ACTE V. SCÈNE II. a4g
va ! va ! loin d'ici ! — Malheureux ! vous seriez ! . . . .
HEDVIG.
Grand Dieu ! quel est-il ?
Ne le demande pas ! Éloignez-vous ! éloignez-vous ! Les enfans ne peuvent pas l'entendre. Sortez de la maison. FuisHedvig, fuis au loin. ■ — Tu ne saurais te trouver sous le même toit que cet homme.
HEDVIG.
Juste Ciel ! qu'est-ce que ceci ? . . . Venez !.. : (Elle sort avec les enfans.)
tell au moine.
Vous êtes le Duc d'Autriche. — CTes^vousrnême ! C'est vous qui avez assassiné l:Empereur, votre oncle et votre maître.
JEAN-LE-PARRICIDE
II retenait injustemeutl'héritage de mes pères.
TELL
Misérable ! assassiner votre oncle ! votre Empereur ! Et la terre ne vous a point encore englouti ! et le soleil ne vous a pas dérobé sa lumière !
LE PARRICIDE
Tell, de grâce , écoutez-moi. . . .
TELL
De'goullant encore du sang de ton père et de ton Empereur ! tu oses pénétrer dans cet innocent asyle ! tu oses présenter à un honnête homme tes abominables traits et réclamer les droits de l'hospitalité !
LE PARRICIDE
J'espérais trouver dans votre cœur quelque compassion pour mon infortune; et vous aussi , vous tirâtes vengeance de l'ennemi qui vous opprimait.
TELL
Malheureux ! oserais-tu bien confondre le crime sanglant de l'ambition avec la défense nécessaire d'un père justement alarmé ?... Avais tu donc à sauver la tête d'un enfant chéri, la sainteté des foyers domestiques à défendre, et à détourner de dessus les liens les dernières calamités? — J'élève vers le Ciel mes mains innocentes et je te maudis, loi et ton attentat. — J'ai vengé les saintes lois de la nature , mais toi , tu les a violées. — 11 n'y a rien de commun entre nous. — Tu as assassiné, et moi j'ai défendu ce que j'avais de plus cher. LE PARRICIDE.
Vous me repoussez donc loin de vous , sans consolation , en proie au désespoir ?