Matter. Loc. cit., p
borg prétend que ses yeux spirituels ont été ouverts et qu'il a \u, que ses oreilles spirituelles ont été ouvertes et qu'il a entendu. Il déclare que cette faculté extraordinaire lui a été conservée, sauf à de rares intervalles, vingtsept ans, pendant lesquels il s'est senti vivre à la fois dans le monde naturel et dans le monde spirituel*.
Il va nous dire les relations singulières, les communications mystérieuses, les précieuses révélations que lui a values cette merveilleuse faculté,
' Feuilletons ses livres. Les plus intéressants
pour nous ne sont pas ceux où il traite des
I questions de théologie et où il interprète les passages de l'Écriture. Nous trouvons à glaner surtout dans les écrits où il décrit, avec un très intéressant luxe de détails, ses voyages dans le monde astral et ses relations avec les esprits ou
L les anges. Les visions, les hallucinations diverses, les rêves sont en effet les phénomènes psychologiques les plus caractéristiques de l'état mental de Sv^^edenborg. Les conclusions
1. Nùtice sommaire sur la vie et les écrits cTE. Swedenborg^ 2« édit., p. 9. Imprimerie V. Goupy et Jourdan, 11, rue de KeRnes, 1888.
C4 SWEDENBOP.fi
qu'il en tire, les idées religieuses qu'il en déduit n'ont guère d'intérêt qu'au point de vue tliéoso- 3; la psychologie morbide n'en peut faire essoirement et secondairement son profit, a-t-elle peu h cueillir dans les ouvrages tnt surtout de doctrine, comme certaines s des Arcana, ou le Traité des représens et des CorresjBonrfances, qui en est extrait, ns la Doctrina nova? HierosolymaB.
deux ouvrages les plus intéressants pour sont le livre sm- les Terres dans noire i solaire et dans le ciel astral, et le Traité i et de Venfer. Tous deux ont été écrits irès ce que Swedenborg a vu et entendu iditis et visis) ». Nous trouvons à y puiser es mains.
pns d'abord ce qu'est le monde où nous I être transportés et l'idée qu'on s'en doit quittons ce que Swedenborg appelle le e naturel pour pénétrer avec lui dans le e spirituel.» Toutes les choses, affirme-t-il, ont dans le Monde naturel apparaissent dans le Monde spirituel; on y voit des ms et des palais; on y voit des paradis et lardins, qui contiennent des arbres de espèce ; on y voit des champs et des terres
labourées, des plaines et des prairies, et aussi des troupeaux de gros et de menu bétail ; toutes ces choses ressemblent exactement à celles que Ton voit sur notre terre ; la seule différence qui existe entre les unes et les autres, c'est que celles-ci sont d'une origine naturelle et celleslà d'une origine spirituelle : aussi les anges, parce qu'ils sont spirituels, voient-ils celles qui sont d'origine spirituelle, de la même manière que les hommes voient celles qui sont d'origine naturelle. Toutes les choses qui apparaissent dans le Monde spirituel sont des correspondances *, car elles correspondent aux affections des anges et des esprits : voilà ce qui fait que ceux qui sont dans l'affection du bien et du vrai et par là dans la sagesse et dans l'intelligence habitent des palais magnifiques autour desquels il y a des paradis couverts d'arbres qui sont des correspondances , et, autour de ces paradis, des champs et des plaines où reposent des troupeaux, qui sont des apparences : mais il y a des correspondances opposées chez ceux qui sont dans des affections
1. Nous essayerons de faire comprendre plus loiu , autant que la chose est possible, ce que Swedenborg enlend par correspondances.
mauvaises; ceux-ci sont dans les enfers, où ils sont renfermés dans des maisons de correction, qui n'ont pas de fenêtres, mais dans lesquelles cependant il y a une lumière comme celle d'un feu follet ; ou bien ils sont dans des déserts ou habitent dans des huttes, autour desquelles tout est stérile; et là ils sont entourés de serpents, de dragons, de hiboux et de plusieurs autres bêtes qui correspondent à leurs maux.
Entre le ciel et Tenfer il y a un lieu intermédiaire qui est appelé le Monde des Esprits; c'est dans ce lieu que vient tout homme aussitôt après la mort; et là il existe entre les esprits un commerce semblable à celui qu'ont entre eux les hommes sur la terre ; là aussi toutes les choses qui apparaissent sont des correspondances; là aussi on voit des jardins, des bocages, des forêts couvertes d'arbres et d'arbustes, des plaines couvertes de fleurs et de verdure, et en même temps diverses espèces de bêtes douces et féroces, le tout selon la correspondance des affections de ceux qui y habitent.
Là j'ai souvent vu des brebis et des boucs, et j'ai vu aussi entre eux des combats semblables à ce combat qui est décrit dans Daniel (Chapitre vni); j'ai vu des boucs avec des cornes re-
courbées en avant et en arrière, et je les ai vus s élancer avec fureur sur des brebis ; j'ai vu des boucs avec deux cornes dont ils frappaient avec Véhémence des brebis; et quand j'ai examiné ce que c était, j'ai vu quelques esprits qui dispu- ^ient entre eux sur la charité et sur la foi ; par 'à 11 m est devenu évident que c'était la foi séparée de la charité qui apparaissait comme «n bouc; et que c'était la charité, d'où procède ia loi, qui apparaissait comme une brebis ' ,, On juge déjà par ce passage de l'étrangeté des rêveries de Swedenborg. Le théosophe sabsorbe dans la contemplation d'un monde ideal et fantastique : il semble qu'il nous conte un songe et c'est bien en effet d'un songe qu'il s a^it, mais d'un songe à la réalité duquel il croit. ^
Avec lui nous allons visiter quelques-unes des terres de notre monde solaire ou du « Ciel astral),, faire connaissance avec leurs habitants et écouter les conversations que tiennent les «spnts ou les anges qui peuplent ces terres.
tenr A P^"^-"-^- Le Boys des Guays, sur l'édition nring. Amsterdam.. 1763. Chez Hartel, rue du Mail, 36 p'aTs,
Swedenborg ne comprend guère qu'on ait pu douter de la pluralité des mondes habités : il n'est pas admissible, pensc-t-il, que des is aussi grandes que le sont les Planètes, quelques-unes surpassent en grandeur terre, aient été créées seulement pour portées et parcourir l'espace autour du . On ne peut faire autrement que de ! qu'il y a des hommes partout où il y a erre, et par conséquent des esprits et des 1. Les anges et les esprits on eiïet prolent du genre humain : ils sont près de terre et cela parce qu'ils l'ont habitée et l'un même génie que ceux qui l'habitent', îxpérience lui a d'ailleurs montré ce qu'il t. II a visité cinq planètes : Mercure, Ju- , Mars, Saturne, Vénus, et iî peut parler mnaissance de cause'.
mandons-lui d'abord quelques renseignes sur Mercure. " Je désirais, dît-il, savoir elle face et de quel corps sont les hommes
•■cana CxleHia, ii=" 1830 et 9968.
raconte dans [e Diariam, soa journal inlime, que, du ïier au li novembre 1718, il explora 6 fois Mercure, Jupiter, 6 fois Mars, 3 fois Saturne, 2 fois Vénus, [a Lune, 24 fois diverses terres situées dans le Ciel
de la terre de Mercure, et s'ils sont semblables
aux hommes de notre terre ; alors s'offrit à mes
yeux une femme tout à fait semblable à celles
qui sont sur la terre; son visage était beau,
mais un peu plus petit que celui des femmes
de notre terre ; elle était aussi plus mince de
corps mais d'une égale grandeur; sa tête était
enveloppée d'une étoffe posée sans art, mais
cependant d'une manière convenable ; il s'offrit
de même un homme, qui de corps était aussi
plus mince que ne le sont les hommes de notre
terre ; il était vêtu d'un habit bleu foncé,
s'adaptant juste au corps, sans plis ni saillies
d'aucun côté : il me fut dit que tels étaient
les hommes de cette terre, quant à la forme et
au vêtement du corps. Ensuite se présentèrent
des espèces de leurs bœufs et de leurs vaches,
qui, il est vrai, différaient peu des espèces de
notre terre, mais qui étaient plus petites, et
approchaient en quelque sorte d'une espèce de
biches et de cerfs '. »
Mais Swedenborg fréquente plutôt les esprits qui avoisinent chaque terre que les habitants de ces terres. Voyons donc ce qu'il nous apprend