DU TIC MUSCULAIRE
Le tic musculaire passe communément pour une mauvaise habitude. Mais il est souvent plus que cela : un accident morbide déterminé par un trouble local, mais habituel, de l’innervation musculaire. Il porte alors les noms de chorée 'partielle ou de tic non douloureux.
C’est, à proprement parler, un tiraillement ou une contraction
(1) Oesterreich. Zeitschrift f.praJcl. ffeilkunde. 1857, III, p. 7.
rapide, involontaire, de certains muscles, se répétant à des intervalles plus ou moins courts, surtout sous l’influence de l’attention et de l’émotion, et devenu habituel.
On l’observe le plus souvent aux muscles de la face où nous l’avons déjà décrit à l'article grimacement. 11 produit le clignottement des paupières, le tiraillement de la joue, de l’aile du nez, de la commissure des lèvres, le hochement de la tête, la contorsion brusque du cou, le soulèvement de l’épaule, l’agitation convulsive des muscles abdominaux ou du diaphragme (1).
Il est susceptible de changer de place, de quitter, par exemple, la face pour paraître au bras ou à la jambe.
Quelquefois il est accompagné d’un cri, d’un jappement, d’un éclat de voix caractéristique. Ce cri, ce jappement, cet éclat de voix peuvent même être le tic entier qui constitue alors, selon l’expression de Trousseau, une véritable chorée laryngée ou diaphragmatique. C’est parfois une tendance irrésistible à répéter toujours le même mot, la même exclamation, ou bien l’individu profère à haute voix des mots qu’il voudrait retenir. Très-souvent les personnes ignorent qu’elles sont atteintes de tics pareils.
Le tic musculaire est une affection chronique, guérissant difficilement. Il peut provenir d’habitudes contractées par négligence, mais le plus souvent il se présente comme le reste de désordres convulsifs ou choréiques passés. Dans ce dernier cas la volonté parvient à le dominer. Souvent il est héréditaire.
ARTICLE III