SCÈNE IX
VALÉRIE, cchevelèe, et se débattant au milieu des licteurs. Laissez-moi!... De ces lieux qui pourrait m'arracher? Je veux voir le tyran...
SYLLA, froidement.
Elle peut approcher»
VALÉRIE
Assouvis le besoin de ton âme odieuse; Contemple-moi, cruel, je suis bien malheureuse.
Qu'on s'éloigne, licteurs! Laisse-nous, Roscius.
VALÉRIE
Je connais trop Sylla, j'aime trop Claudius
Pour implorer ici le juge inexorable
Dont l'arrêt nous poursuit dans ce jour exécrable.
Ta clémence aisément peut contenter mes vœux ;
Apprends-moi mon malheur, c'est tout ce que je veux.
Je ne demande pas quelle fut notre offense :
Le courage, la peur, les discours, le silence,
Tout est crime à tes yeux, et je ne prétends pas
Excuser mon époux, et désarmer ton bras.
Quand tu le proscrivais tu lui faisais justice;
Nous conspirions ensemble, et je suis sa complice;
Je partage ou plutôt j'excite dans son cœur
La haine généreuse et la profonde horreur
Qu'inspire à mon époux ta longue tyrannie;
Tous deux nous implorions lus dieux de la patrie»