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tlnns la foi y donnant gloire à Dieu; pleinement persuadé et convaincu qu'il est puissant pour accomplir tout ce qu'il promet Voilà donc la foi qui obtient tout, et la foi qui nous justifie , selon le même saint Paul dans le même endroit*. Telle est donc la première condition de la prière marquée dans notre évangile, qu'elle se fasse avec une pleine foi. La seconde y est encore marquée : Qu’on pardonne sincèrement à son frère , si on a quelque chose contre lui 3. On obtient donc tout ce qu’on demande , si on le demande avec un cœur plein de foi en Dieu, et en paix avec tous les hommes. Voilà ce que Dieu demande , un cœur sans aigreur et sans défiance : on a tout de lui à ce prix.
Mais peut-on ne se pas délier, et ne doit-on pas le faire? Oui, de soi; puisqu’on est si faible, et qu’on ne sait même si on a une foi vive , encore moins si on y persévérera : mais avec toute cette incertitude, j'ose dire qu’il ne faut pas s’en inquiéter; et sans tant de retour sur soi-même, il faut, dans le temps que la prière s'allume, oser tout attendre et tout demander; et être si plein de Dieu, qu'on ne songe plus à soi -meme.
Est-ce là cette téméraire confiance que les hérétiques prêchent? Point du tout. Mais sans éteindre les réflexions qu’on peut faire sur sa faiblesse, c’est dans la ferveur de la prière s'oublier tellement soiméme, qu’on ne demeure occupé que de ce que Dieu peut, et de l’immense bonté avec laquelle il a tout promis à la prière persévérante.
XXIIIe JOUR.
Distinction de» jour» de ln dernière semaine du Sauveur.
Matière de ses dernier» discours. A/arc. xi. II, 33. .Vu/M.
axi, 23, 33. Luc. xx, 1, s.
En comptant avec saint Marc, c’est ici le quatrième jour de la dernière semaine de notre Sauveur. Le premier est celui de son entrée, qui est le cinquième avant Pâques. Le second jour de cette semaine fut le lendemain matin lorsque Jésus, venant de Béthanie à la ville , eut faim, dessécha le figuier, et nettoya le temple de roleurs , comme il les appelle. Le troisième est celui où, repassant sur le matin devant le figuier, on le vit flétri et séché ; et c’est celui où nous avons entendu tant de merveilles sur la foi. Le quatrième est celui dont saint Marc dit , apres tout ce que nous venons de voir : Jésus vint encore une autre fois à Jérusalem * ; et c'est celui où il objecta aux Juifs le baptême de saint Jean, comme on va voir.
A près cela je ne vois plus de distinction de jours. Nous apprenons seulement de saint Luc, que Jésus- Christ venait tous les jours au temple pour y enseigner, et que le peuple l'y venait entendre dès le matin 5. En sorte qu’il faut partager ce qui reste de ses discours entre le mercredi et le jeudi durant le jour; car il fut pris la nuit, et fut crucifié le lendemain.
Plus nous approchons de la fin de Jésus, plus nous devons être attentifs à ses discours. Hier, qui
» Rom. iv, 30, 21. — * Ibid. 22. — 3 Mure. XI, 21, 25. —
4 Ibid. 27 — * Luc. XXI, 37, 33.
fut le mardi , il nous fit voir dans la foi le fondement de la prière et de toute la vie chrétienne. Il n’y avait rien de plus essentiel à la piété. Mais dans la suite il va établir la foi , et autoriser sa mission d’une manière admirable : premièrement par le témoignage de saint Jean-Baptiste, et ensuite par celui de David, et par beaucoup d’autres choses que nous allons voir les unes après les autres; fermant la bouche à tous les contredisants , et laissant ce témoit gnage au monde, que sa doctrine était absolumenirrépréhensible, puisque ses plus grands ennemis demeuraient muets devant lui.
Méditons cette vérité : considérons de quelle sorte Jésus-Christ répond à ceux qui l’interrogeaient avec un esprit de contradiction; et apprenons comment il faut consulter la vérité éternelle.
XXIVe JOUR.
Jésus retase de répondre aux question» des Juifs *upert>es et
Incrédules, et répond aux esprits humbles et dociles. Matin.
XXI, 27. Marc. XI, 33. Luc. XXI, I, 2, 8.
Comme il enseignait dans le temple, les princes des prêtres et les docteurs de la loi, et les sénateurs du peuple s'assemblèrent , et lui firent cette demande : En quelle puissance faites-vous ces choses ' ? il parait que cette demande regardait principalement (a puissance qu’il se donnait d'enseigner; car ils vinrent à lui comme il enseignait. Mais la demande s’étend aussi à tout le reste que venait de faire Jésus : et c’est comme si on lui eût demandé : En quelle puissance êtes-vous entré si solennellement dans le temple? en quelle puissance y enseignez-vous? en quelle puissance en chassez-vous les vendeurs et les acheteurs, et y exercez-vous tant d’autorité? Ce serait à nous à vous donner cette puissance : nous’ne vous l’avons point donnée; d’où vous vient-elle? Voilà une demande faite dans les formes par l’assemblée et par les personnes qui semblaient avoir le plus de droit de la faire. Et néanmoins Jésus ne leur donne sur ce sujet aucune instruction : Je ne vous dirai pas non plus, leur ditil, en quelle puissance j’agis1. Mais il se contente de les confondre devant le peuple, de mauvaise foi et d’hypocrisie, comme l’on va voir.
Jésus se communique si facilement aux esprits dociles et humbles. La Samaritaine, une pécheresse, lui parle bonnement du Christ : Je le suis, moi qui vous parte, lui-dit-il sons circuit3. Croyez- tous au Eils de Dieu, dit-il à l'aveugle-né? — Qui est-il , Seigneur, afin que f y croie ? — l otis l'avez vu, et c'est celui qui vous parle. — J’y crois , Seigneur ; et il l'adora *. Ainsi en d’autres endroits. Quand donc il ne répond pas de cette manière simple , si digne de lui , c’est que les hommes ne sont pas dignes qu’il se manifeste a eux en cette sorte.
‘En quelle puissance faites-vous ces choses 5? Il leur avait déjà répondu sur un cas semblable, ou plus fort, en présence de tout le peuple, Car ayant dit à un paralytique qu'on lui présentait pour le guérir : Homme , tes péchés te sont remis 6 ; ce qui
1 1 Luc. xx, I, 2. — * Ibid. B. — * Jotin. IV, 20. — * Ibid. IX,
J 35, 30,37, 38. — * Malt h. XXI, 23. — • Ibid. IX, 2.
MÉDITATIONS SUR L'ÉVANGILE
dans le fond était beaucoup plus grand que tout ce qu’il avait jamais fait : comme les docteurs de la loi le trouvaient étrange, il leur parla en cette sorte * : Lequel des deux est le plus facile , ou de dire : Je vous remets vos pêchés ; ou de dire à un paralytique : Ixvez-vous , et marchez ? Or, afin que vous sachiez que le élis de l'homme a le pou voir de remettre les péchés : Homme , c’est à toi que je parle, lève-toi et marche. Il avait donc clairenient établi le pouvoir qu’il avait de remettre Tes péchés , qui était le plus grand qui prit être donné à un homme. Il n’y avait plus à l’interroger sur le reste; il n’y avait autre chose à faire qu’a se soumettre. Comme ils ne pouvaient s’y résoudre, ils viennent encore lui demauder : De quelle puissance faites-vous ces choses »? Comme s’ils eussent dit : De quelle puissance guérissez-vous tous les malades? de quelle puissance rendez-vous la vue aux aveugles? de quelle puissance ressuscitez-vous les morts? Il était trop clair que c’était par la puissance divine; et ils ne l’interrogeaient sur une chose si claire que par un mauvais esprit.
Ailleurs on lui demande dans le même esprit : Jusqu’à quand nous tiendrez-vous en suspens, et nous arracherez-vous l’Ame? Si vous êtes le Christ, dites-le-nous franchement 3? A les entendre parler avec cette force, on dirait qu’ils veulent savoir de i bonne foi la vérité; mais la réponse de Jésus fait | voir le contraire. Vous demandez que je vous dise 1 ouvertement qui je suis; Je vous le dis , et vous ne ! me croyez jhis : cependant les œuvres que je fais j au nom de mon Père, parlent assez , et me ren- j dent un assez grand témoignage *. Ils avaient donc deux témoignages; celui de sa parole, et, ce qui était encore plus fort, celui de ses miracles. S’ils consultaient après cela , au lieu de*croire, un mauvais esprit les poussait. La vérité éternelle, qu’ils consultent mal, n’a rien à leur répondre, et n’a plus qu’à les confondre devant tout le peuple. Ainsi nous arrivera-t-il, quand nous la consulterons contre notre propre conscience sur des choses déjà résolues : nous ne cherchons qu’à tromper le monde, où à nous tromper nous-mêmes. Cessons de nous flatter : cessons de chercher des expédients pour nous perdre. Rompons ce commerce dangereux et scandaleux : rendons ce bien mal acquis : soyons fidèles aux devoirs de notre profession : ne reculons point en arrière contre le précepte de l’Évangile,: ne cherchons point à nous relâcher et à tout perdre. XXVe JOUR.
Aveuglement îles hommes, plus disposé* h croire saint Jean
que Jéfcus-Christ meme. Mali h. XXI, 23, as. Marc, xi, 27.
Luc. xx, 1 , 8.
De qui est le baptême de Jean 5? Est-il possible que le Sauveur doive tirer son témoignage de saint Jean-Baptiste , qui n’était que son précurseur, qui n’était pas l’Époux , mais l’ami de l’Époux , comme il l’axait dit: qui n'était pas le Christ, mais celui qui lui devait préparer la voie : qui , pour tout dire en un mot,n’élait pas digne de lui délier les
• Mallh. IX, S, S. — » Luc. XX, 2. — * Joan. X, 2*. —
• Ibid. 21. — * Matlh. XXI, 25.
cordons de ses souliers? Voilà ce qu’était Jean-Baptiste; et néanmoins Jésus-Christ se sert de son témoignage, pour convaincre ceux qui ne voulaient pas croire au Christ lui-même. Cependant Jean n’avait fait aucun miracle; et Jésus en avait rempli toute la Judee : Jean parlait comme le serviteur; et Jésus-Christ comme le Fils disait ce qu’il avait vu dans le sein du Père. Telle est la faiblesse de nos yeux, dit saint Augustin : un flambeau nous accommode mieux que le soleil. Nous cherchons te soleil arec un flambeau. Jésus l’entendait bien ainsi , et il avait dit : J’ai un témoignage plus grand que celui de Jean ». Quand donc il se servait de ce témoignage, c’est qu’il approchait aux yeux malades une lumière plus proportionnée à leur faiblesse, et c’est ce qu'il fait encore en cette occasion. Profond aveuglement des hommes, plus disposés à croire saint Jean que Jésus-Christ même! O Dieu , qui ne tremblerait ? Mais qui ne vous demanderait en tremblant : D’où vient dans le cœur des Juifs une si étrange disposition? Ne se trouvera-t-il pas quelque chose de semblable en nous ? Nous le pourrons chercher une autre fois: nous frapperons à la porte pour entendre ce secret , et peut-être nous sera-t-elle ouverte. Cependant continuons notre lecture.
Di» Juifs incrédules confondus par le témoignage tic saint
Jean. Matth. XXI, 23, 25. Marc. XI, 27. Luc. x\, 1,8; et Juan
Si nous disons que le baptême de Jean est du ciel , il nous dira : Pourquoi ne l ovez-vous pas cru *? Il le leur avait déjà dit, et ils n'avaient su que répondre : fous avez envoyé à Jean, et il a rendu témoignage à la vérité i. S’ils avaient donc avoué la mission céleste de saint Jean-Baptiste, il leur aurait fermé la bouche par son témoignage. Que dire donc? Que te Ixtptéme de Jean ne venait pas de Dieu? Ils n’osaient le dire devant le peuple qui le tenait pour un prophète. Nous n’en savons rien, disent-ils. Et moi , dit-il, Je ne vous dis pas non plus en quelle puissance j’agis*. Gens de mauvaise foi , qui n’osez ni avouer ni nier la mission de saint Jean-Baptiste, vous ne méritez pas que je vous réponde. Avouez, liiez, penspz ce que vous voudrez : vous êtes confondus; et il n’y a de parti pour vous que de vous taire. Il y en aurait un autre; ce serait de croire en Jésus : mais vous ne pouvez,
! pour les raisons et à la manière que nous verrons : en son lieu.
Lisezici le passage entierde saint Jean, v.33: fous avez envoyé a Jean , et il a rendu témoignage à la vérité . Pour moi ,je ne reçois pas mon témoignage j de l’homme ; mais je parle ainsi, je vous allègue Jean à qui vous croyez , afln que vous soyez sau- ! vcs. Jean était un flambeau ardent et luisant , et vous avez voulu vous réjouir pour un peu de temps a sa lumière. Pour moi, j’ai un témoignage plus grand que celui de. Jean : les œuvres que mon
» Joan. ▼, 63. — XXI, 25. ■—iJoan. V, >3 — *J Matlh.