‹ Suzanne DucheminChapitre 7 sur 75 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

Elle a son grand homme dans Stendhal, et son Campistron dans M. Mérimée, esprit froid, sec et athée, qui s'est rangé dans la littérature à idées, peut-être hien pour cacher son indigence d'idées. Ses romans sont des récits corrects d'un drame qui n'est destiné à aucune incubation de rêverie, et il est aussi stérile avec sa sécheresse que peut l'être M. Alfred de Musset avec sa fantaisie.

La littérature des images est restée de la littérature; elle a pour elle l'harmonie, le charme du style, la pompe des décors; elle a rendu d'incontestables services à la génération ; elle a ramené par le sentiment, par le romanesque même, les esprits à des émotions fécondes ; elle a fait croire à l'amour, elle a enchanté les horizons que îe doute avait dépeuplés; en promenant aux bords des lacs, sous les arceaux des cathédrales mystiques, dans les immenses solitudes, les cœurs désespérés, elle a imprégné ceux-ci d'une poésie qui se condense aujourd'hui en faits sociaux et en aspirations philosophiques consolantes; ell a été la symphonie qui prépare l'action, le prélude de la nouvelle foi poétique; elle a substitué un Olympe intérieur, nous devrions dire un Calvaire, à cet étalage de conventions mythologiques qu'il était temps de jeter aux défroques.

Mais la littérature d'images ne pouvait toujours suffire à cet Hamlet fiévreux du xix' siècle, qui veut connaître au juste sa mission et son droit, et qui cherche maintenant dans les livres autre chose que des mots ! des mots! Balzac, en se proclamant un des soldats, nous dirons pour lui un des chefs de cette école synthétique qui veut l'image et l'idée, donnait la raison que voici : — « Je ne crois pas la peinture de la société moderne possible par le procédé

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