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SE Ë

PE ou Ca

de la chlorophylle, l'arbre transpire (1) pendant le jour une très grande quantité d’eau qui se perd dans l'atmosphère à l’état de vapeur d’eau.

Pour être remplacée dans le végétal au fur et à mesure de sa disparition, cette eau est puisée par les racines dans le sol. Quelques chiffres sont utiles pour donner une idée du besoin d’eau qu'ont les plantes, et spécialement les végétaux forestiers.

D’après Haberland, la quantité d’eau absorbée dans le sol pendant une période annuelle de végétation par les racines d’une futaie de hôtre âgée de cent quinze ans, serait représentée par une lame d’eau épaisse de 0,450 (2); cette lame d’eau serait seulement de 0,228 pour l’avoine et de 0m,118 pour le blé; enfin, d’après Lawes et Gilbert, la formation d’un kilogramme de matière sèche nécessiterait l’absorption de 250 à 350 kilogrammes d’eau.

Cette énorme masse d’eau absorbée chemine, par voie d’osmose et de diffusion au travers des cellules, fibres ou canaux qui lui sont ménagés à cet effet dans les tissus du bois, et se trouve appelée ainsi, en vertu des lois d'équilibre, vers les cellules des tissus verts, afin de les maintenir turgescentes.

L'alimentation de l'arbre feurllé se trouve assurée par ces deux grandes fonctions : l’arbre élabore des hydrates de carbone dans ses tissus verts, en décomposant l'acide carbonique de l'air; il absorbe directement l'oxygène de l'air ; il est capable, à l’aide de l’eau qui circule dans ses tissus, d’aller chercher par voie d’osmose dans les parties du sol où fonctionnent ses poils radicaux et ses mycorhizes, tous les éléments organiques: carbone, hydrogène, oxygène et azote, ainsi que tous les éléments minéraux qui lui sont nécessaires et qui s’y trouvent, en solution ou autrement. L’oxygène lui est apporté par l'air, par l’eau, et par les composés oxygénés puisés dans le sol; lhydrogène par l’eau et par lammoniaque du sol et de l'atmosphère ; l'azote par le sol sous forme de sels minéraux ainsi que par les matières nitreuses en dissolution dans les eaux météoriques ; l'azote est aussi fourni à l'arbre, dans une mesure importante mais encore mal définie aujourd’hui, par l’humus des sols forestiers.

(1) A cette eau transpirée, s'ajoute la perte d'eau par simple évaporation, qui s'effectue à l’air chez les plantes vivantes aussi bien que chez les plantes mortes et les corps inertes, d'après les lois physiques, lorsqu'elles renferment plus d'eau que l'air ambiant.

(2) Pour se rendre compte de la quantité énorme d'eau transpirée par le végélal, il suffit de se rappeler qu'en France, pays très bien arrosé par les pluies, la quantité

d’eau qui tombe annuellement sur l’ensemble du territoire peut être représentée par une lame d'eau d'une épaisseur moyenne de 80 centimètres environ.

Quant aux éléments minéraux, c’est également le sol qui doit en pourvoir la plante, et les mycorhizes semblent jouer ici un rôle important, en assimilant les substances à leur portée dans l’humus, et en restituant au végétal ce qu’il a perdu momentanément, par la chute d’organes (feuilles, semences, etc.), relativement riches en mêmes éléments minéraux.

Ainsi s'établit chez les végétaux forestiers une rotation, une circulation continue d’éléments nécessaires à la vie, qui dans une certaine mesure permet d'expliquer :

19 Pourquoi les végétaux forestiers sont moins exigeants que les végétaux agricoles, sur la composition chimique des sols ;

20 Pourquoi les végétaux forestiers peuvent se passer des engrais qu’on emploie en agriculture, et ont même la réputation, justement méritée, d'entretenir la fertilité d’un sol ou de lPaméliorer ; ceci, à la condition expresse, que la culture soit bien faite, et qu’elle ne prive le sol d’aucun des débris végétaux qui constituent sous un arbre ou sous une forêt, la couverture morte ou litière et par suite lhumus.

Si l’on ajoute à ces considérations que la récolte du produit bois enlève au sol beaucoup moins d’éléments que la récolte agricole, on comprendra pourquoi la culture forestière, ou culture d'arbres, est moins épuisante que la culture agricole et peut se maintenir indéfiniment et dans de bonnes conditions sur le même sol, sans l'intervention de l’homme.

PHÉNOMÈNES D’OSMOSE ET DE DIFFUSION. — Le végétal trouve dans le sol des aliments assimilables et c’est à l’état de dissolution dans l’eau, par un phénomène d’osmose et de diffusion, c’est-à-dire par un échange de liquides de densités différentes, à travers les membranes végétales, que s’opère le passage de ces éléments entre le sol, les poils absorbants (racines où mycorhizes) et les cellules végétales successives.

On comprend aisément qu’en vertu des lois de l’équilibre osmotique des échanges aient lieu dans les diverses parties du végétal ; celui-ci élabore, élimine, consomme et transforme dans ses tissus verts, et la perte d’eau et de substances utilisées ou transformées provoque de proche en proche une rupture de l'équilibre existant et par suite un appel d’eau et des substances azotées et minérales qu’elle tient en

solution, au travers des cellules spéciales du bois adaptées à ce rôle ; c’est ce qu’on a longtemps appelé courant de sève ascendante,

D'autre part, tous les organes en voie de croissance, depuis le chevelu des racines, jusqu’au bourgeon terminal de la tige ou des branches supérieures, l’assise cambiale, les cellules vivantes dés tissus où s’accumulent des matériaux de réserve, choisissent dans ce liquide les corps qui leur conviennent et donnent naissance à des produits variés résultant du travail spécial auquel chacune d’elles se livre. Cette rupture d’équilibre provoque un appel des éléments utiles de proche en proche, au travers des cellules spéciales du liber, adaptées à ce rôle; c’est ce qu’on alongtemps appelé, à tort, courant descendant de sève élaborée.

C’est à la réunion des aliments hydrocarbonés produits par les feuilles et des aliments azotés fournis par les racines qu’est due la multiplication cellulaire. Pendant la période de grande croissance, les aliments sont attirés presque uniquement parles tissus en évolution ; ils se rendent, pour s’y accumuler, aux tissus de réserve, quand cette activité diminue ; et cela quelle que soit la situation des organes par rapport à l’axe du végétal.

Le végétal, par le fait de son travail, opère ainsi une véritable sélection ; il est susceptible de demander au milieu ambiant les éléments dont il a besoin, au fur et à mesure qu’il les consomme, et les échanges, d’où résulte la nutrition de la plante, se poursuivent sans arrêt pendant la durée de la végétation. A la fin de la période de végétation, toute vie apparente cesse, dans nos climats tout au moins, pour reprendre à nouveau au printemps suivant.

Remarquons enfin que dès le début de cette nouvelle période de végétation, l’organisme est mis en mouvement par l’action de diastases spéciales qui, sous l’influence de l’eau et d’une température convenable, transforment les éléments de réserve en principes assimilables ; ces principes entrent en dissolution dans l’eau. Immédiatement utilisables, ils servent au premier travail du végétal, à l'épanouissement des premiers organes verts et par suite, suivant l’expression courante, au départ de la sève.

Les essences forestières ou espèces d’arbres qui peuplent nos forêts, se divisent en deux groupes : les essences feuillues et les'essences résineuses. Parmi les premières, il en est qui peuvent, à elles seules, former des massifs purs ; ce sont les essences sociales. D’autres, au contraire, ne se trouvent dans les bois que par bouquets ou sujets isolés, sans arriver à elles seules à former un peuplement ou même une partie notable de peuplement ; ce sont les essences disséminées. Quant aux essences résineuses, elles sont toutes sociales.

À. FRON. — Sylviculiure. 3

Indépendamment des arbres,on trouve en forêt, à titre accessoire, des arbustes, arbrisseaux ou sous-arbrisseaux, végétaux qu’on confond généralement sous le nom de morts-bois.

Les grandes espèces ligneuses se comportent différemment en présence des agents natureis de la production (lumière, humidité atmosphérique, température, exposition, altitude ; qualités chimiques et physiques du sol, fertilité) ; les unes. affirment des exigences spéciales, les autres marquent de simples préférences, d’autres enfin sont indifférentes et s’accommodent même des conditions les plus mauvaises. Si en: même temps que de ces aptitudes diverses on tient compte de la longévité, on obtiendra toutes les données qui, réunies, constituent le tempérament des essences.

La lumière (influence des radiations solaires) joue dans la vie des arbres un rôle prépondérant et dans leur entier développement toutes les essences recherchent la lumière ; mais. dans leur jeune âge, quelques-unes demandent le plein découvert quand d’autres ont besoin d’abri.

En sylviculture on dit qu’une essence est à tempérament robuste quand, dans les circonstances climatériques qui lui sont appropriées, les jeunes plants de cette essence peuvent. être élevés sans abri, dès l’époque de leur levée ; toutefois un léger abri peut être utile à plusieurs d’entre eux pendant la: première année et parfois la seconde année de leur existence, surtout contre les chaleurs de l’été, alors que les conditions. de sol et d'exposition sont défavorables. L’essence est dite à tempérament assez robuste si, dans la plupart des cas, ses jeunes plants demandent à être abrités, au moins pendant quelques années. Enfin, une essence est à tempérament délicat lorsqu'elle demande à être protégée dans sa période de jeunesse pendant plusieurs années (sapin) ; les jeunes plants de cette essence supportent le couvert, même quand il ne leur est plus. utile ; leur végétation est sans doute peu‘active, mais quand on vient à les découvrir peu à peu ils renaissent insensiblement et ne tardent pas à s’élancer ; le sapin et le hêtre sont remarquables à cet égard. Les essences susceptibles de vivre ou tout au moins de persister sous le couvert sont dites essences d'ombre.

Au contraire, pour la plupart des essences à tempérament

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