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PRATIQUE SYLVICOLE

plus ou moins prolongé, il est conduit à exploiter les arbres, soit un à un, soit par petits groupes ; il en résulte que les peuplements ainsi obtenus se présentent comme un mélange confus de bois de tous âges et de toutes dimensions répartis sans aucun ordre, soit par pieds isolés, soit par petits groupes (fig. 67).

Mieux que toute autre, la futaie jardinée se rapproche de la forêt naturelle et elle en présente plus ou moins les avantages et les inconvénients.

Dans la futaie jardinée, si les pe ne sont pas bien proportionnées à la production ligneuse annuelle de la forêt, le peuplement tend à s’uniformiser, soit en se chargeant de plus en plus de vieux arbres, soit au profit des âges intermédiaires ; on peut alors être conduit, si on ne raisonne pas la gestion de la forêt, à laisser s’accumuler inutilement un vieux matériel trop nombreux, ou, ce qui est plus fréquent, à appauvrir très notablement son capital ligneux par des exploitations abusives.

Le jardinage vrai ne convient en réalité qu’aux essences d'ombre, et parmi elles tout spécialement au sapin avec lequel on peut pratiquer le jardinage par pieds d’arbres simultanément sur toute l’étendue de la forêt. Avec d’autres essences, ou des mélanges, sapin, hêtre, épicéa, mélèze ou différentes espèces de pins (pin sylvestre, pin de montagne, pin cembro), dont les jeunes plants réclament la lumière à des degrés différents, on est conduit à apporter des modifications dans le traitement et à rendre les exploitations un peu plus intensives sur le même point en procédant aux exploitations par petits groupes ou par bouquets de 2, 3 et jusqu’à 8 ou 10 arbres pris à la fois ; on est alors conduit à diviser la forêt en un petit nombre de cantons sur lesquels on concentre à tour de rôle les exploitations d’une année de façon à repasser dans le même canton au moins tous les cinq à dix ans. D’une façon générale, il faut revenir plus souvent chez les essences d'ombre que chez les essences de lumière et plus fréquemment dans les sols fertiles que dans les sols pauvres, sous les climats doux que sous les climats rudes.

L’emploi du jardinage est utile partout où il est indispensable de maintenir constamment un couvert complet sur le sol pour le protéger ; il s'impose dans les situations exposées de haute montagne.

D'autre part,la futaie jardinée convient aux petites exploitations forestières qui ne sont pas susceptibles de combinaisons d’aménagement et auxquelles le propriétaire se contente de demander, à des dates indéterminées et suivant ses besoins, les ressources disponibles.

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