ACTE II. SCÈNE I
peuples voisins. Ils se trouvent bien de s'asseoir à côté des Nobles sur le banc des Seigneurs. L'on veut l'Empereur pour maître ? afin de n'en point a\oir.
ATTINGHAISS,
Faut il que j'entende de semblables discours, et que ce soit ta bouche qui les profère !
RUDENS.
Vous m'avez provoqué , laissez-moi finir. — Quel rôle jouez-vous ici vous-même? mon oncle; n'ambitionnez-vous rien de plus que d'être Banneret ou Landamman , et que de partager avec tous ces bergers le gomernement des affaires ! . . . Quoi ! . . . rendre hommage à un puissant Prince , suivre son camp brillant de gloire, ne serait-ce pas pour vous un sort bien plus honorable que de marcher de pair avec vos propres valets, et de vous asseoir pour rendre la justice à côte' d'obscurs campagnards ! . .
ATTINGHAUSS.
Ah ! Ulric ! Ulric ! . . mon enfant ! je reconnais la voix perfide de la séduction ! tes oreilles l'ont accueillie avec joie 9 elle a empoisonné ton cœur.
RUDENS.
Oui, je ne le cache pas. — Les moqueries
des étrangers , qui nous appellent des Nobles c tnpagnards , ont pénétré jusqu'au fond de mon àme. — Quoi ! tandis que tonte la jeune noblesse des contrées environnantes moissonne des lauriers sous les étendards de Habsbourg , je resterais oisif et tranquille au sein de mon héritage, et je consumerais le printemps de ma vie à de vulgaires travaux ! . . — L'on n'entend partout ailleurs que le bruit des combats j un monde de gloire se ment derrière nos montagnes , et je vois mon casque et mon bouclier se couvrir de rouil'e sons ces voûtes ; le son de la trompette guerrière , le cri du héros d'armes qui invite au tournoi, ne pénètrent point dans ces vallées : je n'entends ici que le runz-des-vaches , et !e retentissement monotone des cloches de vos troupeaux.
Ebloui par un éclat imposteur, va ! méprise les lieux de ta naissance !.. rougis des mœurs antiques et pieuses de tes pères!... Un jour lu regretteras, avec des torrens de larmes,, ces montagnes de la patrie , ces accords harmonieux que tu dédaignes aujourd'hui ! (Jn jour, s':ls se font entemhe à toi dans une terre étrançrie , ils ue saisn ont ton àn>e que pour la i emplir d'amei lume } ô puissance de l'amour de la