I. Cor. xi , Sfl
Toutes tes fois que vous mangerez ce pain de vie et que vous boirez ce calice , cous annoncerez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne6. Vous l’annoncerez comme une chose déjà accomplie pour le salutdu genre humain : vous l'annoncerez comme une chose qui se doit continuer en quelque façon jusqu’à la On des siècles. La mort de Jésus-Christ est toujours présente dans l’eucharistie , par la séparation mystique de son corps et de son sang : l’impression de la mort de Jésus-Christ se doit faire sur tous les fidèles qui, à l'imitation du Fils de Dieu, se doivent rendre eux-mêmes des victimes. Toute la vertu de la croix est dans ce mystère; on y annonce par tous ces moyens la mort du Sauveur.
Quelle est la vertu île la croix ? Quand je serai élevé de terre, je tirerai tout à mo il. L'effet a suivi la parole : tout est venu à Jésus crucifié : telle est la vertu de sa croix. Cette vertu est toute vivante dans l'eucharistie : ceux-là y croient, ceux-là en profitent , et la reçoivent dignement , que le Père tire à son Fils. Jésus-Christ dit qu’ils vivent pour lui , comme lui-même U rit par son Père et pour son Père; ils n’ont d’autre vie que la sienne. Sa chair est toute pleine de l’esprit qui nous communique cette vie; tout est esprit, toutest vie dans ce mystère; toute l’efficace de la croix pour nous tirer à Jésus , pour nous faire vivre en lui et de lui , y est renfermée. Quelle violence souffre le Sauveur, quand on ne répond pas à son amour ; quand on ne se laisse pas posséder à lui ; quand on résiste à la force avec
• Jud. Ep. 12. — 1 Matlh. v, 23. 2,.— » Col. |, ao. — * , xll, 24. — 1 1. Joan. lll, 1S. — • I. Cor. XI , 2s. —
1 J, WN. Xll, 32.
MÉDITATIONS SUR L’ÉVANGILE
laquelle il nous tire! Si on lui refuse son cœur (tendant que non-seulement il le demande, mais qu'il fait , pour ainsi parler, de si grands efforts pour se l’unir; c’est un époux méprisé qui entre en fureur contre son épouse insensible; il n'y a plus pour elle que la damnation et la mort. Hélas! hélas! tout est perdu ; de toute la force dont il nous tirait, il nous repousse et nous détruit.
XLVIl* JOUR.
La persévérance, effet de la communion. Joan. vi, 57.
Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui1. Le grand don après lequel soupirent les chrétiens, est celui de la persévérance, qui nous assure la couronne, qui nous unit, qui nous incorpore à Jésus-Christ, pour nouâ faire éternellement un avec lui, sans jamais en pouvoir être séparés. Voilà le grand don de Dieu; celui qui est joint à sa prédestination éternelle : et Jésus- Christ nous apprend qu’il y a dans l’eucharistie une grâce particulière pour nous l’obtenir. Si donc nous voulons persévérer dans la vertu , il faut communier et communier souvent; car c’est le plus puissant moyen qui nous soit donné , pour obtenir la persévérance * : c’est le pain des chrétiens , leur nourriture ordinaire et de tous les jours. O mon Dieu, que les chrétiens ont le cœur dur, puisqu'ils viennent si rarement à la sainte table! S ils goûtaient ; Jésus-Christ crucifié, ils viendraient célébrer souvent le mystère de cette mort. On est touché le Vendredi saint , à cause qu'on y célèbre la mémoire de la mort du Sauveur. Venez, mes enfants, c’est tous les jours le Vendredi saint; tous les jours on érige le Calvaire sur le saint autel. Venez, et souvenez-vous de cette mort qui est notre vie; venez recevoir un sacrement où l’on apprend à demeurer en Jésus- Christ, où l’on reçoit la force, le courage, la grâce d’y demeurer.
Mais aussi on doit trembler, quand on retombe dans ses fautes après la communion; puisque Jésus- Christ ne dit pas : Celui qui mange ma chair, est * en moi3; mais il y demeure attaché : ni Je suis en lui; mais J’y demeure , et je ne le quitte jamais. Jè. sus est fidèle; il ne nous quitte jamais le premier. Il vient bien à nous le premier; mais jamais il n’est le premier qui quitte : c’est nous qui le quittons, quand nous tombons dans le péché. Malheureux! nous devons bien craindre de ne l’avoir pas reçu comme il faut, car nous serions demeurés en lui ; et, hélas! nous l’avons quitté. Le recevoir comme il faut, c'est le recevoir en détestant ses péchés, en éloignant les occasions de le commettre ; en cherchant dans l'eucharistie le soutien de notre faib^sse et de notre instabilité.
S'éprouver toi-mème. I. Cor. xi, sa.
Que i homme s' éprouve lui-même * : qu’il éprouve
• Joan. vi, 57. — * Ibid. 24 , 27. — * Ibid. 57. — * I. Car. XI, an.