ACTE III. SCÈNE III
RUDENS.
Je veux parler, je l'ose 5 la gloire de l'Empereur m'est sacrée ; une telle domination ne peut qu'attirer la haine. Ce n'est pas là la volonté du Prince. — J'ose le soutenir. — Ma nation ne mérite pas de telles horreurs et vous n'avez pas reçu le pouvoir de les commettre.
GESSLER
Quoi ! vous aussi vous avez l'audace ! . . .
TiUDENS.
Quelque tyrannie que vous ayez commise jusq'uà présent , je me suis tu, j'ai détourné les yeux , j'ai comprimé au dedans de moi mon cœur impatient , qui se soulevait d'indignation. C'est assez: me taire plus long -temps serait trahir ma patrie et mon Prince.
bertha, se jetant entre lui et le Gouverneur.
Dieu ! vous ne faites qu'exciter encore plus sa fureur.
RUDENS.
J'abandonnerais ma nation , je renoncerais à mes frères , je romprais tons les liens qu'à formés la nature ! et cela pour me joindre à vous ! — Je croyais faire le bien de tous en affcrmissantle pouvoir d'Albert. — Le bandeau tombe de mes yeux, et je me vois, en fié-
missant, sur le bord d'un affreux abîme. — Vous aviez égaré mes pensées , vous aviez séduit mon cœur, et j'allais , malheureux ! j'allais perdre ma nation , quoiqu'animé des intentions les plus pures.
GESSLER
Téméraire ! oses-tu bien tenir ce langage à ton maître ? . . .
RUDENS.
L'Empereur est mon maître, mais non pas vous. — Je suis né libre comme vous , et quant aux vertus de la chevalerie , j'ose marcher votre égal. Si vous ne représentiez ici l'Empereur que je respecte , alors même qu'on le déshonore , je vous jetterais le g;mt et vous seriez obligé d'y répondre. — En vain faites -vous signe à vos satellites. — Je ne suis point ici sans défense comme ces malheureux habitans (// montre le peuple. ) ; je porte une épée , et quiconque m'approchera . . .
stauffack , poussant un cri.
La pomme est à bas î . . (Pendant que tous se tournaient du côté de Gesslcr et que Bertha s'est jetée entre lui et Rudens , Tell a décoché la flèche. )
ROSS r,j,i\î a sTN.
L'enfant est plein du vie !.. .