III. Défauts d' absorption
Souvent la digestion est bonne en elle-même, mais un malaise dyspeptique est créé par un défaut d’absorption des liquides et des matières digérées, c’est-à-dire par une altération de la manière d’être des veines et des lymphatiques de l’estomac et des intestins.
Indépendamment des altérations morbides de ces vaisseaux, parmi lesquelles nous ne citerons que le carreau des enfants, il est des médicaments, des poisons et des substances ingérées avec les aliments qui retardent l’absorption gastrique et intestinale. Tels sont certains sels métalliques, l’opium, l’alcool, le café.
La nature des matières à absorber exerce naturellement une grande influence. On sait qu’en général le sucre et la pectine sont plus aisément absorbés que les matières albuminoïdes, et que la gomme ordinaire résiste même d’une manière absolue à cet acte.
Au reste,, beaucoup reste à découvrir quant à la part qui revient aux défauts d’absorption dans la production de la dyspepsie. En attendant, disons un mot de la dyspepsie des liquides signalée particulièrement par Chomel (2).
Il est des malades dont l’estomac, pendant un temps plus ou moins
(1) Pathol, and practical researches on Discases of the stomach, 2e édit., p. 73.
(2) Des dyspepsies , p. 99.
long, devient impropre à bien digérer, c’est-à-dire à bien absorber les liquides, tandis que la digestion des aliments solides continue à s’opérer à peu près régulièrement. Un signe particulier de celte dyspepsie est la production, dans la région stomacale, d’un bruit de clapotement bien connu, dû à l’accumulation abnorme de liquides et de gaz dans la cavité de ce viscère. Pour guérir ce genre de dyspepsie, il suffît parfois de diminuer la quantité de boissons que le malade a l’habitude de prendre à ses repas.
Il est un autre état qui mérite particulièrement l’attention du médecin; c’est l’indigestion qu’occasionne l’eau potable dans les différents cas d’hyperémie de la muqueuse gastrique, lorsqu’elle est riche en sels calcaires; tandis que l’eau cuite passe aisément. Le fait est d’observation générale; mais comment l’expliquer? Serait-ce hasardé d’en chercher la raison dans cette loi de l’endosmose qui fait que la diffusion s’opère plus aisément d’un liquide simple, moins dense, vers un liquide visqueux? ou le sang plus ou moins stagnant dans les vaisseaux hyperémies subirait-il une altération qui diminuerait son affinité pour les sels?
Dans l’intestin l’absorption est spécialement empêchée par l’absence de l’épithélium normal et par son remplacement par un mucus abnorme, comme cela a lieu dans le catarrhe intestinal, et davantage encore par la destruction d’une partie des villosités et des soi-disant glandes intestinales, telle qu’elle arrive par exemple dans la fièvre typhoïde.
Effets consécutifs . — Les accidents secondaires et les signes de la dyspepsie habituelle varient selon la maladie dont elle est l’expression. Pour mieux les saisir, nous rechercherons d’abord ceux qui se produisent dans l’appareil digestif même ; en second lieu, ceux qui sont les effets de rapports sympathiques; en troisième lieu, nous mentionnerons les conséquences qui se font remarquer dans les actes généraux d’hématose et de nutrition.