis le mystère de ce qu’ils faisaient ; mais après que Jésus fut glorifié, ils se ressouvinrent que toutes ces choses avaient été écrites de lui , et qu'il tes avait accomplies sans y penser Car il était écrit dans Zacharie : Ne crains point , fiUe de Sion : ton Roi , doux et pauvre , juste et sauveur, vient à toi monté sur une ânesse et sur son dnon *.
Jésus avait tout prévu ; et sachant les prophéties, il les accomplissait toutes avec connaissance. C’est ce qu'il fit jusqu’à la mort; et c’est pourquoi , jusque sur la croix, voyant que tout s' accomplissait t et qu’il ne lui restait plus rien à accomplir durant sa vie que cette prophétie de David3 ; Ils m'ont donné du fiel à boire i et , dans ma soif , ils m’ont abreuvé avec du vinaigre , il dit : J’ai soif. On lui présenta le breuvage qui lui avait été prédestiné : il en goûta autant qu’il fallait pour accomplir la prophétie ; après il dit : Tout est accompli ; il n’y a plus qu’à rendre l'âme. A l'instant il baissa là tête, et se mit volontairement en la posture d’un homme mourant , et il expira L
Jésus donc savait ce qu’il voulait, qui était l’accomplissement des prophéties : mais une vertu cachée exécutait tout le reste. Il se trouva précisément un vaisseau où il y avait du vinaigre; il sc trouva une éponge dans laquelle on lui pouvait présenter à la croix le vinaigre où on la trempa : on l'attacha au bout d'une lance, et on la lui mit sur In bouche. La haine implacable de ses ennemis que le démon animait, mais que Dieu gouvernait secrètement, fit tout le préparatif nécessaire à l’accomplissement de la prophétie. Ainsi , dans cette occasion , l’âncsse et l’ânon se trouvèrent à point nommé près du lieu où se devait faire la célèbre entrée. Le maître les laisse aller : on met Jésus dessus, sans savoir ce qu’on fait : une soudaine joie saisit les peuples : les cris s’en ensuivent : et Dieu agit secrètement, non pas sur deux ou sur quatre , ce qu'on pourrait attribuer à quelque concert; mais sur toute la mul-
1 Juan. XII , 114 , 18. — * 7-irk. IX , 0. Mutth. XXI , b. — • P». 1XVIII , 22. — * Joan. xix , 28 , 60.
titude, et jusque sur les enfants, parce qu'il était encore ainsi prédite Si les plus petites choses s'accomplissent, si tout jusqu'à l’ânon etl’ânesse, et jusqu’au vinaigre : que crains-tu, chrétien? et peux-tu douter des magnifiques promesses qui t’ont été faites? Jésus a tout vu, tout prévu, pensé à tout, tout préparé : marche en confiance, et ne crains rien.
l>es saints Pères disent que l'âuon , que nul autre que Jésus n’avait monté, représentait les gentils, indomptables et indociles animaux que nul autre avant Jésus n’avait subjugués. Venez, âmes indisciplinées : venez vous soumettre à Jésus : abaissezvous, et laissez-vous conduire au lien qu’il vous met au cou.
Admirez encore une fois le triste et pauvre équipage de ce roi : mais aussi était-ce un roi pauvre, qui u'était riche qu'en grâces, f oici, dit Zacharie, ton roi pauvre, juste et sauveur '. Mais écoute la suite de la prophétie : avec ce faible équipage , je mettrai en fuite les chariots d’Êphralm attelés a quatre chevaux, et tes fiers coursiers de Jérusalem : et tous tes arcs tendus />our le combat seront rompus : et U annoncera ta / >aiæ au.r gentils ; et sa puissance s’étendra d’une niera l'autre , et depuis les fleuves sur lesquels il prêchera, et où il donnera le nouveau baptême, jusqu’aux extrémités delà (erre, fit vous, ô Sauveur victorieux, tous avez , arec le sang de votre alliance , tiré vos prisonniers du tac où il n'y a point d'eau * . et du cachot ténébreux d’une prison. Voilà toutes les nations les plus belliqueuses et les plus fières, vaincues, rachetées, délivrées, par ce roi monte sur un âne.
IVe JOUR.
Jérusalem , ligure de l'ame livrée au péehé. Notre-Seigneur prédit ses malheurs.
Suivons Jésus, et apprenons de saint Luc ce qu’il fit en descendant vers Jérusalem , et approchant de scs portes, et en la regardant. Lisez Luc, xix, 29; et appuyez sur le verset 41 et suiv. jusqu'au 45.
Dans les malheurs de Jérusalem nous voyous ceux des âmes qui périssent. Il t iendra, dit Jésus J, un temps mal heur eux pour toi, où tes ennemis t 'environneront de tranchées ; ils t'enfermeront , et te serreront de toutes parts. Ainsi arriva-t-il à Jérusalem de point en point : on sait les effroyables travaux que firent les Romains, et cette muraille qu’ils élevèrent autour de cette ville malheureuse qui la serrait tous les jours de plus en plus : ce qui causa l'horrible famine que tout le inonde sait, où les mères mangeaient leurs enfants. Ainsi arriverat-il à l'âme pécheresse : serrée de tous côtés par ses mauvaises habitudes, la grâce ni le pain de vie n’y pourront plus trouver d’entrée; elle périra de faim; elle sera accablée de ses péchés ; et il n’y restera plus pierre sur pierre. Étrange état de cette âme : renversement universel de tout l’édifice intérieur! Plus déraison ni de partie haute : tout est abruti : tout
1 Zach. IX, 9. — 1 Ibid. 10, l|. — \L*C. XlX, 46.
MÉDITATIONS SUR L ÉVANGILE
est corps : tout est sens : tout est abattu , et entièrement à terre. Qu’est devenue cette belle architecture qui marquait la main de Dieu? il n'y n plus rien : il n’y a plus pierre sur pierre, ni suite ni liaison dans cette âme : nulle pièce ne tient 5 une autre; et le désordre y est universel. Pourquoi ? le principe en est ôté : Dieu, sa crainte, la conscience , ces premières impressions qui font sentir à la créature raisonnable qu'elle a un souverain : ce fondement reuversé que peut-il rester en son entier?
A ce triste spectacle , Jésus ne peut retenir ses larmes : Si tu savais , ô âme! si tu savais ! Il n’achève pas : les sanglots interrompent son discours, sa langue ne peut exprimer l'aveuglement de celte âme : Si tu savais ! du moins en ce jour qui t 'est encore donné, et où Dieu te visite par sa grâce. Il y a un jour que Dieu sait après lequel il n’y a plus pour l'âme aucune ressource : parce que, dit Jésus, tu n’aspas connu le temps où Dieu te visitait • . Quand une lumière intérieure te montre tes crimes ; quand tu es invitée à donner gloire à Dieu , et que tout crie en toi qu’il faudrait se donner à lui; comme en ce jour de la visite de Jérusalem, tout le monde, et jusqu'aux enfants, criaient au Fils de David ; Si tu n’écoutes, le moment se passe; cette grâce si vive et si forte ne reviendra plus.
Tout ceci est caché à tes yeux ». Ton cœur est appesanti ; tes yeux sont fermés et obscurcis : tes passions t'aveuglent : un voile obscur est sur tes paupières : un affreux assoupissement les appesantit. O âme! Jésus en pleure, et tu ne te pleures pas toi- même? Pleure , pleure , ô spirituelle Jérusalem! pleure la perte , du moins en ce jour que le Seigneur te visite d'une manière si admirable :si jusques ici tu as été insensible à ta propre perte, pleure aujourd’hui , et tu vivras. Ne perds aucun moment de grâce, parce que tu ne sais jamais si ce ne sera pas le dernier qui te sera donné.
Ve JOUR.
Dernier séjour de Jésus-Christ en Jérusalem ; plu* digne de
remarque. Lises Matth. xxi, 10, 15. Mare. XI, n, 18. Lue.
XIX, 45, jusqu'à ta fin.
Toute la ville est émue pendant que Jésus la traverse en triomphe : Qui est celui-là ? Et les peuples qui accompagnaient le nouveau roi répondaient : C'est Jésus le prophète, de Nazareth de Galilée 3.
Jésus-Christ avait commencé sa prédication en Galilée, à Capharnaüm et aux environs , conformément à la prophétie d'Isaïe, rapportée en saint Matthieu 4. Nazareth était la demeure de ses parents et la sienne; mais depuis sa prédication, il s’établit avec les siens à Capharnaüm. Cette ville avec les villes et contrées voisines virent la plupart de ses miracles, et ouïrent la plus grande partie de ses instructions. C’était même dans la Galilée qu’il avait choisi ses apôtres : la troupe de ses disciples était presque toute de ce pays : et en entrant avec lui dans Jérusalem, ils faisaient honneur à leur patrie du nom d'un si grand prophète.
• Luc, xix, 42. 4i. — * Ibid. 42. — * Matlh. XXI, 10, II. — * It. IX, I, S- Matth. iv, 13, 14’, 15, t«.
D06SUET. — TOME UJ.
Cependant le nom du Sauveur n'était pas moins célèbre dans Jérusalem, où le bruit de ses miracles s’était porté de toutes parts : en sorte que dans le temps qu'il prêchait en Galilée, une grande troupe venue de Jérusalem et de ta Judée te suivait ».
Il ne manquait point de venir à Pâques, selon l’ordonnance de la loi, dans cette ville et au temple; et il y venait aussi à d’autres solennités principales. Il y faisait éclater sa doctrine et ses miracles d une manière admirable, et autant ou plus qu'en aucun autre endroit de la terre sainte, comme dans la ville royale, où Dieu avait établi son nom, et qui était le siège et le chef de la religion. La résurrection du Lazare avait été faite à la porte de. Jérusalem en Béthanie : la troupe qui l’accompagnait au célèbre jour de son entrée était grossie par les habitants de Jérusalem, qui avaient vu cette étonnante résurrection ; comme il est aisé de le conclure de saint Jean ».
Ce qui obligeait le Sauveur à demeurer ordinairement en Galilée, celait que les pontifes, et les autres qui machinaient sa mort , n’avaient pas le même pouvoir ni les mêmes moyens d'exécuter ce noir dessein en ce pays-là, que dans Jérusalem et aux environs. C’est aussi ce qui donna lieu à l’accomplissement de la prophétie d’Isaïe qu'on vient de voir : et tout se faisait convenablement, puisque Jésus devait passer toute sa vie dans la persécution, dans les périls, avec des précautions, et, pour ainsi dire, dans une fuite continuelle, à cause de la haine des Juifs. Et néanmoins quand il fallait, et dans les temps les plus solennels, il paraissait dans Jérusalem, afin que la lumière de l’Évangile se répandit de là dans tout le pays, comme du chef sur les membres.
Admirons les douces voies de la sagesse de Dieu , qui ne veut point que son Fils fasse tout par miracle et par puissance : premièrement, pour accomplir les mystères de son humiliation : secondement, pour apprendre par son exemple, à ses disciples, les précautions et la prudence avec laquelle ils doivent agir en toutes choses.
Suivons Jésus à Jérusalem, où il va paraître pour la dernière fois, et où aussi il va donner les instructions, et accomplir les mystères les plus essentiels. C’est aussi pour cette raison qu’il y entre à cette fois avec plus d'éclat que jamais ; pour rendre les peuples, et de ce temps, et de tous les siècles, plus attentifs à tout ce qu'il y allait dire et faire. Voyons donc avant toutes choses ce qu’il fera dans le temple : car c’est là qu’il va descendre.
VIe JOUR.
Caractère d'autorité dans le triomphe de Jésus-Christ. Son
zèle pour U sainteté du temple. Lises Matlh. xxi, 10, 15.
Marc, xi, H, 18. Luc. xix, 45. jusqu'à ta fin.
Jésus va descendre au temple , comme les triomphateurs le pratiquaient ordinairement, même parmi les peuples idolâtres. Car il y avait une notion dans tout le genre humain , qu’il fallait rapporter à la Divinité toute la gloire : que ce qu'il y
* Matth. nr, 35. — * Joan. XI, 18, 50; et XII, 17, 18.
MEDITATIONS SUR L’ÉVANGILE
av.iit de plus élevé parmi les hommes devait s'abaisser à ses pieds; et qu’à vrai dire, c’était à Dieu seul qu’appartenait le triomphe. C’est pourquoi il est appelé le Triomphateur d'Israël Allez donc, d Sauveur! portez à votre Pcrc dans son temple la gloire du plus beau triomphe qu'on ait jamais vu parmi les hommes, et la ligure de tous les autres que vous devez remporter dans le ciel, sur toute la terre et sur les enfers.
Jésus-Christ devait paraître dans le temple, nonseulement pour y rendre à Dieu le culte suprême, mais encore comme son fils, comme le fis de la maison *, pour y ordonner ce que son Pcre, qui l’y envoyait, lui avait prescrit.
Ainsi, d’abord qu’il y entre, il regarde tout et de tous côtés, selon ta remarque de saint Marc3.
Comme il était tard, il se retire pour ce jour; mais il y revient le lendemain. Il en chasse avec autorité les vendeurs et les acheteurs : il renverse leurs bureaux, leurs tables, leurs chaises, leurs marchandises, leur argent : il n’épargne pas les personnes, qu'il chassa du saint lieu ; apparemment à grands coups de fouet, et avec des cordes ramassées, comme il avait fait autrefois, et en leur disant : Otez tout cela d'ici, et ne faites pas une maison de trafic de la maison de mon Père*. Il parle donc, et il agit, encore un coup, comme le fils de la maison, et avec une pleine autorité, sans que personne le contredise.
En même temps, pour montrer cette autorité, il fait dans le temple ses guérisons ordinaires : il y guérit tes aveugles et les estropiés qui se présentèrent 5. Il confirme ce qu'il avait fait par l’Ecriture : Il est écrit , dit-il , A fa maison est une maison de prières 6 : c'est ce que Dieu avait dit par la bouche d’Isaïe. Il y ajoute le reproche : Et vous , dit-il , vous en faites une caverne de voleurs : ainsi que Jérémie l’avait prédit 7.
Alors donc fut accompli cet oracle de David : Et moi j’ai été établi de Dieu comme roi sur Sion sa sainte montagne , annonçant et prêchant ses préceptes ". On vit dans son temple le Dominateur et l'Ange du testament , que Malachie avait prédit 9. Jcsus-Christ y exerce de plein droit toute l'autorité de son père : Il ne souffrait jxis , «lit saint Marc lo, qu’on passât avec un vaisseau par le temple, ni qu'on fit servir de chemin public ur. lieu si saint. L’Évangile ne dit pas qu'il le défendait, mais qu'il ne le souffrait pas : et c’est-à-dire, à en juger par le reste de ses actions, qu’il les repoussait et les chassait *, du moins qu’il les reprenait avec menaces. S’il n'avail fait qu’ordonner, ce serait un acte d’autorité; mais il agit, il renverse, il frappe : oe qui est encore un acte de zèle. Ce qui fait aussi que saint Jean, et tous ses disciples appliquèrent à cette action cette parole de David : l£ zèle de votre maison m’a décoré **.
I,e zèle est une ferveur de l’amour de Dieu, trop
I. Reg. XV, a». — 1 ttebr. ni , 6. — J Marc, xi , 1 1. — 4 Joan. M, l&, io. — * MaUh. XXI, U. — ■ h. LVI, 7. — : jV atth. tXI, I J Jemn. vil, 1 1. — 8 Pt. Il, 6- — * Malach. III, I. — '• Marc. SI, Ifl. — ** Pt. lxviii , 10. Joan. il, 17.
vif pour attendre le secours d’autrui , ni pour s’astreindre aux formes ordinaires ; mais agissant par lui-même, et au-dessus de ses forces, avec une espèce d’excès, par une absolue confiance en la puissance de Dieu : c’est cc qui paraît dans cette action du Sauveur.
Remarquez ces paroles : Une caverne de voleurs : qui doit faire trembler tous ceux qui trafiquent; puisqu'elle leur fait sentir que dans l'usage commun, et si l'on n’y prend garde, le trafic n’est qu’un tissu de mensonge, de tromperie et de vol.
Remarquez aussi, avec tous les interprètes, que ce qu'on vendait dans le temple était des ba?ufs, des brebis, des colombes; toutes choses qui servaient aux sacrifices : et néanmoins Jésus chasse tout : non que ces ventes fussent mauvaises ; mais parce que ce n’était pas le lieu de les faire. Que ferait-il des discours, des irrévérences, et de tant de choses infâmes qu’on fait dans le temple?
Remarquez encore qu’il parle en particulier à ceux qui vendent des colombes. Ce que les saints ont entendu des simouiaques qui vendent le Saint- Esprit et ses grâces; qui entrent par d'indignes commerces dans les emplois ecclésiastiques et spirituels; et qui, en quelque façon que ce soit, négocient pour avoir les voix de ceux qui les donnent. Otez , ôtez tout cela , dit le Sauveur.
Le temple allait périr; et Jésus qui le va prédire, comme nous verrons , ne l'ignorait pas : et cependant il en défend avec tant de zèle et d'autorité la sainteté , pendant qu’il subsiste. C’est donc pour apprendra aux chrétiens ce qu’ils doivent aux nouveaux temples, dont le temple de Jérusalem n’était qu’une faible et imparfaite figure, et infiniment au-dessous des mystères des chrétiens, dont Jésus-Christ fait le fond , et où se trouve son saint corps et son sang précieux. Tremblons, tremblons à la seule vue et à l’approche de ce sanctuaire.
Mais nous avons toujours un temple. Notre âme en est un , nos corps en sont un : respectons ce temple si saintement consacré, et inséparable de nous-mêmes. N’y laissons entrer, ni même passer rien d'impur ni de profane. Gardons-nous bien de le faire servir à aucun indigne trafic. Respectons ce temple , et le Saint-Esprit qui y habite *.
vir jour.
Caractère d'humiliation dans le triomphe meme du Sauveur.
Jnluu&ie des pluiriMPiis. Joan. XII, 18 et suiv. Malth. \l,
16, 16. Luc. XIX, 39, 40.
Le règne du Sauveur devait être glorieux et éclatant, quoique d’une autre gloire et d'un autre éclat que celui que les Juifs charnels s’étaient imaginé. Nous avons même vu que Jésus satisfaisait en quelque façon , même à cette attende grossière d’une royauté sur la terre , par la pompe de ce jour ; et leur montrait qtfe rien ne lui était plus aisé que de sc faire reconnaître pour roi partons les peuples, et qu'il y avait à cela des dispositions merveilleuses. Mais afin de ne point sortir de ce caractère d'humi-
• 1. Car. III, 16, 17. — * Ibid. VI, 19.
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