‹ SyllaChapitre 127 sur 286 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

ELISABETH

Opinion publique !

Des actions des rois maîtresse tyrannique ! Idole méprisable, et qu'il faut respecter, Que je suis désormais lasse de te flatter ! Les rois sont-ils donc nés esclaves du vulgaire ? Ne régné-je en effet qu'afin de lui complaire ? Craindrai-je incessamment de faire exécuter Ce qu'au fond de nrcm cœur je brûle de hâter?

Je règne ; l'Angleterre au-dedans est tranquille j Mais la tempête encor gronde autour de cette île; La France n'a pour moi qu'une feinte amitié ; Philippe sur les eaux n'est vaincu qu'à moitié ; Sixte lance la foudre; une ligue puissante, Toujours déconcertée et toujours agissante, En faveur de Marie à l'envi s'empressant , Me la montre par-tout , fantôme menaçant. C'en est trop , il est temps qu'enfin elle périsse ;

Il est temps que ma crainte avec ses jours finisse , Que j'assure ma paix , mes droits , ma sûreté.

Je ne saurais plus vivre en cette anxiété.

Est-ce un crime après tout qui souille ma mémoire ? Si pourtant je pouvais mettre à l'abri ma gloire!

Sans cesse l'avenir se présente à mes yeux.

J'entends autour de moi des discours odieux :

Marie est malheureuse , elle est femme , elle est reine ;

Ses aïeux sont les miens , ma famille est la sienne.

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