ARMAND DE FOUGÈRES A VALENTIN DE BIANVAL
Genève, juin 1810.
Ta lettre, mon cher Valentin, me trouve encore à Genève, ou je t'attendrai, si tu te décides à m'y rejoindre.
Tu souffres; et je ne voudrais pas aigrir ta douleur. Mais je trahirais notre amitié, si je ne mettais sur tes récentes égratignures quelques conseils, en guise de compresses. Je te promettais d'ailleurs une larme sur tes infortunes, que je me déclarerais bientôt insolvable.
Tu n'aimais pas cette femme, mon cher Yalentin, tu ne sais pas aimer. Ce que tu prends pour l'amour n'est encore que l'amour de l'amour. Tu n'as pas dissipé la première ivresse des poésies de vingt ans. Tu dors dans des fleurs qui t'asphyxient, et tu prends cette chaleur dé ton cerveau pour une révélation qui se fait attendre. Je vais te scandaliser, mais écoute bien ceci : on a compare l'amour au mal de dents, et le dentiste de génie qui n'a pas craint de produire cette définition a tiré les physiologistes d'un grand embarras. En effet, mou ami, cette admirable torture de l'amour vrai se révèle tout à coup par une rage aussi violente, aussi folle que la rage de dents. Tout le corps et toute la tête en souffrent. On désire de même mordre pour tromper la fièvre. Il y a de fausses amours, comme il y a de faux râteliers; c'est émaillé, correct, et cela croque; mais un beau jour on voit le ressort, fil d'or ou d'argent. Dieu merci, tu n'en es pas aux dents ébréchées, mais aux gencives. Ce sont tes dents de lait qui te tourmentent ; et ne pouvant ni ne voulant mordre, tu joues au hochet. Pauvre Yalentin ! c'est une nourrice de fée qui te berce chaque nuit et t'enroule dans des langes brodés de soie. Mais il viendra un jour où tu te sentiras viril et émancipé. Alors, tes dents claqueront fermes et solides, le fruit te tentera tout comme un autre., et tu y feras ta morsure. Je t'attends à ce jour-là pour me réjouir.
Tu n'as qu'une excuse, c'est l'éducation que tu as reçue. Élevé sévèrement par un père dont l'esprit mystique se complaît loin de la réalité, tu t'es développé dans
SUZANNE IjUCIIEMIN
l'ombre, et lu n'as pas encore subi, au moral, cette coloration suprême, cette infusion de vie que donne la lumière : tu n'as pas reçu ton coup de soleil. Il te viendra au moment où tu l'attendras le moins, un jour que, par mégarde, tu auras écarté de ton front de néophyte ce voile constellé que tu serres avec tant de dévotion. Tes lèvres n'ont sucé que du miel. On ne les a pas frottées d'ail et de vin comme celles du Béarnais. Voilà pourquoi tu trouves un peu fort et un peu amer ce breuvage de la vérité, que nous avalons, nous autres, sans sourciller.
Cette femme que tu maudis, à grands coups de bénédictions, a bien fait. Elle ne t'aimait pas et elle aimait d'Aubressel. Quel reproche lui adresses-tu? T'avait-elle promis quelque chose? Non. Tu l'avoues toi-même; et d'ailleurs je m'en rapporte à toi, lu n'aurais rien exigé. Elle qui possède sans doute, sous ses lèvres que tu trouves si hères, ses trente - deux dents, bien poussées et bien alignées, n'avait aucune raison pour dédaigner la pomme. Elle était tille d'Eve et ne s'en trouve pas mal.
Je conviens que tu as plus d'esprit (pie d'Aubressel, et que tu saurais plus galamment que lui paraphraser ce mot qui est le même, en définitive, pour la plus sotte comme pour la plus intelligente : Je t'aime ! Mais que faire à cette déconvenue ? Prendre ton parti en brave. Est-il vrai que cette femme soil devenue tout à coup si méprisable, parce qu'elle a choisi pour amant un gentilhomme assez bien tourné, d'un tempérament solide, d'une carnation transparente? C'est là une question. 11 faut pourtant bien, mon cher, que la beauté serve à quelque chose; et si elle tient lieu de l'esprit, chez les hommes qu'elle favorise, il faut bien admettre alors qu'elle a droit aux privilèges de l'esprit. Nous préférons, en général, même les plus platoniques d'entre nous, une jolie femme à une
laitio ; pourquoi donc les femmes n'aimeraient-ciles pas aussi les beaux hommes ? Vulcain était à coup sûr un métallurgiste distingué ; il était le dieu à venir des industriels en chemins de fer ; mais Vénus n'eut pas tort de lui préférer la superbe encolure du dieu Mars, ce type des guerriers à bonnes fortunes, qui n'avait que le défaut de ne jamais quitter son casque. Après tout, il faut reconnaître là, peut-être, une malice de Vulcain, qui avait abriqué cette incommode coiffure à son rival par jalousie de sa beauté. Mars eut, du moins, l'esprit de ne pas lui céder sur ce point, et le plus mal coiffé des deux fut encore le mari.
Mon cher Valentin, ris, si tu veux, mais avale ma pilule. L'esprit, en règle absolue, n'a rien à démêler avec l'amour; il le gâte quelquefois, et c'est presque toujours un allié suspect. On aime, et on est aimé, sans raisonnement, par une sorte de fatalité, en vertu de lois inconnues et qui échappent à l'analyse. C'est humiliant ; mais Dieu a voulu que ce fût ainsi, par égard pour le plus grand nombre, qui ne se compose pas d'hommes et de femmes de génie, et qui a droit à sa part de félicité terrestre. D'ailleurs, devant l'amour, l'homme d'esprit n'a parfois pas plus de ressources que le sot; et quand ton bienheureux Jean-Jacques se délectait de l'intimité de sa servante, c'est qu'apparemment il trouvait, ce délicat, qu'il n'est pas de vase qui paraisso grossier quand l'amour en déborde.
Tes sucreries n'ont pas su plaire; je n'ose condamner cette femme. Ce dédain doit te prouver une fois de plus, mon cher Valentin, combien tu méconnais l'amour. Quitte donc ces brouillards, ce clair de lune perpétuel que tu gardes en plein jour; cesse de vouloir habiller des fantômes, et risque un œil sur la splendide nudité des statues ; on n'en meurt pas.
SUZANNE DLC'HEMIX
Tu as vingt-cinq ans, si je calcule d'après nos souvenirs de collège; tu es riche, tu as un beau nom; tu ne serais pas mal, si tu cessais de mépriser ta figure, et si tu laissais monter à tes yeux ces étincelles qui te grésillent le cœur. Ne perds pas une année de plus dans ces gazouillements inutiles. Sois homme enfin, aussi complètement que tu es gentilhonme, et arrange-toi pour que rien d'humain ne te reste étranger.
Était-ce bien cette lettre que tu attendais de moi? Peutêtre t'imaginais-tu que l'émotion de l'absence m'attendrirait à ton endroit et que je te ménagerais la férule? Tu as compté sans mon amitié; et puis, il pleut, je ne puis mettre le nez dehors ; tu vas me permettre de continuer. Je me sens en veine de pédantisme, et je laisserais éclopé, si je n'achevais pas, le plus beau raisonnement qui me soit jamais venu à l'esprit.
Je ne crois pas à cette infirmité que l'on appelle l'amour platonique; il me semble une bégueulerie qui touche quelque peu à la dépravation. En y regardant môme de près, cet amour extravagant que les amants lymphatiques Gnt mis à la mode n'existe pas. Vous autres qui en restez toujours aux préliminaires, à la bagatelle, vous êtes, au fond , tout aussi affriandés par la beauté physique que nous autres mécréants de la matière; mais vous vous leurrez par des semblants, vous minaudez avec la nature, et n'ayant point le courage de l'idéaliser, vous affectez de n'y point toucher. Il y a plus de dépit, d'ignorance ou d'impuissance, en général, que de vocation, dans ces continences poétiques; vous vous servez, comme dans les orgies de l'Opéra, de mets en carton peint, et vous remplacez les aliments par un chant animé. Mais au dedans de vous, la faim crie, et vous ne comprenez rien a vos angoisses.
Tu avoues toi-même que tu te hasardais jusqu'à effleu-
rer de temps en temps l'extrémité des doigts de ton inhumaine du bout de tes lèvres. Gourmet! tu te donnais cette joie, n'osant en espérer d'autres; mais, sensuel que tu es, pourquoi donc te permettais-tu ces excès? Comment, monsieur, vous nous concédez que c'est un bonheur, un plaisir, une sensation heureuse, d'effleurer l'épiderme des doigts avec l'épiderme des lèvres, et vous chicanez sur le surplus! Ah! mon cher Valenlin, si le papier n'avait pas sa pudeur, et si je ne la respectais pas, que de choses j'aurais à te dire qui feraient flamboyer à tes yeux des visions telles, que saint Antoine n'aurait pu les exorcicer !
Les jeunes s'imaginent aimer purement, parce qu'ils n'exigent rien au delà de ces manèges de colombes, ou de ces petites dévotions à la peau d'une jolie femme, la plus douce patène qu'il soit donné de baiser. Les vieillards ont des raisons pareilles; leur galanterie, leur respectueux hommage, leur baise-main rassurent leur conscience; ils s'imaginent échapper à la médisance. Mais les débutants, de même que les invalides, sont des sensuels; ils savourent tout ce qu'ils peuvent; et les espérances confuses de ceux-là, aussi bien que les souvenirs de ceuxci, complètent un plaisir qui est matériel, au moins en effigie.
Quand je vois deux tètes vieillies se sourire, se contracter sous les rayonnements de l'amour; quand je vois deux mains vénérables s'unir et s'étreindre avec une foi vive, l'hymen est aussi complet pour moi que si l'on avait eu besoin d'en voiler les détails par les nuages complaisants qu'empruntait Venus; et je dis toujours d'un sigisbé de soixante ans qui baise tendrement la main d'une femme du même âge : « Cet homme est l'amant de cette femme! » Le peu qui s'en manque pour que la chose soit mathématiquement vraie ne dépendait plus d'eux,
et ne doit pas leur êlre imputé à mérite. Ne crois pas, d'ailleurs, que j'en tire la conclusion d'un ridicule! au contraire; j'admire l'amour jusque dans ses impuissances. Ce que je dis des vieillards s'applique à tous ceux qui, comme toi, insultent à la beauté, en voulant réduire l'amour à l'état contemplatif.
Non. J'atteste les amants illustres, tous ceux que les poètes ont chantés, que les peuples ont immortalisés ; j'en atteste Héloïse, cette incomparable, maîtresse \ue Rousseau a si étrangement compromise ! l'amour ne sépare pas l'âme du corps. Il n'est pas un casuiste, et ne discute pas les limites du péché véniel et du péché mortel: il embrase, il consume, il dévore tout. Tant pis pour ceux qui s'enveloppent par-ci par-là d'amiante, et qui ne veulent brûler que par portions! ils seront éternellement malheureux, comme ils seront éternellement méprisables.
Crois-tu donc, impie, que l'héroïque épouse d'Abailard ne soit pas restée une noble, une chaste, une imposante figure, quoiqu'elle ait enseveli sous sa robe de religieuse un cœur convulsionné par toutes les fièvres de la tendresse? Elle savait aimer, celle-là, qui écrivait au pauvre moine de Saint-Gildas : « Jamais je n'ai cherché autre chose en vous que vous-même ; quoique le nom d'épouse soit jugé plus saint, un autre aurait été plus doux à mon cœur, celui de votre maîtresse, et... (le dirai-je sans vous choquer?) celui de votre concubine, de votre fille de joie... » Ne sens-tu pas que la passion parle là toute pure, comme disait Alceste, qui trouvait, par parenthèse, que Célimène platonisait un peu trop avec tous ses amis ? Je n'ai qu'un reproche à adresser h Héloïse, c'est d'avoir permis qu'Abailard nommât son fils Astrolabe, au lieu de le nommer tout simplement Pierre ou Jean. Ce fut là, encore sans doute, une dernière immolation de sa volonté
SUZANNE DUCHESHN
à celle de son sublime pédant ! Ton Rousseau a parodié ce poëme immortel sans le comprendre. 11 parle de l'amour comme un lâche du courage; et, quoi que j'aie dit en plaisantant de son mariage avec. Thérèse Levasseur, il ne connaissait rien à ce sentiment. Sa Julie est une vertu coquette qui me laisse insensible, tandis que Manon Lescaut me fait pleurer.
Tu me trouves peut-être cynique ; c'est toujours l'effet que* produit la sincérité dans ce siècle d'hypocrisie. Mais à quoi servirait donc l'amitié, si elle ne me donnait pas le droit de le rudoyer un peu? Tu as échoué près de celte femme, parce que tu ne l'as pas aimée, parce que tu ne voulais pas l'aimer. Je ne doute pas que si, agité d'un transport véritable, tu avais souhaité ardemment prendre la place à laquelle se pavane d'Aubressel, tu n'eusses facilement triomphé. C'est surtout en amour que la volonté est puissante sur le destin. Tu as manqué là une occasion superbe : bâte-toi de prendre ta revanche!
Souviens-toi d'un des plus beaux contes de Boccace, du Pied de basilic. Isabelle aimait Lorcnzo, sans rien lui réserver. Quand celui-ci fut tué par la jalousie des frères, l'inconsolable amante alla chercher le cadavre de son bien-aimé, et ne pouvanl l'emporter, l'ensevelir près d'elle tout entier, elle détacha la tète, l'enfouit dans un vase plein de terre, et planta dans cet engrais adoré un pied de basilic qu'elle arrosa de ses larmes. La fleur grandit, s'épanouit en touffes odoriférantes, et Isabelle lui adressait d'ardentes paroles qui trompaient ses regrets et ses désirs. Mon cher Valenlin, l'amour vrai, c'est ce pied de basilic qui puise la vie dans la matière et porte des fleurs idéales qui embaument l'âme. Au fond de toutes nos joies, de toutes nos extases, regarde bien, il y a toujours un peu de chair pour engrais !
Console-toi donc, si tu n'es déjà consolé, et viens avec
SUZANNE DCCI1EMIN
moi; nous visiterons la Suisse et l'Italie. A propos, mon cher nébuleux, je me suis promené sur le lac, où j'ai failli attraper un rhume, mais je n'ai pas aperçu à Vévay la fenêtre de Julie, et si j'avais rencontré ce grand pleureur de Saint-Preux, je crois que je lui aurais ri au nez. Je suis arrivé avec la pluie, ce qui contribue peut-être à me révéler Genève sous un aspect lugubre. Ce pays finira par me désarticuler la mâchoire ; j'y bâille, comme si j'étais forcé d'avaler le mont Salève, le mont Blanc, le Jura, l'Aiguille-Verte, le Buet, toutes ces insupportables montagnes qu'on vous fait dévorer des yeux, vingt fois par jour, el qui sont le prétexte d'interminables ascensions. En Suisse, la vie est un perchemcnt perpétuel.
Ce pays mérite la pluie : il est ennuyeux comme elle. Il faut pourtant rendre justice à ses efforts ; il fait ce qu'il peut pour s'égayer. Ainsi, il adapte des pavillons chinois, en guise de clochers, aux églises protestantes, et peint tous les poteaux des routes en mirlitons. Mais celte gaieté reste à la surface et ne va pas plus loin. Te raconterai-je mes excursions aux alentours? à quoi bon? Je suis escorté par un brelan d'ombres illustres. Jean-Jacques, qui a planté des peupliers dans le lac; Byron, dont j'ai lu avec un certain tressaillement le nom sur une des colonnes du château de Chillon; enfin, Voltaire, le suzerain de Ferney. J'ai rendu, en voyageur bien appris, ma visite à ces trois ombres fameuses. J'étais maussade en arpentant la petite île de Rousseau. J'ai pensé à don Juan devant les oubliettes de Chillon. Ce fut, du reste, l'émotion la plus gaie de mon voyage. Il y a là une potence, avec un trou rebouché, qui est d'une atrocité réjouissante. On vous montre la pierre sur laquelle on lisait la sentence aux condamnés, les chaînes patibulaires, la dalle usée par le talon de Bonnivard, et, enfin, par une trappe doucereuse qui s'ouvre sur quatre-vingt-onze pieds de profon-
SUZANNE DUCHKMIX
deur, on précipitait les condamnés embarrasssants qui étaient au-dessus ou au-dessous de la justice régulière. Tout ce château sent la Barbe-Bleue. C'est superbe comme un conte de Perrault. Il y règne une horreur de mélodrame à travers laquelle rayonnent, à peu de distance l'un de l'autre, les deux noms analogues de Byron et de Victor Hugo. A Ferney, j'ai vu toutes les défroques de Voltaire. Dans sa chambre à coucher, on a eu la singulière idée de placer un tronc pour les pauvres, avec un quatrain détestable destiné à exciter la compassion. Il ne manque pas son but pour l'auteur. On dit dans ces vers que; faire l'aumône,
C'est s'ouvrir la porte des eieux!
Je n'ai pas échappé une si belle occasion de me faire enlre-bâiller la bienheureuse porte, et j'ai déposé mon offrande, en demandant toutefois si c'était pour les pauvres d'esprit. Dans la chambre de Voltaire, n'eût-ce pas été une œuvre méritoire? Comme nous faisions le tour du lac, on m'a montré de loin Coppet et le château de madame de Staël, la seule femme qu'il fût permis de n'aimer que platoniquement, puisqu'elle était un homme de lettres.
Le ciel paraît se réconcilier avec le sens commun. La pluie cesse. Je te quitte pour le soleil. Excuse mon bavardage, qui ressemble un peu à une potion homœopathique, et dans lequel j'ai mis un globule de raison dans une dilution d'eau claire. C'est que je me suis souvenu, par celte matinée pluvieuse, de nos interminables causeries de Paris. Ce souvenir m'a égaré ; mais j'étais près de toi, je le parlais, je te serrais la main, et j'étais bien excusable. Je t'attendrai quelques jours encore. Viens, si tu n'as pas peur de mes prêches; c'est ce pays calviniste
SUZANNE PUCHEMIN
qui m'y pousse; et souviens-toi de ma morale. Ne crains plus d'insuller les femmes en rendant à la beauté le seul hommage qui soit une preuve. Il y a des injures apparentes qui sont une flatterie; et d'ailleurs, si on ne les insultait pas quelquefois, on les priverait de leur plus grande, de leur plus pure joie, celle qu'elles éprouvent à pardonner.
Allons, mon cher Valentin, sors du sombre manteau de René ; jette Werther au fond d'un puits : sois toimême, et crois bien que, si je ne dois pas t'en aimer davantage, ce qui serait impossible, j'aurai du moins un grand soulagement de te savoir devenu le compagnon de ma vie de jeunesse, d'amour et de folie.
Adieu, à bientôt une lettre ou' toi !