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DU CLAQUEMENT ET DU GRINCEMENT DES DENTS

Ces deux symptômes sont les effets d'un spasme clonique des mâchoires. Lorsque ce spasme occupe les muscles élévateurs, le masséter et le temporal, il y a claquement, strepitus dentium; lorsqu’il siège dans les muscles ptérygoïdiens, il y a grincement des dents , brygmus.

Le claquement ou tremblement violent et bruyant des mâchoires est provoqué accidentellement par le froid et par la colère ; il fait aussi

partie du frisson de la fièvre, et indique en général un état de surexcitation de la moelle allongée. Aussi est-il le précurseur de convulsions générales, tant dans le cours des fièvres que dans les névroses apyrétiques. Pendant les attaques épileptiques et hystériques il est souvent d’une intensité et d’une fréquence inouïes.

Le grincement des dents forme le passage au spasme tonique, c’est-àdire au trismus. Ce dernier mot qui vient du verbe rp%u} je grince des dents, désigne même, chez les anciens auteurs, seulement le symptôme dont nous nous occupons ici, ou en général le spasme clonique des mâchoires. Quelques pathologistes modernes, Ackermann entre autres, ont, à cause de cela, un trismus clonique qui est le grincement, par opposition au trismus tonique ou vulgaire.

On grince des dents sous l’influence de la fureur ou d’une violente excitation organique du cerveau, telle quelle se développe dans l’encéphalite, dans la méningite lorsqu’elle a son siège à la base, et dans la myélite cervicale. Le grincement précède aussi et accompagne les attaques d’apoplexie, d’éclampsie, d’épilepsie et d'hystérie. Dans le cours des fièvres, notamment dans la seconde période du typhus et dans la période de dessiccation de la variole, il annonce une mort prochaine.

Mais il est un grincement des dents qui est loin d’avoir la même gravité. Il se montre pendant le sommeil même chez des personnes peu malades, et semble y être de nature sympathique, c'est-à-dire qu’il provient la plupart du temps d’un embarras gastrique ou intestinal, ou de la présence de vers intestinaux; il est fréquent aussi chez les femmes hystériques.

D’un autre côté, Graves (1) signale chez les goutteux une envie irrésistible de grincer des dents, au point d’en user à la fin la couronne. Ce grincement a lieu, selon lui, pendant le jour et disparaît pendant le sommeil ; il peut durer pendant des années. Le célèbre clinicien irlandais en attribue la cause à une espèce d’hyperesthésie des nerfs dentaires.

Les enfants grincent des dents, pendant le sommeil, à la moindre excitation du système vasculaire, à chaque fièvre, puis sous l’influence des irritations gastro-intestinales et des vers. Le symptôme, à cet âge aussi, ne doit donc inspirer des craintes que lorsqu’il s’accompagne des signes de la méningite ou de la périencéphalite.

(1) Leçons cliniques. Trad. franc. T. I, p. 598.

ARTICLE VIL

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