SUR LE MÊME SUJET
Tous les mystère, et tous les attrait, de la grâce renferme, dans ta croix.
Cum exallavcritia Filium liomum , tune cognoscclis quia ego aum.
t] nanti tous mires Hcvé en haut te Fils de l’Homme , votu connaîtrez qui je suis. Juan, vill , 78.
Élevons donc nos esprits et nos cœurs, afin de connaître Jésus : on voif, parce qui précède ces paroles, que les hommes vc voulaient point connaître Jésus, et qu’il ne les jugeait pas dignes
» Pt. CTI, 10.
qu'il se fit connaître. Ils lui demandent : Tu qui es ‘ 7 . Et qui êtes- vous? ■ Il l’avait dit cent fois, et il l'avait conllrmé par tant de miracles : ils lui demandent encore : Qui êtes-vous? comme si jamais ils n'en avaient oui parler ; parce qu'ils ne croyaient pas en sa parole , ni au témoignnge que son Père lui rendait. Il ne veut donc pas s'expliquer, et il leur répond d'une manière si obscure, qu'elle fatigue tous les interprètes. Principium qui et loquor vobis' : ■ Je suis le principe « de toutes choses , moi-même qui vous parle : » discours ambigu et sans suite ; mais il ne les laissait pas sans instruction. Vous ne me connaissez pas , parce que vous ne me voulez pas connaître : quand vous m’aurez exalté , vous connaîtrez qui je suis.
Allons donc à la croix , nous y trouverons qui est Jésus : le Fils de Dieu et le rédempteur du monde ; le roi , le vainqueur et le conquérant du monde ; le docteur et le modèle du monde : [nous y trouverons réunis ] tous ses mystères , tous les attraits de sa grâce, tous ses préceptes.
Il ne fallait rien moins qu'un Dieu pour nous racheter, [ qui put ) descendre de l’intlnie grandeur à l’infinie bassesse : Humiliavit semetipsum K On ne peut pas abaisser ni humilier un ver de terre , un néant ; mais • le Fils de Dieu , qui « n’a point cru que ce fût pour lui une usurpation * d’être égal ûDicu, s’est anéanti lui-même en pre-
■ nant la forme et la nature de serviteur : • Non rapinam arbitratus est esse se tcqualem Deo , sed semetipsum exinanivit formant servi accipiens *. Car « Dieu était en Jésus-Christ, se ré-
■ conciliant le monde : • Deus erat in Christo mundum sibi réconcilions s.
Il fallait donc [un Fils de l’Homme] qui fut Fils de Dieu : aussi ce centurion , qui vit les prodiges qui s’opérèrent à la mort du Sauveur, s'éeria-t-il : Filius Dei erat istc 6 : « Cet homme « était vraiment Fils de Dieu. ■ Les impies disent : Si Filius Dei es, descende de cruce 1 : « Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix : . au contraire, qu’il V meure pour être le Rédempteur ; vraiment c'était le Fils de Dieu.
J’ai dit que nous trouverons à la croix l'attrait [qui nous gagne au Père ; ■ car Dieu a] tellement aimé le monde, qu’il lui a donné son Fils unique : Sic Deus dilexit mundum, ut Filium unirjenitum darel [La croix nous présente] le conquérautdu monde: if etjosi exaltatusfueroa terra,
1 Ja an. vin , 25.
» Ibid.
i Philipp. il , 8.
« Ibid. 0.7.
» 11. Cor. v, 19.
« Mattk. Xx*||, 54.
‘ Ibid. 4U.
* Joan. III, 10.
SUR LA CHARITÉ, etc.
nmnia traham ad mcipsum 1 * * : « Et pour moi,
- quand j'aurai été élevé de la terre, j’attirerai
• tout a moi. » Ncmo potest vcnire ad me, nisi Pater, qui misit me, traxerit eum ’ : - Personne
- ne peut venir à moisi mon Père qui m'a envoyé n ne l'attire. » [De la croix découle] ce parfum et ce baume [céleste , qui adoucit toutes nos peines, et nous fait marcher avec un saint transport.] J'ra/ie me, pont te currcmus in odorem unguentorinn tuorum 1 : • Entrabiez-moi , nous courrons ■ après vous à l’odeur de vos parfums. • Suavité, chastedéleclation, attrait immortel, plaisir céleste et sublime.
La croix en est la source, et elle nous les fait éprouver à mesure que nous nous unissons & elle plus intimement. Rien de plus doux ,rde plus aimable que le règne du Sauveur ; c’est par les charmes de sa beauté et l’éclat de sa majesté , dont il se sert comme d'un arc pour soumettre ceux qui lui sont opposes, qu’il triomphe de nos résistances : Specie tua et pulchrilutline tua inlende. Quand il commence à vous appeler, dites lui : Prospéré, procédé 4 : avancez-vous, et combattez avec succès. Quand il livre le combat et attaque vos passions, demnndez-lui qu'il établisse son règne sur votre cœur; et régna.
Le docteur, [le juge du monde parait à la croix : ] Piunc judicium est mundi 5. Tout est ramassé dans la croix ; [elle est un] symbole abrégé du christianisme.
Ah! cette pécheresse, ah! Marie, sœur du Lazare, hnisentses pieds; avec quelle tendresse 1 [.es parfums, les larmes, les cheveux, tout est employé à exprimer les sentiments de leur cœur ; mais scs pieds n’étaient point encore percés , ni devenus une source intarissable d’amour. • Ve-
• nez , ndorons-le ; prosternons-nous et pleurons
• devant le Seigneur qui nous a créés : » Vernie , adoremus, et procidamus : plorcmus coram Domino qui fecit nos c.
1 J Lan. XII,».
’ ISM. VI, 44.
1 Canl. i, 3.
4 Ps. XLIV, 6.
* JtMH. XII, 31.