‹ suvres de Bossuet SermonsChapitre 217 sur 243 · XIII · texte numérisé non relu

XIII

MÉDITATIONS SUR I/ÉVANGILE

vous la gloire de ce faible et tel quel commencement de bonne volonté : mais achevez votre ouvrage, mettez-y la dernière main : vous qui avez commencé, achevez. Car vous seul pouvez achever en nous ce que vous seul vous y pouvez commencer de bien. Celui qui a commencé en vous la bonne œuvre, y mettra la perfection Saint Pierre ne connaissait pas encore parfaitement cette justice, qui est la justice chrétienne, qui veut faire (car on n'est pas juste, parce qu'on écoute, mais parce qu'on fait), mais qui songe par qui on fait, et qui a continuellement recours à la grâce. Cet apôtre était zélé , h la vérité , mais non jtas encore selon la science ; parce que voulant établir sa propre justice , et ne connaissant pas encore que la véritable justice est celle qui vient de la grâce, il ne s’était pas assujetti à la justice de Dieu1. Voilà ce que dit un autre apôtre, et c’est ainsi qu’il explique la justice chrétienne. Saint Pierre ne l'avait pas encore assez entendu. Ainsi étant juste, mais non encore parfaitement de la justice qui est en Jésus-Christ, c'est-à-dire de cette justice qui rapporte entièrement à Dieu tout ce qu'elle a de bien; zélé à la vérité, mais non pas encore comme il fallait : que lui sert ce faible commencement de vertu et de justice, sinon à présumer, à l'engager, à l'égarer, à le mener au lieu où il devait renier, au lieu où sa justice et sa fidélité fit un si horrible naufrage?

Vraiment le Sage a raison de dire : Bienheureux r homme qui est toujours en crainte 3, qui sc craint toujours lui-même. Si saint Pierre eût eu cette crainte, il n’aurait pas présumé de ses forces, il n'aurait pas suivi Jésus-Christ dans la maison de Caîplte : car personne ne le lui avait ordonné , et rien ne lui demandait cette action téméraire, si ce n’était sa présomption. Il aurait craint, il aurait prié; sa foi se serait fortifiée, et il se serait rendu capable de résister à la crainte de la mort. Mais il va, croyant tout pouvoir; il s’expose volontairement à un péril trop grand pour sa faiblesse : son zèle le trompe, son amour le trompe. Quoi, un faux zèle, un faux amour! Non, il n'était pas tout à fait faux , car il était vraiment juste, ainsi que nous l'avons vu : il aimait donc véritablement, il aimait même beaucoup; mais non pas encore assez pour ce qu’il voulait entreprendre. Il n’avait donc qu’à se tenir dans ses bornes, et demander humblement et persévéramment la perfection de cet amour. Mais au lieu de remercier, au lieu de prier, il présume, il n’entend pas encore la vérité de cette parole que son maître lui dira bientôt : Sans moi vous ne pouvez rien *. Son propre zèle, sa propre vertu tourne en poison à sa présomption, et lui sert de uourriture : et il lui est si important de se bien connaître, et d'entendre qu’il ne peut rien de lui-même, que Jésus-Christ permet qu'il l'apprenne par sa chute.

Hélas! hélas! pauvre coeur humain, qui ne se connaît pas lui-même, à qui sa propre vertu, je

• Philip, l, 9. — 'Rom. X, 2, ». — * Bctli. XXXIV, 17. —

*Joan. xv,*.

dis même la véritable, devient un piège, l’appât et la pâture de l'orgueil! Viens t’instruire par l'exemple d'un si grand apôtre. Il présume, il s’engage, il renie : une servante fait trembler cet intrépide, qui se vantait de no rien craindre. Ce n’est pas assez, pour rompre l'enchantement de son amour-propre, de renier une fois : H faut qu’il renie jusqu’à trois, et encore avec jurement, avec blasphème, avec exécration. Il le faut : qu'est-ce à dire, il le faut? Est-ce qu’il est poussé au crime? A Dieu ne plaise ! il a présumé de lui-même : il est livré à lui-même. Pour lui ouvrir les yeux, et lui faire sentir son mal, qu'il ne peut pas voir, il faut qu’il tombe : et son erreur est si grande , qu’il n'en peut revenir que par là.

Jésus le regarde : il se réveille, il se retire, il commence à sentir qu’il ne fallait point aller au lieu d’où il ne peut se retirer trop tôj. Hélas! s'il y demeurait, il renierait peut-être encore. Mais quoi! ne pleure-t-il pas sincèrement son péché? Sans doute ; mais la partie la plus essentielle de la pénitence , c’est de sortir du péril , c’est de le fuir : autrement on tombe encore ; et faute d’avoir profité de sa chute, on tombe sans ressource : on n'en relève jamais.

Et voyez la faiblesse du cœur humain! Pierre pleure : mais voici pour lui une autre épreuve; lo scandale de la croix. On lui vient dire comme aux autres que Jésus-Christ était ressuscité : et comme eux il est incrédule : quoique ceux qui lui venaient annoncer la résurrection de Jésus-Christ ne fissent que lui raconter l'accomplissement de ce qu’il avait dit lui-même à ses disciples, et à Pierre même. Autre chute déplorable : autre preuve de l’infirmité humaine. Jésus-Christ nous instruit par ces exemples , et ne craint point d’étaler au monde toute la faiblesse de ses disciples , et du chef de son Église; nGn de nous apprendre à trembler, à être humbles. Et après sa résurrection , il parie encore à saint Pierre, et lui demande : Pierre , m'ai mes- tu •? Comme s’il eût dit : Prends bien garde : sonde bien ton cœur : tu as cru pouvoir ce que tu ne pouvais pas ; pense donc bien si tu m’aimes : et à la troisième fois il le met encore à une plus grande épreuve : M'aimes-tu plus que ceux-ci : plus que tous les autres apôtres? Et Pierre lui répondit, comme on vient de voir : Seigneur, vous savez tout , vous savez que je vous aime1 : et il disait vrai : car Jésus récompensa son amour, et lui confia ses brebis, et ses agneaux, et les grands et les petits de son troupeau; et le crut si élevé au-dessus de tous ses apôtres, qu’il le mit à leur tête et à la tête de tout le troupeau, de toute l’Église. Il semble donc que son amour était alors à la perfection. Peut-être donc qu’il pouvait alors suivre Jésus-Christ jusqu’à la mort? non: connais ici, chrétien , par combien de degrés d’amour il faut parvenir à ce grand et parfait amour, à cet amour dont Jésus-Christ nous dira bientôt qu’il n'y en a point de plus grand , et qui nous fait donner notre

• Jean. xxi , l&. — * Ibid. 17.

vie pour nos amis1. Saint Pierre, arec cet amour qui lui a mérité sur ses frères les apôtres une si éminente prérogative n'en est pas encore à ce point. Et qui oserait le dire , si Jésus-Christ ne l'avait dit le premier? Je cous enverrai, dit*il, te Saint-Esprit • : mais vous : vous : à qui parle-t-il ? A ses apôtres sans doute, parmi lesquels était saint Pierre : rous donc demeure s dans la cille : renfermez-vous dans le cénacle pour prier, et ne sortez pas , jusqu'à ce que vous soyez recltus de la vertu d'en haut1. De quoi donc avaient-ils besoin ? de vertu, de force , de puissance, pour être capables de prêcher sans crainte l'Évangile , et de goûter la joie de souffrir pour Jésus-Christ. Voilà de quoi ils avaient besoin : tous, etsaint Pierre comme les autres, avaient besoin, par-dessus la foi, et par-dessus l’amour qu'ils avaient déjà, de recevoir une vertu, une puissance d'en l»ut. Elle vint cette vertu, et le Saint- Esprit descendit. Ces voilà forts : Pierre ne craint plus : Pierre est Pierre; c’est-à-dire un rocher contre qui se brisent tous les flots : et comment? par la nouvelle vertu qui lui est venue d'en haut. Marche, Pierre, dis hardiment que tu suivras Jésus- Christ jusqu’à la mort. Tu le peux, et voici le temps que le Sauveur avait marqué : Tu ne peux me suivre à présent, mais après tu te pourras *. Voilà ce temps arrivé : partez , Pierre : allez à la tête du troupeau attaquer le monde, subjuguer le monde ; vous avez expérimenté votre impuissance, vous avez connu la grâce , vous l’avez reçue ; vous n’avez plus rien à craindre , vous pouvez tout.

Recueillons-nous un moment sous les jeux de Dieu : rentrons en nous-mêmes par une profonde connaissance de notre impuissance : confessons que nous ne pouvons rien sans Jésus-Christ : ne nous lions point à notre ardeur, à notre zèle, à ces agréables transports de piété qui nous paraissent sincères, qui le sont peut-être, mais non encore assez forts : ne nous exposons pas volontairement aux tentations, aux périls, à ce commerce , aux dangereuses compagnies du monde : ne disons plus : Je ferai, je puis ; car c’est là ce qui a trompé saint Pierre. Disons ; Seigneur, aidezmoi , soutenez mon impuissance , donnez-moi la force; et s’il faut dire : Je puis , que ce soit comme saint Paul : Je puis tout en celui qui me fortifie s.

LXXVH" JOUR.

Préparation à llntrlllRrnce des plus liante-, vérités par la soumission , et par une sainte frayeur.

Usez le chapitre xiv; vous y trouverez des profondeurs à faire trembler. Seigneur, j'en suis effrayé : ceux qui ne les sentent pas , n’entendent pas. Profitez de ce que vous entendez : adorez ce que vous n’entendez pas : c’est une grande leçon. Voulez- vous être aidé par quelque pieuse explication des paroles de Jésus -Christ; aidez-vous vous-même, cherchez vous-même, demandez au grand Père de famille qu’il vous donne votre pain :

' Jouis. IV, 13. — 7 Ibid. xvt ,7. — ’ Luc. xxiv, 49. — ’ J oan. aut, 30. — * Philip. IV, 13.

prenez toujours ce qu’il vous donnera par lui-méme. ot soyez disposé à recevoir ce qu'il voua donnera par ses ministres. Accoutumez-vous à cet exercice : c'est ainsi qu'on vient à entendre. Les difficultés s'aplanissent peu à peu. Quand elles demeureraient, que vous importe ? Ce n'est pas la curiosité que vous voulez satisfaire; vous voulez bien ignorer ce que Jésus-Christ ne vous veut pas découvrir. Tout ce que vous trouverez clair, c’est ce qu’il vous dit : c’est par là qu’il vous parle : et lorsque vous n’entendez pas , il vous parle d'une autre manière , il vous dit: Crois, adore, humilie-toi , désire, cherche : heureux, soit que tu trouves, soit que Dieu réserve cette grâce à un autre temps ; puisqu’en attendant tu te soumets, qui est plus que d'avoir trouvé et d'entendre, puisque c’est le principe pour entendre , et que c’est déjà entendre ce qu’il y a de meilleur.

LXXVill* JOUR.

Cofinance en lésns-Chrtst notre intercesseur. Ibid.

Que cotre coeur ne se trouble pas , qu’il ne craigne rien : il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père : je m’en vais rous préparer la place 1 .

les temps de trouble arrivaient : c’était l’heure de la puissance des ténèbres; les apôtres étaient déjà comme au milieu de ces troubles : Jésus-Christ leur avait déclaré qu'il allait être trahi et par l’un d’eux; il avait désigné le traître à quelques-uns , et ils l'avaient vu partir de la table et de la maison : il venait de leur dire le dernier adieu : Mes petits enfants , je m’en rais, et je ne serai plus arec vous * : il leur faisait voir la violence de ses ennemis prêle à éclater : sa sainte cène ne leur axait remis devant les yeux que du sang répandu, et un corps livré; et la tentation était tout ensemble, et si terrible , et si proche, que Pierre, le plus fervent, le plus hardi, le plus favorisé d'eux tous, y devait succomber jusqu'à renoncer à son maître , et cela dans la nuit même où ils allaient entrer. En cet état, il n’y avait rien de plus nécessaire que de les précautionner contre tant de troubles. C’est aussi à quoi se termine tout ce discours .jusqu'à la fin de ce chapitre : et après avoir dit dès ie commencement : Ne cous troublez pas , ne craignez rien : il finit encore par les mêmes mots : Je vous donne ma paix , je vous laisse ma paix ; que votre cœur ne se trouble pas , ne craignez pas J; après quoi il termine ee discours, et se lève pour aller à la mort.

Il faut donc entendre et peser toutes ces paroles. Par rapport à celle-ci : Ne rous troublez pas .- nous verrons qu’au lieu de trouble , tout inspire la confiance aux apôtres. Ce qui leur causait le plus de trouble , c’est qu'en leur disant : Je m'en vais , il semblait ne leur laisser aucune espérance de le suivre ; il les avait mis au rang des Juifs, qui semblaient exclus de cette grâce ; Je men vais ; et comme j’ai dit aux Juifs, vous ne sauriez venir où je vais s.

1 Joun XIV, I , Z. — ’ Ibid. XIII, 33, — 1 Ibid. XIV, Stt, 28. — * Ibid. XIII , 33.

Di.

MÉDITATIONS SUR L’EVANGILE. 7SS

Il est vrai qu’il avait dit à saint Pierre : Vous ne pouvez encore me suivre, mais vous nie suivrez après * : par où il leur donnait quelque espérance ; puisque saint Pierre devait le suivre un jour où il allait, les autres semblaient aussi y être appelés. Mais pour ne leur laisser aucun doute : Il y a, dit-il , plusieurs demeures dans la maison de mon Père * : il n’y en a pas seulement pour moi et pour Pierre ; il y en a pour plusieurs , il y en a pour vous : Je m’en vais, mais c'est pour vous préparer la place; ne vous troublez donc pas; ne craignez rien. Vous croyez en Dieu; c’est dans son royaume que votre demeure vous est préparée : Croyez aussi en mol; car c’est moi qui y vais préparer la place. Ne vous troublez donc pas, ne craignez rien. Croyez en moi comme vous vous croyez en Dieu , et tout est en sdrelé pour vous.

Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père ; s’il n’en était pas ainsi, je vous le dirais : avec tant de bonté, avec tant d’amour, vous cacherais-je votre sort? Admirez et ressentez la tendresse de ces paroles : SU n’en ètaU pas ainsi, je vous le dirais. Ce n’est pas aux seuls apôtres qu’elles sont dites, c’est encore à nous. Répétonsles encore un coup , et laissons-nous-en pénétrer : s’il n’en était pas ainsi, je vous le dirais; je ne vous veux rien cacher, et avant que de partir, je veux vous apprendre tous les secrets qui vous regardent. Jyant aimé les siens , il les a aimés jusqu'à la fin* y et en s’en allant, il leur veut ôter tout sujet de crainte.

Si je m'en vais , c’est que Je vais vous préparer laplace 4. Jésus notre avant-coureur est entré pour nous ; et c'est pour cela qu’il est appelé notre pontife scion l’ordre de Melchisédech*. Nous avons un grand pontife qui a pénétré les deux 6 : il est entré dans ce sanctuaire éternel , dont l’entrée était interdite aux hommes à cause de leurs péchés. Il a percé au dedans du voilei : et notre foi, notre espérance y entre après lui ; cor il nous est allé préparer la place, et c’est pour cela qu’il y entre.

Remettons-nous devant les yeux la structure de l'ancien temple , où était le lieu très-saint, le Saint des saints, la partie du sanctuaire la plus intime, celle où était l’arche, où Dieu même avait établi sa résidence, lieu inaccessible à tout autre qu’au souverain pontife, qui encore n’y pouvait entrer qu’une fois l’an. Il était couvert d’un grand voile parsemé de chérubins, pour nous faire souvenir de ce chérubin qui, avec une épée flamboyante qu’il remuait d’une manière menaçante , gardait la porte du paradis 8 , pour empêcher nos premiers pères d'y entrer, après qu’ils en eurent été chassés. Cfr voile sacré et ces chérubins répandus dessus, semblaient encore nous dire à l’entrée du sanctuaire : N’entrez pas ; rien d’impur ne doit entrer en ce lieu ; c’cst la figure du ciel , où personne ne doit entrer jusqu’à ce que le souverain pontife en ait ouvert l’entrée.

C'est là ce voile qui nous cachait la gloire de Dieu :

• Joan. M. — * Ibid. XIV, 1,2.— * Ibid, xiil , I. — * Ibid. XIV, 3. — - * Heb. Tl , 20. — • Ibid. IV, 14. — * Ibid. VT, 19. — • Gen. ni, 94.

c’est là ce voile qui nous rendait le sanctuaire inaccessible : c’est le voile qui nous marquait que noua étions interdits, impurs, incapables d’entrer jamais daus le Saint des saints : c’est ce voile qui fut déchiré de haut en bas par le milieu , et mis en deux parts, lorsque Jésus-Christ expira *. La terre trembla en même temps; les tombeaux s’ouvrirent, et les morts ressuscitèrent, en témoignage que par la mort et par le sang de Jésus , le sanctuaire était ouvert, les morts recevaient la vie, l'interdit était levé, tout était changé pour les hommes.

Le pontife s’ouvrait l’entrée dans le sanctuaire par le sang des animaux ; mais Jésus-Christ y devait entrer par son propre sang, par l'oblation de lui-même *. Le pontife , avant que d'entrer dans le sanctuaire, offrait pour ses péchés et pour ceux du peuple; mais le vrai souverain pontife n’avait pas besoin d’offrir pour lui1 ; et en qualité de Fils unique il entrait dans le ciel par son propre droit naturel. Et c’cst pourquoi n’offrant que pour nos péchés, c’est à nous qu’il ouvre l’entrée : Je m’en vais vous préparer la place*.

Son sacerdoce s’exerce principalement dans le ciel; car s’il n’eût été sacrificateur que pour la terre , Une Courait point été du tout*; puisqu'il y avait pour la terre un autre sacerdoce et d’autres victimes. Mais celui-ci , dont le sang est non-seulement innocent et pur, mais encore infiniment précieux , commence à la vérité l’exercice de son sacerdoce sur la terre, où il fallait qu’il mourût pour les pécheurs; mais U le consomme dans le ciel , où il parait pour nous devant la face de Dieu ®, où assis à la droite de la majesté de Dieu, U opère continuellement la rémission des péchés 7 , en intercédant pour nous 6 , et nous ouvrant la porte du ciel par/e sang du Nouveau Testament répandu pour la rémission de nos péchés 9.

Ne soyons donc point troublés , ne craignons rien. Que peut faire le monde contre nous, que de nous chasser de notre pays, de notre maison, de toute la terre et de la vie ? Mais quand nous perdrons tout cela , il y a plusieurs demeures dans le ciel : nous y avons notre place et une retraite assurée, où le monde et la puissance des ténèbres ne peut plus rien. Croyons donc en Dieu, qui nous y reçoit : mais croyons aussi en Jésus-Christ, qui nous y va préparer la place ; adorons le sang de l’alliance par lequel il y est entré; adorons ses plaies, par lesquelles il intercède pour nous et nous ouvre l’entrcc du ciel. l'ous croyez en Dieu, croyez aussi en mol19 : car je suis Dieu, mais un Dieu homme, un Dieu qui ai été votre victime; un Dieu qui ai offert pour vous ce que j’ai pris de vousmêmes: Croyez en Dieu, croyez en moi : après cela ne vous troublez pas, ne craignez rien*». Si vous aviez quelque chose à craindre, et capable de k vous troubler, ce seraient vos péchés qui crient contre vous, et ne vous permettent pas le repo»

« \fatth. XXVU , 6t , 52. Lue. XXIII, 45. — 1 Heb. IX, 7, 12, —*Lev.X* 1,9,11. Heb. ni, 27. — ijoan. xiv, 2. — * Heb. vm, 4. — • Ibid, u, 24. — ’ Ibid. I, 3. — • Ibid, vu, 25. — » Natlh xxvi, 2S. — x,Joan. xiv, I. — " Ibid. 28.

ea Dy

MÉDITATIONS SUR L'ÉVANGILE-

de la conscience; mais ils sont purgés : Jésus-Christ a levé l'interdit, et il vous tend les bras du haut du ciel pour vous y recevoir. Quittez donc comme lui la chair et le sang ; sacrifiez vos passions et vos désirs sensuels : c'est le sang qu'il vous faut répandre pour voua conformer à Jésus-Christ : ne craignez rien , ne vous troublez pas , encore un coup. Nous avons un souverain pontife qui a pénétré les deux : présentons-nous donc avec une entière confiance devant le trône de la grâce , pour en être secourus dans nos besoins .- devenons inébranlables dans ta confession1 de son saint nom. Mais ne soyons pas de ceux qui le confessent de bouche et le renoncent par leurs œuvres * : si nous te renonçons , il nous renoncera ; et si nous lut - sommes infidèles , la faute eu sera en nous : car pour lui U est ferme dans ses paroles, et il ne se peut renoncer lui-même J. Ne craignez donc rien, ne vous laissez troubler de rien : croyez en Dieu , croyez en Jésus-Christ , par qui vous avez accès auprès de Dieu*.

JésosOirtst eit notre assurance et notre repos. Joan.

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