SCÈNE PREMIÈRE
On voit au fond du théâtre des rochers élevés , qui bordent le lac des quatre Cantons vis-à-vis de Schtvitz. Le lac forme une petite baye , qui s'avance dans les terres : une cabane est près de ses bords. Un jeune pêcheur, dans une nacelle , se promène lentement sur l'onde tranquille. De Vautre côté du lac , dans le lointain, l'on distingue les vertes prairies et les villages, de Schivitz éclairés par le soleil, yi la gauche du. spectateur s'élèvent les pointes du Mont- Hacken , entourées de nuages • à la droite et dans Véloignemenl , on aperçoit les glaciers. Avant le lever du rideau , l'on entend le ranz-des-vaches , auquel se mêle le son des cloches des troupeaux : cette douce harmonie se prolonge encore quelque temps après l'ouverture de la scène.
LE jeune pécheur chante dans
la nacelle :
( Air du ranz-des-vaches. )
Jj'onde semble sourire, elle invite à se rafraîchir dans son sein !... Sur la verdure du
rivage , l'enfant s'étend et s'assoupit ; des apcens aussi doux que la flûle champêtre , <5u que la voix des anges dans le Paradis, viennent
embellir ses songes. 11 s'éveille ! une douce
volupté l'agile, l'onde se brise, et tombe sur
sa poitrine en gouttes argentées Une voix
sort du fond des eaux et lui crie : Viens, cher enfant, tu m'appartiens !.... j'attire à moi celui qui dort , je l'entraîne dans mes paisibles retraites !....
un berger, sur la montagne,
( Variation du ranz-des-vaches. )
Adieu, belles prairies! adieu, pâturages qu'embellit encore le soleil ! Il faut que le berger vous quitte ! l'été n'est plus.
Nous reviendrons à la montagne , nous y dirigerons de nouveau nos pas, sitôt que le coucou donnera le signal , que les chants renaîtront , que la terre se rajeunira en se couvrant de fleurs, et que les ruisseaux rouleront leurs ondes sous la douce influence de mai !
Adieu , belles prairies ! adieu , pâturages qu'embellit encore le soleil î II faut que le berger vous quitte ! l'été n'est plus.