ACTE III. SCENE III. l
TELL
Ils n'oseat se confier l'un à l'autre les sentimens de leur cœur.
WALTER
Ah ! mon père , je me trouverais à la gêne dans ce grand pays , et je préfère rester ici , au-dessous des avalanches.
TELL
Oui mon fils; ces montagnes de glace sont moins à craindre que les me'chans. (Ils veulent s'en aller.)
WALTER
Eh mon père ! regarde ce chapeau là-haut, sur celte perche.
TELL
Que m'importe ce chapeau? allons passons outre. (Comme il veut s'en aller , Frishardt s'avance vers lui et lui présente sa pique.)
FRISHARDT.
Au nom de l'Empereur ! arrêtez ! . . .
TELL saisit la pique.
Que voulez-vous ? . . . Pourquoi m'arrêter ainsi?. . .
FRISHARDT.
Vous avez enfreint l'ordonnance ; suivez moi.
LENTHOLD.
Vous n'avez pas salué le chapeau,
l58 GUILLAUME TELL.
TELL
Ami, laissez-moi poursuivre ma route,
FRISHARDT.
Allons ! allons ! en prison !
WALTER
Mon père en prison ! au secours ! au secours? (// court de tous côtés en criant. ) Avancez ! hommes d'Ury ! gens de bien, accourez tous!., au secours ! on fait violence à mon père , on veut le conduire en prison ! {Le curé Rosselmann y le Sacristain et trois autres citoyens arrivent. )
LE SACRISTAIN
Qu'y a-t-il?
ROSSELMANN.
Pourquoi mets-tu la main sur cet homme?..
FRISHARDT.
C'est un ennemi de l'Empereur, c'est un traître î
tell le saisit rudement.
Un traître , moi ! . . .
ROSSELMANN.
Tu te trompes , ami ; c'est Tell , un homme d'honneur , un brave citoyen.
WALTER
(// aperçoit TValter Furst, et court à lui.) O mon grand-père ! au secours ! on fait violence à mon père.