Luc. xxi
Voilà ce qui regardait Jérusalem désolée, et dans sa désolation , la figure de l'Jine livrée au péché. Ce qui regarde la fin du monde, c’est l'obscurité dans le soleil : celle de la lune : le dérangement dans les étoiles : le signe du Fils de l'homme, c'est-à-dire, comme l'interprètent les saints docteurs, l'apparition de sa crois : sa descente sur le, nuées, en grande puissance et majesté : la trompette de ses anges qui citeront tous les hommes à son jugement . le recueillement de ses élus : l’assemblée de tous les aigles, c’est-à-dire de tous les esprits élevés autour du corps du Sauveur • : le bruit de la mer et des Ilots, avec la commotion de tout l'univers, et des puissances célestes qui sont préposées à sa conduite : les hommes scellés de lrayeur, dans l'attente de ce qui devait arriver au moude ■ après tant de mouvements également violents et irréguliers. Pesez toutes ces choses. Et afin de voir combien est ferme l'espérance du chrétien , et combien il est au-dessus de tous les troubles et de tout le monde; aocoisez tous les mouvements de votre intérieur, pour écouter cette parole : Quand toutes ces choses arriveront; quand toute la nature, déconcertée par des agitations si imprévues, ne nous menacera de rien moins que d’une perte inévitable, regardes, alors : vous qui n'osier. seulement lever les yeux, levez la Ute; comme pour vous élever au-dessus des flots et des tempêtes; parce qu' alors votre rédemption approche J.
A quelle épreuve ne doit pas être la confiance du chrétien, si la dernière révolution du monde, loin de le troubler, ne lui inspire que de l’espérance et du courage ?
LXXVe JOUR.
Le même sujet.
Sans lecture, sans raisonnement étudié, je demande seulement ici que l'on considère, d'un cdté la main puissante de Dieu , qui pousse à bout toute la nature, les astres, les terres, les mers, et le courage de l'homme qu’il fait sécher de frayeur < ; et de l'autre , la même main , qui dans ce renversement universel relève de telle sorte le courage de ses enfants , que non-seulement ils ne tombent pas dans ce choc que souffre le monde, mais ils s’élèvent au-dessus de ses ruines. Regardez * ; loin de vous cacher dans cette tempête , comme un autre Jonas, ouvrez tout, et considérez ce tumulte avec un regard assuré : loin de vous laisser abattre , levez la Ute : et voyez tout au-dessous de vous.
Tel qu'un homme qui lève la tête au milieu des flots : tel que celui qui demeure ferme au milieu d'une maison qui tombe ; ou celui qui voit d'un ail tranquille le chariot où tu es , que des chevaux em-
• VffHA. xirv, SI . SS. 30, 30, 31. — > /. h,- XXI , SS, SS. — 1 iSirf. sa. — 1 Il’td sa , sa — 1 Ibid . sa.
MÉDITATIONS SUR L’ÉVANGILE
portés, apres avoir secoué les rênes, et brisé leur mors, traînent deçà et delà; tel est le fidèle toujours immobile et inébranlable, au milieu de la nature troublée, et de ses mouvements déconcertés; parce que le Dieu de la nature le tient par la main. Tu crains, Pierre, au milieu des flots, et tu ne connais pas celui qui te tient! Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté * ?
Celui qui se fie en Dieu, est comme ta montaque de Sion : celui qui a sa demeure dans Jérusalem , ne sera jamais ébranlé. Comme les montagnes *ont à l'entour de Jérusalem, ainsi Dieu à C entour de son peuple pour le protéger ». La sainte montagne de Sion, inébranlable par la puissance de Dieu qui l'affermit , communique son immobilité et sa tranquillité à ses habitants.
Chantez aussi le psaume cxx , levai- i oculos ; et apprenez à ne rien craindre sous la main de Dieu.
Cm prédiction* certaine» : leur areompiissemeot proche :
leur Jour inconnu. Mutth. xxiv , 34, X*( M. More, xm,