‹ Suzanne DucheminChapitre 73 sur 75 · A B A RONNE 1>K BLIGNÏ · texte numérisé non relu

A B A RONNE 1>K BLIGNÏ

avait éteint la lumière, atin de le mieux guetter sans doute. Il trouva, aux paroles douces de sa femme, un effroyable accent d'ironie.

— D'où je viens? dit-il : de me promener.

— Pourquoi sortir si longtemps, si tard, et nous exposer à des inquiétudes? continua Angèle avec la môme douceur. En votre absence, il nous est venu des hôtes.

Gérard sentit son sang lui monter au cerveau :

— Je vais être frappé d'apoplexie, pensa-t-il; tant mieux, cela évitera toute explication.

— Eh bien! vous ne répondez pas, monsieur? continua Angèle. Hâtez-vous, car nos voyageurs sont fatigués , et je crains bien que, dans quelques minutes , vous ne puissiez plus leur parler ; je les ai laissés dans la bibliothèque.

Gérard ne s'appartenait plus. Il n'avait plus de volonté.

Une force invincible le poussait : il entra, gravit l'escalier comme un automate en faisant retentir les marches sous ses pas, et il arriva devant la porte de la bibliothèque ; là, il se dit tout bas :

— Dieu ne veut pas que je meure avant la honte. Que sa volonté soit faite !

Puis, poussant la porte en tr' ouverte, il entra. Une exclamation joyeuse et un cri retentirent à la fois. Une femme se précipita dans ses bras :

— Gérard! mon enfant! comme tu as tardé! lui ditelle.

— Ma mère! vous ici? s'écria Gérard, qui sentit ses cheveux se dresser sur sa tête.

— Oui, moi, qui ai voulu accompagner M. Rosenheim. A ce nom, Gérard baisa convulsivement le front de sa

mère, et se tourna vers le terrible M. Rosenheim.

C'était une honnête figure d'Allemand , au menton carré, aux joues rondes, aux cheveux grisonnants, api?

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