‹ SyllaChapitre 85 sur 286 · BURLEIGH, PAULET · texte numérisé non relu

BURLEIGH, PAULET

BU RLEIGH.

Paulet , elle nous brave, elle sait que la reine, Prête à signer l'arrêt , flotte encore incertaine; Voilà ce qui soutient son orgueil insensé ! Quel menaçant adieu ses regards m'ont lancé ! Poursuivons cependant. Sauvons de son audace La couronne, l'état, la foi qu'elle menace ; Ministre, anglais, chrétien, c'est un triple devoir.

PAULET

Oui , que des justes lois éclate le pouvoir. Mais , entre nous, milord, je puis parler sans feindre ; Bien qu'elle soit coupable, elle a droit de se plaindre ; Et ces deux témoins....

BURLEIGH

Non , il n'y faut point penser.

On sait trop quel empire elle peut exercer. Ils reverraient leur reine, et, changeant de langage Retireraient bientôt leur premier témoignage.

PAULET

Ainsi nos ennemis, qui sur nous ont les yeux , Vont répandre à l'envi mille bruits odieux.

BURLEIGH

Ah ! Paulet , que n'a-t-elle achevé sa carrière ,

a4 MARIE STUART.

Avant que de tomber, en nos mains prisonnière.

PAULET

Plût au ciel !

B URL El G H.

Si du moins , précipitant son sort , La nature à nos lois eût épargné sa mort !

PAU LE T

De quels maux l'Angleterre eût été préservée !

BURLEIGH

Et pourtant, que sa mort ainsi tût arrivée, On vous eût imputé d'avoir tranché ses jours.

p AULET.

Je crains ma conscience , et non les vains discours.

BURLEIGH

D ailleurs, de ces soupçons qu'eût répandus la haine, Aurait-on jamais eu quelque preuve certaine ? Aucune. Moins d'éclat suivait l'événement.

Eh ! qu'importe l'éclat d'un juste châtiment ?

Ah ! que vous jugez mal de l'esprit du vulgaire ! Du juste ou de l'injuste il ne s'informe guère ; Aux rigueurs du pouvoir avec peine il consent. Le faible aime sur-tout à blâmer le puissant; Ou, quand un roi punit, s'il le souffre en silence, Dans un sexe plus doux il veut plus de clémence. La reine a droit de grâce, et, maîtresse du choix, Ne peut laisser de. cours à la rigueur des lois.

P AULET.

Marie ainsi.... vivrait ?

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