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ACTE TT. SCENE II. lig

des armes, comme les autres Seigneurs de ses États ; car protéger l'Etat qui le protège , voilà quel est à cet égard le seul devoir de l'homme libre.

M ECLCTAL.

Oui , tout ce qui est au-delà est la marque de l'esclavage.

STAUFFA CL

Sitôt que la levée en masse était publiée , ils marchaient sous la bannière de l'Empire, et, combattant avec vaillance, ils s'avançaient en armes vers l'Italie, et posaient la couronne romaine sur la tête des Césars. De retour chez eux , ils se gouvernaient d'après leurs propres lois et leurs anciens usages ; la juridiction suprême appartenait seule à l'Empereur. Un Comte qui ne résidait point dans nos vallées était muni de ses pouvoirs ; sitôt que quelque crime avait été commis, on demandait sa présence ; il venait, et, se tenant debout sous la voûte des Cieux , sans pompe, sans appareil, il rendoit la justice , supérieur à la crainte des hommes. — Y a-t-il là quelque trace d'esclavage ? dites ? si quelqu'un le pense , qu'il parle ?

IM- HOFE.

Non , tout ce que vous avez dit est la vé-

rite ; nous n'avons jamais souffert que la force prît sur nous quelqu'empire.

Et ne refusâmes-nous pas obéissance à l'Empereur lui-même quand il prétendit \ioler, en faveur des moines, les règles de la justice? r-rr Lorsque les hommes du couvent d'Insilden osèrent élever des prétentions sur une montagne , où depuis le temps de nos pères nous paissions nos troupeaux, lorsque l'abbé nous présenta une vieille lettre qui lui donnait çn toute possession le désert que l'on disait sans maître , — alors nous, dont on avait laissé ignorer l'existence en ces lieux , nous lui dîmes : Celte lettre a été obtenue par surprise, aucun Empereur ne-peut donner ce qui nous appartient, et si l'Empire nous refuse justice, nous saurons bien dans nos montagnes nous passer de J'Empire. — Ainsi parlèrent nos pères; et nous, issus de tels ancêtres, supporterons-nous la honte de ce nouveau joug?., permettrons-nous à un valet étranger ce que, dans toute sa puissance , aucun Empereur n'eût osé faire? - — C'est nous qui nous sommes créé celte terre par le travail de nos mains, c'est nous qui avons abattu les antiques forêts et élevé nos cabanes d;ms les lieux qui servaient d'abri et de repaire aux

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