PES
céder d’au moins un an la plantation, afin de laisser au terrain le temps de s’améliorer.
TRAVAUX DE FIXATION DU SOL. — Dans les terrains instables de montagne dont les terres sont entraînées par des ravinements superficiels ou des glissements, les premiers travaux de consolidation du sol par les clayonnages, les fascinages, ou les barrages rustiques, par les cordons de graminées ou de plantes vivaces de la région, ou bien la fixation du terrain par des drainages appropriés, doivent précéder les travaux de boisement.
Enfin, sur les terrains complètement ruinés, où la terre végétale a depuis longtemps disparu, le boisement n’est possible que par places, dans les cavités où il reste encore de la terre végétale, et l’on doit chercher à créer les premiers buissons à l'abri desquels se reformera lentement l’humus et le terreau, le gazon et la végétation forestière.
Saison pour la plantation. — Le temps pendant lequel on peut effectuer une plantation est compris entre l'arrêt de la végétation à l'automne et celui du départ de la sève au premier printemps ; certains préfèrent la plantation d'automne pour les raisons suivantes : les pluies et les neiges d'hiver forcent la terre à s’agglutiner autour des racines et tassent le sol autour du plant; — chez les sujets mis en terre dès l’automne, il se produit pendant l'hiver un travail végétatif dont les effets semblent localisés dans les racines ; le chevelu se reconstitue, s’allonge et facilite l’évolution normale au premier printemps ; — on évite le danger des hâles de mars, trop souvent mortels aux jeunes plants que lon manipule et dont on expose plus ou moins les racines au grand air. D’autres préconisent la plantation de printemps, spécialement pour les essences à feuilles persistantes en se basant sur les faits suivants : la végétation commence immédiatement après la plantation ; — les plants ne sont pas exposés à souffrir des fortes gelées, du déchaussement qui sur certains sols calcaires est très à redouter sous l’action de la gelée qui gonfle la terre, soulève les plants, et les laisse déchaussés après le dégel ; — ils souffrent moins du désséchement en raison des nouvelles radicelles qui alimentent la plante dès la reprise de la végétation; — le sol au printemps possède généralement un degré de chaleur et d'humidité favorable à la reprise des racines; — l'envahissement des mauvaises herbes est moins actif; —
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enfin les jours déjà assez longs permettent d’abattre beaucoup de travail.
En fait, on plante tantôt au printemps, tantôt en automne suivant les conditions de climat, de sol et de station où l’on se trouve. /l y a lieu en cette matière de ne pas avoir de parti pris et de se baser sur l'expérience acquise dans la région ; là où les hivers sont habituellement humides, les printemps fréquemment secs, les gelées sans importance, on plantera à l'automne ; ailleurs et surtout si le déchaussement par les gelées est à craindre, si les printemps sont habituellement pluvieux, on plantera au printemps, surtout les résineux ; ailleurs encore, dans les climats montagneux, où la brusque transition des saisons réduit à quelques jours le temps propre aux plantations, où l'automne n'existe pour ainsi dire pas, c’est au printemps dès la fonte des neiges, qu’il faut planter ; en tout cas, quelle que soit la saison adoptée, il ne faut jamais planter sur une terre trop détrempée, se prenant en boue collante, car il est impossible dans ces conditions de la disposer convenablement autour des racines.
Age et qualité des plants à employer. — Les plants doivent être normalement constitués, sains et vigoureux.
M. Demontzey pose en principe que pour une même essence, on obtient un succès d’autant plus assuré que les plants employés sont plus jeunes ; il ajoute que la jeunesse de ces plants doit avoir pour limite une conformation de leurs organes suffisante pour se bien développer et lutter contre les dangers qui peuvent les menacer. Il fixe pour les pins d'Alep, maritime, pinier, l’âge d’un an; pour le pin sylvestre et d'Autriche, un à trois ans suivant leur développement ; pour le pin à crochets, deux à trois ans; pour l’épicéa et le pin cembro, aux grandes altitudes, trois, quatre et cinq ans; pour le mélèze, deux et trois ans au maximum. Dans ces conditions, aJoute-t-il, le repiquage des résineux ne paraît avoir aucune raison d’être employé pour la production des plants destinés au reboisement des montagnes, parce que lexpérience a démontré que les plants résineux non repiqués produisent des peuplements aussi complets, aussi bien venants que ceux formés avec des plants repiqués et que le repiquage entraîne
sans profit à des dépenses considérables. M. Gayer est aussi affirmatif que M. Demontzey ; s’occupant spécialement du repeuplement artificiel tel qu’il se pratique en Allemagne, il déclare que le repiquage a été avecraison complètement supprimé dans un grand nombre decantonnements pour les plants résineux ordinaires ; quant à l’âge de plantation des résineux, il donne sensiblement les mêmes chiffres que M. Demontzey.
Si le repiquage peut être supprimé chez les résineux en général, il n’en est plus de même chez les feuillus dont la destination et le mode de plantation exigent l’emploi de plants d’une certaine taille, d’une reprise rapide et facile qui sera favorisée par la présence d’un chevelu serré, abondant; ce chevelu ne peut être obtenu que par le repiquage.
Voici l’âge auquel sous le climat tempéré de l’arboretum des Barres (Loiret) on peut employer les plants :
Essences feuillues. — Robinier, de deux à trois ans; — frêne, orme, érable, aune, bouleau, charme, de deux à quatre ans ; — hêtre, chêne, de deux à trois ans.
Essences résineuses. — Pin sylvestre, mélèze, pin laricio noir d'Autriche, pin à crochets, de deux à trois ans ; — sapin, épicéa, pin cembro, de trois à cinq ans.
Remarquons qu’une plantation sera d'autant moins onéreuse (indépendamment du prix d’acquisition) que les plants seront plus petits ; il est donc avantageux à ce point de vue d'employer de jeunes plants. Mais il existe des cas où il y a intérêt à employer des plants déjà forts, ayant 0®,25 à 0m,30 de hauteur et par suite repiqués. Nous en citerons quelques-uns :
1° Sur un sol meuble, se soulevant facilement sous l’action de la gelée ; 2° sur un sol envahi par des herbes un peu hautes ; 3° sur un sol déjà planté antérieurement où on ne fait que regarnir les vides ; 49° dans les vides de petite étendue entourés de peuplements plus âgés, et dans toutes les situations où le climat local ou bien des conditions de tempérament nécessitent d’agir vite et d’une façon différente.
Exécution de la plantation. — La première condition pour réussir une plantation est d’opérer avec des plants de bonne qualité ; les plants doivent avoir été arrachés en pépinière avec le plus grand soin, de façon à conserver intact tout le chevelu de leurs racines ; ils doivent avoir été soignés minutieusement depuis l’arrachage jusqu’au moment de la plantation, de façon à n’avoir pas perdu une partie de leur valeur par le desséchement ou la détérioration du chevelu de leur
A. FRON. — Sylviculture. 12
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enracinement. Du soin apporté dans l’arrachage, l'expédition et la conservation des plants jusqu’à leur mise en place dépend en partie la réussite de la plantation.
Nous insisterons spécialement sur l’emballage, la préparation et la conservation des plants :
EMBALLAGE ET TRANSPORTS DES PLANTS.— Les plants livrés par le fournisseur en bon état, doivent être emballés avec soin pour le transport, de façon à éviter le désséchement des racines d’une part, et leur échauffement, d’autre part ; à cet effet les racines sont protégées par de la mousse humide et les paquets de plants, réunis ensemble, sont protégés par de la mousse et emballés tantôt dans des bourriches en paille, tantôt dans des caisses à claire-voie, mais jamais dans des caisses pleines ; les racines sont toujours placées au milieu de l’emballage, le plus loin possible du contact de l’air.
Les plants sont toujours arrachés avant le départ de la végétation du lieu de la pépinière et ils doivent voyager pendant la morte-saison ; si ces plants doivent être transportés à des altitudes plus élevées, où la plantation peut n'être pas encore possible, ils sont déballés dès la réception et mis en jauge ; ils sont plantés aussitôt que possible. Les expéditions de plants par chemin de fer doivent toujours être faites par grande vitesse.
Les plants à racines nues ne doivent jamais rester exposés ni au soleil, ni à un vent sec, ne fût-ce que pendant une dizaine de minutes et le chevelu de leurs racines doit toujours rester soigneusement protégé : à cet effet dès la réception de la caisse, on déballe les plants, on défait les paquets, on creuse en terre un fossé peu profond, on dresse contre les parois de ce fossé les plants, en ayant soin de ne pas trop les serrer, et il suffit ensuite de recouvrir les racines avec la terre extraite du fossé qu’on a soin de bien émietter à la main ; on arrose les plants mis en jauge s’il y a lieu. C’est dans cette jauge qu’on doit ensuite venir chercher les plants, au fur et à mesure des besoins, lors de la plantation.
PRÉPARATION DES PLANTS. — En principe un plant n’a jamais trop de racines, et beaucoup de forestiers, pour ce motif, ne taillent jamais les racines des plants avant de les employer ; cela paraît être le meilleur procédé, car il importe toujours de ménager soigneusement le chevelu ; on peut toutefois sans inconvénient couper les racines qui sont dépourvues de chevelu lorsqu'elles sont cassées ou détériorées ; enfin il vaut mieux couper des racines trop longues qui gênent pour la mise en terre, que de placer le plant dans un trou trop étroit avec des racines tassées en paquets au fond du trou ou se relevant le long des parois.
En ce qui concerne les branches et les feuilles, il existe un rapport harmonique entre l’enraciment d’une part et les branches feuillées du végétal d’autre part ; la transplantation ayant pour effet de supprimer des racines, quelque soin qu’on prenne, on est porté à supprimer
également des branchages. Nous devons à ce sujet faire une distinction :
1° Lorsqu'on plante des résineux, on doit s’abstenir de toucher à leurs branches ou à leur tige, à moins toutefois qu’il ne s’agisse de plants de forte taille, auquel cas on peut enlever ou plutôt raccourcir les branches basses.
20 Lorsqu'on plante des feuillus, si les plants sont jeunes, on peut se dispenser de les tailler, surtout si le sol où on les place est frais et fertile ; si au contraire le terrain est pauvre, on peut couper quelques branches ou même une partie de la tige ; si les plants sont plus forts, on peut les tailler davantage.
Quant au recépage total des plants feuillus, certains planteurs l’exécutent immédiatement après la plantation, à quelques centimètres du collet ; c’est à notre avis une mauvaise opération, surtout si les plants sont mis en terre en automne, et nous préférons attendre deux ou trois ans ; pendant ce temps, le système de racines se sera développé, le végétal aura fonctionné en place, bien pris corps avec le terrain, et lorsqu'on rabattra le plant, il émettra des rejets vigoureux. Ce système est applicable aux plantations en essences feuillues exécutées pour enrichir un taillis.
Disposition et espacement des plants. — Pour boiser une surface de terrain, on peut ; disposer les plants dans un ordre LÉ régulier et à intervalles égaux, ou bien choisir les places où le terrain se montre le plus favorable à la réussite des sujets et y placer les plants sans autre préoccupation .que de ne pas trop les rapprocher ou de ne pastrop les éloigner les uns des autres, si celaest possible. es 1e
Le choix entre ces deux méthodes 2 dépend surtout du terrain ; partout | -- ee où la bonne végétation des plants :7 paraît devoir dépendre du choix LS des emplacements, la deuxième PR Le méthode doit être préférée. Fig. 42. — Plantalions.
Une plantation régulière est 0b- A, en ligne; B, en quinconce. tenue en plaçant les plants à l’aide d’un cordeau en lignes régulièrement espacées; les intervalles des lignes sont, dans ce cas, souvent un peu plus
de +.
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grands que l’espacement des plants sur chaque ligne (fig. 42).
Il résulte d'expériences faites à l’École forestière de Nancy que si l’on veut obtenir des peuplements destinés à rester longtemps sur pied, on a plus d'avantage à planter les essences résineuses plutôt clair et qu’on peut adopter la distance de 2 mètres en tous sens comme répondant à toutes les exigences. Maisil est évident qu’on plantera plus serré si l’on se propose d'exploiter les bois plus jeunes, par exemple à létat de bas ou de haut perchis ; que, d’autre part, si la plantation a un but spécial, par exemple — mise en valeur et protection de sols en mauvais état, — fixation etutilisation de terres instables, on ne devra pas hésiter à planter serré, à espacer les plants de 0,80 à 14 mètre ou même moins avec des écartements de lignes équivalents ; le but principal à atteindre, en effet, dès le début, dans ce premier boisement, est de bien couvrir le sol afin de l'améliorer, et plus les plants sont éloignés les uns des autres, plus ils mettent de temps à constituter l’état de fourré ; un écartement qui permet la constitution de l’état de fourré en cinq à dix ans paraît devoir être considéré comme bon.
L’écartement des plants doit d’ailleurs varier avec les exigences des essences, et avec les qualités du sol. Pour les essences à tempérament délicat, et spécialement le hêtre, ou encore si on opère sur des sols secs et maigres, on plantera plus serré ; inversement avec des essences à tempérament robuste, à croissance plus rapide, telles que le pin sylvestre, le pin noir d'Autriche, ou encore sur de bons sols fertiles, non envahis par la végétation herbacée, on plantera à de plus grands intervalles.
Dans les conditions moyennes, le nombre de plants utilisés à l’hectare varie ordinairement entre 6 000 et 8 000 plants, et au plus 10 000 ; les espacements variant entre 1M,25 et 1,50 donnant en chiffres ronds de 6 500 à 4 500 plants par hectare sont généralement adoptés par les forestiers ; enfin lorsqu'on plante des sujets très forts, on peut espacer à 2 mètres, ce qui correspond à 2 500 plants à l’hectare.
Dans les plantations régulières en lignes, telles que nous les avons définies, la quantité des plants à utiliser sur une surface donnée se calcule en multipliant l’une par l’autre les deux
distances adoptées (espacement de ligne à ligne,et de plant à plant dans chaque ligne) exprimées en mètres, et en divisant la surface exprimée en mètres carrés par ce produit.
Exemple : dans une plantation les lignes sont espacées de 1m,50 et dans chaque ligne les plants sont à 1 mètre de distance l’un de Pautre ; le calcul précédent donne : 1M,50X1 mètre — 1m2,50, d’où lon déduit que le nombre de plants à l’hectare est de 10 000 mètres carrés divisé par 1,50, c’est-à-dire 6 666 plants.
Si la question d'économie, tant pour l’acquisition des plants que pour les frais de main-d'œuvre, intervient il faut se rappeler qu’il est toujours préférable, en matière de boisement, de très bien planter, quitte à agir sur de moins grandes surfaces à la fors.
Dans les terrains accidentés, hérissés de rochers, aux altitudes élevées, il devient très important de placer chaque plant à la place qui est la plus favorable à son développement ; on est guidé dans ce choix par l’état du sol, et par la présence d’abris contre la sécheresse, les vents, la neige, les pierres roulantes, abris tels que des buissons ou des rochers, des troncs d’arbre, etc.
Mise en place des plants. — Quelque simplifié que soit le procédé de mise en place des plants, cette opération doit toujours être faite avec le plus grand soin ; c’est une des conditions essentielles de réussite.
Nous recommanderons tout d’abord d’éviter que pendant cette opération les ouvriers ne laissent les racines des plants exposées au soleil ou à un vent sec; pour cela chaque ouvrier planteur peut transporter avec lui de place en place un petit panier dans lequel il conserve sa provision de plants, les racines toujours couvertes de mousse humide, de feuilles ou de terre fraîche.
Pendant une plantation, les ouvriers planteurs doivent être surveillés de très près, car la réussite de la plantation dépend beaucoup de leur travail ; on doit interdire d’une façon très rigoureuse le transport à la main des plants ainsi que leur distribution à l’avance sur le sol à côté de chaque trou. Plus les plants sont gros, plus ils doivent être plantés avec soin. On a
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renoncé d’une façon très générale à mettre plusieurs plants dans le même trou.
Modes de plantation. — La réussite d’une plantation dépend en grande partie des conditions météorologiques sur lesquelles l’homme ne peut exercer aucune influence ; mais elle dépend en outre de la préparation du terrain qui doit recevoir les plants, des soins à apporter à leur choix, à leur mise en place.
IL est rare qu’on prépare le terrain sur toute sa surface ; la culture en plein n’est praticable que sur des terrains peu accidentés où il n’y a ni pierres, ni racines ; d’ailleurs elle est coûteuse ; elle est généralement remplacée par une préparation partielle qui consiste soit dans l’ouverture de sillons parallèles entre lesquels on laisse des bandes incultes, soit dans le défoncement de petites surfaces diversement espacées.
Les sillons sont ouverts à la charrue ou à la houe, suivant la configuration et l’état du sol ; ils doivent être tracés suivant les lignes du niveau, lorsque le terrain présente une pente accentuée. Les plantes qui couvrent les bandes incultes soutiennent les terres et abritent les jeunes plants.
Enfin quand on veut planter avec économie, on renonce à préparer à l’avance le terrain.
Voici quelques-unes des méthodes les plus employées quand il s’agit d'exécuter des plantations.
PLANTATION DIRECTE A LA PIOCHE. — Ce genre de plantation consiste à soulever d’un coup de pioche la couche superficielle Cu sol, à engager dans cette fente les racines du jeune plant, puis à tasser le tout avec le pied.
Ce mode de procéder est très économique, mais il ne doit être employé que lorsqu'on a à planter dans un sol naturellement très meuble ou léger et frais, c’est-à-dire en état de permettre aux racines de se développer librement. Dans les sols compacts, quelle que soit leur nature, en procédant ainsi, on échouera.
Pour agir dans de bonnes conditions, l’ouvrier doit avoir soin d'enlever d’un coup de pioche superficiel le gazon, puis d’ameublir le sol; cela fait, il enfonce vigoureusement sa pioche verticalement puis, en l’inclinant, il dégage un vide
dans lequel il place le plant en étalant les racines dans leur position naturelle, aussi bien que possible ; avec le pied, il tasse ensuite fortement la terre de manière à fermer lentaille.
Notons que dans la plupart des cas il est préférable de faire la plantation par trous.
PLANTATION PAR TROUS OU POTETS. — Dans la plantation par trous, on doit faire le trou d’autant plus spacieux que le terrain est plus compact, plus argileux et que le climat est plus chaud.
Les trous sont faits à la bêche ou à la pioche; les dimensions à leur donner peuvent être, par exemple, de 20 centimètres en longueur et largeur sur 20 centimètres de profondeur, ou bien de 20 centimètres sur 30 centimètres ; de 30 centimètres sur 30 centimètres avec une profondeur de 25 à 90 centimètres. ;
L’ouvrier commence par peler le gazon ; puis il enlève la terre végétale chargée d’humus qu’il met à part. Il creuse ensuite le trou en rejetant la terre et l’épierrant avec soin.
Le planteur prend un plant dans son panier (où les racines sont protégées avec de la terre fine) ; il abat dans le fond du trou la motte de gazon retournée, c’est-à-dire racine en Pair, puis la terre végétale, la disposant en taupinière ; de la main gauche il saisit le plant, étale ses racines dans leur position naturelle sur la motte de terre, puis de la main droite ramène la bonne terre bien fine, secouant légèrement une ou deux fois le plant, afin de permettre à la terre de pénétrer et de se tasser entre les racines.
Le trou comblé, il tasse avec le pied et s’il trouve quelques pierres à sa portée, il les couche à plat autour du plant en mettant les plus grosses du côté du sud ou du côté de Pamont ; ces pierres ont pour effet de tenir le sol frais et de paralyser l'effet des gelées (soulèvement, déchaussement).
Il faut avoir soin de ne pas enterrer trop le plant ; le collet de la racine doit affleurer à la surface du sol ou plutôt être légèrement en dessus, en raison du tassement qui se produira plus tard.
Ce mode de plantation est de tous le meilleur, et celui qu’il faut préférer, mais il a le défaut d’être le plus cher.
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Une très bonne pratique consiste à faire ouvrir les trous à Pavance afin de permettre au terrain de se déliter et de s’aérer, au fond et tout autour du trou, sous l’action des phénomènes atmosphériques (pluies, gelées, etc.).
PLANTATION A LA BÊCHE DEMI-CIRCULAIRE. — La bêche demi-circulaire est surtout employée dans les terres meubles et légères.
En deux coups de bêche opposés, l’ouvrier enlève un cylindre de 25 à 30 centimètres qu'il dépose à côté du trou et qu’il divise en deux portions, la partie herbeuse et la terre. Le planteur ou plutôt la planteuse met le plant en terre comme il a été dit précédemment, puis tasse fortement et recouvre la terre remuée à l’aide d’une pierre s’il y en a à proximité.
PLANTATION PAR MOTTES. — Lorsqu'on ne dispose que de jeunes plants âgés d’un ou deux ans non repiqués (certains résineux) situés dans des pépinières volantes, au milieu même des terrains à planter, on peut les extraire avec la motte de terre que lon dépose dans les paniers des planteurs; ceux-ci détachent à la main une petite motte comprenant plusieurs plants; ils la déposent avec soin, sans détacher la terre, dans le trou préparé et achèvent la plantation dans les conditions habituelles.
Ce procédé donne d’excellents résultats, mais n’est pas applicable si la pépinière est éloignée.
PLANTATION PAR BUTTES. — Lorsque le terrain est marécageux, couvert d’une épaisse couche de mousse, la plantation par trous peut devenir fort difficile, sinon impossible ; on a imaginé (notamment en Saxe et dans l’Allemagne du Nord) d'élever sur les points les plus propices de petites buttes de terre sur lesquelles on plante le jeune sujet (fig. 43). Ces buttes sont formées soit avec du terrain apporté, soit avec du terrain pris sur place en creusant un trou dans le sol marécageux ; cette terre est déposée sur la mousse en forme de tas conique au milieu duquel se fait la plantation avec tous les soins désirables.
On peut également, lorsque le terrain le permet, tracer à la charrue deux sillons relevant la terre en sens contraire et se joignant deux à deux ; on obtient ainsi des lignes de terre, en
ados, dans lesquelles on fait la plantation ; la butte est assainie par le creusage de la charrue,
Remarquons que ces plantations exceptionnelles en terrains marécageux ne peuvent s'appliquer qu’à certaines essences spéciales ; les diverses espèces de peupliers, les aunes, le chêne pédonculé, les frênes et les ormes prospèrent dans cesconditions; le cyprès chauve (Taxodium distichum, Richard )
Fig. 43. — Plantations par buttes dans un terrain marécageux: vallée de l'Ubave D 2 ? J à Barcelonnette (Basses-Alpes).
est tout indiqué pour le repeuplement de ces sols marécageux; mais cet arbre ne résiste pas aux fortes gelées, il ne faut l’emplover que dans les climats tempérés.
Dépenses qu'entraîne la plantation. — Les dépenses que nécessitent les plantations sont très variables suivant la nature du sol (terrain facile à creuser ou non, sol rocheux, etc.), le mode de procéder, le prix de revient des plants, leur taille, Phabileté des ouvriers et enfin suivant le prix de la maind'œuvre.
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a. Plantation à la pioche. — Sans avoir besoin d’un auxiliaire (femme ou enfant) un bon ouvrier peut dans sa journée planter de 800 à 1 000 plants au maximum, en prenant les précautions qui ont été indiquées plus tôt.
D. Plantation par trous. — I] sera toujours préférable et plus économique de faire ouvrir les trous à la tâche en réglant d'avance leurs dimensions en tous sens, et en exigeant que louvrier sépare et dépose d’une part la terre végétale, d’autre part la terre du fond, de chaque côté du trou. Dans une journée et dans une terre très facile à travailler, un homme peut dans la journée faire jusqu’à 500 trous de 20 centimètres sur 20 cenmètres et de 25 centimètres de profondeur. Un planteur peut mettre en terre 600 plants, correspondant à 600 trous, en une Journée.
Dans les terres mélangées de pierrailles et difficiles à travailler, on compte qu’une journée d’ouvrier correspond au prix de creusage des trous, et au travail de plantation de 100 plants, les trous ayant 30 sur 40 centimètres et 30 centimètres de profondeur.
Ces données ne sont du reste que très approximatives et il est toujours bon de se rendre compte par expérience du travail qu’on peut exiger par jour dans une région.
Lorsqu'il s’agit de reboisements importants, les ouvriers sont disposés en chantiers mixtes; d’une part les ouvriers creusent les trous, et derrière eux marchent les planteurs, généralement des femmes. On peut admettre qu’un planteur suffit pour deux ouvriers creusant les trous.
c. Plantation à la bêche demi-circulaire. — Ici encore les chantiers peuvent être mixtes ; un ouvrier ouvre les trous, et derrière lui marche une femme qui effectue la plantation. Dans les terrains où ce mode de plantation est applicable, c’est-à-dire dans les terrains suffisamment meubles, dépourvus de pierrailles, un homme et une femme peuvent planter 1 000 plants par jour ; ce mode de plantation revient donc à très bon marché.
d. Plantation par motte. — La plantation par motte nécessite la présence de la pépinière au milieu des travaux, en raison du transport des mottes. Ce mode de plantation revient
toujours très cher en raison des précautions multiples et des pertes de temps nécessaires pour extraire les plants, transporter les mottes et les défaire avec soin pour conserver de petites mottes. Ce procédé ne peut donc être employé que dans des cas exceptionnels ; on peut l’estimer approximativement à 20 ou 25 francs par 1 000 de potets garnis.
Soins à donner aux plantations. — On ne peut juger de la réussite d’une plantation qu'après deux à trois ans ; même dans les conditions les meilleures tous les plants ne réussissent pas et il faut compter au moins sur un déchet d’un dixième.
Dès le milieu de lété on doit visiter la plantation, marquer les emplacements où les sujets manquent, les faire désherber et les préparer pour une plantation complémentaire.
En automne ou au printemps suivant, les sujets disparus doivent être remplacés, et ce travail est nécessaire afin d’arriver à obtenir le plus tôt possible, sur toute la surface, l’état de massif complet.
Au printemps, les tiges déchaussées par la gelée peuvent être buttées ; les pierres plates qui protègent les plants sont remisés en place si elles ont disparu.
Sitôt l’état de fourré acquis, la jeune plantation est devenue un massif forestier auquel il convient de donner les soins prescrits par les règles de la sylviculture.
Application aux principales essences.
Chêne. — Le chêne est en général semé (mais alors en bon sol) plutôt que planté sur les terrains nus ; on le plante en forêt, et on emploie des plants repiqués de deux à trois ans pourvus d’un abondant chevelu ; dans les taillis-sous-futaie on introduit quelquefois des plants un peu plus âgés, voire même des demi-tiges ou des hautes tiges, mais la plantation doit alors être faite avec grand soin, et dans des emplacements bien choisis.
Il en est de même pour le châtaigner.
Hêtre. — Les plantations de hêtre se font surtout en forêt, avec des plants âgés de deux ans repiqués ; elles ont été employées avec succès en terrain découvert sur quelques chantiers de reboisement en montagne ; en mélange avec d’autres espèces on paraît avoir intérêt à Pétablir par bouquets purs, pas trop petits, et dans lesquels les plants sont assez serrés.
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Les aunes se laissent transplanter très facilement entre un à trois ans et n’ont en général pas besoin de repiquage.
Les frênes, les érables, les ormes sont plantés disséminés au milieu d’autres essences ; on emploiera soit des plants ayant deux ans de repiquage, soit des demi-tiges, soit des hautes tiges en évitant d'utiliser des sujets extraits en forêt, dans la reprise est incertaine.
Le charme se laisse transplanter avec une grande facilité ; le bouleau peut être mis en place jusqu’à trois ou quatre ans après repiquage ; plus vieux il prospère plus difficilement et il faut le transplanter en mottes.
Résineux. — L’épicéa de trois, quatre, cinq ans, le pin sylvestre de un à deux ans, le pin noir d’ Autriche et le mélèze de deux à trois ans sont les essences les plus employées en terrain nu, grâce à leur tempérament particulièrement robuste ; la facilité avec laquelle réussit en particulier l’épicéa amène souvent à abuser de cette essence en lintroduisant sur des sols par trop secs ; ces essences résineuses boudent pendant plusieurs années et ne commencent à s’élancer que lorsqu’elles ont tué l’herbe à leur pied.
L’épicéa se repique en pépinière à partir de deux ans s’il a atteint & à 5 centimètres de haut ; on le plante généralement repiqué à trois, quatre, cinq ans ; en raison de son enracinement superficiel le jeune plant craint beaucoup d’être enterré trop profondément.
Le sapin se plante habituellement repiqué à cinq, six ans, mais on peut aussi l’employer non repiqué à trois, quatre ans ; les jeunes semis, extraits en forêt ne viennent pas bien, sauf avec la transplantation en motte, mais on peut les utiliser avec avantage à l’âge de deux, trois ans pour des repiquages en pépinière et on les utilise trois ans après.
Le pin sylvestre est facilement planté à un an, surtout si le semis n’a pas été trop serré ; si on le garde en pépinière il doit être repiqué et planté un an après ; l’arrachage en pépinière doit être fait avec soin, car l’écorce se détache des racines très facilement et le jeune plant est très sensible à ces blessures ; la plantation et la reprise sont faciles ; l’espacement des plants doit être un peu plus large qu'avec l’épicéa.
Le pin noir d'Autriche est élevé comme le pin sylvestre et planté à deux, trois ans ; s’il doit être placé sur des sols maigres et secs, on le plante de préférence assez serré.
Le pin d'Alep planté dans sa station réussit sur les sols les plus stériles pourvu qu'il trouve un peu de terre.
Le pin cembro a une croissance très lente ; semé en pépinière, il est repiqué à deux, trois ans et souvent est laissé encore trois, quatre ans en pépinière ; sa plantation ne présente aucune difficulté.
Le pin de montagne est repiqué à deux ans et planté à deux, trois ou quatre ans.
Le pin Weymouth se plante à deux, trois ans après un repiquage; sur les sols mouilleux la plantation en butte est avantageuse.
Le mélèze peut être planté à deux ans, non repiqué si le semis en
pépinière a été suffisamment clair ; repiqué il peut être planté à trois ans. Déjà en pépinière le mélèze a besoin d’un certain espacement ; mis en place les plants doivent être suffisamment espacés. Au printemps la végétation du mélèze part de très bonne heure, aussi la plantation d’automne, si elle est possible, paraît à conseiller.
S 3. — Boisement par boutures et par marcottes.
Certains boisements spéciaux, effectués sur des terrains humides ou frais, peuvent être obtenus à laide de sujets issus non pas d’une graine, mais d’une branche ou d’un bourgeon. On appelle bouture un fragment de rameau, généralement de un à trois ans, garni de bourgeons, détaché au printemps du pied mère avant le départ de la végétation. La bouture, convenablement placée en sol frais, est susceptible de s’enraciner et de se développer.
On appelle marcotte une branche ou un rameau d’un végétal qui, après avoir été recourbée en terre, s’est enracinée et qui devient susceptible de vivre par elle-même, d’être séparée du pied mère et d’être transplantée.
Le bouturage n’est possible que pour un nombre très restreint de végétaux ; il ne donne des résultats efficaces qu’en terrain humide ou frais, non exposé à se dessécher complètement en été. On distingue deux sortes de boutures : La bouture en plançon et la bouture à bois de deux ans.
Le plançon ne réussit bien qu'avec les saules de grande taille, le saule blanc, le saule osier; c’est une branche de 3 à 4 mètres de haut et de 5 centimètresenviron de diamètre; on la dépouille de tous ses rameaux et on la taille en biseau aux deux bouts, ou au moins à son extrémité inférieure; on obtient ainsi une plus grande surface d’absorption et on assure mieux la reprise. Pour mettre en terre le plançon on doit éviter de l’enfoncer par force, afin de ne pas arracher l'écorce, et on prépare à l'avance, avec un pieu, un trou d’environ 50 centimètres de profondeur qu’on rebouche avec de la terre émiettée à la main.
La bouture à bois de deux ans est employée pour les petits saules, les aunes, les peupliers, et les platanes ; elle est longue de 30 à 70 centimètres et faite avec une branche de l’année à laquelle on laisse une portion de bois de deux ans ; on la taille en biseau par le bas, puis on l’enfonce en terre en ne laissant sortir que les deux ou trois bourgeons supérieurs. Quand le terrain est léger on peut l’entrer directement, sinon on se sert d’une tige en fer ou bien on cultive le terrain de manière à la placer-sans arracher l’écorce ; on peut la placer en terre
A. FRON. — Syloiculture. 13
218 PRATIQUE SYLVICOLE.
obliquement. On élève souvent les boutures en pépinière en les disposant en lignes après avoir ameubli le sol.
Les boutures se préparent au printemps, avant tout départ de la végétation et on peut les garder en jauge jusqu’au moment de la
mise en place.
Le bouturage est souvent employé en montagne pour garnir de végétation les éboulis, le bas des berges des torrents, les terrains en glissement consolidés par des drainages ; le marcottage est employé pour provoquer l'embroussaillement des pentes instables, en favorisant l’étalement progressif en tache d’huile des premiers buissons existants
S 4. — Pépinières.
Pépinières permanentes et pépinières volantes. —
La pépinière permanente est un terrain affecté à la production de plants pendant une longue suite d’années ; elle est destinée à satisfaire des besoins multiples, à produire des plants repiqués et des plants non repiqués, voire même des plants de demi-tige ou de haute tige. Le sol épuisé par une culture très intensive a besoin de fortes fumures pour rester fertile et productif.
, Les pépinières volantes sont des surfaces temporairement affectées à la production des plants nécessaires pour des besoins locaux temporaires ; elles sont placées généralement à proximité des terrains à boiser ; souvent après un semis, puis un repiquage, le terrain est boisé et la pépinière transportée ailleurs. Une fumure dans ce cas n’est pas indispensable, mais cependant elle ne nuit pas à la production des plants; souvent on prépare le terrain de ces pépinières sans grands frais, à l’aide d’une culture agricole préalable dont la récolte sert à couvrir en partie les frais de mise en état du sol.
Les bandes pépinières qu’on emploie souvent en montagne dérivent du semis par bandes interrompues ; mais les parties réservées à la production des plants sont préparées avec plus de soin et elles sont l’objet de fumures et de soins culturaux.
Choix de l'emplacement d’une pépinière. — L'’emplacement choisi doit, autant que possible, remplir les conditions suivantes :
19 Être aussi rapproché que possible des terrains à boiïser et se trouver dans les mêmes conditions générales de climat
en raison de l’époque du départ de la végétation; en montagne, cette condition est très importante à considérer;
20 Être situé sur un sol aussi fertile que possible, d’une fraicheur et d’une profondeur suffisantes, mais exempt d’humidité, à l'exposition est ou nord-est dans la plupart des cas, en pente très douce, et à surface bien uniformément régulière. Les expositions chaudes, favorables à un départ trop hâtif de la végétation, sont à éviter, ainsi que les dépressions humides exposées aux gelées et les bas-fonds. Les sols siliceux, meubles, sont les meilleurs pour l'installation d’une pépinière, surtout s’ils sont riches en humus ; les terres un peu fortes sont préférables pour l'éducation des hautes tiges. Enfin si l’on a le choix entre un terrain gazonné et un terrain resté jusque-là à l’état de bois, c’est ce dernier qui, toutes choses égales d’ailleurs, est préférable ;
30 Être susceptible d'irrigation, si le climat est sec, ou au moins être dans le voisinage immédiat d’eau ; être d’un accès facile et pas trop éloigné de la résidence du surveillant.
Étendue et division de la pépinière. — L’étendue de la pépinière est déterminée d’après le nombre de plants qu’elle doit produire annuellement ; à titre d'exemple, elle pourra en moyenne être, pour le pin sylvestre :
De 4 ares pour une production annuelle de 20 000 plants employés à deux ans sans repiquage et divisée ainsi:
Carré n° 1 (1 are, soit 10 planches de 1 mètre de large et de
10 mètres de long). — Semis en lignes par bandes; un are produit à l’âge de un an 30 000 plants.
Carré n° 2 (1 are). — Semis âgés d’un an ; le déchet pendant la deuxième année est de un tiers ; il reste 20 000 plants.
Carré n° 3 (1 are). — Semis âgés de deux ans, bons à employer à la fin de la deuxième année.
Carré n° 4 (1 are). — Carré maintenu en jachère pour le
semis suivant, ou en légumineuse sarclée, ou encore en légumineuse à enfouir en vert.
De 5 ares pour une production annuelle de 20 000 plants environ repiqués à un an et plantés un an après, savoir :
Carré n° 1 (1 are). — Semis de l’année.
Carré n° 2 (1 are). — Semis âgé de un an (30 000 plants).