‹ SuzanneChapitre 7 sur 10 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Pour le 10 mai, jour anniversaire de la naissance de François, pour la onzième année de son fils, Marie avait voulu donner une fête, rue de Grenelle.

Dans les salons encore vides, les domestiques, guidés par le fidèle Fritz, achevaient d’allumer lustres et candélabres. Une grande partie du jardin, garnie de tentes et d’un plancher de toile, prolongeait la réception. Partout des fleurs et des verdure; des chaises dorées mêlées aux beaux meubles de style; les préparatifs d’un orchestre.

flarlon entra, s’arrêta devant une glace. Gomme il avait vieilli ! Des rides sur son front. Un pli d amertume au coin de la bouche, et, dans ses yeux, tant de douleur qu’ils semblaient deux pierres mates et noires d’où jaillissait par intervalles un

feu cruel. Il s’assit dans un fauteuil, machinalement surveilla les apprêts : « Deux mois que nous sommes à Paris, deux mois de supplices incessants. Ainsi qu’à Alger elle feint l’indifférence... ou peutêtre est-elle indifférente. Toujours ses pièges. Je me désole. Elle reste impitoyable. Elle m’évite. J’ai envie de me tuer. Puis, sans raison, elle cède. Elle se glisse la nuit, à l’improviste, comme elle me le disait à Gibraltar, et s’étonne, et m’apaise, et m’inflige des baisers déchirants. Tellement qu’au matin, je reste seul avec une pire angoisse. Et le mensonge, le mensonge, le mensonge. La femme qui vous surveille et devine à moitié ; l’ami au regard chargé de reproche ; l’enfant, amoureux autant que moi, et averti par son instinct; jusqu’aux domestiques. Les clients, l’Académie, l’École qui me harcèlent. Mon absurde métier qui me rive à la chair, quand c’est dans la chair que je souffre. Tantôt le remords et tantôt le désir. La peur quelle ne soit ma fille, continuée malgré ses serments, la peur qu’elle ne m’échappe, la peur qu’on ne nous surprenne, le peur de devenir fou. Des heures où je me sens sauvage, des heures d’attente et d’énervement où je piétinerais Marie, François, moi-même, où le sang m’attire. Des rêves ! Quels rêves! Et quels réveils! Et quels souvenirs ! Si je pouvais la haïr ! »

Une forme harmonieuse se dressa devant lui.

« Votre Suzanne doit-elle entrer? » Oh, cette voix grave et tendre, haussée par un parfum, par un geste charmant. Il releva la tête et oublia tout. Elle portait une robe de salin safran, Irès ajustée, d’où le cou, les bras et le haut des seins se dégageaient avec une hardiesse rose et plus riche en reflets que l’étoffe. Des épaulettes de diamant et de jais noir faisaient tout le soutien du buste ; un cloutage des mêmes pierres encerclait la taille bohémienne. Les bandeaux ondulés de bronze et d’or donnaient à la figure une mystique douceur que démentaient les yeux d’un vert crépusculaire, les lèvres pourpres et gloutonnes. De la pliante créature en pleine beauté, en pleine jeunesse, en pleine lumière sortait quelque pouvoir violent, irrésistible, et le savant s’excusa de sacrifier à une si pure merveille sa vie et son intelligence.

Après s’être assurés qu’ils étaient seuls : « Tu m’admires ou tu me détestes ? » murmura-t-elle très bas. Puis, de plus près : « Me préfères-tu ainsi, ou... sans nulle parure? »

Elle guettait dans ses prunelles vacillantes, scrupuleuses, cette lutte qu’elle connaissait si bien. Lorsqu’elle le vit plus calme: « Cette nuit, ce jour plutôt... Toute en sueur encore. Dans ta chambre, je le jure..; Que tu caches mal ta joie !

— - Je n’ai pas de joie, Suzanne. Tu me rends bien malheureux.

— Je suis souvent malheureuse. — Elle s’interrompit pour le passage de Fritz, puis continua : — Oui... Tu comprendrais mal... Ton cœur n’est pas complexe. . . On nous espionne, tu sais, j’en suis sûre. L’autre soir, Rose disait à ton Liaurance, j’entendais cela derrière la porte : Ah, monsieur. Il se passe ici des choses, des choses. Plus qu’elle ne le croit, la vieille. Marie aussi est sur la piste. Elle est devenue d’une froideur terrible. Nous ne nous parlons presque plus. Pendant le bal, ne sois pas jaloux, je vais.faire la cour à n’importe qui... pour dérouter.

— Je te le défends.

— Quels yeux! Tu n’es donc point fatigué de notre amour, de mes feintes, de mon âme à surprises?

— Et toi, n’es-tu pas dégoûtée de ton Guillaume? Dieu, que j’ai peur !... »

Elle le toucha vivement au front de ses doigts nerveux.

« J’essaye le charme de la bague... Tes folies qui reviennent... Mais quand je serai nue... Aimes-tu comme moi les contrastes ?... Le respect. . . , la jupe à traîne..., Guillaume..., Suzanne..., de grands saluts... et puis... et puis... le satyre et la nymphe. Ah, c’est drôle d’y songer ici. »

Elle eut un sourire profond. Marie à ce moment passait avec François. Troublé, comme il l’était

maintenant toujours vis-à-vis de safemme, il voulut lui dire quelque chose :

« Liaurance n’est pas là ? »

Elle s arrêta, les regarda tous deux en face avec une sorte de mépris irrité : « Je ne pense pas qu il vienne, 11 n aime point les fêtes ni le bruit. Tu le sais aussi bien que moi.

— Non, non, il restera à Arbonne, a jouta François inquiet. Maman, je t’en prie, voyons vite pour les tziganes. — Et il l’entraîna.

— Elle a changé, elle aussi. — Suzanne avait pris une figure féroce, d’une extraordinaire dureté. — Le soupçon ne lui va pas. Mon pauvre ami, il faudra nous séparer, je le crains. Elle en arriverait à me battre.

— Aie pitié d’elle.

Ni d elle, ni de personne, rappelle-toi ceci. Lorsqu’on m’offense, je me venge. D’ailleurs, songe à ma situation. Ce déguisement perpétuel. Je suis à bout. — Une subite expression de tristesse délia son front de la haine. Elle parcourut sa robe de ses mains délicates. — Ce satin est bien beau. J’adore le jais noir sur le jaune..., mais... mais je le paye trop cher en ce moment. On se lasse de tout, même du mensonge.

— Si tu me quittes, je me tue.

B®ches une admirable menace et me voici désormais incrédule. »

Que la soirée parut longue à Harlon après cette causerie menaçante! Jaloux, il le fut comme jamais, harcelé par tant de souvenirs des heures où elle lui appartint : « Où donc Cordoue, où donc Tolède, où donc ces douces reines au soleil, les oranges dans leurs cheveux roux? Où donc le martyr qu’il était alors, mais récompensé par d’inoubliables baisers qu’il crut sacrilèges? Aux bras d’un Larrève quelconque, il voyait passer insouciante la petite chérie dont il mourrait. Il connaissait cet éventail qu’agitait sa main pécheresse, cette main de joie et de douleur, qui déchirait et qui calmait, et qui tenait sa vie dans un geste. Ah, ces mouvements qu’elle donnait à d’autres, pour le léger délire de la danse, svelte fleur jaune au pistil vert, dont il savait le rythme vainqueur, la force qui l’entraînait brisé au voluptueux pays du rêve. Oh, le rêve éperdu, la chair contre sa chair, la jonction frémissante! Sa courbe et ses brisures et l’indomptable pression de ses membres !... L’émouvante musique hongroise, où sont mêlés la guerre et l’amour, parlait un singulier langage... Aimez, aimez en hâte, en tourbillon et au repos, dans l’élan et dans la fatigue... Les feuilles lointaines des Tuileries!... Ainsi frissonne le tvmpanon...

Aimez dans les tenailles, sur la croix, sous les griffes. Aimez, le sang ruisselle, le corbeau croasse, le laureau meurt, le guerrier meurt, le soleil meurt... « Qu’importe, l’aube viendra’, » gémit la rafale des violons. Ils renaîtront, les héros. Ils renaîtront, les baisers farouches..! Où donc Suzanne? Où donc Suzanne? On ne distingue plus son corps rapide, la cruelle cuirasse de jais noir. Ces masques de grotesques, bouffons de Velasquez, ce sont Trudaine le puant, Bourade l’assassin, Goldard, Baveule, l’infâme ménagerie. Être sorti de ce milieu sinistre, de la science absurde et sèche, et y rentrer. Avoir connu l’air, le ciel, les oiseaux, les sources, la complainte du vent sur le passé, les vestiges de la gloire, tant de piliers roses, de jardins parfumés, et oublier tout cela, perdre ces beaux mirages, retrouver la hideur...’ Cette valse ne cessera point. Les enragés tziganes, compagnons de flamme et d’étincelles, raclent les nerfs de leurs archets furieux. Appelés par le son^ tels qu’un vol de rapaces, voici bien des détails perdus, ce qu’elle disait ce matin-là près d’un pont en ruine, devant les scintillants cactus... La grasse inclinaison du cou, un vacillement de son regard ou sont confondus et noyés tous les vagues désirs de la femme... Son prodigieux sourire, rayon venu d un astre neuf et qui révèle un cœur inconnu. Ce cœur lui-même, ses battements pressés et qui

correspondent au langage, plus vifs selon les mots brillants et ralentis par la jouissance... L’inexprimable de la bouche quand afflue une eau bienheureuse... Les paroles issues des grottes de Pâme, telles que de blanches apparitions, les paroles concordantes, pour la lumière et pour l’ivresse, les paroles de contraste pour la mélancolie, les paroles de réveil et celles de crépuscule, les paroles ambiguës, à goût de mystère et de honte... Et les redoutables silences, et les torpeurs, et la lutte sourde de mille sentiments opposites... Et sur tout ce monde avide, sur cet empire de chair fragile et majestueuse, le ruissellement de la chevelure, la toison odorante à reflets fauves! »

Suzanne dansait avec François. Elle écoutait ce souffle enfantin. Les doigts malingres serraient ses doigts à elle d’une étreinte passionnée. Et pendant les repos montaient à son esprit des phrases caressantes et subtiles comme le père en trouvait quelquefois. Elle comparait avec un sourire. Elle oubliait la puérile circonstance et, fermant les paupières, prêtait à un amant inconnu ces aveux d’un charme si vrai, d’une palpitation humaine. Soudain, elle aperçut Larrève, se rappela sa décision; quittant son petit cavalier, elle se dirigea vers le

musicien et, d’une voix presque imperceptible, pourtant très résolue :

« Vous m’aimez, n’est-ce pas? »

Une stupeur timide et niaise colora le trop joli visage du jeune homme. Il eut la force de faire oui de la tête et attendit la suite en tremblant.

« Rassurez-vous. On nous observe. Eh bien... demain à deux heures précises, aux Buttes-Chaumont. Maintenant, du bavardage... et le buflet. Je meurs de soif. »

Suzanne court à son rendez-vous. Elle sai qu’elle va commettre une sorte de meurtre, mais ceci la délivrera. Depuis quand souffre-t-elle à son tour? Elle l’ignore. C’est peut-être contagieux, la douleur. Est-ce une douleur ou un dégoût? Un dégoût plutôt, et qui vient de loin. Du grand mensonge de la mosquée. L’air avait une saveur ce jour-là..., criminelle et trompeuse. Elle s’est prise à ce piège de l’air. Puis, Guillaume la tourmentait tant !... Et la vie qui montait en elle, avec d’étranges sentiments nouveaux, l’impérieux besoin de s’épanouir, de dominer, de s’entendre répéter qu’on est belle, d’être prise dans des membres robustes et dans une imagination ardente.

Suzanne traverse les Tuileries, comme elle les traversait avec son père. . . Son père !... Le ciel était tout autre. Aujourd’hui la gaieté banale du printemps qui revient, car toutes choses reviennent, mais heureusement se superposent... Effacer, effacer!... 11 faut effacer les marques hideuses, à l’épaule, aux lèvres, sur tout le corps, les marques brûlantes, les marques de l’inceste. Comme il avait raison, le malheureux,' de pleurer, de trembler, de crier... La plaie lamentable de cet amour maudit!... Une plaie perpétuellement saignante. Un chatouillement d’abord et puis une brûlure..., et puis ce supplice affreux qui donnait à scs yeux à lui tant de vertige..., le remords, le remords dont on parlait au couvent, dont les sœurs faisaient un mystère, qui occupait la confession, les rêves et les causeries. On s’en inquiétait toujours, on le connaissait peu cependant, pauvres petites filles ignorantes, mais on redoutait ses approches.

Et Suzanne envie les enfants qui se poursuivent en riant autour d’elle. Elle aussi eut l’âme candide. Elle se rappelle qu’un jour, contre une vitre pluvieuse, à Tours, elle vit une araignée attaquer une mouche bourdonnante, l’engourdir, l’entourer de ses fils, la dépecer. Comme la difforme cruauté des êtres pénétra sauvagement son cœur! Aujourd’hui l’araignée... et la mouche... Elle l’a laissé se débattre et gémir sous les nuages amoncelés de Cor-

doue. Elle a enfoncé l’aiguillon, endormi l’homme par un mensonge. Et cet homme est son père. Il dort toujours, non sans cauchemars, avec un souffle rauque. Faut-il le réveiller? Et s’il meurt cette fois ! D’ailleurs il ne voudra plus croire, après ces rudes alternatives, ces saccades de vrai et de faux.

« Suis-je donc méchante? » se dit Suzanne. Elle se juge elle-même sans fierté : « L’intelligence que je tiens de lui m’a souillée et m’a corrompue. Je sentais tout trop vivement. Quand je suis venue rue de Grenelle, armée du billet, de la bague et de mes yeux qu’on n’oublie point, j’avais comme un pressentiment. Oh, j’ai voulu, terriblement voulu et je l’ai mené par la main... jusque-là. »

Les rues qu’elle traverse, les gens qu’elle frôle ontun relief extraordinaire. Et chacun, en passant, éveille un souvenir, une honte, apporte un témoignage : « Effacer! Effacer. Cet atroce châtiment me purifiera peut-être. Effacer... Pourvu que j’aie jusqu’au bout le courage. S’il m’avait suivie... S’il se doutait... »

Elle fait, signe à un fiacre, y monte et la rapidité accélère les images. Elle évoque alors des heures plus douces, quand elle se laissait aller à la tendresse, car elle a le besoin d’aimer, heures de rémission et de charme parmi des paysages sublimes. Désolantes parcelles de la mémoire, elles pieuvent sur son cœur las et morne, ce cœur

quelle va livrer à un autre et qui ne battait que pour un seul. Car l’hypocrisie devint sincère : « J’en demeurai moi-même surprise. Dans ce vivant blasphème il y avait de pures, de naïves caresses, mon Dieu, je vous le jure. »

« Mon Dieu! » Gomme il y a longtemps qu’elle n’a prononcé ce mot-là avec un sentiment pareil ! Est-elle à ce point de détresse où les forces obscures de la religion rejoignent nos craintes éparses et nos angoisses les mieux dissimulées? A-t-elle besoin, pour sa conscience trouble, d’un maître et d’un conseil? Est-ce simplement que de sa jeunesse, ainsi que des campagnes de Tolède, monte un parfum mêlé au son des cloches, à la désolation universelle ? « On est seul sur la terre. La solitude a fait de moi un monstre. Même quand je lui parlais, à l’oreille, toute nue et toute sincère, je sentais qu’avec ses sens aigus il ne me comprenait qu’à demi. Mes paroles les plus chères, j’ai dû les garder pour moi seule, faute de pouvoir les exprimer... et qu’elles lui auraient fait de bien! Bonnes et consolantes, elles se tenaient derrière les hypocrites, derrière les bourreaux et les comédiennes. Il n’aura connu que mon visage... J’avais envie de gémir : Mais libère-moi donc de ce mal que je hais, toi qui connais tous les remèdes. Sauve-moi de la fourberie, sauve-moi de tes atteintes, sauvenous du sacrilège. Le cri s’arrêtait dans ma gorge.

Et lui, qui devinait mes vices, n’a jamais deviné mon plus violent désir. »

Aux Buttes-Chaumont elle découvrit Charles Larrèye, très ému, très troublé devant cet horizon d édifices et de fumées flottantes, jadis d’une telle splendeur. Aujourd’hui elle trouvait ce paysage vil, le musicien hideux. Il avait soigné sa toilette, sa coiffure, ses boucles blondes, et ses yeux d’un bleu fade brillaient d’une convoitise timide. Elle eût souhaité qu’il l’injuriât, qu’il fût maladroit et brutal.

« Vous êtes nerveuse, » dit-il par contenance. 11 ajouta : « Voulez-vous mon bras? »

Mais elle: « J’ai une voiture. Il faut être prudent. Laissez-moi faire. »

Elle avait, de ses promenades d’autrefois, retenu h nom d’un hôtel borgne, au bout de la rue d’Allemagne, en face des Abattoirs. Au Raisin-Rouge. Elle donna l’adresse au cocher et, devant l’émoi de son compagnon :

« Vous ne m’avez donc pas comprise? Je désire

etre votre maîtresse et précisément en cet endroit-

là. »

Elle réfléchit qu’à tout autre moment la silhouette ébahie et gênée du jeune homme lui eût paru d’un profond comique. Il se tenait immobile à côté

d’elle, épouvanté sans doute de sa bonne fortune et il lui prenait la main gauchement. Elle préférait de beaucoup son silence.

Arrivés au Raisin-Rouge, ils descendirent.

« Avez-vous peur? » demanda-t-elle. Cette insolente question ramena Larrève à la fatuité. Il prit son parti de l’aubaine. Puisqu’elle aimait les manières brusques, il la traiterait à la hussarde. Ce premier baiser dans le cou, sur les marches de l’escalier louche, fut, pour Suzanne, abominable. Elle revit Algésiras, la Kasbah, la chambre blanche, la chambre bleue. Ici la place était sale et lugubre, en proie à un soleil aveuglant et, sur le lit très haut, la jeune fdle, saisie d’écœurement, remarqua un couvre-pied en loques.

Le garçon à tète d’assassin ayant touché le prix de «l’appartement», elle retira l’épaisse voilette qu’elle avait gardée jusque-là, puis d’une voix dure au musicien assis dans un fauteuil : « Mes façons vous étonnent. Une fille, une vraie fille des rues. La cousine de Guillaume Harlon, votre maîtresse, est une fille des rues. Fermez les persiennes. »

Il obéit. Elle se déshabilla à tâtons, se glissa promptement dans les draps à odeur de pain et, ia tête entre ses doigts parfumés, frémissante de rage et de dégoût, mais résolue, elle attendit, comme on attend la mort.

Lorsque Larrève entr’ouvrit les volets, après l’il ■

lusoire possession d’un cadavre, il la vit qui mordait l’oreiller, toute secouée de sanglots, dans un affreux désordre. Un pâle crépuscule envahissait la pièce. D’en bas, des dalles des Abattoirs, montaient les plaintes tremblées des moutons, les hurlements des porcs promis au couteau.

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