‹ suvres de Bossuet SermonsChapitre 23 sur 243 · It/rrflt Mttrcion. Uv. Il, II' II · texte numérisé non relu

It/rrflt Mttrcion. Uv. Il, II' II

et des raisons : encore ne les chcrcbc-t-ellc pas , nous les lui donnons; c'est nous qui fournissous par nos crimes la matière à sa juste vengeance. Par conséquent , comme dit très-bien le même Tertullien , • ce que Dieu est bon , c'est du

■ sien et de son propre fonds ; ce qu’il est juste ,

■ c'est du nôtre : » De stio optimus; de noslro juslus L'exercice de la bonté lui est souverainement volontaire ; celui de Injustice, forcé : celui-là procède entièrement du dedans; celui-ci , d'une cause étrangère. Or, Il est évident que eo qui est naturel, intérieur, volontaire, précédé toujours ce qui est étranger et eontrnint. Il est donc vrai , ce que j'ai louché dés l'entrée de ce discours, ce que je viens de prouver par les raisons de Terlulllen, - que, dans l'origine des choses, - Dieu n'a pu faire paraître que de la bonté : » Deus a primnnUo tantum bonus.

Passons outre maintenant, et disons : Le sauveur Jésus, chrétiens, notre amour et notre speérance, notre pontife, notre avocat, notre intercesseur, qu'est-il venu faire au monde? qu’estec que nous en apprend le grand npôtre saint Paul ■? N'enscignc-t-il pas qu’il est venu pour renouveler toutes choses en sa personne, pour ramener toutà la première origine, pour reprendre les premières traces de Dieu son Père, et réformer toutes les créatures selon le premier plan, la première idée de ce grand Ouvrier? Cest la doctrine de saint Paul en une inflnilé d'endroits de ses divines Épitres : et partant, n'en doutons pas, le Fils de Dieu est venu sur la terre revêtu de ces premiers sentiments de son Père: c'està-dire, ainsi que je l'ai exposé tout à l'heure, do clémence, de bonté, dechnrité infinie. C'est pourquoi nous expliquant le sujet de sa mission: - Dieu . n'a pas envoyé son Fils au monde , dit-il 5 , afin . de juger le monde; mais afin de sauver le

■ monde. »

Mais.n'a-t-il pas assuré, dire?.- vous , que ■ son

• Père avait remis tout son jugement en ses

■ mains*? » et ses apôtres n’ont-ils pas prêché par toute la terre, après son ascension triomphante, que « Dieu l'avait établi juge de-s vivants

• et des morts5? - « Néanmoins, dit-fl * , je no

• suis pas envoyé "pour juger le monde. . Tout la pouvoir de mon ambassade ne consiste qu'en une négociation de paix : et plut à Dieu que les hommes Ingrats eussent voulu recevoir l'éternelle miséricorde que je leur étais venu présenter ! Jo ne paraissais sur la terre que pour leur bien faire ;

» De RcsHrr. cam. n° 14.

* Philipp. ni , îl.

» Jim II. III , 17.

* Ibid. V , 28.

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