‹ SyllaChapitre 193 sur 286 · ACTE II. SCENE II. IO · texte numérisé non relu

ACTE II. SCENE II. IO

rèrent d'exécuter lont ce qui vous semblerait juste , et de vous suivre jusqu'à la mort. — C'est ainsi que je m'avançai de hameau en hameau j en sûreté contre la tyrannie, sous le toit sacré de l'hospitalité*. — Et lorsque j'arrivai dans cette vallée qui me donna le jour , et où plusieurs de mes païens demeurent; — lorsque je trouvai mon père aveugle et dépouillé de tout , couche sur la paille de l'étranger , et ne soutenant sa misérable vie que par les dons généreux de quelques âmes bienfaisantes . . ,

STAUFFACK.

Grand Dieu !

MELCTAL.

Alors je ne pleurai point , je ne répandis point en larmes inutiles la force de ma brûlante douleur, je la serrai comme un précieux trésor dans le fond de mon âme , et je ne pensai plus qu'à agir. Je me glissai à travers toutes les sinuosités des montagnes; même les vallées les plus cachées je les parcourus; j'allai chercher des demeures habitées jusque sur les glaces éternelles, et partout où je portai mes pas, je trouvai la même haine pour la tyrannie , car les exactions du Gouverneur s'étendent jusqu'à ces dernières limites de la nature ani-

Iû8 GUILLAUME TELL.

mée , où la terre engourdie est frappe'e de stérilité. J'embrasai par mes paroles ce peuple courageux , et je gagnai tous les cœurs à notre sainte cause.

STAUFFACK.

Vous avez beaucoup fait dans un court espace de temps.

MELCT A L.

J'ai fait plus encore. Les babilans de nos campagnes ont en horreur les deux châteaux de Rosberg et de Sarnen, parce que derrière les murs et les rochers qui lui servent de retraite, l'ennemi partage en sûreté les dépouilles qu'il fait dans la plaine. Je voulus donc les reconnaître moi même : j'allai à Sarnen, et j'examinai le château.

STAUFFACK.

Quoi ! vous vous hasardâtes jusque dans l'autre du tigre ! . .

MELCTAL.

J'y allai couvert d'un habit de pèlerin ; j'y

vis le Gouverneur se livrer aux excès de la

table; jugez vous-même si je sus enchaîner ma

colère : je vis le monstre, et ne le frappai pas.

S TA UFF A C JK.

Certes, la fortune favorisait votre audace.

(Pendant ce temps , les autres Citoyens se

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