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thèse rhumatismale. L’on a, en effet, rencontré parfois clans les autopsies des traces de phlegmasies pseudo-membraneuses ou purulentes du péricarde et de l’endocarde, mais il reste la question de savoir s’il y avait là plus que de simples coïncidences. Quant aux observations faites sur le vivant, il est permis de douter du diagnostic porté, du moius pour ce qui concerne l’endocardite. Pendant trop longtemps on a été enclin à admettre cette maladie sur la simple présence d’un souffle systolique ou d’une irrégularité des contractions, tandis qu’en réalité ces signes peuvent dépendre précisément de la chorée même.
On sait quelle place considérable la pratique vulgaire accorde à la chorée vermineuse. Thilenius en a compté 15 exemples sur 21, ce qui est évidemment exagéré. D’autres praticiens, au contraire, doutent entièrement de cette cause. Nous pouvons cependant affirmer personnellement avoir guéri la chorée par des vermifuges.
D’autre part, la descente tardive des testicules , ou peut-être leur enclavement dans le canal inguinal, s’est plusieurs fois révélée à nous comme cause de la chorée.
EnOn, les affections des organes sexuels de la femme, et plus spécialement celles de Y utérus sont signalées très-fréquemment. On accuse la dysménorrhée, le retard des règles, leur suppression (1) et la première grossesse. Au témoignage de tous les observateurs la chorée ne se montre que chez les primipares et seulement dans la seconde moitié de la grossesse, de préférence chez celles qui ont antérieurement souffert de chlorose, ou de chorée avant l’âge de la puberté.
4° Chorée dyshèmique.
L’anémie, la chlorose, mais surtout Yhydroémie, sont citées parmi les causes de la chorée. C’est l’hydroémie, l'appauvrissement du sang, qui doit sans doute être accusée en premier lieu dans les divers états cachectiques et d’épuisement qui créent des prédispositions particulières; nous voulons parler de là lactation prolongée, des accouchements trop rapprochés, de la convalescence de maladies graves, de la spermatorrhée et de l’onanisme.
5° Chorée dyscrasique .
La diathèse scrofuleuse est d’ancienne date considérée comme prédisposant à la chorée des enfants. La diathèse dartreuse manifeste ses
(1) Voyez plusieurs observations publiées par Hughes dans Guy’s Hospital Reports ; 2e série, 4840, t. IV, p. 590.
effets sous la forme de me'tastase. On a vu la chorée survenir à la suite de la suppression ou rétrocession de l’ impétigo capitis, de l’eczéma des oreilles et d’autres éruptions. Mais rien n’égale sous ce rapport la diathèse rhumatismale ; c’est au point que des auteurs (1) très-considérables soutiennent la thèse que dans la plupart des cas la chorée est de celte nature.
Sur 428 chorées, M. Sée a compté 64 exemples coïncidant avec des inflammations ou des douleurs articulaires. Sur deux enfants rhumatisants, dit-il (2), il en est un qui est en même temps choréique; sur deux chorées, il en est une qui dépend du principe rhumatismal, îl y a ici évidemment de l’exagération, à moins qu’on ne déclare rhumatisants tous les enfants qui accusent des douleurs articulaires qu’on sait pourtant si communes dans les périodes de la plus grande croissance (5).
Chez l’adulte on observe positivement des chorées qui sont ou précédées ou suivies de rhumatisme manifeste, et même des chorées qui se rattachent au rhumatisme articulaire aigu. Dans les autopsies on a rencontré des épanchements séreux dans le péritoine, le péricarde, les méninges cérébrales et spinales, des inflammations articulaires, des endocardites et d’autres lésions qu’on a cru pouvoir rattacher à la maladie en question.
Parmi les partisans de cette doctrine, les uns se rendent compte de la chorée rhumatismale par l’altération de la sensibilité musculaire et articulaire, d’autres, par l’altération diathésique du sang, d’autres encore, par l’hypothèse d’une hyperémie des méninges spinales. Enfin, Cyon, dans un mémoire récent (4), prétend que le rhumatisme articulaire ne produit jamais la chorée que par l’intermédiaire des affections du cœur qui lui sont propres.
(4) C'est l’opinion de M. Sée, Mém. couronné en 1851, par V Acad, de méd. de Paris ; elle a été partagée par Trousseau, Clinique médicale , t. Il, p. 151. Voyez aussi Bortrel, De la chorée considérée comme affection rhumatismale. Thèse inaugur. Paris 1850. — C’est Stoll qui semble le premier avoir remarqué les rapports qui interviennent entre la chorée et le rhumatisme. Ceux qui y ont insisté après lui, sont : Copland, Abercrombie, Bright, Begbie, Senhouse, Babington, Eiscnmann, indépendamment des auteurs dont nous venons de citer les ouvrages.
(2) Loc. cit.j p. 415.
(5) Pour ce qui regarde les enfants, l’affirmation de M. Sée a été contredite par plusieurs bons observateurs. Voyez entre autres, l’édition allemande, parHenoch, de Ch. West, Pathologie u. Thérapie der Kinderkrankheiten, 4e édit. Berlin 1865, p. 127.
(4) Wiener médicin. Zeitschrift , 1865, t. I, p. 115.