SCÈNE III
FINARD, ROGER.
roger, toujours assis. Venez donc, monsieur Finard , venez donc !
FINARD, patelin et saluant. Monsieur le chevalier me permettra- t-il T. ..
roger. Voilà ma réponse , honorable monsieur Finard.
U lai donne U bourse.
finard, saluant humblement. On n'est pas plus gracieux et plus ponctuel.
ROGER, se levant, allant au coffre et y prenant une bourse. Ce n’est pas tout.... * ouvrez les yeux et les oreilles... Qu'est-ce que cela?
finard. line seconde bourse.
roger. En tout pareille à la première, et connue la première contenant cent louis.
finard. Cent louis I
ROGER. Cent louis. Eh bien, cette bourse est destinée à monsieur Finard, à la condition qu'il répondra franchement à mes questions ; qu’il dira toute la vérité, rien que la vérité. Voyous, de la franchise... de la franchise pour cent louis... On ne vous a pas tou jours tant donné pour mentir, et c’est plus difficile, ce me semble.
finard. Que rno sieur le chevalier inter- i roge et je suis prêt à répondre.
ROGER Eh bien, maintenant queics choses sont terminées, comment se fait il que l'excebent monsieur Bouleau, couseiller-i apporteur, m’ait choisi de préférence à tout autre), pour me faire épouser, d’une façou si bizarre, sa fille, qui est belle, riche, sape, et qui ne devait pas manquer de brillants partis , au moins dans la robe et dans la finance ?
finard. Sans offenser votre modestie , monsieur le chevalier , je vous répondrai rt’alvord qu’un gentilhomme de votre nom et de votre tournure ne peut que flatter l’espérance d'un beau-père.... Saus parler d’une succession de quinze cent mille livres qui ne se rencontre pas tous les jours.
’ Roger, Finard.
ROGER. le cher conseiller -rapporteur connaissait donc parfaitement la fortune de mon ourle de Boozenois!
finard. A livres, sons et deniers. Il s’était promis de doder son adorable fille avec le pre-
- micr beau procès qui lui tomberait s«iis la main... Maintenant, il ava-t le choix entre vous et votre adversaire, qui, par pat ci-thèse, est parti cette nuit même furieux, et jurant de sc venger... Mais, comme vous étiez d’une couleur plus agréable que la sienne, il vous a donné la préférence.
ROGER. Revenons à Sylvandire: dites-moi : cela... eutre nous... voyons... N’aurait-elle 1 pas qnrlque défaut de caractère, quelque....
finard. Oit! c’est la perfection en personne... Sa marraine était une fée.
; roger. Mais, ne serait-elle pas coquette?
finard. Elle a été élevée dans un courent.
ROGER. Prodigue?
finard Elle est fille d’un procureur.
ROGER. Joueuse?
finard. Elle n’a jamais touché une carte.
HOGER. Gourmande?
FIMRD. Elle vit de parfums et de rosée, comme les abeilles et les papillons... Mais, monsieur le chevalier, pourquoi ces questions, de grâce?... vous devriez pourtant avoir confiance en nous.
, roger. Aucunement , je vous l’avoue,
- mon cher monsieur Finard ; ma réponse est
I franche. .
finard. Et peu flatteuse... Jusqu’à présent, avez-vous été trompé par votre humble ; serviteur?
1 roger. Non... et j’ai peut-être tort de m’alarmer ainsi... Mais...
finard. Jouissez donc du présent , chevalier. .. Ayez donc foi daus l’avenir... et surtout dans votre femme... c’est un modèle de grâce, de candeur et de vertu... Je vous le jure... fui de...
roger, l'arrêtant. Non, non, pas de ce seroient-là... diable!... j’aime mieux croire en regardant Sylvandire... ses traits si candides et si purs...
finard. Oui, chevalier, oui, je vous le répète, croyez -en vo re femme . . c’est un ange... El ce serait douter d’elle encore et la calomnier, que de retenir plus longtemps cette seconde bourse promise à un luyal serviteur qui vous a dit toute la vérité.
roger. Ainsi soit fait, monsieur Finard.
I) lui donne la bourse.
finard. Ah ! que de noblesse, de générosité! (Saluant.) Tout à vous, monsieur le chevalier d’Auguilhem, tout à vous!
roger, lui tournant le dus. Serviteur, monsieur Finard, serviteur.
1 fimrd, à part. Maintenant, exécutons
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les ordres de monsieur le marquis de Royancourt.
11 salue et sort par le fond-
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