ASSIETTE DE COUPES
Observation. — Dans l'application, ces règles conduisent parfois à des résultats contradictoires l’un avec l’autre ; il est nécessaire alors de comparer leur raison d’être et leur utilité respective, afin d’en déduire la marche la plus avantageuse à suivre. Dans tous les cas, le but à rechercher est d’éviter les nombreux chablis qui viennent jeter le désordre et souvent la ruine dans des peuplements de valeur.
Manière d'asseoir une coupe sur le terrain. — Pour asseoir une coupe d’une contenance donnée sur le terrain, autrement dit pour la détacher du vieux massif restant et la délimiter, il est nécessaire de procéder à un arpentage. Cet arpentage donne lieu à l'ouverture de filets ou lignes de délimitation qui séparent la coupe du surplus du bois. Nous envisagerons successivement le rôle de l'agent arpenteur et celui des gardes.
Rôle de l'agent arpenteur. — En général, la ligne à ouvrir doit avoir une direction déterminée à l’avance, soit pour être parallèle aux lignes précédentes, soit en raison de la vidange de la coupe et de la pente du terrain.
On commence par lever et rapporter le périmètre de la forêt dans la partie où se trouve la coupe à asseoir, comme il a été dit précédemment (page 289) ; puis on trace sur le plan une ligne provisoire ayant la direction donnée. On calcule la partie ainsi détachée, et en ajoutant ou retranchant des trapèzes, on arrive par approximations successives à détacher sur le plan la contenance voulue (1).
Il reste alors à ouvrir la ligne sur le terrain. D’après les indications du plan, on détermine l’orientement de cette ligne et son point de départ sur le terrain ; plaçant la boussole en ce point, on met la pointe bleue de l'aiguille en coïncidence avec la division du limbe correspondant à cet orientement ; on fixe la boussole dans cette position ; la ligne de visée de la lunette donne la direction de la ligne à ouvrir. L'agent arpenteur dirige avec sa lunette les premiers jalonneurs, qui se guident ensuite pour la continuation de l’ouverture de la ligne sur les premiers jalons placés.
La ligne une fois ouverte, on s’assure que son tracé sur le terrain correspond bien avec les indications du plan, comme point d’arrivée et comme longueur.
RÔLE DES GARDES. — a. Avant l'opération. — Le garde connaissant la position que doit occuper la coupe, visite la ligne sur laquelle la
(4) Dans le cas particulier où les côtés opposés du périmètre sont sensiblement parallèles, la surface à ajouter ou à retrancher pouvant être assimilée à un parallélogramme dont on connait la surface et les bases, il est facile d'en calculer immédiatement la hauteur.
294 PRATIQUE SYLVICOLE.
coupe doit s'appuyer, la rafraîchit, la jalonne, en recherche les anciens corniers et parois ; puis il dégage le périmètre à arpenter, découvrant ls bornes, fossés, murs, etc. ; il prépare des jalons bien droits, taillés en pointe aux deux bouts, des piquets en bois dur appointus à un bout, et prend ses mesures pour que, au jour de l’opération, il y ait des serpes et haches entre les mains des auxiliaires.
D. Pendant l'opération. — Le garde exécute scrupuleusement toutes les instructions qui lui sont données par l’arpenteur. Il donne tous ses soins à un bon jalonnage et spécialement au chaînage pour lequel on ne saurait prendre trop de précautions (vérification des fiches à chaque chaïînage partiel ; mesurer toujours en descendant, par continuité, bien horizontalement, par cinq mètres si la pente est forte, etc.).
Des arbres parois sont marqués au pied du marteau de l’opérateur, du côté et en regard de la ligne qu’ils déterminent ; des arbres corniers sont choisis à un angle formé par la rencontre de deux lignes, et marqués sur deux faces, en regard et du côté de ces lignes. Les piquets d’angle sont, en l’absence de corniers, rattachés à des arbres témoins, dont on note l'essence et la grosseur ; les blanchis de ces arbres témoins sont faits légèrement sur l’écorce et à deux mètres de hauteur.
c. Après l’opération. — Bien dégager la ligne ouverte, l’entretenir, veiller sur les piquets, les remplacer s’ils disparaissent, ceinturer d’un lien les arbres corniers, parois et témoins ; s’il existe plusieurs lots, indiquer le numéro de chaque lot sur un blanchis fait aux arbres de limite (Agenda du Forestier).
Aménager une forêt, c’est régler la marche des exploitations de manière à obtenir des produits périodiques, annuels si c’est possible, aussi soutenus et aussi avantageux que possible.
Les végétaux ligneux, par la lenteur de leur croissance, ne donnent que des produits périodiques, à période assez longue ; raccourcir ces périodes, chercher même à obtenir des produits annuels, rentre dans les conditions des exploitations ordinaires et dans l’idée courante qu’on se fait d’avoir des revenus.
Pour rendre plus fréquentes les récoltes, il faut diviser la forêt en coupes au lieu de tout exploiter d’un seul coup; pour rendre les produits aussi avantageux que possible, il faut couper à l’âge le plus convenable.
Nous indiquons dans le cours de cet ouvrage les considérations qui peuvent guider pour déterminer l’âge auquel il faut couper ; connaissant cgt âge, il reste, si l’on veut des produits
annuels, à diviser la forêt en autant de coupes équivalentes en production qu'il y a d’années dans le nombre qui exprime l’âge auquel on veut couper ; c’est-à-dire à former ce qu’on appelle, en style d'aménagement, le plan d'exploitation.
Plan d'exploitation. — Établir un plan d’exploitation, c’est effectuer un travail qui consiste à régler la quotité et la marche des coupes.
Suivant la méthode d’exploitation adoptée, le plan d’exploitation s’établit de manières différentes et nous examinerons successivement les divers cas qui peuvent se présenter :
Premier cas. — Taillis simple. — Considérons d’abord une forêt dans laquelle tous les arbres parcourent simultanément les phases successives de leur existence (bois taillis de petite étendue) ; elle ne donne de produits marchands qu’après un certain nombre d’années d’existence, nombre d’années égal à l’âge des arbres qu’on coupe. Une fois lexploitation faite, le propriétaire doit attendre un temps égal pour faire une nouvelle récolte, et ainsi de suite.
Soit, par exemple, 30 hectares de taillis que le propriétaire exploite à l’âge de trente ans ; en 1902 le taillis est âgé de cinq ans ; le plan d’exploitation est évidemment le suivant :
En 1927 : exploitation de trente hectares âgés de trente ans ;
En 1957: exploitation de trente hectares âgés de trente ans, eic.
On dit que la forêt est à exploitation périodique.
Mais on peut concevoir dans la même forêt une méthode meilleure, ou tout au moins plus commode, d’effectuer la récolte ; subdivisant la forêt en un certain nombre de coupons, le propriétaire dirige la formation des peuplements de telle sorte que l’âge d’exploitation de chaque coupon ne tombe plus à la même époque. Pendant la même période de temps, il exploitera encore toute la forêt, mais par parties et non en bloc, et à des intervalles déterminés.
Dans lexemple précédent, nos trente hectares de taillis sont divisés en trois coupons de dix hectares, et les arbres sont toujours exploités à trente ans ; mais les âges sont différents sur chacun des coupons, ils sont, par exemple, en 1902
296 PRATIQUE SYLVICOLE.
de vingt-neuf ans dans le coupon n° 1, de vingt ans dans le coupon n° 2 et de cinq ans dans le coupon n°3.
Le plan d'exploitation est évidemment le suivant :
En 1903, exploitation du coupon n° 1 composé de dix hectares âgés de trente ans.
En 1907, exploitation du coupon n° 2 composé de dix hectares âgés de trente ans.
En 1927, exploitation du coupon n° 3 composé de dix hectares âgés de trente ans.
En 1933, exploitation du coupon n° 4 composé de dix hectares âgés de trente ans, etc.
La forêt constituée par une série de coupons à exploitation périodique, permet au propriétaire d’obtenir des récoltes partielles, à intervalles plus rapprochés.
Cette première amélioration nous conduit à la notion d’aménagement par contenance.
Pour que la récolte forestière, essentiellement périodique sur un point donné, puisse devenir annuelle, comme l’exigent les besoins de l’homme, il est nécessaire de réaliser les produits successivement sur autant de surfaces difiérentes qu'il faut d'années aux arbres pour atteëndre les dimensions requises. La forêt, ainsi économiquement constituée, est dite aménagée.
Dans l'exemple précédent où il s’agit d’un taillis exploitable à l’âge de trente ans, si le propriétaire veut pouvoir réaliser tous les ans un hectare de taillis âgé de trente ans, il devra posséder une forêt de trente hectares, composée de trente coupons d’un hectare, et il est nécessaire en outre que les âges des bois de chaque coupon diffèrent entre eux d’une année, depuis les sujets naissants jusqu’à ceux qui ont vécu le nombre d’années que comporte la récolte.
Quand la forêt est dans cet état, elle est dite normalement constituée (1).
Dés lors, pour établir le plan d'exploitation, on commence par fixer la quotité des coupes annuelles, en divisant la surface
(1) Si les différences de sol et d’état de végétation du peuplement sont assez importantes pour que la valeur d'un hectare de taillis de trente ans sur un point soit notablement différente de la-valeur d'un hectare de taillis de même âge sur un autre
point, pour obtenir un revenu constant les coupons devront avoir, non des surfaces égales, mais des surfaces équivalentes.
de la forêt en autant de parties sensiblement égales qu'il y a d'années dans la révolution adoptée, puis on limite ces différentes coupes sur le terrain en les arpentant, ce qui s'appelle aménager la forêt par contenance.
L'aménagement par contenance est le plus simple, le plus pratique, celui qui permet le mieux le contrôle ; il est toujours applicable au taillis.
Il ne reste plus qu’à numéroter les coupes obtenues, en donnant le numéro 1 à celle à exploiter la première, le numéro suivant à la coupe voisine et ainsi de suite dans l’ordre des âges, les derniers numéros étant donnés aux coupes les plus jeunes.
Remarquons qu’en procédant ainsi dans une forêt très anormale, on sera amené à exploiter quelquefois des bois un peu plus âgés ou un peu plus jeunes que l’âge qu’on s'était fixé, mais cela pendant la première révolution seulement. Ces sacrifices une fois faits, on aura ramené la forêt à un état normal.
Deuxième cas. — Taillis fureté. — La quotité et la marche des coupes réglées par contenance comme pour les taillis simples, on partage la révolution en un certain nombre de rotations (2 à 4) et on divise la forêt en autant de coupons qu'il y a d’années dans la rotation, en observant les règles prescrites pour la division en coupes des taillis simples.
On indique l’ordre dans lequel ces coupons seront parcourus, et en même temps on détermine les dimensions minima des perches à exploiter à chaque passage (dimension des bois à l’âge normal d’exploitabilité).
Troisième cas. — Taillis composé. — Le taillis composé est constitué par deux éléments distincts: le taillis et les réserves.
La quotité et la marche des coupes se règlent par contenance, en vue de l’élément taillis; comme pour un taillis simple.
Ce plan d’exploitation se complète ensuite par des prescriptions spéciales à l’élément réserve ; ces prescriptions portent le nom de plan de balivage et nous en parlons au cours de notre ouvrage (IIIe partie). Ce plan de balivage indique pour chacune des essences de la réserve :
1° L'intérêt qu'il y a à conserver des réserves ;
pe
298 PRATIQUE SYLVICOLE.
20 La proportion à observer dans le recrutement des baliveaux ;
30 Le terme d’exploitabilité des réserves et la dimension moyenne à cet âge ;
49 Les signes de la maturité.
Il n’est pas possible de déterminer à l'avance le nombre des arbres de chaque catégorie à conserver lors du balivage des coupes.
Le traitement en taillis composé peut comporter, pour le bon recrutement de la réserve, des coupes d'amélioration (dégagements de semis, éclaircies) ; on peut en régler, s’il y a lieu, la périodicité et la marche.
Quatrième cas. — Futaies exploitées par coupe unique. — Sont dans ce cas toutes les futaies repeuplées artificiellement, et même quelques futaies régénérées par voie naturelle, comme par exemple certaines futaies de pin maritime, de pin d'Alep, d’épicéa en région montagneuse.
Le plan d’exploitation se fait alors comme dans un taillis simple ; on divise la forêt en autant de coupes qu’il y a d’années dans la révolution (1) choisie, et on exploite chaque année une de ces coupes, en commençant par la plus âgée.
Quand on assied ces coupes sur le terrain, il y a lieu, autant que la disposition des lieux le permet, de leur donner une forme étroite et allongée ; on peut ainsi bénéficier, dans une certaine mesure, de l’ensemencement latéral, si des graines proviennent des peuplements voisins, et il est toujours facile de se conformer aux principales règles d’assiette.
Cinquième cas. — Futaies régénérées par coupes successives où la période de régénération est courte (inférieure à vingt ans). — Forêts de plaines et de coteaux (Méthode de M. Parade).
Dans ces futaies, le plan d’exploitation se divise en deux parties bien distinctes : le plan d’exploitation des coupes principales ; le plan d’exploitation des coupes d’amélioration.
(1) La révolution, d'une façon générale, est le laps de temps adopté pour la régénération successive de tous les peuplements qui constituent la forêt. C’est encore le nombre d'années qu'il faut à un arbre pour atteindre la dimension à laquelle on l’exploite.
a. Plan d'exploitation des coupes principales. — Par suite des exigences culturales de la méthode de régénération par coupes successives, il est difficile de concilier une marche de coupes par contenances avec rapport soutenu, et les exigences culturales de coupes successives faites chacune en temps opportun.
Aussi, en pratique, un des maîtres de la sylviculture, M. Parade, a divisé le problème :
Suivant sa méthode, on divise la révolution en un certain nombre de parties égales que l’on nomme périodes ; les périodes doivent être plus longues que le temps nécessaire à la régénération d’une surface donnée ; elles doivent être au moins du double (environ vingt à quarante ans) pour permettre, d’après la pratique, d’assurer les exigences du rapport soutenu tout en se conformant aux exigences de la culture.
La division en périodes fixée, on partage la surface de la forêt en autant de parties égales qu’il y a de périodes dans la révolution. Ces parties sont des coupes périodiques par conte. nance ; elles ont reçu le nom d’affectations.
Chaque affectation correspond à une période, et doit être régénérée pendant cette période.
La division de la révolution en périodes et le partage de la forêt en affectations, porte le nom de règlement général d’exploitation.
Le règlement général d'exploitation formé, il ne reste plus qu’à dresser la quotité et la marche des coupes dans l’intervalle de chaque période. Pour régler cette quotité et cette marche, on a recours à la possibilité par volume ; c’est l’objet de ce qu’on appelle Le règlement spécial d'exploitation.
Ce règlement spécial d'exploitation se dresse au début de chaque période et seulement pour la période qui s'ouvre ; il ne porte en principe que sur l’affectation à régénérer au cours de cette période.
Pour régler la quotité des coupes annuelles dans cette affectation, on procède alors de la manière suivante : on cube le matériel existant sur l'affectation, matériel qui ne comprend que des tiges déjà âgées ; on y ajoute l'accroissement en volume que prendront ces arbres pendant le temps qu'ils resteront encore sur pied
300 PRATIQUE SYLVICOLE.
(en moyenne moitié du nombre d'années de la période) et on divise ce volume total par le nombre d'années de la période. Le quotient ainsi trouvé représente le nombre de mètres cubes à faire tomber chaque année (1).
Le cube des arbres qui se trouvent sur l'affectation à régénérer pendant la période s’obtient en procédant à des comptages et mesurages sur le terrain.
L’accroissement en volume de ces arbres s’obtient de la façon suivante ; d’après l’âge de ces arbres et leur volume actuel on calcule leur accroissement moyen annuel passé (2); en raison de l’âge des arbres on admet que leur accroissement futur est égal à cet accroissement moyen passé et avec ce chiffre on calcule l’accroissement que prendront ces bois en supposant qu'ils resteront debout pendant la moitié de la période,
On indique ensuite l’ordre dans lequel les diverses parties de Paffectation seront mises en coupes d’ensemencement (3). On ne peut faire plus, les exigences culturales ne pouvant permettre de prévoir à l’avance l’ordre dans lequel se produiront les semis, et les époques où il sera opportun de les découvrir par les coupes secondaires successives. |
En ayant soin de prendre chaque année le volume prévu, on doit exploiter tout le matériel pendant la période, et d’autre part on a assez de matériel pour continuer les exploitations pendant toute la période.
Il est facile de se rendre compte qu’en principe les coupes d’ensemencement doivent avoir parcouru toute l’affectation pendant la première moitié de la période, afin qu’on ait le temps de terminer pendant la deuxième moitié de la période les coupes secondaires et les coupes définitives sur toute la surface de l'affectation en cours.
b. Plan d'exploitation des coupes d'amélioration. — On dresse au commencement de chaque période un tableau indiquant, pour chaque année de la période, les contenances à par-
(1) Il est évident que pour cuber le volume annuel à enlever on devra faire usage des mêmes tarifs qu: ceux qui ont servi à dresser l'inventaire.
(2) Cet accroissement moyen est égal au volume du matériel existant sur l’affectation divisé par l’âge moyen des bois qui composent ce matériel.
(3) En pratique, l'affectation est divisée en coupons ou parcelles désignées par les lettres A, B, C, etc.
courir en coupes d’éclaircie. Si les éclaircies passent tous les douze ans (1), on divise par douze la contenance totale des parties de la forêt à parcourir en coupes d’éclaircie pendant la durée de chaque rotation de douze ans ; puis on commence les éclaircies aux points où Popération est le plus utile.
Quant aux dégagements, ils ne peuvent être prévus; ils sont effectués quand on les reconnaît nécessaires.
Cette méthode, pour être appliquée, exige des forêts ayant déjà une certaine étendue, environ 150 hectares au minimum. A ce titre, elle n’est guère pratique dans la propriété particuhère ; elle exige d’ailleurs un matériel superficiel très important, ce qui est peu compatible avec le fonctionnement économique de la propriété privée.
Exemple. — Nous considérons une futaie de sapin et d’épicéa située sur le troisième plateau du Doubs, à l’altitude de 900 mètres. La contenance est de 148 hectares ; la durée de la révolution adoptée est de cent quarante ans ; la durée choisie pour la période est de vingt ans (2).
Il s’ensuit que la révolution se trouve partagée en sept périodes, et parallèlement que la forêt a été divisée en sept affectations de 21 hectares en moyenne.
Règlement général d'exploitation.
Affectations. Nature des peuplements. Contenances. Hectares.
I. — Vieille futaie régénérée.......... 20,21 DR Due re Paseo ae 20,19 DER" Haut-perchis. eue. 21,98 BV = HAME-perchis ei re 10020:83 DONS PerChis:. re AA SERIE US 21,85 NES BerCiS TL Ch ei en. 21,51 VII. — Fourré, gaulis, bas-perchis........ 21,45 Fotali niet 148,02
Règlement spéciai pour la première période.
a. Coupes principales. — Quotité des coupes. — Matériel existant au début de la période : 16 107 mètres cubes.
(4) On prend pour durée de rotation un ‘ous-multiple du chiffre exprimant la durée
de la période.
(2) Cette durée de période, empruntée à l'aménagement d'une forêt existante, est un peu courte.
302 PRATIQUE SYLVICOLE.
10 LOTO FU Age moyen des bois CE + … — 130 ans.
Multipliant ce nombre par la moitié de la durée de la période, et y ajoutant le cube primitif, on a le cube total : 16 107 + 123,9 X 10 — 17 346 mètres cubes.
Et divisant par 20, on obtient 817 mètres cubes, volume à enlever chaque année pendant la période (1).
Marches des coupes. — On commencera les coupes d’ensemencement par le nord-est de l'affectation à régénérer.
b. Coupes d'amélioration. — Rotation adoptée : dix ans. Contenances à éclaircir pendant la période : 127,81, soit les affectations IT, TIT, DEN, Ve VTT :
Etendue moyenne à parcourir chaque année : 12b,78.
Accroissement annuel moyen jusqu'à cet âge = PER
Marche des coupes (ou état d’assiette).
Hectares.
19025220 IT (partie).z re. 12,78 1903 IT: (parte es La ’ 12,78. etc Re = LL {parhe) PR er Aie Sixième cas. — Futaies régénérées par coupes suc-
cessives où la période de régénération est longue (par exemple supérieure à vingt ans) ; forêts de montagne {méthode nouvelle).
19 Division en parcelles. — On divise la forêt en parcelles s'appuyant sur les lignes de crête, lignes de fond, lignes de plus grande pente, les voies de vidange existantes ou à créer, et on établit ainsi sur le terrain une division fixe et permanente, en rapport avec les conditions topographiques de la forêt. Ces parcelles doivent être régulièrement limitées et d’une bonne assiette ; la contenance de chaque parcelle ne doit pas dépasser 20 à 25 hectares ; elles sont exactement reportées sur le plan,'et sont désignées en allant de l’est à l’ouest et du nord au sud, par la suite non interrompue des nombres.
20 Inventaire du matériel. — On procède dans chaque parcelle au dénombrement et au cubage de tous les arbres à partir de 20 centimètres de diamètre.
(1) Généralement, en pratique, pour éviter des mécomptes ou des accidents, en ne
tient pas compte de l'accroissement pendant la période. Le volume à enlever chaque 16 107
année serait alors simplement de — 805 mètres cubes.
30 Règlement d'exploitation. — Muni du plan parcellaire et des tableaux de cubage, on dresse un règlement d’exploitation pour un laps de temps assez court, de dix à vingt ans ; il comprend les parties suivantes :
a. Dimension d’exploitabilité. — On détermine les dimensions en diamètre que l’on se propose de réaliser dans la forêt (1).
b. Révolution. — On cherche à se rendre compte du nombre d’années nécessaires aux arbres de la forêt pour acquérir cette dimension ; cette durée, allongée de quelques années pour tenir compte des retards possibles dans la production de la régénération, est ce qu’on appelle la révolution.
c. Détermination de la possibilité. — Le diamètre que l'on se propose de réaliser, et la révolution ainsi entendue fixée, on répartit les arbres dénombrés en trois groupes :
Les vieux bois, formés par tous les arbres ayant dépassé les deux tiers de la dimension d’exploitabilité ;
Les bois moyens, formés des arbres dont les dimensions sont comprises entre les deux tiers et le tiers de la dimension d’exploitabilité ;
Enfin les Jeunes bois comprenant les arbres dont la dimension est inférieure au tiers de celle d’exploitabilité.
On compare le cube des vieux bois à celui des bois moyens ; si le premier est au second dans la proportion de 5 à 3, on admet que la proportion des deux groupes est normale, et on considère le groupe des vieux bois comme devant être réalisé pendant le premier tiers de la révolution. En ajoutant au cube des vieux bois son accroissement moyen probable jusqu’à l’époque de lexploitation et en divisant le total obtenu par le tiers de la révolution, on obtient l'expression de la possibilité annuelle (2).
(1) Pour raison économique, le propriétaire particulier coupe, en général, bien avant l'âge où les peuplements de Ja forèt donnent des signes de dépérissement ou d’un ralentissement de croissance trop accentué.
(2) Dans le cas de peuplement normalement constitué, on peut sans grande erreur
appliquer la formule suivante :
ñ dans laquelle P représente le nombre de mètres cubes à enlever chaque année, V la somme des volumes des vieux bois et des bois moyens, et x le nombre d'années de la révolulion.
304 PRATIQUE SYLVICOLE.
Si le volume des vieux bois n’est pas à celui des bois moyens dans le rapport considéré comme normal, 5 à 3, deux cas peuvent se présenter.
19 Les pieux bois sont en excès. — $Si on applique la formule
PE 28Y n
précédente qui suppose que le volume des vieux
bois et celui des bois moyens sont entre eux dans le rapport 5 à 3, on doit s’attendre à une baisse de rendement après l’exploitation des vieux bois.
Pour maintenir le rendement soutenu, il faut s’y prendre de la manière suivante : on diminue le cube des vieux bois d’un volume a que lon transfère au volume des bois moyens, de telle sorte que l’on ait :
Vase Va — œ : 3 formule qui donne :
8V, — 5Va =
dans laquelle V; représente le volume inventorié des vieux bois, V, le volume inventorié des bois moyens ; le volume (a) déterminé par cette formule est constitué par les tiges classées d’abord dans les vieux bois, et ayant dans cette classe les plus faibles diamètres.
On calcule la possibilité, c’est-à-dire le nombre de mètres cubes à exploiter chaque année pendant le laps de temps considéré, en ajoutant au volume (V, — a) définitivement classé parmi les vieux bois, l'accroissement probable pris par ce volume jusqu’à l’époque de l'exploitation, et en divisant le total obtenu par le chiffre exprimant le tiers de la révolution.
En agissant ainsi, on enrichit la forêt, mais il faut s’assurer que l’état de végétation des arbres ayant les catégories de diamètre qui dépassent le moins les deux tiers de la dimension d’exploitabilité, leur permet de vivre encore plus du tiers de la révolution.
20 Jl y a manque de vieux bois. — Si on applique la formule
LM qui suppose que Ms a
V2 3 on doit s'attendre à ce qu’il y ait plus tard une élévation de rendement.
Pour maintenir le rendement soutenu, on peut agir d’une façon analogue, mais inverse ; il faut s’y prendre de la manière suivante : on augmente le cube des vieux bois d’un volume & que l’on distrait des bois moyens, pour le transférer aux vieux bois, de telle sorte que l’on ait :
donnée précédemment : P —
PEUR Va formule qui donne :
Le volume b, déterminé par cette formule, est constitué par les tiges classées d’abord dans les bois moyens, et ayant dans cette classe les dimensions les plus fortes.
On calcule la possibilité en ajoutant au volume (V, + b) définitivement classé parmi les vieux bois l’accroissement probable pris par ce volume jusqu’à l’époque de l’exploitation, et en divisant le total obtenu par le chiffre exprimant le tiers de la révolution.
En agissant ainsi, on appauvrit la forêt en gros bois, et il y a lieu d'examiner si les catégories des bois d’âge moyen, présentant les plus fortes dimensions, peuvent être à la rigueur exploitées sans faire de trop grands sacrifices dans le temps affecté à la réalisation des vieux bois.
d. Marche des exploitations. — La possibilité calculée, il faut régler la marche des exploitations. On classe les parcelles en deux groupes :
Premier groupe. — Parcelles dont on entreprend ou poursuit la régénération, c’est-à-dire dans lesquelles on se propose de faire pendant le temps que concerne le plan d’exploitation (dix à vingt ans) des coupes d’ensemencement, secondaires ou définitives ; ces parcelles ne forment pas nécessairement un seul tenant.
306 PRATIQUE SYLVICOLE.
Deuxième groupe. — Parcelles dans lesquelles on ne doit faire pendant le même temps, que des coupes d'amélioration (1).
Après avoir effectué la répartition des parcelles en deux groupes, on fixe dans chacun d’eux la succession probable des opérations, d’après une reconnaissance faite sur le terrain et on s’occupe de régler la marche des coupes dans chaque groupe; dans le premier groupe, on doit se borner à indiquer l’ordre probable des coupes de régénération ; on ne peut faire plus, puisque la production et le développement plus ou moins rapide des semis sur tel ou tel point, ne peuvent être déterminés à l’avance.
Dans ces parcelles du premier groupe, il est généralement bon de prévoir des coupes d’extraction de vieux arbres ou de bois dépérissants, surtout dans les forêts résineuses. On dresse alors, à cet effet, un tableau indiquant année par année les parcelles de ce premier groupe devant être parcourues par les coupes d'extraction.
Dans les parcelles du second groupe soumises à des coupes d'amélioration, la marche des coupes est réglée par contenance ; on indique donc, année par année, les parcelles à parcourir.
e. Application de la possibilité (2). — Chaque année, on commence par reconnaître les chablis qui ont pu se produire dans toute la forêt ; on déduit leur volume de la possibilité ; ce qui reste indique le nombre de mètres cubes à enlever pendant année en coupes d’amélioration ou de régénération.
On se rend alors dans les parcelles désignées par le tableau de la marche des coupes d'amélioration (deuxième groupe) et on fait dans ces parcelles les éclaircies voulues par les règles de culture, et les extractions des vieux bois qui doivent tomber en raison de leur état ; on défalque le volume ainsi abattu de ce qui reste de la possibilité.
Enfin le surplus de la possibilité est recruté en coupes de régénération (premier groupe), c’est-à-dire en coupes d’ensemencement, en coupes secondaires ou définitives suivant l’état des parcelles en régénération.
(1) Éclaircies et extractions de vieux arbres. (2) Pour appliquer la possibilité, il faut faire usage des tarifs qui ont servi à dresser l'inventaire.
A la fin des dix ou vingt ans pour lesquels le règlement d'exploitation a été dressé, on procède dans les parcelles, et sans les modifier, à de nouveaux comptages ; à l’aide de ces nouveaux comptages, on détermine à nouveau la possibilité, et on refait la répartition des parcelles en deux groupes, remettant dans le second groupe les parcelles dont la régénération se trouve terminée et les remplaçant dans le premier groupe par des parcelles dont la régénération doit être entreprise d’après l’état des peuplements.
La comparaison des nouveaux comptages avec les comptages effectués précédemment permet de faire les opérations avec plus de certitude et de précision.
Application de la méthode. — Nous prendrons comme exemple, une belle forêt de sapin et épicéa, située à 800 mètres d’altitude sur les plateaux du Jura.
Cette forêt, d’une étendue de 380 hectares, est divisée en 25 parcelles d’une étendue moyenne de 15 hectares.
Inventaire du matériel. — Les arbres sont dénombrés à partir de 0,80 de tour à 1,30 du sol.
Le nombre des arbres dénombrés est de 95 159 ; leur volume est de 200 022 mètres cubes.
Pour obtenir ce cube, on a opéré de la façon suivante : après avoir mesuré tous les arbres ayant 0,80 et plus de circonférence à 1",30 du sol, on a apprécié leur hauteur moyenne pour chaque catégorie de circonférence ; puis, leur appliquant le tarif en usage pour la forêt, on a déterminé le volume des tiges qui a été augmenté de 1/10 pour tenir compte du houppier. Les petits bois ayant moins de 07,80 de tour à 1",30 du sol n’ont pas été compris dans le dénombrement.
Règlement d'exploitation. — Ce règlement d'exploitation est établi pour une durée de vingt ans.
Dimension d’exploitabilité. — Dans la forêt considérée, l'arbre ayant atteint 2M,40 de circonférence mesure prise à 1",30 du sol est considéré comme exploitable, et l'expérience prouve que dans cette forêt la moyenne de l’âge des arbres qui ont atteint cette dimension est de cent soixante ans. Ce chiffre 160 est celui qui est adopté pour la durée de la révolution.
Détermination de la possibilité. — D'après les chiffres précédents, sont classés : dans la catégorie des jeunes bois, toutes les tiges ayant moins de 0,80 de tour à 1",30 du sol ; dans la catégorie des bois moyens les arbres qui ont de 0,80 à 1M,40 de tour ; dans la catégorie des vieux bois, ceux qui ont plus de 1",40. Les comptages ont permis de déterminer les chiffres suivants :
308 PRATIQUE SYLVICOLE.
Bois moôyens-£ 4:22 73916 mètres cubes.
Vieux'boise 20e 126 106 — Total asov.rtire 200022 mètres cubes.
Si on compare le volume des vieux bois au volume des bois moyens,
126 106 : ; on trouve que le rapport est de 73916 — 1,70, soit sensiblement
égal à celui de 5 à 3 qui est 1,666.
Mais dans le cube des vieux bois figure un certain nombre de tiges de 3 mètres et plus de circonférence dont l'exploitation est urgente ; le cube de ces bois a été mis à part sous la rubrique: vieux bois surannés à exploiter d'urgence en dehors de la possibilité, et il résulte de cette situation que l'inventaire doit être établi de la façon suivante :
BOIS MOYENS HE TES Mr. Ar PE SP v 73916 mètres cubes.
Vieux bois proprement dits (ayant plus de 116285 1,40 et moins de 3 mètres de tour)......
Bois surannés (ayant plus de 3 mètres de) 9621 TOUL A ASS DU SD) SR ER AE Re 5
POI AR SR AR: 200022 mètres cubes.
La comparaison est dès lors faite seulement entre le volume des
: ‘ 116 485 vieux bois proprement dits et celui des bois moyens : 73 916 — 1
Dee rapport inférieur à 3 (soit 1,6666.)
Pour calculer la possibilité, on doit faire passer de la classe des bois moyens dans celle des vieux bois un volume a calculé de la façon suivante :
Ge —— — 2508 mètres cubes,
et ce volume a est obtenu en prenant les tiges de plus forte dimension dans la classe des bois moyens.
Le total des arbres de 1,40 de tour, bois les plus gros de la classe des bois moyens étant de 2 515 mètres cubes, on adopte ce chiffre et dès lors le volume des arbres classés définitivement dans les vieux bois, est de :
116 485 + 2 515 — 119 000 mètres cubes.
C’est ce volume qui est à exploiter pendant le premier tiers de la révolution pour assurer un rendement soutenu.
Le calcul de la possibilité s’effectue dès lors de la façon suivante :
1° Calcul de l’accroissement moyen annuel passé : l’accroissement
moyen annuel passé est le quotient du volume total des arbres classés définitivement comme vieux bois, par l’âge moyen de ces bois ; or, cet âge moyen ne peut s’établir qu’en se reportant aux calepins de dénombrement et à la constitution de la classe définitive de vieux bois ; il est variable suivant les circonstances ; pour l'obtenir, il faut, en réalité, prendre la moyenne arithmétique des âges de tous les bois de chaque catégorie de diamètre qui entrent dans le cube total de tous les arbres, définitivement classés dans les vieux bois.
Dans l'exemple que nous avons choisi, le calcul précédent, fait sur le relevé des opérations, donne pour tous les arbres définitivement classés dans les vieux bois, un âge moyen de cent trente-trois ans.
Dès lors, l'accroissement annuel moyen passé est de 894 mètres cubes en chiffres ronds.
L’accroissement probable des vieux bois s’en déduit pour un sixième de la révolution, il est de :
160 É 894 X ee 23840 mètres cubes.
La somme du volume des arbres classés définitivement dans les vieux bois, 119,000 mètres cubes, et de leur accroissement probable jusqu’à leur exploitation 23 840 mètres cubes donne 142 840 mètres cubes : c’est le volume qui doit tomber pendant le premier tiers de la révolution.
La possibilité annuelle, ou volume à couper chaque année,est de
Mais en outre de ce volume, on doit réaliser dans les vingt premières années, les 9 621 mètres cubes de bois surannés mis à part, soit par
an ee — 481 mètres cubes en chiffres ronds.
— 2 678 mètres cubes.
Pendant les vingt premières années, on a donc à exploiter par exception un total de 3 159 mètres cubes. C’est la possibilité annuelle prévue par le règlement d’exploitation pour une durée de vingt ans.
Marche des exploitations. — Le tableau de la marche des exploitations classe les parcelles en deux groupes.
Premier groupe. — Parcelles n°5 6 à 15, qui sont celles dans lesquelles doit être achevée, continuée ou entreprise la régénération.
Deuxième groupe. — Parcelles 1 à 5 et 16 à 25.
Marche des coupes d'amélioration. — Les coupes d'amélioration sont de deux sortes : ce sont des éclaircies et des enlèvements de vieux bois.
Ces coupes sont effectuées suivant l’ordre indiqué dans un tableau dressé à cet effet.
Observation. — Notons ici, à titre de renseignement approximatif, que les frais d'inventaire d’une forêt bien peuplée atteignent rarement
1 franc par hectare, si lon ne compte pas les arbres avant moins de 0m,20 de diamètre.
L'opération peut être effectuée par quatre préposés et un pointeur ; dans une futaie renfermant de 350 à 450 mètres cubes à l’hectare, on estime que cette équipe peut opérer le dénombrement de 20 hectares par jour.
Septième cas. — Futaies jardinées. — I’aménagement des forêts jardinées se fait tantôt par volume, tantôt par pieds d'arbres.
19 Méthode par volume. — a. Division en parcelles. — Pour aménager par volume une futaie jardinée, on commence par la diviser en parcelles comme dans le procédé précédent.
D. Révolution. — Comme pour les forêts précédentes, on détermine la dimension (diamètre ou circonférence) de l'arbre exploitable, et on se rend compte du temps nécessaire aux arbres de la forêt pour acquérir cette dimension. Ce nombre d’années donne ce qu’on appelle la révolution.
c. Inventaire. — On dresse l'inventaire du matériel sur pied à partir des arbres avant atteint 0mM,20 de diamètre, et on divise les bois inventoriés en catégories comme dans le cas précédent.
d. Possibilité. — On fixe de même la possibilité comme dans le cas précédent. Les notes de l'administration des eaux et forêts prescrivent cependant, par mesure de prudence, de ne pas tenir compte de l’accroissement des vieux bois pendant la durée de leur exploitation.
e. Marche des coupes. — La possibilité calculée, il convient de fixer la durée de la rotation, c’est-à-dire le temps qu’on mettra à parcourir entièrement la forêt en jardinant. La rotation sera autant que possible un sous-multiple du tiers de la révolution (soit de six à quinze ans).
On règle ensuite la marche des coupes pendant la première rotation, c’est-à-dire que l’on indique l’ordre dans lequel les parcelles seront atteintes par les coupes annuelles pendant cette première rotation.
Î. Application de la possibilité. — Chaque année au printemps, on commence par dénombrer les chablis sur toute Pétendue de la forêt, ne faisant entrer dans le cubage que
les tiges ayant atteint le tiers de la dimension d’exploitabilité. On déduit ce cube de la possibilité et le surplus se recrute dans la coupe de jardinage de l’année.
Observation. — Le règlement des exploitations ne s’établissant- que pour une rotation, à l’expiration'de cette première rotation, on refait l'inventaire et on procède à nouveau à la détermination de la possibilité.
Enfin, en appliquant l'aménagement, il faut avoir soin de diriger les opérations de manière à parcourir toute la forêt pendant la durée de la rotation,
20 Méthode par contenance et par pieds d'arbres. — On détermine le nombre d’arbres à enlever en jardinant, par hectare et par an ; on fixe la durée du temps nécessaire pour parcourir toute la forêt, c’est-à-dire la durée de la rotation; on délimite ces coupons sur le terrain et on détermine l’ordre dans lequel seront parcourus les coupons à raison de un par an.
Nous renvoyons, en ce qui concerne l’application de cette méthode, au «traitement des bois en France », par M. Broilliard, où cet auteur définit, suivant les cas, le nombre d’arbres à enlever.
30 Méthode par volume et par contenance (procédé Gurnaud). — Le matériel de la forêt est divisé en matériel principal, qui se compose des tiges des arbres de futaie à partir de 0,20 de diamètre à 12,30 du sol, et au-dessus, et matériel accessoire, comprenant le sous-bois, et le branchage des futaies.
Les coupes doivent revenir souvent sur le même point (par périodes de six à dix ans), et le cube total à exploiter dans la forêt pendant la durée de chaque période doit être égal à l’accroissement du matériel principal pendant toute la période précédente. Cet accroissement est constaté dans la pratique par des mesurages directs du matériel principal.
Pour faciliter l'application du procédé, on partage la forêt en divisions de contenances sensiblement égales, dont les inventaires sont établis séparément au commencement de chaque période. Chaque année on parcourt un nombre entier de ces divisions (de façon à tenir toute la forêt pendant la période) et on y enlève, en matériel principal, un cube égal à laccroissement annuel moyen de la forêt pendant la période précédente
312 PRATIQUE SYLVICOLE.
(quotient de l'accroissement total du matériel principal par le nombre d’années de la période).
Opérations communes à tous les aménagements. — A. Plan. — On ne peut entreprendre l'aménagement d’une forêt sans en avoir le plan.
B. Statistique. — Il est indispensable de connaître d’une façon générale les faits qui intéressent l'exploitation de la forêt ; ces renseignements constituent la statistique générale et sont classés sous les rubriques suivantes :
1° Nom, situation et origine de la propriété ; 2° contenance générale ; contenance du soi boisé; vides et clairières ; 39 limites; 40 droits d’usage et servitudes; 59 configuration du terrain et hydrographie ; 60 sol; 79 climat ; 80 nature et état du peuplement ; 9° nature du traitement ; 10° produits ligneux : volume et valeur pendant les dernières années ; 119 routes, chemins et moyens de vidange ; 120 lieux de consommation.
On complète cette étude par tous les renseignements utiles sur : les impôts ; les frais de garde, de gestion ; les délits habituels ; les prix du bois, des travaux dans la localité, etc.
C. Division en séries. — Une série est un groupe de peuplements d’âges convenablement gradués, pouvant comporter le même mode de traitement.
Il faut donc commencer par faire le choix du régime à adopter, puis le choix du mode de traitement.
Le partage de la forêt en séries permet d’obtenir, dans la mesure du possible, le rapport soutenu, et de rapprocher les produits des divers centres de consommation. Ce partage en séries ne s'effectue que lorsqu'il s’agit de grands massifs boisés.
Les limites des séries doivent être naturelles ; sinon elles seront établies de façon à pouvoir servir à la vidange.
D. Dispositions complémentaires. — Tout aménagement doit être complété :
19 Par l'exposé des améliorations désirables pour son assiette pour les repeuplements, établissements de fossés, travaux nécessaires pour la vidange, etc.
20 Par l'examen comparé des produits annuels en matière
et en argent dans l’état actuel et après l'aménagement.
Comptes d'aménagement et de gestion. — Tout aménagement doit être contrôlé, et les résultats qu’il donne doivent être enregistrés ; il est donc indispensable d’ouvrir, dès sa mise en vigueur, des états ou registres, comptes ou carnet d'aménagement et de gestion, sur lesquels sont consignés chaque année ces divers résultats.
Le propriétaire particulier pourra utilement consulter à ce sujet les modèles publiés par la librairie Radenez, à Montdidier (Somme), sous le patronage de la Société forestière de Franche-Comté et de Belfort.
Rôle de l'agent opérateur. — La gestion d’une forêt implique divers actes extérieurs ou opérations qui ont pour but, les unes de désigner les arbres à abandonner à l’exploitation et les arbres à réserver, les autres d’exercer un contrôle et une vérification des exploitations.
La direction de ces opérations appartient à l’agent opérateur, propriétaire ou régisseur qui seul connaît réellement le but qu’il se propose ; la manière d’agir varie avec les circonstances et avec les peuplements; nous avons indiqué, au cours de notre ouvrage, les principes qui doivent le guider en toutes circonstances ; pour diriger l'opération, il doit connaître les règles et les éléments de la sylviculture ; nous n’avons pas d’autre conseil à lui donner.
Quant à la pratique des opérations, l’agent doit employer des aides, gardes ou auxiliaires dressés au métier (1). Pour éviter des erreurs et des mécomptes, il est nécessaire de pro-
(1) Un agent qui dirige une opération exécutée par quatre gardes par exemple, ne peut surveiller lui-même tous les détails de l'opération et diriger quatre hommes inexpérimentés ; mieux vaudrait faire le travail tout seul que d'avoir à rectifier sans cesse des fautes commises. Dans un bon service, les jeunes gardes sont formés au cours de leurs tournées par un vieux garde ou un bon brigadier, et tous doivent connaitre leur métier. L'agent qui dirige peut alors donner tous ses soins à l'opération proprement dite, c'est-à-dire au choix des arbres et à l'application des rèzles culturales. Le reste va tout seul et c’est une condition indispensable, si l’on veut que le
personnel ne soit pas énervé par des opérations trop longues et par suite fastidieuses et mauvaises.
A. FRON. — Sylviculture. 18
314 PRATIQUE SYLVICOLE.
céder avec ordre ; c’est à ce point de vue que nous appellerons Pattention sur le rôle et le devoir des gardes pendant les opérations.
Rôle des gardes auxiliaires. — D'une façon générale les gardes qui collaborent aux opérations, doivent se pénétrer des instructions qui leur sont données, les comprendre et s’appliquer à les exécuter ponctuellement. Avant de commencer, ils doivent s'assurer que les marteaux, les griffes, les compas, les chaînes ou roulettes, etc., sont en bon état, car rien n’est mauvais comme de voir un garde faire arrêter une opération pour des détails de ce genre ; il est souvent d’usage, pour des martelages un peu longs, d’avoir en poche une pierre à aiguiser ou une lime pour réparer les brèches qui seraient faites au taillant des marteaux. Un bon garde, d’ailleurs, n’est jamais pris au dépourvu par des accidents de ce genre.
D'une façon générale aussi, les gardes ne doivent jamais marcher au hasard ; si le travail n’est pas bien réparti, on laisse des places entières sans les visiter. A cet effet, la méthode employée consiste à diviser la surface à parcourir en votrées, c’est-à-dire en bandes parallèles, limitées sur la droite et sur la gauche par des lignes tracées à l'avance ; ces lignes doivent autant que possible être droites et jalonnées (chaque jalon est rendu visible à l’aide d’un morceau de papier qu’on fixe à son extrémité supérieure). Sous bois, elles sont indiquées par de très légers blanchis faits aux perches du taillis ; souvent même on se contente de couper des tiges de petite dimension, ou de briser ou courber quelques branches secondaires. Ces virées sont, autant que possible, dirigées dans le sens de la longueur, et en montagne, perpendiculairement à la pente ; elles présentent une largeur dépendant de la nature de l’opération et du nombre de préposés qu’on y emploie, et on doit s'arranger pour que le travail soit fait en une seule fois dans chaque virée par les préposés espacés et marchant en ligne. Dans les balivages, on peut compter en moyenne une largeur de 8 à 10 mètres par marteau.
Pour que lopération, faite par plusieurs gardes, s'effectue sans erreur, il est nécessaire que ceux-ci marchent en ordre, non pas de front, mais en écharpe. A cet effet, l’un des gardes
(celui de droite ou de gauche suivant les cas) est désigné comme guide ; il part le premier au début de l'opération et s’appuie contre une ligne de coupe ou une ligne jalonnée, qu’il est même bon de faire suivre par un jalonneur quand on dispose d’un homme de plus; il travaille sur un espace d’environ 8 à 10 mètres en largeur, et sert de guide à son voisin, en le devançant légèrement ; ce dernier est ainsi à même de savoir ce qu'a fait son guide, et ne s’occupera pas des arbres examinés par lui; les gardes suivants opèrent de même, restant légèrement en arrière de leur voisin du côté du guide. En outre, il est indispensable que les blanchis de réserve ou d'abandon, ou toute autre marque, griffages, etc., soient faits sur les arbres du côté opposé au guide, de manière qu'un garde quelconque voie nettement ce qu’a fait son voisin du côté du guide. Quand une virée est achevée, les gardes font une conversion, pivotent
de manière que les bords des deux virées consécutives soient
parcourus par le même homme ; cet homme se rappelle alors, le cas échéant, ce qu’il a marqué dans la précédente virée, chose utile lorsqu'il y a lieu de choisir entre deux arrbes rapprochés, non compris dans la même virée.
En opérant autrement, on s'expose à oublier des arbres, ou même, chose plus grave dans un balivage par exemple, à appeler deux fois un même arbre de réserve.
Opérations relatives à la désignation des arbres. — Dans une opération, on peut désigner soit les arbres à réserver, soit les arbres à abattre ; la marque est dite dans le premier cas en réserve, et dans le second en délivrance. Cette marque s'effectue à l’aide d’un marteau et l'opération consiste à faire un ou plusieurs blanchis sur l’arbre, à des endroits désignés à l’avance, et à apposer sur ces blanchis l'empreinte du marteau (1).
En général, on appelle hbalivage l'opération qui consiste à
(1) Les blanchis doivent être faits avec soin ; assez profonds pour faire sauter l'écorce, et permettre de mettre l'empreinte du marteau en plein bois, mais pas assez pour détériorer l'arbre. Plusieurs propriétaires préfèrent au marteau un sigre apparent fait à la peinlure autour de l’arbre, spécialement pour la marque de jeunes réserves. Si la surveillance est suffisante, et si le propriélaire n'a pas à redouter la fraude, le procédé est bon; il a l'avantage de ne pas détériorer la patte des jeunes arbres.
frapper du marteau les divers arbres qu’on réserve, et martelage l'opération qui consiste à frapper du marteau les arbres qu’on abandonne à l'exploitation ; suivant les cas on marque ainsi en réserve ou en délivrance. Enfin les désignations d’arbres, soit à réserver, soit à abattre, soit à compter, s’effectuent parfois à l’aide d’une simple griffe ; l'opération devient alors un grifjage.
Dans toute opération de ce genre, le garde doit avoir soin de ne jamais appeler un arbre, avant de lavoir marqué des empreintes convenues; sinon, il s'expose à oublier de le marquer après l'avoir appelé, si son attention est distraite à ce moment ; l'inverse, il est vrai, serait possible, mais en opérant toujours de la même façon, le garde est beaucoup moins exposé à commettre une erreur ; d’ailleurs on doit absolument exiger que tout arbre marqué soit immédiatement appelé (1).
Balivages.— Le garde du triage doit visiter sa coupe en tous sens, de manière à la connaître à fond ; il doit pouvoir fournir sur elle tous les renseignements que lui demandera l’agent directeur des opérations (voir Estimations). Le balivage consiste à marquer en réserve les arbres à conserver ; en règle générale, on adopte les procédés conventionnels suivants : les brins de l’âge, appelés baliveaux, sont marqués d’une empreinte au pied ; pour éviter de détériorer des arbres d’avenir encore très jeunes, il est bon de se contenter de les griffer. Les modernes sont marqués à l’aide de deux blanchis rapprochés, mais distincts et séparés par deux doigts d’écorce ; on appose sur chaque blanchis l'empreinte du marteau ; les anciens, bisanciens, etc., sont marqués à l’aide d’un long blanchis sur lequel on appose trois empreintes distinctes du marteau. Ces diverses marques, bien que prenant du bois, sont réduites au strict nécessaire afin de ne pas endommager la tige destinée à rester sur pied. Les blanchis doivent être faits aussi bas que possible sur la patte de l’arbre, et de préférence sur lempâtement des premières racines, lorsque cela est possible.
Les arbres non réservés, c’est-à-dire abandonnés à l'exploitation (ce qu’on appelle abandon), sont désignés par un large blanchis au corps, c’est-à-dire à 1,50 au-dessus du sol ; mieux encore et pour les rendre plus visibles, par deux miroirs opposés ; nous conseillons même, dans le but d’éviter la fraude, d’apposer sur ces blanchis empreinte du marteau, ce qui n’allonge pas l'opération et rend efficace la surveillance au moment des exploitations, et dans certains cas de les numéroter.
Tenue du calepin.—Chaque pays a ses habitudes pour appeler
(1) Cette manière de procéder évite aussi les fraudes, ou tout au moins elle permet à un brigadier attentif de les réprimer immédiatement.
ou crier les arbres réservés ou abandonnés ; il y a lieu toutefois d’exiger que tous les gardes adoptent la même méthode d’appeler. Les dimensions des arbres abandonnés doivent être appelées en même temps que l’arbre ; quant aux réserves, nous ne saurions trop conseiller de profiter des balivages pour noter le diamètre (ou la circonférence) des modernes et des anciens. Les calepins ainsi tenus sont très précieux à consulter plus tard quand on veut se rendre compte du matériel existant en forêt. Certains propriétaires vont même jusqu’à faire numéroter ces arbres, tout au moins les anciens, ce qui rend les contrôles plus faciles. Enfin, nous répétons qu'un garde ne doit crier qu’après avoir marqué et mesuré l’arbre. Il doit appeler distinctement en se tournant du côté de l’agent pointeur, et en évitant d'appeler en même temps qu’un voisin. Si, pour une cause quelconque, il appelle une seconde fois le même arbre (par exemple sur la demande du pointeur), il doit toujours ajouter le mot « répété » afin de prévenir le pointeur.
Les calepins destinés à inscrire les résultats de l’opération doivent être préparés à l’avance, afin que l’opérateur n’ait plus qu’à pointer au fur et à mesure des appellations. Des calepins tout préparés pour ce genre d'opérations existent dans le commerce. Le pointage s’effectue par dizaines, suivant la méthode courante.
Après l'opération, l'agent directeur doit arrêter ses calepins, puis procéder à l'estimation comme il sera dit ultérieurement ; enfin, il doit noter sur son calepin tous les renseignements relatifs aux limites, aux chemins de vidange à imposer à l’adjudicataire, aux travaux à 1mposer sur la coupe, etc. Ces renseignements doivent lui être fournis à ce moment par le garde du triage, et il est d’usage que ce garde prépare à cet effet une note qu’il remet à l’agent.
Martelages.— Lemartelage consiste à marquer en délivrance les arbres à abattre, et dans ce cas certaines précautions sont nécessaires, car la marque à la patte (pied de l'arbre) doit, comme contrôle, être représentée après l’exploitation ; si donc l’arbre à marquer est en versant, la marque à la racine doit être en dessous ; si cet arbre est près d’une route, d’un glissoir, d’un passage fréquenté par les attelages, il faut éviter que les blanchis soient du côté de cette route, de ces passages, etc. C’est une dérogation à la règle qui consiste à marquer du côté opposé au guide.
Dans les futaies, tout arbre marqué en délivrance doit être frappé du marteau sur un large blanchis, à la racine d’abord, puis au corps ensuite : C’est une sage précaution d’opérer toujours ainsi, Car on a vu des gardes marquer au corps, puis s’en aller en oubliant la racine ; les blanchis doivent mordre dans l’aubier et les copeaux détachés, mutilés au besoin, sont jetés au loin afin de ne pouvoir servir à dissimuler la marque.
Tout garde, avant de marteler un arbre, doit l’examiner avec soin, pour voir si, d’après les instructions qu’on lui a données, il est bien désigné pour être exploité; jamais un garde ne doit se presser pour
318 PRATIQUE SYLVICOLE.
procéder à de telles opérations, et les meilleures opérations sont les plus lentes.
Si on délivre un arbre double, c’est-à-dire formé de deux tiges confondues en partie par le pied, il faut, s’il y a deux cœurs, double marteage et double criée.
Les arbres que l’on marque comme témoins sont frappés au corps seulement, à 1,50 ou 2 mètres de hauteur, et sur un léger blanchis fait à l'écorce ; il est souvent d’usage de les entourer d’un anneau en paillis ou en mousse, pour les rendre bien visibles.
La manière d'appeler varie suivant les pays. Tantôt on appelle ies circonférences, tantôt les diamètres. Parfois le garde apprécie la hauteur de chaque arbre ; parfois l'opérateur les estime seul, et par catégories de grosseurs. Dans certains lieux, on évalue lerendementapproximatif de la tige ; dans d’autres, celui du houppier, etc. ; tout dépend du but qu’on se propose et des habitudes locales.
Estimation d’une coupe. — l'estimation d’une coupe est faite par les agents ou régisseurs, d’après les données du balivage ou du martelage ; toutefois c’est au moment de l'opération que l’agent estimateur doit réunir les éléments de son estimation et les mentionner sur son calepin.
Pour l'aider dans cette tâche, un garde sérieux doit lui fournir certains éléments d'appréciation ou de contrôle, qu’il recueille pendant lannée en suivant les exploitations des coupes de son triage. À cet effet, le garde peut tenir note exacte et détaillée des produits qu’on tire de ces coupes, par nature, par catégories de marchandises : il peut prendre note des marchés intervenus, des lieux d’expédition, des frais d’abatage, façonnage, empilage, transport, des prix de vente en forêt et hors forêt, etc. ; en un mot, il recueille sur place tous les renseignements qui peuvent permettre d'apprécier la valeur des produits d’une coupe, ainsi que le rendement vrai d'opérations connus.
La comparaison du rendement d’une coupe avec l’estimation qu’il en a faite préalablement constitue, pour un estimateur, le moyen le plus pratique de se former le coup d’œil et d'arriver dans une région donnée à desestimations aussi approchées que possible.
En pratique, avant tout balivage, l'agent opérateur doit se faire remettre pour chaque coupe à titre d'indication et sous forme de note, réponse à tout ce qui est énuméré ci-après :
Forêt de... ; canton de... ; lot n°... ; âge... ; vides... ; essences par dixième... ; limites au nord... a Fest... au sud...:: AlOQUESE chemins de vidange à désigner... ; produits présumés du taillis à l’hec- LAre ; produits présumés pour toute la coupe... ; écorce : rendement... ; qualité... ; futaies : qualité... ; prix à appliquer aux diverses unités pour les bois façonnés sur le parterre de la coupe... ; prix d’abatage et de façonnage des divers produits de la coupe...
Comptage d'un matériel sur pied. — Les comptages s'effectuent pour apprécier exactement le matériel ligneux qui couvre une étendue déterminée. Ils servent généralement de base à l'aménagement des futaies, à l’estimation de la superficie d’une forêt. Ces travaux varient suivant les circonstances ; tantôt ilsportent sur toutes les tiges, tantôt seulement sur une partie, par exemple sur celles qui constituent le peuplement principal, qu’on désigne à partir d’une certaine grosseur ; parfois sans distinction d’essences, parfois en tesdistinguant ; tantôt en appréciant les circonférences, tantôt lesdiamètres, soit exactement, soit par catégories (les circonférences de 0m,20 en 0,20 ou de 0,25 en 0,25 ; les diamètres de 0m,05 en0m,05), etc., etc. Aussi est-il impossible de donner des instructions générales.
En ce qui concerne les gardes, ils doivent : 1° bien se pénétrer des instructions et indications qui leur sont données par l'opérateur ; 20 S'ils sont plusieurs compteurs, marcher non pas de front, mais en écharpe ainsi qu’il a été dit précédemment ; 3° suivre dans ce travail l’ordre ci-après : mesurer la grosseur, puis griffer ou blanchir du côté opposé au guide, et en dernier lieu appeler l’arbre en question.
Quant aux pointeurs, leurs calepins doivent être préparés à l'avance, en prévision des diverses appellations des gardes. Nous donnons cidessous un exemple, en supposant que les gardes appellent les diamètres moyens à 1",30 du sol, de 5 en 5 centimètres, et les hauteurs, Pour tenir le calepin, on prend note des dimensions de chaque arbre par un point sur la ligne et dans la colonne correspondant au diamètre et à la hauteur de l’arbre ; afin d'éviter toute confusion, ce qui est très important, attendu que chaque point représente une certaine valeur, on donne toujours aux points la disposition qu’ils ont dans le spécimen du carnet que nous reproduisons ci-dessous, en sorte que les arbres d’une même catégorie sont groupés par dizaines et se comptent ainsi:
NX . CS : = < = <= — Éd ./\e SRE MN Cd + Eu. à 6 y S 9 10 11
320 PRATIQUE SYLVICOLE.
Les huit points et les deux barres forment une dizaine ; dès lors il est très facile de compter le nombre d’arbres compris dans chaque colonne sans en omettre,et par suite de relever les résultats du carnet.
Dénombrements de produits. — Le dénombrement n’est qu’un comptage de produits exploités et façonnés d’après un certain nombre d'unités déterminées à l'avance. La préparation des calepins varie suivant les classifications et les catégories adoptées.
Nous nous bornerons à signaler que les gardes ne doivent appeler les diverses unités qu'après les avoir désignées d’une façon apparente, soit par un numéro, soit par un signe quelconque (par exemple, retourner en travers une des bûches d’un moule de bois qu’on va appeler). Les erreurs et omissions sont dès lors faciles à vérifier sans avoir à recommencer toute l'opération.
Récolements. — Ie récolement est une opération qui a pour but, dès qu’une coupe vendue est vidée, de s'assurer si l'exploitation est bien faite, s’il n’y a pas eu de délit commis et si l’adjudicataire a rempli toutes les clauses, charges et obligations de son marché. Cette opération change d’aspect suivant que la coupe a été marquée en réserve ou en délivrance. Il existe cependant certaines précautions communes à ces deux sortes d’opérations : le récolement doit être fait par le propriétaire ou son régisseur, avec l’assistance des gardes en présence ou en l’absence de ladjudicataire qu’il est utile de convoquer à l'avance.
Pour ces opérations, comme pour les martelages, les gardes doivent marcher avec ordre, par virées successives et légerement en écharpe ; ils doivent suivre, pour les vérifications, appels, ete., les instructions qui leur sont données par l’opérateur.
Pour la préparation et la marche de l’opération nous avons à distinguer deux cas :
a. Coupes marquées en réserve. — Le garde a dû, avant l'opération, dégager le périmètre de la coupe, le jalonner, surtout du côté des jeunes coupes, entourer d’un lien tous les arbres réservés (corniers, parois, témoins, anciens, modernes ; on néglige warfois les baliveaux) ; les modernes ont deux liens.
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322 PRATIQUE SYLVICOLE.
L'opération consiste à vérifier sichaque tige sur pied est bien merquée, puis à enlever le lien, la griffer et l'appeler, non d’après sa grosseur et son âge, mais conformément à sa marque. Pour faciliter les vérifications, il est d’usage de marquer les baliveaux et anciens d’un seul coup de griffe ; les modernes de deux coups parallèles. Si, pour une cause quelconque, on est obligé de recommencer l'opération, on reproduit les mêmes marques en croix avec les précédentes.
Ce griffage est toujours fait du côté opposé au guide ; il est nécessaire de signaler dans les criées les arbres non marqués de ceux qui le sont, les tiges brisées, renversées ou les chablis ; ie pointeur réserve sur son Calepin des colonnes spéciales à cet effet, correspondant à chaque catégorie.
b. Coupes marquées en délivrance. — T1 faut admettre que, pendant le cours de l'exploitation, le garde l’a suivie de près, et qu’au fur et à mesure de l’abatage, il a contrôlé les souches, vérifié si l'empreinte du marteau existait réellement. Toute souche reconnue en règle a dû recevoir de lui, au-dessus de empreinte du martelage, sur la section méme de la souche et non sur un blanchis latéral, un coup de son marteau particulier, noirci au besoin sur un tampon.
Avant le jour du récolement, l’adjudicataire ou le garde plante à côté de chaque souche et en face de l'empreinte du marteau, un léger jalon, rendu apparent, s’il y a des broussailles, des grandes herbes, etc., par un carré de papier.
L'opération consiste à vérifier de nouveau les empreintes des souches, au fur et à mesure que les gardes les rencontrent, en marchant en ligne, par virées ; chaque souche reconnue est marquée d’une empreinte du marteau sur la souche ; le garde enlève le jalon, puis appelle ; s’il y a doute sur la nature de l'empreinte, il convient d’en référer de suite à l'agent opérateur (1).
Pour apprécier la valeur d’un arbre, d’une coupe ou d’un peuplement, autrement dit pour faire une estimation, il faut savoir déterminer le rendement en matière, c’est-à-dire en boisd'œuvre, en bois de feu, en produits de toute nature que ces arbres ou peuplements sont susceptibles de donner.
L’estimation en argent consiste à appliquer à ces résultats les prix correspondants.
Nous nous proposons d'examiner successivement lesti.
(1) Une partie des renseignements qui précèdent relativement au rôle et devoir des gardes pendant les opérations, sont extraits des articles faits par M. Pardé dans l'Agenda du forestier.
mation en matière ou les principes de cubage, et l'estimation en argent.
{° Estimation en matière; principes de cubage.
S 1. — Cubage des bois abattus. — Les bois abattus se décomposent : en bois d'œuvre fourni par le tronc et quelques branches principales : — en bois de chauffage et bois à charbon ou charbonnette, fournis par les parties de la tige et des branches impropres au bois d’œuvre, et par le houppier ; — en fagots et bourrées, composés de menus bois qui n’ont pas pu être compris, à cause de leurs faibles dimensions ou de leur forme; dans la charbonnette ; — en produits spéciaux, demandés par le commerce dans des conditions déterminées par une utilisation locale.
Bois d'œuvre.— Les gros bois, ou bois d’œuvre se mesurent de bien des manières, suivant les usages, les habitudes ou les traditions des localités. Mais il y a lieu de distinguer Les bors en grume et les bois équarrts.
Cubage des bois en grume. — Le bois en grume s'entend des bois ronds, revêtus de leur écorce. Ainsi considéré, le bois se prête à toute espèce de débit et d'utilisation.
Le cubage en mètres cubes grume devrait être le seul pratiqué, le procédé légal universel ; il peut s'appliquer à toute espèce de marchandises ; tout autre mode de cubage est affaire de conventions et d'habitude (1).
Le cubage en grume consiste à assimiler la tige considérée à un volume géométrique d’après les dimensions extérieures
(1) Nous appelons l'attention du propriétaire particulier sur les procédés de cubage en usage dans les différentes régions. Dans toute transaction, pour s'éviter des mécomptes, le mode de cubage doit être nettement déterminé ; les unités de volume qu'emploie le commerce, même lorsqu'elles sont exprimées en mètres cubes, ne sont pas les mêmes (mètre cube grume, mètre cube au quart sans déduction, etc.) ; il est par suite nécessaire de les préciser, car le mème arbre, cubé par le mème individu par des procédés exacts et admis dans le commerce, pourra donner un volume différent, bien qu'exprimé en mètres cubes, si la convention passée entre l'acheteur et le vendeur n'a pas précisé la méthode de cubage ; c'est ainsi qu'une mème personne, suivant qu'elle achète ou qu'elle vend, peut arriver à exprimer le volume d'un mème arbre par des chiffres différents; il lui suffit de choisir, suivant les cas, le procédé de cubage le plus avantageux.
324 PRATIQUE SYLVICOLE.
(longueur d’une part, et circonférence ou diamètre d’autre part) et à déterminer par le calcul ce volume géométrique.
On appelle décroissance d’un arbre la loi suivant laquelle ia grosseur de sa tige diminue de la base au sommet.
Si dans l’arbre, la décroissance était uniforme, la tige serait dans ce cas exactement assimilable à un tronc de cône, se rapprochant plus ou moins du cylindre ; mais en général la décroissance n’est pas uniforme sur toute la longueur. On admet cependant qu’elle l’est sur des longueurs partielles, de sorte que la tige peut être assimilée à une série de troncs de cône superposés l’un à l’autre. En réalité, il est plus exact de dire qu’elle est un paraboloïde de révolution ; et le volume exact de ce paraboloïde est le volume réel du tronc.
Dans la pratique, assimilant le volume de la pièce à cuber à un cylindre, on en mesure la longueur, et la circonférence (ou le diamètre) au milieu ; le volume ainsi obtenu dit volume cylindrique est donné par les deux formules suivantes :
a. En fonction de la circonférence au milieu GC et de la hauteur du tronc H (1).