ACTE II, SCÈNE IX
FAUSTUS
Peut-être il vit encore.
VALÉRIE
Où donc est Claudius? Ah ! parle !
FAUSTUS
Je l'ignore.
VALÉRIE
Tu l'ignores? Non, non ! De ton front indiscret La pâleur me révèle un horrible secret; Je t'entends, et j'abjure une lâche espérance. L''S Marins ont eu leur moment de clémence : Sylla, l'affreux Sylla ne pardonne jamais. Eh bien ! frappe sa veuve au sein de Ion palais ; Si j'en passe le seuil, ma douleur frénétique Court armer contre toi la vengeance publique. Je n'invoquerai pas ces faibles défenseurs Que vient de disperser l'aspect de les licteurs. Pour punir un tyran et pour briser nos chaînes S'il n'est plus de Romains il reste des Romaines: Ces mères dont ta rage assassina les fils, Les épouses, les sieurs, les veuves des proscrits, M attendent; et nos bras, à défaut du tonnerre, Du bourreau des Romains vont délivrer la terre.
FAUSTUS
0 ciel ! où courez-vous ?
Me venger, ou périr.
FAUSTUS
Gardes !..... Retenez-la
Qu'on la laisse sortir.