ACTE V. SCÈNE II. 24y
TELL
O Hedvig , Hedvig ! mère de mes enfans ! Dieu a élé avec nous. — Aucun tyran ne nous séparera plus.
hedvig, suspendue à son cou.
O Tell! Tell ! quelles angoisses j'ai souffertes pour toi ! {Le moine devient attentif.}
TELL
Oublie tout, et ne respire plus que pour le bonheur ; me voici de retour. . . . voilà ma chaumière ! je me retrouve au milieu de tout ce qui m'appartient.
WILHELM
Qu'as-tu fait de ton arc, mon père ? je ne ie vois pas.
TELL
Tu ne le reverras plus, mon fils. Je l'ai suspendu dans un lieu sacré : il ne servira plus à l'avenir à poursuivre les hôtes de nos forêts.
HEDVIG.
O Tell ! Tell ! {Elle recule, et laisse aller ses mains.)
TELL
D'où te viens cet effroi , Hedvig?
HEDVIG.
Après quelles horreurs m'es tu rendu ?...cette main... puis-je encore la toucher?... celte main. . . grand Dieu !
tell, avec énergie et courage. Celle main vous a défendu : elle a sauvé la patrie , et je léiève libre vers le Ciel. ( />£ moine fait un mouvement brusque , Tell l'examine.) Quel est ce moine?
Ah ! je l'avais oublié , parle-lui ; quant à moi , sa seule présence me fait frissonner. le moine s'approche.
Seriez-vous ce Tell qui a fait tomber Gessler sous ses coups ?
TELL
C'est moi-même , je ne le cache à personne.
LE MOINE
Vous êtes Tell ! Ah ! c'est la main de Dieu qui m'a conduit dans votre chaumière.
tell, l'examinant avec attention.
Vous n'êtes pas un moine ! Qui êtes vous ?
LE MOINE
Vous avez frappé le Gouverneur qui Vous traitait avec tvrannie, et moi aussi j'ai frappé un ennemi qui me refusait les droits que j'ai hérité de mes aïeux. — Il était votre ennemi comme le mien. — J'en ai délivré la terre. TELL, reculant d'horreur..
Vous êtes. . . Malédiction ! . . . Enfans ! enfans ! retirez-vous. Retire-toi , chère Hedvig ?