‹ SyllaChapitre 160 sur 286 · ACTE I. SCENE II. 5g · texte numérisé non relu

ACTE I. SCENE II. 5g

la lumière e'clatanie du jour, et les pensées que je voulais me cacher à moi-même, tu les as exprimées hardiment , et d'un ton léger et facile. — As-tu bien réfléchi aux conseils que tu me donnes?. . . Tu appelles ainsi la sauvage discorde et le fracas des armes dans cette vallée où réside la paix. Quoi .'nous, faibles peuplades de bergers , nous entreprendrions de lutter contre les maîtres du monde ! Ah ! ils n'attendent qu'un prétexte pour lancer sur ces pauvres contrées les hordes sauvages de leurs guerriers, pour y exercer tous les droits du vainqueur, et pour détruire, sous l'apparence d'une punition méritée , les chartes de notre liberté.

GERTRUDE

Vous êtes des hommes aussi ! vous savez manier la hache d'armes , et le bras de l'Eternel soutient le mortel courageux.

ST AUFFACK.

Il est terrible en sa fureur, le fléau de la guerre. Le berger et ses timides agneaux succombent également sous ses coups.

GERTRUDE

Tout ce que le Ciel nous envoie supportonsle , c'est notre devoir ; mais aucun cœur généreux ne supporta jamais l'injustice des hommes.

ST AUFFACK.

Elle rejouit ton âme, celte maison qne nos mains viennent de construire ! Eh bien la guerre, la terrible guerre, en un instant peut la réduire en cendres.

GERTRUDE

Ah ! si je savais mon cœur attaché à ces biens d'un moment , aussitôt de ma main même j'y jetterois des braudons enflammés.

ST AUFFACK.

Tu crois encore à la pilié des hommes ! . . détrompe-toi ! l'enfant même qui dort en son berceau n'est point épargné par la guerre.

GERTRUDE

L'innocence a un ami dans les Cieux ! — Werner ! regarde devant toi, et non pas en arrière.

STA UFF ACK.

Nous , du moins, nous pouvons expirer glorieusement sur un champ de bataille; mais vous , hélas ! sexe faible et timide , quel sera votre sort?

GERTRUDE

Le plus faible lui-même peut faire le dernier choix ... Un saut du haut de ce pont , et je suis libre ! . . .

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