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DE LA NÉVRALGIE OBTURATRICE

Romberg (2) a décrit spécialement l’alfection douloureuse du nerf obturateur. Il a fait voir que la hernie du trou oval (canal sous-pubien) quand elle s’étrangle, comprime ou tiraille ce nerf, et provoque ainsi une douleur plus ou moins vive à la face interne de la cuisse, là où ses rameaux cutanés se terminent. Il s’y joint de l’engourdissement et

(1) Cet accident a été bien décrit, surtout par Romberg ( Lehrbuch der Nervenkrankheiten. Berlin, 1846, t. I, p. 73), et par Kilian ( Neuralgic des N. cruralis , in Henle et Pfeuffer, Zeitschrift f. ration. Medizin , t. VI).

(2) Lehrbuch, 3e édit., p. 89.

du fourmillement, ainsi que l’incapacité de porter la cuisse en adduction .

L’invasion subite de ces accidents, l’occlusion récente de l'intestin, l’iléus et la péritonite, sont les seuls signes auxquels on peut reconnaître la hernie sous-pubienne étranglée; et en dehors de l’étranglement, la douleur décrite est encore précieuse, surtout chez la femme, pour établir le diagnostic si difficile de celte hernie.

ARTICLE XVI

DE LA GONALGIE.

Indépendamment de la douleur du genou qui dépend de maladies locales telles que le traumatisme, l’arthrite, l’arthrocace, il en est d’autres qu’il convient de mentionner spécialement.

\° Gonalgie sympathique.

Cette espèce est généralement connue comme symptôme de la coxalgie ou maladie de la hanche. La douleur est spontanée et s’exaspère surtout la nuit. Elle est provoquée, en outre, par le plus léger attouchement. Le malade ne peut plus étendre le genou ni remuer la cuisse.

Rust a cherché la cause du symptôme dans l’extension qu’éprouveraient les muscles et les nerfs lors de l’allongement du membre. Stromeyer a combattu cette manière de voir, en affirmant que la gonalgie existe aussi dans le stade de raccourcissement. D’après lui, elle dépendrait plutôt de la contracture du muscle psoas-iliaque qui maintient l’articulation coxo-fémorale en l’état de flexion. Il l’avait vue disparaître chaque fois après la section de ce muscle. Toutefois, et sans vouloir nier que la gonalgie s’exaspère à chaque tentative d’étendre la cuisse, cette explication nous paraît encore insuffisante, puisqu'elle ne fait pas ressortir les relations qui interviennent entre les muscles fléchisseurs de la cuisse et les nerfs sensibles du genou. D’autres explications ont été tentées; mais toutes sont restées plus ou moins conjecturales.

La gonalgie blcnnorrhayique qui a tant occupé les syphilographes, dépend d’un processus inflammatoire, c’est-à-dire qu’elle est le symptôme d’une gonarthrite véritable que les uns considèrent comme métastatique, d’autres comme diathésique, et encore d’autres comme accidentelle.

2° Gonahjie centrale.

Tous les auteurs citent le cas de Mayo (1) où les douleurs du genou avaient été si violentes que, sur l’insistance du malade, on s’était décidé à pratiquer l’amputation de la cuisse. L’opération faite, les douleurs persistèrent néanmoins jusqu’à la mort du sujet. L’autopsie fit voir que la douleur avait dépendu de plaques osseuses et cartilagineuses dont la moelle était recouverte à sa face postérieure.

M. Lund (2) a signalé récemment comme symptôme de la méningite tuberculeuse, une douleur persistante, parfois très-violente du genou qui est exaspérée par tous les mouvements et accompagnée ni de tuméfaction, ni d’aucune autre modification de la forme ou de l’apparence extérieure de la jointure. Il l’avait observée quatre fois sur un ensemble de trente cas.

Elle existe tantôt dans un genou seulement, d’après M. Lund, tantôt dans les deux, et peut se montrer quelque temps avant l’apparition des accidents cérébraux, disparaître même avant que ces accidents ne se manifestent, ou bien ne débuter qu’après l’explosion de ces symptômes.

5° Gonalgie hystérique.

Cet accident a été décrit en premier lieu par Brodie (3).

Le genou est très-sensible, et affecté en même temps de dermalgie. Il en résulte que la douleur est plus forte lorsqu’on pince la peau que quand on exerce une pression plus profonde. La sensibilité n’est pas bornée au genou ; elle s’étend dans son voisinage, en haut et en bas.

La jambe est dans l'extension, tandis que dans les maladies articulaires à base matérielle, elle est un peu fléchie. Il n’y a ni tuméfaction ni déformation du genou. La malade éprouve du soulagement quand elle s’appuie sur le talon ou presse d’une autre manière le tibia contre le fémur.

ARTICLE XVII

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