PRAIRIE
Fig. 65. — Régénération par coupes successives ayant un caractère Jardinatoire. Première phase : naissance d'une tache ou d'un bouquet de semis (a) audessous d'une trouée faite dans le vieux peuplement.
Fig. 66. — Rézénération par coupes successives ayant un caractère jardinatoire.
Deuxième phase : mise en lumière et élargissement du bouquet par des coupes de régénération effectuées prudemment dans le vieux peuplement Sur le pourtour de la trouée. Cette opération provoque la formation de nouveaux semis en a et le développement de la régénération acquise en b (fourré et jeune gaulis) et en c (gaulis ou jeune perchis). Peu à peu Le bouquet s'élargit.
A. FRoN. — Sylviculture. 15
254 PRATIQUE SYLVICOLE.
{ype uniforme (période de régénération courte), tantôt du type jardiné (période de régénération très longue) ; se pliant aux diverses exigences des stations, elle permet d’utiliser en tous lieux, au maximum, les forces naturelles.
Ajoutons toutefois que la futaie ainsi constituée demande une plus grande surveillance, des soins plus assidus et plus nombreux, une connaissance plus approfondie des questions forestières ; qu’enfin les exploitations ont besoin d’être réglées avec grand soin afin d'éviter de trop enrichir ou de trop appauvrir la forêt en matériel sur pied et par suite d’en changer le caractère.
Coupes de jardinage. — Le vrai jardinage régénère toute la forêt par points ou par trouées, en enlevant çà et là et à tout moment les arbres à réaliser, un à un ou par petits groupes sur toute l’étendue de la forêt, et en ayant soin que le massif ne soit jamais interrompu. Dans ce mode de traitement, on s’attache à n’enlever qu’un très petit nombre d’arbres sur le même point et à parcourir chaque année sinon toute la forêt, tout au moins une grande surface. En réalité, on agit comme dans le traitement par coupes jardinatoires, en ce sens qu’on provoque l’ensemencement par points, par groupes dispersés ou par bouquets ; mais le renouvellement total du peuplement n’est acquis sur la surface à régénérer, qui est ici l’ensemble de la forêt, qu’en un temps beaucoup plus long, cent à deux cents ans, c’est-à-dire en un temps égal à celui que mettent les jeunes semis pour devenir des arbres exploitables.
En fait, l’unique préoccupation de l'opérateur qui marque les coupes d’exploitation est de stimuler le développement ultérieur du jeune recru, partout où il existe, par des coupes d'arbres qui présenteront généralement le caractère d’une coupe locale secondaire ou définitive, rarement celui d’une coupe préparatoire ou d’ensemencement ; le sylviculteur est ainsi amené naturellement à faire tomber sur des points quelconques de la forêt les arbres les plus vieux, et en même temps les arbres tarés, mal venants ou dépérissants (1). Suivant les exigences des essences et leur aptitude à supporter un couvert
(1) Dans les futaies, la préoccupation de l'opérateur est souvent bien plus de disposer des arbres exploitables que de faire de la régénération ; aussi cette deruière laisse-t-elle souvent à désirer.