XVIII PREFACE
sent. 11 est en route pour l'avenir; ce n'est plus pour Jni le moment de la halte, du découragement. Ce symbole de Werther et de René, qui a été la première formule de l'école romantique, doit se modifier profondément. L'activité a remplacé la rêverie, et les héros de nos oeuvres littéraires doivent se chercher un but pratique et nous réconforter par l'exemple, nous exciter au travail. Nous voulions montrer une imagination vierge, mais ardente, «'exagérant les candeurs de l'âme, et s'élevant vers une immatérialité impossible; puis, peu à peu, arrivant à accepter, dans la mesure équitable , le partage de la vie du rêve avec la matière. Nous pensions que plus d'un lecteur se rappellerait ces premières et saintes folies des chastes tendresses; et, à côté de cet enthousiaste, nous placions un de ces jeunes amants de la forme, si spirituels et si ridicules, coeurs gâtés par les mœurs de la vie parisienne, excès de la double école de la fantaisie et du réalisme; nous exagérions les vices de l'un, les élans de l'autre, pour mieux dégager le milieu , qui est la vérité. Afin de développer cette incarnation moderne du mythe de Psyché, nous mettions toutes les grâces de la forme dans une jeune fille, très-simple, très-naïve , et derrière cet ange matériel, nous ^placions la pâle figure d'une martyre de l'amour, d'une sainte Thérèse laïque , prêtant son âme à celte jeune fille qui lui prête sa beauté, et arrivant ainsi à créer le type essentiel, la femme beauté et esprit, seule digne des grandes adorations.
Valentin, notre héros, le chercheur inquiet et croyant, se trompait à celte touchante supercherie, laissait s'enflammer ses sens à la splendide lumière de son idéal, et au jour de sa désillusion, acceptait la réalité, avec la mâle