S GÉNÉRALES
'ipéties nombreuses e la vie de Sweden- , de parcourir ses
, u, «« ^u'il a écrites depuis
le jour où, après la vision de Londres, il est ré décidément dans la voie de la théosophie, le lecture nous en dira plus sur la psychoie de l'auteur que tous les commentaires de contemporains. En pathologie mentale, la idition primordiale d'une bonne observation nique est d'écouter ceux dont on prétend
analyser Tétat d'esprit ; leurs écrits sont d'aill(Mirs, on général, plus instructifs encore que leurs paroles, car ils s'y livrent plus complètement qu'ils n'ont l'habitude de le faire dans la conversation. Ouvrons donc les livres de SwedcMiborg.
Ce qui frappe d'abord, c'est leur nombre :
nous avons dit quelle avait été l'étonnante fécondité du Ihéosophe; l'on est quelque peu elVreiyé h la vue de ces in-folio ou de ces in- (|narlo où il faut aller chercher ses révélations et sa doctrine. On se rassure assez vite pourtant : nombreux sont en effet les passages qui font donble emploi. Des ouvrages entiers ne sont eux-mftmes que le résumé ou la répétition d(^ ceux qui les ont précédés : le traité du Ciel et de Venfer^ celui des Correspondances sont enli(>remenl extraits à^Arcana Cœlestia^ l'œuvre fondamentale de Swedenborg.
Tous ces livres sont écrits en latin. Faut-il, comme le pense Matler, voir dans le choix de c<Ule langue et dans la préférence que le voyant lui donna sur le suédois, le hollandais ou l'anglais, qu'il ne sut, du reste, jamais que fort mal, un dessein prémédité afin de rendre plus générale la diffusion de sa doctrine? Il nous
paraît plus vraisemblable que Swedenborg usa du latin simplement parce que c'était à Tépoque la langue en honneur et que les savants l'employaient volontiers dans leurs écrits. Il écrivit en latin les Arcana comme Boerhaave avait écrit en latin les Aphorismes^ comme lui-même avait écrit en latin, dans sa prime jeunesse, le Ludus Heliconus ou les Camœna borea.
Ouvrons les Arcana Cœlestia^ parcourons-les et cherchons-y d'abord l'idée dominante de Swedenborg, celle qu'il se fait de son rôle et de sa mission, enfin un aperçu de ses opinions religieuses. Sans ces notions préliminaires, il nous serait difficile dans la suite de le suivre et de le comprendre.
On a avancé, d'après une étude un peu superficielle de ses écrits, que Swedenborg pensait avoir reçu du ciel de nouvelles révélations : telle n'a jamais été sa prétention. Il y a eu deux révélations, l'ancienne et la nouvelle; il admet que le sens intime, spirituel ou céleste de ces révélations est resté caché jusqu'à lui ; il se considère comme appelé à le faire connaître, grâce aux facultés dont le ciel l'a pourvu :
« La doctrine de l'Eglise actuelle, enchaînée au sens littéral, est vicieuse; elle doit céder h
une autre. L'Eglise, qui s'était constituée sur un système d'erreurs, doit elle-même tomber avec lui et faire place à une autre * » . Swedenborg n'innove pas, il ne fait qu'élucider et préciser la signification des textes sacrés. Dieu lui a fait la grâce d'ouvrir son intelligence, et c'est en vertu de l'illumination dont il a été favorisé qu'il découvre et fait connaître le sens caché des saintes Ecritures. Suivant lui, « la partie spirituelle de l'homme est substantielle, ce qui veut dire qu'unie au corps matériel pendant son existence terrestre, elle reste après la mort un organisme spirituel dans une forme humaine plus parfaite, possédant des sens analogues à ceux dont elle jouissait dans le monde, mais appropriés aux perceptions d'un ordre supérieur. Ces sens spirituels sont fermés icibas, mais ils peuvent être ouverts, si Dieu le permet. L'homme, qui par son âme appartient dès sa naissance au monde spirituel, en subit l'influence sans en percevoir la réalité. Mais si les yeux de son esprit (ce qu'il appelle les internes) sont ouverts, alors il voit et entend les esprits qui entourent le sien. Or, Sweden-