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DU SOUBRESAUT

Le soubresaut ( subsultus , myopalmus ) est un tressaillement involontaire, une contraction brève, petite, spasmodique, partielle des parties musculaires et tendineuses. Trop faible pour déplacer le membre, il est assez fort pour produire le gonflement, la raideur passagère des muscles, ainsi que pour communiquer à leurs tendons des secousses légères, irrégulières, sensibles au doigt de l’observateur.

Il se manifeste dans les muscles de l’avant-bras, de préférence dans les fléchisseurs communs, mais aussi dans les doigts, les cuisses, les parois abdominales, le visage et généralement dans tous les muscles à innervation riche et variée. Les praticiens le constatent au tiers inférieur de l’avant-bras, d’une part, parce qu’ils ont l’habitude de palper cette région pour explorer le pouls radial, d’autre part, parce que le nombre si considérable de tendons et la facilité avec laquelle ils glissent dans leurs gaines, y rend le phénomène plus apparent.

Les soubresauts des tendons, comme on dit communément, indiquent de deux choses l’une : ou l’excitation vive et passagère, ou le grand épuisement du système nerveux. Les praticiens redoutent beaucoup ce signe au déclin des maladies fébriles. Cependant quand il ne se lie pas à d’autres accidents adynamiques, il est d’une médiocre importance, et en dehors des maladies fébriles, il manque souvent de toute valeur prognostique.

On peut rencontrer le soubresaut des tendons, chez des personnes en santé, sous l’influence de causes locales et passagères, comme phénomène idiomusculaire ou comme mouvement réflexe. Darwin (2) parle d’une jeune dame qui souffrait depuis cinq jours de contractions de cette espèce dans un muscle de l’avant-bras, et dans un autre du bras, se répétant quatre à cinq fois toutes les minutes ; on voyait les muscles tressaillir sans fléchir le membre. Mason Good (5) a observé le même phénomène aux épaules, aux deux mains, aux pieds, etc.

(4) Versuch einer physiolog. Pathologie der Nerven , t. II, § 680.

(2) Zoonomia, catenation , sect. XVII, I, n° 8.

(5) Study of Médecine, trad. allcm., t. III, p. 366.

Il est particulièrement fréquent dans le tempérament nerveux, dans les diathèses hypochondriaque et hystérique, à la suite d’excitations physiques ou morales générales, et dans le sommeil agité. Dans les maladies, il correspond parfois à l’état saburral, à l’irritation de l’intestin par des vers, à la rétrocession d’éruptions cutanées et à la suppression de sécrétions ou d’hémorrhagies habituelles. Il précède les attaques névralgiques et convulsives, et accompagne les affections aiguës de l’encéphale, notamment les épanchements séreux. Enfin, on observe parfois des soubresauts plus ou moins étendus de muscles ou de faisceaux isolés dans les membres paralysés.

Dans les fièvres , le soubresaut des tendons a une signification ( rèsvariable suivant les périodes de la maladie et les accidents concomitants. Quand il se présente au début, il indique que le cerveau et le système nerveux sont dans un état d’excitation très-grande, soit que le tempérament du malade s’y prête, soit que l’intoxication est trèsintense. Il est notamment le précurseur fréquent des exanthèmes.

On le retrouve plus tard, comme précurseur des évacuations critiques ou des phlegmons dits métastatiques. Quand il succède à la suppression de sueurs ou d'une diarrhée, à la rétrocession d’un exanthème, à des troubles de la desquamation, il indique que le processus morbide envahit les méninges ou l’axe cérébro-spinal, et annonce un danger très-grand.

Le soubresaut des tendons est d’un présage plus fâcheux encore dans l’étatadynamique compliquant le typhus, la fièvre typhoïde, la fièvre puerpérale, la pyémie, la septicémie, les exanthèmes graves, la périencéphalitc des aliénés, l’érysipèle, la pneumonie, la dyssenterie.il annonce fatalement la mort quand il se joint au coma, à la faiblesse et à l’accélération du pouls, à la dyspnée, aux sueurs froides, aux pétéchies, aux sudamina, au délire tranquille, à la prostration.

ARTICLE III

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