PREMIER CAS. — FORÊT A EXPIOITATION PÉRIODIQUE REVENANT
TOUTES LES n ANNÉES SUR TOUTE LA SURFACE.— Nous avons à distinguer deux types :
Premier type. — Exploitation de peuplements d’un seul âge (tarllis simple, plantations, futaies régulières). — A l’âge prévu pour la récolte, les bois sont exploités en bloc, sur toute la surface de la forêt, autrement dit, toute la superficie est coupée ; elle constitue à ce moment la récolte, le revenu R fourni par la forêt toutes les » années. Rien dans la superficie ne doit entrer dans le capital! d'exploitation ; tout la matériel bois sur pied fait partie de la récolte qu’on obtiendra à n ans. C’est un cas très simple ; il n’y a pas de confusion possible entre le capital et le revenu.
Deuxième type. — Exploitation périodique à arbres de réserve, dont le type est le taillis composé. — Dans la superficie boisée, il faut distinguer la partie du matériel bois qui appartient au revenu, et celle qui est incorporée au capital d'exploitation. Pour analyser économiquement ce matériel, il est nécessaire d’établir le plan de balivage probable, d’après les indications du terrain ; ce plan de balivage est destiné à faire connaître le nombre d’arbres de réserve qu’on sera conduit à marquer lors du passage de la coupe, et par suite, le nombre d’arbres qu’il y aura lieu d’abandonner, tout au moins en principe, en supposant qu’on se propose de conserver la forêt dans le même état.
Pour établir ce plan de balivage à un moment quelconque avant l'exploitation, on compte toutes les réserves, auxquelles on donne le nom qu'elles auront sur la coupe Ib ble (T}:
Dans un taillis composé exploité périodiquement tous les trente ans par exemple, les résultats de l'opération de comptage sont pointés sur un tableau à deux entrées, l’une pour les diamètres, l’autre pour les hauteurs ; c’est une bonne mesure d’ordre, utile pour l'estimation du matériel sur pied.
Le total général de l’opération a donné par exemple :
Modernes 64 ; anciens 35 ; bisanciens 13 ; soit en tout 112 arbres sur toute la surface : autrement dit la réserve, ou balivage actuel, est composée de 112 arbres répartis en 64 modernes, 35 anciens et 13 bisanciens.
Pour conserver après l'exploitation la réesrve dans le même état, il est évident qu’on devra être guidé par les indications suivantes :
a. Le nombre de baliveaux à prendre dans le taillis et à marquer en réserve, lors du prochain balivage, doit être au moins égal au nombre des modernes quise trouvent sur la coupe avant cette opération (2).
(1) Un arbre marqué en réserve comme baliveau, lors du passage d’une coupe sera, au moment du complage fait ultér.eurement, considéré comme moderne, puisque, au passage de la coupe suivante, il sera appelé comme moderne à réserver ou à abandonner. De même pour les autres catézories.
(2) Il est nécessaire en pratique de conserver en surplus quelques baliveaux, pour tenir compte dans une certaine mesure du déchet, et permettre aussi un choix fulur ; de mème pour les autres catégories.
380 PRATIQUE SYLVICOLE.
b. Le nombre des modernes à marquer en réserve lors du prochain balivage doit être au moins égal au nombre des anciens quise trouvent sur la coupe avant cette opération.
e. Le nombre des anciens à marquer en réserve lors du prochain balivage doit être au moins égal au nombre des bisanciens qui se trouvent sur la coupe avant cette opération.
d. Quant aux bisanciens, on n’a pas à en marquer, si on ne garde pas dans la réserve d’arbres au-dessus de cette catégorie.
En ce qui concerne les arbres qui normalement doivent être abandonnés, le plan de balivage établi d’après les indications du terrain permet d’en calculer le nombre ; ce nombre est égal dans chaque catégorie, à la différence qui existe entre le nombre d’arbres existant, et celui des arbres à réserver.
Dans l’exemple choisi, il est donné par le tableau suivant :
La différence est à
Il en On en abandonner lors du prochain existe conserve passage de la coupe.
a Modernes. eee 6% 39 29 DANGERS Eee 39 13 22 vBISARCIeRS 2200 13 0 13 Total des arbres à abandonner ....... 64
On est bien certain qu’en marquant en délivrance lors du prochain balivage les différences entre chaque classe de futaies, c’est-à-dire 6% arbres (29 modernes, 22 anciens, 13 bisanciens), on laissera en réserve sur la coupe 48 arbres (35 modernes et 13 anciens) qui, alimentés par 6% baliveaux de l’âge du taïllis {avec quelques-uns en plus), reconstitueront les 112 tiges du début, et laisseront la coupe garnie de la même manière pour lexploitation suivante (1).
Le revenu cn matière à trente ans, c’est-à-dire la récolte à effectuer lors de l’exploitation, est dès lors constitué par les arbres de futaie abandonnés à l'exploitation (29 modernes, 22 anciens, 13 bisanciens) et par le taillis, dont il faut déduire les 64 baliveaux (et quelquesuns en plus) nécessaires pour assurer le maintien des arbres de réserve.
Le restant de la surperficie, c’est-à-dire 64 baliveaux à prendre dans le taillis, 35 modernes et 13 anciens, appartient au capital d’explottation ; la présence de ces arbres est toujours nécessaire pour maintenir la forêt dans Je même état.
Dans ce deuxième type, une partie de la superficie appartient au matériel d'exploitation ; cette partie est ce qu’on appelle en économie forestière le balivage.
Siun propriétaire modifie ce balivage, soit pour des raisons cul-
(1) Dans la pratique, on n'est pas toujours maître de faire ce balivage théorique ; l'analyse économique, basée sur la théorie, est nécessaire toutefoi:, pour permettre de se rendre compte du résultat d'un balivage, quel qu'il soit.
turales, soit pour des raisons économiques, par exemple s’il marque en délivrance plus de réserves que ne le prescrit le plan de balivage, il doit se rendre compte, qu’en augmentant aujourd’hui sa récolte, il diminue son capital; l’opération ; si elle est faite dans un but raisonné, peut être justifiée ; sinon, elle consiste à manger son fonds avec son revenu.
Dans ce deuxième type, il y a confusion possible entre le capital et le revenu, et la distinction ne peut être faite qu’en se reportant au plan de balivage ;: la détermination de ce plan de balivage est importante, et souvent délicate.
DEUXIÈME CAS. — FoRÊTS AMÉNAGÉES. — Dans les forêts aménagées, nous avons à considérer la suite non interrompue du matériel en croissance, et la coupe annuelle ; nous distinguerons deux types :
Premier type. — Exploitation aménagée de peuplements d'un seul âge ; rérolte à l’âge n. — Les (n—1) coupes âgées de 0 à (n—1) ans font nécessairement partie du matériel en croissance ; elles appartiennent au capital d’exploitation ; il est nécessaire de les conserver dans leur intégralité pour assurer le revenu annuel ; la n° coupe âgée de n années, constitue la récolte et par suite le revenu : il n’y à pas de confusion possible entre le capital et le revenu.
Il est facile de se rendre compte que ce capital d'exploitation devient d'autant plus important que l’âge d’exploitation est plus élevé.
Deuxième type. — Exploitation aménagée à arbres de réserve, dont le type est le taillis composé exploité à la révolution de n années. — Dans la superficie boisée, autrement dit dans les n coupes, il faut distinguer le balivage (baliveaux, modernes, etc.) ; on peut le définir dans chacune des n coupes, en considérant chacune de ces n coupes comme une exploitation périodique exploitée toutes les » années. Dans chacune de ces n coupes, le balivage nécessaire pour assurer le maintien des arbres de réserve, appartient au capital d'exploitation.
Dans les (n—1) coupes, où le taillis n’a pas encore atteint l’âge d'exploitation fixé par la révolution, le restant de la superficie (déduction faite du balivage) appartient au matériel en voie de croissance ; il doit encore être conservé intégralement, et fait partie du capital d'exploitation. Ce restant de la superficie comprend : le taillis, déduction faite des baliveaux qu’on y marquera en réserve, au moment de l'exploitation de chaque coupe ; — les arbres de réserve qu’on abandonnera au moment de l’exploitation de chaque coupe, et dont le nombre est donné par le plan de balivage de cette coupe.
Enfin dans la n° coupe, c’est-à-dire la coupe exploitable, la superficie, déduction faite du balivage, appartient à la récolte de l’année, et cette récolte comprendra : le taillis de cette n° coupe, déduction faite des baliveaux qu’on y marquera en réserve, et les arbres de réserve à y abandonner, dont le nombre est fixé par le plan de balivage de la n° coupe.
Dans ce deuxième type, une partie de la superficie constituée par les récoltes en croissance dans les (n—1) coupes jeunes, et le balivage dans les n coupes, appartient au capital d'exploitation.
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L'autre partie de la superficie constituée par les bois de la n° coupe (taillis et arbres de réserve), déduction faite du balivage de cette n° coupe, appartient à la récolte et constitue le revenu de la forêt. Dans ce deuxième type il y a confusion possible entre le capital et le revenu,
Il est facile de se rendre compte que le matériel d'exploitation devient, toutes choses égales d’ailleurs :
19 D'autant plus important que la révolution adoptée est plus longue :
20 D'autant plus important que la valeur des réserves conservées sur le taillis est plus grande.
TROISIÈME CAS. — EXPLOITATION A ARBRES D’AGES MÉLANGÉS. — Ce type de forêts, renfermant un mélange de tiges de tous âges, depuis le brin naissant jusqu’à l’âge exploitable, échappe à l'analyse. Ce n’est qu’en déterminant le revenu de la forêt par le contrôle, c'est-à-dire par des inventaires successifs permettant de déterminer exactement l’accroissement, lequel d’ailleurs est très variable suivant l’état du peuplement, qu’on pourra arriver à analyser économiquement le matériel réparti sur la superficie de la forêt.
Dans ce cas, il y a toujours confusion possible entre le capital et le revenu. Des exploitations qui ne sont pas réglées sur la production normale de la forêt peuvent tendre soit à exploiter plus que la possibilité, et par suite à attaquer le capital ou matériel nécessaire pour assurer cette production normale, soit à un résultat inverse.
Les deux facteurs que nous venons d’examiner successivement, fonds et superficie en tant qu’elle ne fait pas partie de la récolte, constituent le capital d'exploitation. Leur valeur, eu égard à l'emploi qu’en veut faire le propriétaire, forme le capital engagé dans l'exploitation forestière.
Le caractère particulier du capital ainsi constitué est d’être toujours en partie mobilisable, ce qui expose à des confusions fâcheuses avec le revenu, et par suite à des abus de jouissance ; par contre, toute fraction du revenu qu’on ne réalise pas, s’incorpore à ce capital et fonctionne avec lui, naturellement et sans frais.
Il est donc très important dans une exploitation forestière de bien distinguer ce qui est le revenu, qui doit être coupé, et ce qui est valeur génératrice, qui doit être laissé sur pied si l’on veut maintenir le statu quo dans la jouissance. Car autrement, si on réalise plus qu’autrefois, sans considérer cet excès de revenu comme semblable à un capital qu’il faudrait placer ailleurs, on use, à proprement parler, le fonds avec le revenu, tandis qu’au contraire, si on réalise moins qu'autrefois, on
laisse accumuler une valeur qui, dans certains cas, rapporte peu tandis que, réalisée et placée ailleurs, elle aurait pu mieux fructifier.
En matière de gestion forestière, il est essentiel :
19 De savoir distinguer ce qui est le maintien du statu quo, et, par là même, d'apprécier quand il y a excès de réserve ou de coupe ;
20 I)’avoir, dons ces deux cas, conscience de la nature et de l’importance de son acte.
Produit brut ; produit net. — L'ensemble des produits vendus ou utilisés par le propriétaire, exprimé en argent et rapporté à l’hectare, constitue le produit brut de l’exploitation forestière. Si de ce produit brut on déduit les frais de pro-
duction, on a le produit net.
19 Produit brut. — L'importance du produit brut d’une forêt normale est liée au volume de la récolte et à ses prix.
a. Volume de la récolte. — Le volume de la récolte qu’on peut demander aux forêts sans les appauvrir varie suivant les essences, Ja station (climat, nature du terrain, humidité, exposition, etc.), le mode de traitement cultural et l’âge d’exploitation.
Ces différents facteurs peuvent faire varier le volume de la récolte moyenne obtenue par hectare et par an dans des proportions très fortes ; là, un taillis simple situé en mauvais sol et exploité à de courtes révolutions n’est susceptible de donner qu’une faible production (par exemple, un mètre cube de matière ligneuse par hectare et par an) ; ailleurs la production sera beaucoup plus forte (par exemple,5 à 8 mètres cubes par hectare et par an, et même plus, dans certaines futaies à longue révolution). Les écarts de production de forêt à forêt sont très considérables ; toutefois, dans une même station et avec les mêmrs essences, la production en volume de matière ligneuse est & peu près constante, quel que soit l’âge d'exploitation.
b. Prix de l’unité de volume. — Les prix des diverses unités de volume de matière ligneuse dépendent de leur degré d'utilité et de leur abondance ou de leur rareté ; ils varient suivant les pays et les régions d’après l’offre et la demande et dans la même région avec les années.
Toutes choses égales d’ailleurs, on peut dire qu’en général, le prix de l'unité de volume grume, augmente avec l’âge d'exploitation, tout au moins dans certaines limites et sauf circonstances locales. Pour un arbre, considéré isolément, le prix à l'unité de volume de sa matière ligneuse croitra avec son diamètre ; pour un peuplement, le prix à l'unité de volume des produits en matière de ce peuplement croîttra avec le volume
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total et surtout avec la proportion en gros bois ou bois d'œuvre que ce volume contient.
Enfin, dans certaines régions, des utilisations spéciales, parfois des dimensions déterminées demandées par le commerce (étais ou perches de mine, sapins de sciage, etc.), feront varier le prix de l’unité de vo- Jume dans de fortes proportions.
En somme, le prix de l’unité de volume de matière ligneuse est très variable : il appartient au propriétaire de connaître dans la région qu’il habite les utilisations du bois aux âges divers et de voir l'application qu'il peut en faire en ce qui concerne le fonctionnement économique de son domaine boisé.
Ces deux facteurs, volume de la récolte et prix de l'unité de volume, en se multipliant, donnent des résultats très variables pour la production moyenne en argent d’une forêt par hectare et par an (3 francs dans certaines forêts de la Corse, 40 à 50 francs pour la moyenne générale des forêts de l'État, en y comprenant les plus pauvres forêts du midi, — 80 à 100 francs dans les conservations du Nord, — exceptionnellement jusqu’à 200 à 309 francs dans certaines futaies très riches du centre de ia France, par hectare et par an). On peut dire qu’en général et sauf le cas de circonstances locales dues à la difficulté des transports ou des débouchés et surtout à une demande avantageuse de produits déterminés, plus l’âge d'exploitation est élevé, plus le revenu brut annuel donné par les forêts par hectare et par an est considérable ; autrement dit, en culture forestière l'exploitation intensive, c’est-à-dire celle qui correspond au revenu brut le plus élevé, comporte des âges d’exploitation élevés.
29 Produit net. — Pour passer de ce premier résultat au produit net, il faut décompter toutes les dépenses.
a. DÉPENSES D’OUTILLAGE ET D'AMORTISSEMENT. — Telles sont les dépenses que nécessite la mise en valeur du domaine, comme la détermination des limites et leur fixation sur le terrain (frais de délimitation et de bornage), la confection du plan du domaine et de l’aménagement, les travaux nécessaires pour ouvrir et asseoir sur le terrain les lignes d'aménagement, la création ou l'amélioration des voies de vidange, l’établissement de rigoles, de fossés. ete. Ces dépenses de premier établissement sont d’ailleurs communes à toutes les surfaces rurales; on pourra se proposer, comme en agriculture, de les amortir en un temps donné par le prélèvement d’annuités fait chaque année
sur la récolte, et cette catégorie de dépenses rentre alors dans les dépenses annuelles et temporaires (1).
b. DÉPENSES D'ENTRETIEN. — Ce sont les frais d'administration, de gérance et de surveillance ; cette catégorie de dépenses est représentée par un salaire annuel et rentre dans les dépenses annuelles permanentes.
c. DÉPENSES POUR DISPOSER DE LA RÉCOLTE. — Ce sont, tantôt les salaires des ouvriers, ou le prix déterminé à l’avance par un contrat (exploitation directe), tantôt les frais de vente, de timbre et d’enregistrement des actes de publicité, etc.
Cette catégorie de dépenses est défalquée immédiatement du produit en argent des récoltes correspondantes.
d. ImporT FoNcIER. — Tout immeuble est frappé en France d’un impôt spécial, l'impôt foncier.
Pour se rendre compte en détail de l'impôt qui frappe une propriété non bâtie (bois), le propriétaire ne peut y parvenir qu’en se procurant l'extrait du folio de la matrice cadastrale où figurent les parcelles constitutives de sa propriété. Cet extrait est délivré par le Directeur des contributions directes ; nous reproduisons un modèle d’extrait sur lequel figurent deux parcelles de la commune de Jouy qui nous serviront d’exemple.
5 N° CANTON 4 j É
= ; no EE DSs2 |[CONTE-| 5 REVENU = du Triage AENER Ne Le NE = plan. ou lieu dit. Se NANCE. = cadastral.
n CA = O
À 332 |La filandrerie.|Bois....| 41h,50* 1 49 Fr:
B. 570 |Bois blancs...|Bois....| 41b,50a 2 7fr,50
La contribution foncière est répartie par égalité proportionnelle sur toutes les propriétés foncières ; ce qui veut dire que dans la même commune, chaque nature de culture de la même classe comporte par hectare le même revenu cadastral.
Ainsi, d’après l'extrait précédent, toutes les parcelles cultivées en bois dans la commune de Jouy et qui au moment du cadastre ont été classées en bois de première et de deuxième classe, paient l'impôt foncier sur un revenu cadastral de 8 francs l’hectare pour la première classe, et de 5 francs l’hectare pour la deuxième classe.
Ces prix de 8 francs et de 5 francs que nous obtenons en divisant le revenu cadastral porté en regard des parcelles sur l'extrait par la con-
(4) Si ces dépenses sont effectuées depuis un temps assez long, on pourra les considérer comme amorties, et leur capital représentatif peut s'incorporer alors, suivant les cas, à titre de plus-value, dans la valeur du fonds.
A. FRON. — Sylviculture. 2
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tenance de ces parcelles sont ceux qui ont été fixés par le tarif des éva. luations arrêté par les classificateurs lors de la confection du cadastre de la commune. Ce tarif des évaluations figure sur la feuille de tête du premier volume de la matrice cadastrale de la commune. Mais comme les propriétaires n’ont pas toujours la facilité de prendre communication de ce document, ils peuvent rétablir ce tarif comme il est dit plus haut, en divisant le revenu cadastral de chaque parcelle de la même classe par la contenance de ces mêmes parcelles.
Dans les deux parcelles qui figurent sur l’extrait que nous avons reproduit, le revenu net de ces deux classes n’apparaît pas, par le motif.que par revenu net des propriétés non bâties (bois), on entend ce qui reste au propriétaire par an, déduction faite sur le revenu brut des frais de garde, d'entretien, etc., etc., et que le revenu net imposable est le revenu net moyen, c’est-à-dire calculé sur un nombre d’années déterminé.
C’est ce revenu net imposable qui, au moment de la confection du cadastre de la commune, a servi à fixer le revenu cadastral, c’est-àdire ie chiffre résultant de l'application du tarif des évaluations au classement.
Le revenu cadastral, qu’on appelle aussi revenu matricie], peut être le revenu net imposable lui-même ; mais le plus souvent il représente une fraction, un tant pour cent du revenu net imposable, et ce tant pour cent a été déterminé au moment de l’expertise cadastrale (1).
Ces définitions posées, nous pouvons calculer l'imposition que doit payer le bois de 3 hectares situé sur la commune de Jouy, et formé des deux parcelles n°s 332 Son A et 570 S°2 B :
1° Le revenu cadastral de chacune des deux parcelles s’obtient en multipliant la contenance de chacune d'elles par le prix du tarif des évaluations, soit 8 francs pour la première classe (bois) et 5 francs pour la deuxième classe (bois) ; nous avons : 1 h. 50X8—12 francs et 1-50 9— ir 50: -
20 Le montant de l'impôt s'obtient en multipliant le revenu cadastral de chaque parcelle par le centime-le-franc (2) de la contribution
(1) La proportion d'atténuation qu'on a fait subir au revenu net pour le convertir en revenu cadastral, varie de commune à commune, de telle sorte que le revenu cadastral porté sur les matrices, n'est qu'un chiffre fictif qui sert de base à la répartition individuelle dans l'intérieur de la commune.
Pour les bois, les classificateurs ont en général évalué le revenu cadastral aux deux tiers ou à la moitié du revenu imposable réel.
En 1851 et en 1879, une nouvelle évaluation des revenus territoriaux a été faite, afin de rechercher pour toutes les natures de cultures les proportions d'atténuation à ces époques ; ces chiffres ont permis de modifier le contingent foncier de communes surtaxées ou imposées trop faiblement.
(2) Le centime-le-franc, calculé chaque année par la Direction des contributions directes, varie suivant les impositions de la commune. Dans le centime-le-franc, le principal de l'impôt est ce qui revient entièrement à l’État; mais des centimes additionnels sont ajoutés au principal, soit pour accroître les recettes du trésor, soit pour subvenir aux dépenses locales des départements et des communes, soit pour couvrir