SCENE XI
Les Mêmes, M™« PICHARD.
M™« PICHARD. Victoire!... victoire!...
LE COLONEL. Comment?
jiime PICHARD, à son oreille. C'est le jeune homme de l'Opéra...
LE COLONEL, tremblant. C'est lui qu'elle aime?... vous croyez?.,, et sur quelles preuves ?
jjime PICHARD. Quand je suis entrée, elle était assise près de la table, et contemplait un petit portrait...
LE COLONEL et MARTIAL. Un portrait?..
jiime PICHARD. Une miniature qu'elle a faite probablement...
LE COLONEL, à part. Quelle bêtise... de leur faire apprendre à peindre!...
nime PICHARD. J'ai voulu regarder...
mais au bruit de mes pas, elle Ta caché, si vivement, que je n'ai pu distinguer que deuxnjoustathps...
LE COLONEL, aoec colère. Eh bien!...
eh bien!... des moustaches... qu'est-ce que ça prouve ?
MARTIAL. Que ce n'était pas un portrait de femme... voilà tout.
mme PICHARD. Attendez donc !... comme j'insistais pour voir ce chef-d'œuvre... une pierre lancée du dehors... brise un carreau et manque de m'éborgner.
MARTIAL. Ça aurait fait du joli, par j exemple!...
SUZANNE
LE COtO\EL. Une pierre...
MARTIAL. Des moutards qui s'amusaient!...
jijme pjcn\RD. Du tout!... cllc était enveloppée dnns un papier I... ,
LE COLONEL. Une lettre!... [à part) celle que le misérable avait préparée... ^ jume piciiARDf Et j'ai aperçu un jeune homme qui disparaissait sous les arbres...
LE COLONEL, à part. C'était lui ! (Haut,) Et cette lettre?.. 0
jume piciiARD. J'ai voulu la saisir; mais Suzanne l'avait déjà parcourue et venait de la décbirer en mille morceaux... Vous voyez que les intelligences sont établies.
LE COLOXEL, à part. AU I c'eu est trop!.. oser lui écrire!., et Suzanne... Je cours le chercber... je trouverai bien un prétexte! (Bas à Martial.) Martial, tu m'es dévoué?
MARTIAL , bus. Oli ! oui...
LECOLOMEL,<:/emé7/2c. Tu as du comage?
MARTIAL, de même. Oh ! non!..
LE COLO.X'EL, de même. Si fait!
MARTI \L, der)iême. C'est vous-même qui me l'avez dit, colonel... je suis incapalile de vous démentir.
LE COLONEL , lui serrant la main. C'est
égal, viens avec moi et sur ta tête, pas
un mot.
MARTIAL, tremblant. Ab î mon Dieul qu'est-ce qu'il veut faire?.. Je sens un frisson qui me casse bras et jambes.
ENSEMBLE
Air : Vous voulez de son inconstance (Page du Piègent).
LE COLONEL, à part.
Oui, je veux d'une telle ofTense Al instant même avoir vene;eance; Et je suis cerlain que mon bras Ici ne me trahira pas !
Marchons, snis-moi... son insolence A mes coups n'échappera pas !
MARTIAL, à part.
Veut-il donc d'ane telle offense A l'instant nième avoir vengeance !
Mais je suis certain que mon bras Ici ne le servira pas !
Tâchons du moins que ma prudence En ces lieux enchaîne ses pas!
M™* picHARD, à part.
Oui, malf:çré cet air d'innocence, Son cœur avait parle d'avance!...
Et le cousin n'y pensait pas...
Je vols <|n'il enragi; tout bas...
Mais je saurai par ma prudence Fixer son amour et ses pas.
Le colonel entraine Martial; ils sortent par le fond. Suzanne entre sur la fin tlu morceau, et du rcf^ard de ma nie à M°'*> Puhardce qiu cela signifie.
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