‹ SyllaChapitre 63 sur 286 · ACTE V, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE IV

valérie , à part.

O comble de bassesse! ô sacrilège infâme!

[Elle s'élance, et va pour frapper Sylla; Roscius arrête son bras. ) Meurs, tyran.

CLAUDIUS

Frappe !

FAtJSTUS, faisant un mouvement pour voler au secours de son père.

Arrête !

sylla , froidement à sa suite.

Eloignez cette femme

Je viens venger les lois , les Romains, et l'état : Elle aurait empêché qu'un autre m'imitât. De plus grands criminels appellent ma justice; Claudius est l'un d'eux, mon fils est son complice : Ils ont trahi les lois , et sont , dès ce moment , Unis par le forfait et par le châtiment; Je n'use point contre eux de mon pouvoir suprême , Le peuple sur leur sort prononcera lui-même.

balbus , à part , à Calilina.

Entends-tu ?

catilixa, à part , à Balbus.

Ne crains rien de ces feintes douceurs : Le peuple n'a jamais sauvé ses défenseurs. 9ylla. (// monte à la tribune, et s'assied; les licteurs et

les soldats entourent la tribune. ) Romains , dans ce grand jour, le monde va connaître Si votre dictateur était digue de l'être, Et si tant de travaux qu'il couronne aujourd'hui Vous ont à votre tour rendus dignes de lui.

y8 SYLLA.

roscius, à part.

Que nous promet , grands dieux ! ce superbe langage?

catiuna, à Balbus , à part. Vois quelle sombre horreur se peint sur son visage ; Lançant autour de lui l'arrêt silencieux , Jl choisit sa victime, il la marque des yeux.

METELLUS

Par ton ordre , Sylla , les tribus réunies Ont autour du forum composé leurs curies. sylla , debout sur (es rostres.

Citoyens , chevaliers , pontifes , sénateurs, Et vous , de la patrie illustres défenseurs ; Écoutez : je vous dois, je me dois a moi-même , De rendre compte ici de mon pouvoir suprême, Et d'exposer enfin à vos regards surpris Les immenses travaux par moi seul entrepris. J'ai subjugué le Pont , le Bosphore, l'Epire; Les eaux du Phalaris traversent votre empire; La Grèce tout entière est soumise à vos lois ,

* Et des bords libyens j'ai chassé tous les rois. La chute de Cartilage avait ébranlé Rome :

J'ai réparé les maux qu'avait faits un grand homme. Jugurlha fut vaincu , Milhridate est soumis, Ma fortune a plus fait qu'elle n'avait promis.

* C'était trop peu pour moi des lauriers de la guerre ,

* Je voulais une gloire et plus rare et plus chère;

* Rome en proie aux fureurs des partis triomphants,

* Mourante sous les coups de ses propres enfants,

* Invoquait à la fois mon bras et mon génie;

* Je me lis dictateur : je sauvai la patrie. A l'antique sénat je rendis le pouvoir;

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